Julien Administrateur Messages postés : 173 |
Posté le 04/06/2007 05:23:01 | | INTERVENTION AU SEMINAIRE INTERNATIONAL DE BRUXELLES du 4-5-6 MAI 2007
DEFENDONS ET SUIVONS
LES LECONS DE LA REVOLUTION D’OCTOBRE
Camarades,
En remerciant le Parti du Travail de Belgique pour son invitation, je veux souligner que c’est un devoir et un honneur pour les communistes du monde entier de discuter dans le Séminaire International de Bruxelles des enseignements et des acquis de la Grande Révolution Socialiste d’Octobre, l’année de son 90 ème anniversaire.
Notre séminaire assurément ne se limitera pas au niveau d’une simple discussion commémorative. En évoquant l’importance historique de la Révolution d’Octobre nous tirerons ses enseignements pour le renforcement de nos partis et du mouvement communiste.
En même temps, je suis d’accord avec les camarades que la Révolution d’Octobre est la plus grande dans l’histoire de l’humanité, dirigée par la classe ouvrière en alliance avec la paysannerie pauvre, la première révolution socialiste victorieuse, qu’elle renversa la bourgeoisie et les propriétaires fonciers, conduisit la classe ouvrière au pouvoir et imposa un nouvel Etat de dictature du prolétariat en Union Soviétique dirigé par le Parti Bolchévik avec à sa tête son génial dirigeant Vladimir Ilitch Lénine. Cet évènement qui ébranla le monde brisa les fondements du système capitaliste, éveilla les peuples opprimés et exploités, transforma en réalités les plus beaux rêves de liberté et de justice sociale, ouvrit une nouvelle époque pour les peuples du monde entier, l’époque des révolutions prolétariennes. La Révolution d’Octobre vérifia définitivement que les idées de Marx et d’Engels n’étaient pas des fantasmes, que les prévisions de Lénine répondaient à la réalité en Russie et dans le monde, elle marqua la victoire du marxisme-léninisme.
Depuis la victoire de la Révolution d’Octobre, la bourgeoisie impérialiste, les opportunistes et les révisionnistes ont développé une lutte multiforme, ouverte et masquée, contre ses enseignements et ses acquis révolutionnaires. Cette lutte s’est poursuivie encore, au milieu des années 50, après le renversement du socialisme en Union Soviétique et puis dans les pays de l’Europe de l’Est, et dans les années 90 du siècle passé en Albanie. Elle continue au jour d’aujourd’hui, même si la bourgeoisie et ses partis déclarent le socialisme « mort », « une utopie qui ne peut être mise en pratique » tout en glorifiant le capitalisme comme « ordre qui existera éternellement. »
Ce serait une faute grave si le renversement du socialisme en Union Soviétique et dans d’autres pays n’était pas analysé correctement sans détour et avec réalisme. Ce
renversement alimente une série d’interrogations, d’incertitudes et de confusions politiques et idéologiques au sein du mouvement communiste du prolétariat et des masses travailleuses. Cette tragédie que nous avons connue ne veut pas dire que l’ordre socialiste est irréalisable, que la destruction du socialisme en URSS était fatale, elle ne dira pas que le socialisme n’a pas existé. Sous chaque aspect analysé, le retour en arrière au capitalisme est provisoire, un phénomène accidentel et circonstanciel, lié à la trahison du socialisme, à la non application des lois objectives de la construction du socialisme et des principes qui guident la dictature du prolétariat.
Le Parti Communiste d’Albanie considère nécessaire d’étudier à fond les erreurs dans le but d’en tirer les leçons et l’expérience, avec l’argument que indépendamment de ces fautes, en URSS a existé le vrai socialisme jusqu’à ce que Krouchtchev et ses successeurs détournent les objectifs de la révolution en leur enlevant leur caractère prolétarien. Oui, le vrai socialisme a existé : les pays impérialistes s’unirent dès le début des années 20 pour écraser militairement le régime de la classe ouvrière en Union Soviétique. Oui, le vrai socialisme a existé : il a inscrit des traces ineffaçables dans les souvenirs des hommes par les réalités qu’il a entreprises, en assurant une victoire grandiose dans tous les domaines de la vie et en constituant la force décisive qui affronta et mit en déroute l’Allemagne hitlérienne. Oui, le vrai socialisme a existé, a obtenu des victoires irréalisables dans des pays capitalistes et a donné à la construction du socialisme en Union Soviétique une importance historique internationale.
Dans les pays qui suivirent les enseignements du marxisme léninisme, comme en Albanie quand Enver Hoxha était à la tête du Parti du Travail d’Albanie, le socialisme se tint debout, le pays marcha de l’avant, fit front à toutes les pressions et blocus durs impérialistes-révisionnistes. L’expérience albanaise et la poursuite de la construction du socialisme après son renversement en URSS sont un démenti aux théories pourries des opportunistes et des réactionnaires qui renient la voie de la Révolution d’Octobre. Fiers de cette contribution, les communistes albanais unis dans le Parti Communiste ont le courage de reconnaître leurs responsabilités dans le renversement du socialisme en Albanie et de réfléchir en profondeur pour en tirer les leçons nécessaires.
Aujourd’hui, la révolution et le socialisme se poursuivent et se réalisent avec un héroïsme incomparable à Cuba sous la direction de Fidel Castro. Les USA n’ont négligé aucun moyen misérable pour renverser la révolution cubaine. L’Union Européenne impérialiste n’a pas été en reste. Mais elles ont échoué parce que la révolution n’a pas été trahie. C’est ainsi que les deux super-puissances impérialistes mondiales, les USA et l’UE collaborent et rivalisent pour dominer le monde, mais elles sont unies dans leurs objectifs contre le socialisme et le communisme.
Sans aller plus loin, ce qui fut renversé en Union Soviétique, en Albanie et dans d’autres pays, ce n’est pas le socialisme scientifique mais le révisionnisme, le retour masqué au capitalisme. Non, le socialisme scientifique n’a pas disparu, non il n’a pas fait son temps. C’est l’ordre capitaliste qui a fait son temps.
Quatre-vingt dix années ont passé et les jugements et re-jugements sur la Révolution d’Octobre, les discussions qu’elle développe, expriment clairement que ses leçons sont aujourd’hui actuelles comme il y a 90 ans et pour toujours, qu’elle a une dimension universelle et reste la source d’inspiration et le guide pour renverser le capitalisme et construire la société socialiste. Un véritable parti communiste ne peut montrer d’hésitation dans ses positions vis-à-vis de la Révolution d’Octobre et doit suivre les enseignements du marxisme-léninisme sur la Révolution. Ce sont les partis bourgeois et leurs idéologues qui déclarent que l’expérience et les acquis de la Révolution d’Octobre sont dépassés, qui prétendent qu’il est possible d’avancer vers le socialisme de manière spontanée, pacifique, par la voie parlementaire, sans que la révolution soit nécessaire. Malheureusement, de tels partis n’ont de communiste que le nom.
S’écarter de la voie de la Révolution d’Octobre pour passer au socialisme signifie tomber dans l’opportunisme, c’est rechercher une chose qui n’existe pas. Les communistes révolutionnaires savent que par principe, il n’y a qu’une voie pour que le socialisme l’emporte. Cette voie est celle de la lutte des classes dont l’expression la plus élevée est la révolution prolétarienne. En dehors de cette voie définie, précisée par les classiques du marxisme léninisme et prouvée par la vie, il n’est pas possible de passer au socialisme et le socialisme resterait une utopie. Tous les exemples de victoire du socialisme comme la Révolution d’Octobre en Russie et dans d’autres pays dans les années 40 ont été le résultat de révolutions prolétariennes. L’ Histoire ne connaît aucun cas où le socialisme a vaincu de manière pacifique, sans bouleversement social, sans détruire la bourgeoisie au moyen de la révolution et de l’insurrection armée. Le socialisme, comme le capitalisme, est l’ordre d’une classe dominante : le capitalisme est l’ordre de la bourgeoisie, le socialisme est l’ordre du prolétariat. Aujourd’hui, il est établi très clairement qu’entre ces deux classes déterminantes de la société, la paix est impossible.
On parle de l’existence d’autres « socialismes ». Le PCA répond que ce sont des faux socialismes, qu’ils ont le soutien de partis qui s’appellent socialistes ou social-démocrates sous leur forme ancienne ou sous la forme révisionniste, que ce sont des variantes des gouvernements bourgeois, lesquels en pratique administrent les affaires de la bourgeoisie et trompent les prolétariats et les peuples. En Albanie aussi, il y a un parti socialiste et un parti social-démocrate, mais ce sont des partis bourgeois comme les autres. Le monde n’a connu, et personne n’a prouvé la possibilité d’autres socialismes, que le socialisme qui naît de la révolution prolétarienne et qui se construit sur les bases du marxisme léninisme. Un pays, grand ou petit, ne peut aller au socialisme sans renverser la bourgeoisie par la Révolution, ne peut construire le socialisme avec la bourgeoisie, sans établir le pouvoir de la classe ouvrière et sans un parti prolétarien guidé par le marxisme-léninisme. Accepter l’intégration graduelle du capitalisme au socialisme alors que les formes des régimes socialistes naissent avec la révolution et non au sein de l’ancien régime, alors c’est du réformisme bourgeois.
Aujourd’hui, les prolétariats disposent d’une expérience riche et avancée des luttes révolutionnaires et les possibilités pour les batailles du socialisme se développent. Dans plusieurs pays, la situation révolutionnaire est mûre ou est en train de mûrir. Dans d’autres pays, le processus est en développement. En ce début de 21ème siècle, les contradictions fondamentales qui rongent le système capitaliste s’aggravent de plus en plus et les prolétariats et les peuples tournent de nouveau leur regard vers le socialisme. En Allemagne, en France, en Grèce, en Italie et dans d’autres pays d’Europe, la jeunesse, la classe ouvrière et les travailleurs montrent clairement leur orientation, leur aspiration et leur initiative pour un autre monde, le socialisme. Les guerres populaires sur le continent asiatique, les luttes populaires et les gouvernements anti-impérialistes dans les pays d’Amérique latine, la puissante résistance en Irak et en Afghanistan contre l’occupation des USA, comme au Liban et en Palestine au Moyen-Orient, partout on ressent l’absence d’un soutien du système socialiste. On voit aussi clairement que les conditions du socialisme sont les seules qui puissent remplacer l’oppression et les conflits nationaux ethniques et religieux, par la liberté, l’égalité et la fraternité des peuples dans les Balkans, au Moyen-Orient, en Asie et en Afrique. Aujourd’hui, les peuples et les nations opprimées n’ont pas l’aide internationaliste de l’URSS de Lénine et de Staline.
Les partis communistes sont face à la tâche de renverser le système capitaliste, de diriger seuls cette lutte, et d’être prêts à faire front aux attaques des appareils d’oppression bourgeois, des institutions fascistes et des ententes et traités réactionnaires internationaux. Dans la situation actuelle, ils sont divisés, pas très efficaces, mais la base matérielle et sociale qui domine est plus que mûre dans certains pays en particulier, dans certaines régions du monde et plus largement. Le Parti Communiste d’Albanie, en complète cohérence avec ses buts a toujours défendu le point de vue qu’un grand rapprochement est indispensable entre les partis marxistes-léninistes, de même que l’échange d’informations et d’expériences, les discussions sur les questions communes du mouvement communiste, l’aide et le soutien réciproques, tout cela au service de la victoire de la révolution.
MUHARREM XHAFA
Secrétaire Général du Parti Communiste d’Albanie
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