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forum Index du forum forumRoman et nouvelle forumPourquoi participer aux concours?

Auteur : Sujet: Pourquoi participer aux concours?  Bas
 bic
 Messages postés : 57
 Adjectif enthousiaste
  Posté le 31/10/2009 00:32:10
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Bonsoir,

Je me demandais ce qui poussait les écrivains en herbes ou confirmés d'ailleurs à participer à tous ces concours.
L'argent? les prix couvrent à peine les frais de déplacement.
L'esprit de compétition, et la nostalgie de l'école avec ses notes et son classement?
Utiliser le concours comme tremplin pour être édité?

Votre avis m'intéresse beaucoup.

       

 EmmaBovary
 Messages postés : 1164
 Verbe créateur
 EmmaBovary
  Posté le 31/10/2009 12:16:04
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En ce qui me concerne, ni tremplin (d'ailleurs les éditeurs ne s'intéressent pas aux concours!), ni esprit de compétition (on est content d'être dans les premiers, hein, faut être honnête! Mais je suis ravie aussi quand je vois des noms que je connais dans les palmarès...).  
J'ai commencé à faire des concours pour savoir ce que des lecteurs pouvaient penser de mes textes (et là, en général, on a peu de réponses...) et puis le temps passant, ils sont devenus un prétexte pour m'obliger à écrire régulièrement.
Maintenant, je privilégie les concours dans lesquels un recueil est publié ou les revues. On touche plus de monde et le texte a plus de chance d'être lu ainsi.
Mais, honnêtement, cela fait plus de 10 ans que j'en fais et cette année, je mets la pédale douce pour me consacrer à d'autres projets d'écriture.

Le "danger" avec les concours de nouvelles arrive lorsqu'on devient obnubilé par les résultats au point de faire le pied de grue à côté de sa boîte aux lettres ou de son téléphone pendant des jours! Le concouriste développe alors un S.A.I (Syndrôme de l'Attente Inutile): il sait pertinemment que s'il était sélectionné, il aurait déjà des nouvelles, mais il garde quand même espoir qu'on lui fasse signe - on l'a peut-être malencontreusement oublié, en plus le téléphone marche mal ces derniers temps ou peut-être que le facteur s'est trompé de boîte ou il y a une grève quelque part dans un bureau de poste sur le trajet de la lettre - et ce, jusqu'à la veille de la remise des prix...  

--Message edité par EmmaBovary le 2009-10-31 12:28:30--

"On écrit parce qu'il y a un rayon de soleil, parce qu'on se sent bien, parce qu'on se sent mal..."
Michel Quint (lors de la fête du livre de Saint-Etienne en 2004)
 Moïra
 Messages postés : 200
 Auxiliaire généreux
  Posté le 31/10/2009 13:25:19
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Question intéressante!
Pour ma part, je n'ai découvert les concours qu'au début de cette année. Avant cela, j'ignorais tout de ce petit univers.
Pourquoi participer?
Je dirais, dans le désordre:
- L'intérêt de se mesurer aux autres, de se comparer, bref de n'être plus aussi seul devant sa feuille ou son ordi.
- Les échanges humains qui en découlent, généralement plutôt sympas.
- La stimulation: comme dit EmmaBovary, cela oblige à s'y mettre, à ne pas repousser le moment. Et certains thèmes sont vraiment incitateurs, de bons "déclencheurs" d'écriture.
- Le gain financier: il serait hypocrite de ma part de l'éluder. J'ai la chance de pouvoir vivre de ma plume (donc de ce que j'aime faire), mais ce n'est jamais le pactole et un chèque par-ci, par-là, ça aide bien! Il y a les frais de déplacement, bien sûr, mais quand on regarde le palmarès d'une Anne Vocanson, par exemple, on ne peut douter qu'elle soit largement bénéficiaire (il est vrai que c'est un exemple extrême, elle a beaucoup de talent!).
- Le travail sur soi: si gagner apaise parfois bien des doutes, il peut être aussi très bénéfique de se planter. Et pan, un petit coup à l'ego! Leçon d'humilité souvent très profitable...
- Et "last but not least", le plaisir, l'amour du jeu, le côté ludique de la chose.
Ceci dit, je ne suis pas "addict", et comme beaucoup d'entre nous sans doute, je suis prête aussi à arrêter demain. Ce n'est qu'un petit plus parmi bien d'autres activités d'écriture.

--Message edité par Moïra le 2009-10-31 14:32:30--

 LoH
 Messages postés : 258
 Conjonction volubile
 LoH
  Posté le 31/10/2009 13:26:22
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Pour moi, ça ne fait que quatre ou cinq ans, et un peu en dilettante, mais je me retrouve complètement dans le post d'EmmaBovary en ce qui concerne les frais d'inscrïption et d'envoi jamais vraiment couverts -même avec quelques prix-  le choix de privilégier les concours avec recueil et le S.A.I (d'ailleurs ils sont vachement longs à donner leurs résultats à Fontaine-Française, vous trouvez pas, vous ?).
Néanmoins, la question est intéressante, bic, et on te remercie de l'avoir posée. Je suis curieux de lire les motivations de chacun.

--Message edité par LoH le 2009-10-31 13:27:22--

 armorique
 Messages postés : 399
 Conjonction volubile
 armorique
  Posté le 31/10/2009 15:05:22
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Personnellement je participe à une dizaine de concours par an et ceci depuis 3 ans environ. J'ai commencé à écrire des nouvelles très tard et uniquement pour mon plaisir Je privilégie les concours dont le sujet m'inspire sans trop regarder les prix car je n'ai pas la prétention de gagner à chaque fois ce serait absurde!
L'intérêt principal des concours c'est d'être lue par des personnes qui n'ont aucunement intérêt à me faire plaisir. Je suis très heureuse d'être (parfois) sélectionnée cela m'encourage vraiment à continuer. Je regrette d'ailleurs que de nombreux organisateurs ne prennent pas le temps de divulguer la liste des 20 ou 30 sélectionnés.
N'ayant aucunement l'intention de devenir un auteur connu je continuerai à faire des concours tant que cela m'apportera du plaisir et une légère montée d'adrénaline à l'ouverture du courrier  smile/waku.gif

Si on ne lit pas on ne peut écrire
 Marine
 Messages postés : 369
 Conjonction volubile
  Posté le 31/10/2009 17:46:41
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Je ne participe que rarement à des concours : j'ai dû participer à quatre concours en un an et demi.
Avant tout, je le fais pour savoir où j'en suis dans l'écriture, même si finalement, lorsqu'on n'est pas classé, on ne peut pas vraiment savoir ce qui n'a pas plu au jury. Le gain est secondaire et parallèlement, j'évite les concours payants.
Les concours me semblent par ailleurs un bon "exercice d'entretien" pendant des périodes où je n'ai pas d'autres projets d'écriture sous la main.

 Grizzly
 Messages postés : 572
 Participe assidu
  Posté le 31/10/2009 17:54:22
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Entre 2002 et aujourd'hui, j'en ai fait pas mal et gagné quelques-uns. C'était histoire, au début, de trouver un public, en dehors du grand et traditionnel circuit de l'édition. J'y ai finalement trouvé un puis deux éditeurs (là, c'est vraiment un énorme coup de chance...) En dehors de ça, j'ai apprécié les rencontres et les liens tissés au fil des années et c'est sans doute la raison pour laquelle j'en fais encore quelques-uns. Mais ça se compte désormais sur les doigts de la main...

 Parisianne
 Messages postés : 677
 Participe assidu
 Parisianne
  Posté le 31/10/2009 18:08:40
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Je n'ai que 5 concours à mon actif et seulement depuis un peu plus d'un an. Ce qui m'a incitée à me lancer ? Ni l'appât du gain, ni la quête d'un éditeur mais essentiellement le challenge d'oser faire lire ce que j'écrivais, et c'est tellement plus simple avec des inconnus    ! Ensuite, quand il y a une sélection et surtout un retour critique (cela arrive parfois quand on le demande aux organisateurs), c'est très intéressant pour travailler donc pour progresser.

http://parisianne.over-blog.com
 Hégésippe
 Messages postés : 424
 Conjonction volubile
 Hégésippe
  Posté le 31/10/2009 19:28:14
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Citation :

il garde quand même espoir qu'on lui fasse signe - on l'a peut-être malencontreusement oublié, en plus le téléphone marche mal ces derniers temps




Cela m'est arrivé deux fois. Pas le téléphone, mais le mail, mon serveur a envoyé les messages annonçant un prix dans la boîte Spam, et sans même m'an avertir. Depuis, je suis fâché avec lui    ;)

Sinon, pourquoi faire ces concours ? Pour me forcer à écrire: je suis paresseux, et une date-limite, c'est une bonne raison pour s'activer. Pour m'améliorer ensuite: tant qu'un texte n'a pas été reconnu quelque part, je considère qu'il n'est pas assez bon, et je le retravaille. Inutile de dire que pour certains d'entre eux, j'ai déjà un bon nombre de versions différentes !
Mais surtout pour la découverte de personnes dynamiques et sympathiques (membres du jury, organisateurs, autres participants) que je n'aurais pas eu la chance de rencontrer autrement. Et puis parfois, cela me permet de prendre un week-end de vacances dans un endroit que je n'aurais jamais songé à visiter sans cela.

 bic
 Messages postés : 57
 Adjectif enthousiaste
  Posté le 01/11/2009 14:52:14
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Merci de votre diagnostic: je dois avoir attrapé le SAI!
SI tous les concours se déroulait dans le même esprit que celui de Jugon les Lacs (rapidité des résultats, liste des 30 pré-sélectionnés communiquée,etc.), ça irait beaucoup mieux et chacun progresserait dans sa prose!
Je vais peut-être arrêter les concours, sauf si un signe encourageant survient d'ici la fin de l'année :-)


 Marine
 Messages postés : 369
 Conjonction volubile
  Posté le 01/11/2009 18:38:44
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Bic, tu ne nous as pas dit pourquoi toi, tu participais aux concours... C'est secret ?  ;)

 Tania
 Messages postés : 204
 Auxiliaire généreux
 Tania
  Posté le 01/11/2009 19:30:27
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J'ai participé à un concours pour la première fois il y a 5 ans. J'y ai eu le premier prix et rencontré un accueil et des amitiés qui perdurent encore aujourd'hui. Alors j'ai recommencé, forcément,et j'ai continué de faire des rencontres, de nouer des amitiés,de visiter des endroits insolites, je suis ainsi devenue membre de plusieurs associations et revues littéraires, j'ai élargi mon horizon, rarement déçue par ces rencontres, il y a beaucoup de gens  sympathiques qui s'investissent et les pas sympas je les oublie et je ne les recommande pas !

Tania
 bic
 Messages postés : 57
 Adjectif enthousiaste
  Posté le 01/11/2009 21:00:32
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Bon, Marine, je veux bien partager mon secret avec toi: atteint du SAI, tu as du deviner que j'étais un p'tit nouveau dans le monde du concours. Je n'ai commencé qu'en mai cette année, essentiellement pour jauger mon niveau d'écriture et vérifier que je ne suis pas à côté de la plaque.
Seulement, je suis à ce jour un peu deçu car on recueille peu d'informations, sauf quand on gagne ce qui n'est pas encore mon cas!
En fait j'avais commencé à rédiger un roman il y a deux ans mais je me suis perdu  dans l'ouvrage : si le scénario est aisé à construire, on se perd vite dans l'incohérence (chronologique, oubli du prénom du personnage de la page 36, différences de styles entre le chapitre 1 et le chapitre 12, etc.).
Donc, j'ai les 120 pages dans un carton en attente de les reprendre, et entraînement régulier avec des récits courts et des concours pour les jauger. Voici toute l'histoire.
Quelqu'un a-t-il vécu la difficulté de passer au récit long (roman) et quelles conseils a-t-il à donner s'il a réussi?

 Tania
 Messages postés : 204
 Auxiliaire généreux
 Tania
  Posté le 01/11/2009 22:36:45
Send a private message to Tania
Le conseil de Boileau reste toujours d'actualité : cent fois sur le métier remettez votre ouvrage ! Travailler les textes et les re-travailler. D'abord des récits courts. Il y a aussi les ateliers d'écriture où l'on peut être lu et recevoir des conseils avisés et ici sur maux d'auteurs !

Tania
 Moïra
 Messages postés : 200
 Auxiliaire généreux
  Posté le 02/11/2009 10:45:10
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Je te conseille la lecture du livre d'Elizabeth Georges, "Mes secrets d'écrivain", où il y a à prendre et à laisser, mais où on trouve tout de même de bons conseils pour apprendre à construire et mettre en forme un roman. C'est une approche "technique" assez américaine - en France, on est plutôt des adeptes de l'inspiration sans la moindre contrainte! - mais un minimum de technique ne nuit pas au reste à mon avis.

 danielle
 Administrateur
 Messages postés : 8569
 danielle
  Posté le 02/11/2009 13:02:47
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J'ai commencé par des nouvelles pour lesquelles j'ai toujours une prédilection. J'ai tâté du roman grâce à la coécriture en collaboration avec un auteur rompu à la technique du roman. Par la suite, j'en ai commis deux, mais relativement courts, sur des thèmes qui n'auraient pu entrer dans le cadre des nouvelles. Mon plus gros souci, ce sont les redites, les incohérences, la construction parce que ma nature me pousse à aller à l'aventure. Et puis, j'aime prendre et reprendre, améliorer, travailler et retravailler, ce qui est possible sur 4 à 5 pages mais monstrueux sur un ouvrage de longue haleine.

http://danielle.nipox.com
 Marine
 Messages postés : 369
 Conjonction volubile
  Posté le 02/11/2009 13:15:15
Send a private message to Marine
J'ai toujours été tentée plus par l'exercice du roman que par celui de la nouvelle. Ce n'est pas pour une raison de difficulté, car je trouve les deux difficiles à réaliser, mais l'investissement que demande le roman me paraît moins frustrant que celui que requiert la nouvelle : pour simplifier, j'ai l'impression que lors de l'écriture d'un roman, on a plus le temps de faire connaissance avec les personnages.
Cependant, comme ma vie active ne me permet pas de m'investir à 100 % dans l'écriture, les résultats littéraires sont très limités et je reconnais que si je ne m'amusais pas à écrire quelques nouvelles, j'aurais sans doute vite l'impression de ne rien achever.

Je suis bavarde et j'oublie de répondre à la question de Bic  : désolée !
Je poursuis donc mon bla-bla L'écriture d'un roman est plus longue que l'écriture d'une nouvelle ; elle est à la fois plus exigeante (elle demande une plus grande concentration sur les personnages, la trame de l'histoire, le déroulement de l'action) et moins exigeante (le roman peut" laisser passer quelques faiblesses alors que la nouvelle, concentrée, ne le peut pas sans que cela saute aux yeux).
Je rejoins donc les avis de Danielle et de LoH : devant le travail de longue haleine, il faut persévérer si on veut en venir à bout, ne pas se décourager. "Jeter" ou remanier de fond en comble un premier jet n'est malheureusement pas si incongru que cela...

--Message edité par Marine le 2009-11-02 15:41:50--

 LoH
 Messages postés : 258
 Conjonction volubile
 LoH
  Posté le 02/11/2009 13:17:28
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Ecrire un roman est bien différent de travailler sur des nouvelles. Une nouvelle peut être écrite en une soirée (je parle du premier jet) alors qu'un roman nécessite des semaines, des mois, voire pour certains des années. Il faut rester motivé, ce qui n'est pas simple. Cela nécessite d'aimer profondément ses personnages ou au moins d'y être très attaché et surtout je crois d'être patient et endurant. Des gens comme Irving ou Murakami, pour citer deux auteurs que j'apprécie expliquent qu'écrire un roman, c'est 10 % de talent et 90 % de travail. Murakami compare l'écriture d'un roman avec le marathon, qu'il pratique. vers le 30 ème kilomètres, c'est la grande fatigue, la démotivation et l'envie d'abandonner. La fin se fait au mental.
Ce n'est qu'une analyse parmi d'autres, mais je comprends ce qu'il veut dire, ayant moi-même souffert dans des marathons et ayant écrit deux -mauvais- romans, dont un assez long et qui est parfaitement illisible !
Ne te décourage pas, Bic ! C'est tout ce qu'il faut se dire. A la fin, la satisfaction n'en est que plus belle.

--Message edité par LoH le 2009-11-02 13:22:06--

 bay
 Messages postés : 735
 Participe assidu
 bay
  Posté le 02/11/2009 16:26:10
Send a private message to bay
Très bonne question. Et réponses tout aussi intéressantes.

Je me limite presque aujourd’hui aux concours qui offrent aux gagnants des prix en espèces ou l’édition d’un recueil. Un peu par appât du gain, mais surtout parce que ce sont les plus prestigieux. Eh oui ! On peut détester l’argent et ce qu’il représente, force est de constater que l’affluence est proportionnelle à la grosseur de la carotte (voir le succès du concours « nous 2 » - 1500 € en numéraire. – participation gratuite ; à propos, il ne reste plus beaucoup de temps, à vos claviers !)

La plupart du temps, ce genre de concours est payant ; et quand la somme n’est pas exorbitante, ce n’est pas scandaleux ; les petites collectivités ont des budgets serrés, et quand on sait la somme de travail que nécessite l’organisation – j’en ai eu l’exemple à Cholet, quand le président m’a décrit le processus de sélection des textes – c’est assez normal.

Bien que j’entende partout dire que les éditeurs s’en fichent, je crois que quelques diplômes sous le bras ne peuvent avoir sur eux qu’un effet positif. Enfin, je pense ça « au feeling », ne connaissant pas ou très peu le monde de l’édition.

J’ai développé au fil des années un SAI ; qui est quand même moins grave que certaines maladies qui courent la planète en ce moment. La compétition a quelque chose d’excitant. Et recevoir une lettre qui commence par « Nous avons la joie de vous annoncer… » console de tous les échecs et frais engagés en pure perte.

Je redis, pour les ch’tits nouveaux, que la vie d’un concouriste est surtout faite d’échecs et de déceptions. C’est comme dans les sports frustrants. Exemple : le biathlon nordique. Il est très rare qu’un skieur réalise un très bon temps et en même temps ne rate aucune de ses cibles. Ou le décathlon : on réussit le poids mais on se vautre à la perche ; dans les concours littéraires, on connaît bien plus de pincements au cœur que d’extases égotiques. Alors, qu’on se le dise ! Votre premier texte, super génial (c’est vous qui le pensez, et ce n’est peut-être pas faux !) risque de se retrouver dans les profondeurs du classement. Le facteur chance est très important. On peut tomber sur un jury qui n’accroche pas, et on ne peut le lui reprocher. J’en veux pour preuve des prix (un ou deux) que j’ai obtenus pour des nouvelles qui n’ont même pas été présélectionnées ailleurs. Alors ne pensez pas que votre premier envoi sera couronné de succès.

Ben, c’est bête ce que je viens de dire, car c’est le contraire qui m’est arrivé. Et c’est ce qui a affaibli mes défenses immunitaires face au SAI. Je vais parler de mon expérience : quand j’ai commencé à écrire autre chose que des listes de commissions ou des lettres à la sécu, je n’avais pas du tout en ligne de mire les concours de nouvelles. J’ai été avisé, sans doute sur internet que je commençais à découvrir, qu’un concours avait lieu, susceptible d’accueillir un texte déjà écrit. J’ai tenté ma chance, et j’ai décroché un prix. J’ai été époustouflé par la qualité de l’accueil. Je m’attendais à une remise en catimini dans une petite salle de l’annexe de la mairie, et je me retrouve dans un vrai théâtre face à 500 personnes. Je n’ai pas touché d’argent, (seulement une très belle œuvre d’art et un paquet de nougats – je tairai le nom de la ville !) mais à l’époque je n’en demandais pas tant. Et j’ai dû payer pour le repas qui réunissait les lauréats dans un restaurant de la ville. Mais je suis très satisfait de cette première expérience. Et de ma première rencontre avec des « bêtes de concours ».

Tout ceci me rappelle ce que disait le regretté Dary Cowl, joueur invétéré : « la malchance que j’ai eue, en jouant, c’est qu’au début j’ai gagné de fortes sommes. C’est cela qui a causé ma dépendance. Si j’avais perdu beaucoup d’argent à cette époque, je me serais désintéressé du jeu. » SAI, démon du jeu, même combat !

Les années qui suivirent, je me mis petit à petit à écrire dans le but d’obtenir des distinctions. Et ça a assez bien marché. Au-delà de mes espérances. Environ une dizaine de coups réussis (je veux dire une place, pas la première, sur un podium au nombre de marches très variable), pour un nombre bien plus conséquent de baffes à l’égo (mais comment ne sont-ils pas tombés sous le charme de ce texte si bien ficelé et si captivant ?)

La modestie, contrairement au SAI, est une maladie à laquelle je ne suis pas trop sujet. Et je m’en réjouis ! Le fait de participer aux concours m’a permis, et si ce n’était que ça, la justification en serait suffisante, de pouvoir publier sur mon site une page comme celle-là :

http://baykus.a2co.org/m2p13.htm

(pleine d’autosatisfaction, mais aussi d’autodérision !)

Une chose importante concernant les prix en espèces et les frais de déplacement et de logement : dans un concours que je fis il y a peu, la personne qui menait la cérémonie m’a proposé très aimablement de me rembourser l’équivalent d’un billet de train. Et le buffet qui suivait la remise était somptueux. Le résultat, en termes financiers était équivalent à celui d’un concours où j’aurais reçu un chèque correspondant à ma place sur le podium. Le meilleur, c’était dans une ville du sud de la Bourgogne célèbre pour son abbaye médiévale : chèque + resto + une nuit à l’hôtel offerts (pour deux personnes !)

Je parle beaucoup de gros sous, mais en cette période de crise, ça revêt une certaine importance. Se déplacer à l’autre bout du pays représente une dépense non négligeable. Et les organisateurs sont très déçus, et je les comprends, quand les lauréats ne font pas l’effort de se déplacer pour recevoir en personne leur récompense. Ceci explique cela.

Un autre aspect des concours littéraires est l’ambiance qui les baigne, et qui incite à se déplacer. J’y ai toujours trouvé des gens sympathiques et motivés, accueillants et décontractés, provinciaux quoi ! Pas parisiens ! (si vous avez lu un autre fil où j’évoque le parisiannisme…)

Nul doute que je mettrai tout en œuvre pour assister aux remises de prix qui me feront l’honneur de me distinguer. Note à l’attention des jurys : toutes les pages que j’envoie sont marquées discrètement au verso en bas à droite d’une petite croix.

Que c’est long… bien plus de 3300 caractères… je termine là. D’ailleurs, ça tombe bien, j’entends qu’on frappe à ma porte.

« Qui c’est ?
- Le facteur.
- Ahhh ! Une lettre dont je reconnais mon écriture sur l’enveloppe. Cachet de Moignon-sur-Semoule. C’est le concours sur « une nuit romantique » où il fallait introduire dans la nouvelle les mots « ornithorynque », « vespa », « vomir », « rat d’égout », « préservatif », et « beaujolais ».
- Ouvrez-là
- Je n’ose pas…
- Allez-y.
- Miiiiiiince ! Encore raté !!!!!!!!

Mon second livre est ICI
 LoH
 Messages postés : 258
 Conjonction volubile
 LoH
  Posté le 02/11/2009 17:50:50
Send a private message to LoH
Très bonne intervention Bay. Tu as plutôt bien résumé la vie du concouriste.
Si on ne devait garder qu'une chose de ton intervention, je choisirais celle-ci sans hésiter :
Les concours de nouvelles, c'est comme le biathlon nordique.
Fallait y penser, mais maintenant que tu le dis...

Pages : 1 2  Suiv.

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