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forum Index du forum forumActualité - Monde forumLutte des travailleurs coréens licenciés par Lafarge multinationale

Auteur : Sujet: Lutte des travailleurs coréens licenciés par Lafarge multinationale  Bas
 njusti
  Posté le 23/10/2007 19:55:06
Send a private message to njusti
Lafarge, réembauche des travailleurs coréens !
100h de travail par semaine, sans droits syndicaux, puis licenciement...
C’est de l’esclavage !


http://ouvriers.coreens.free.fr/siegelafarge.jpg

Lafarge doit arrêter la répression syndicale!
Nous voulons travailler dignement!


Nous, ex-salariés de Woojin Ind. (entreprise coréenne sous-traitante de Lafarge Corée), manifestons
quotidiennement à Pairs depuis le 6 septembre 2007. Soumis à des conditions de travail effroyables, nous
avons décidé, le 7 mars 2006, de créer un syndicat, affilié à Fédération coréenne de la chimie et du
textile(KCTF), afin de nous défendre : en effet, notre salaire était de 3.160 wons (=2,4 euros) de l’heure, le Smic
coréen. Mais pour parvenir à un salaire mensuel entre 1.300.000-1.500.000 wons (=1.000-1.150 euros) et
nourrir nos familles, nous étions obligés de faire entre 150 et 200 heures supplémentaires par mois, en plus des
240 heures de travail de base (8h/j pour 30 jours).

Woojin Ind. a été fermé fin mars 2006, suite à la formation du syndicat. Les salariés qui ont accepté de quitter
le syndicat ont été repris par d'autres sous-traitants : ceux qui ont refusé, ont été licenciés. Nous avons lutté
contre ces licenciements injustes, mais Lafarge Corée n’a pas donné une réponse constructive, niant sa
responsabilité. Cela dure depuis 18 mois. Nous, les salariés licenciés, avons décidé de venir à Paris afin d’essayer
d'obtenir justice auprès de Lafarge international.

Nous exigeons:
1. La réintégration des salariés licenciés dans leurs fonctions d'origine : en particulier, la réintégration chez des
sous-traitants qui ont repris les matériaux et travaux de Woojin Ind. ;
2. L'amélioration des conditions de travail et des salaires : réduction des heures supplémentaires obligatoires et
augmentation des salaires pour parvenir à 80% du salaire des travailleurs de Lafarge Corée ;
3. La reconnaissance du syndicat et de ses activités, conformément à la Convention N°87 de l'Organisation
internationale du travail (OIT), relative à la liberté d'association, que la France et la Corée du sud ont ratifiée,
et à l'Accord cadre international signé par Lafarge et les deux fédérations internationales de la construction et
de la chimie ;
4. Le versement de l'intégralité des salaires des travailleurs licenciés depuis le 1e avril 2006.

A la suite de nos revendications, dans un courrier daté du 1e octobre 2007, M. Frédéric de Rougemont, PDG de
Lafarge Corée nous a fait deux propositions d’embauche : soit dans une mine, soit dans une usine. Il nous
propose également un salaire mensuel de 2.000.000 wons (=1 .540 euros) sur la base de 3.470 wons (=2,66 euros)
de l’heure.

S’agissant des emplois dans la mine, les entreprises sous-traitantes proposées disposent déjà toutes d’un autre
syndicat (FKTU). Par conséquent, pour nous réintégrer dans cette structure, nous devrions d’abord quitter
notre organisation syndicale car la loi coréenne interdit la présence de deux syndicats dans une même
entreprise. Concernant les emplois dans l’usine, la moitié des entreprises proposées ne sont pas des soustraitants
de Lafarge-Halla, mais des fournisseurs extérieurs, sans aucune garantie de postes.

Nous ne voulons pas refuser systématiquement chaque poste proposé, mais Lafarge Corée nous fait des
propositions inacceptables. Cela montre clairement la philosophie de Lafarge, entreprise multinationale qui
pratique l’oppression syndicale et exploite des travailleurs en sous-traitance dans les pays moins développés :
par exemple, parmi 21 entreprises en sous-traitance de Lafarge-Halla, trois d’entre elles seulement — du
secteur minier —ont un syndicat. Nous avons également appris qu’une filiale de Lafarge au Honduras vient
de licencier deux délégués syndicaux, au prétexte de l’automatisation de leurs tâches. Notre lutte ne se limite
pas à nos problèmes locaux ; c’est un exemple de lutte solidaire à l’ère de la mondialisation.

Pour ce qui concerne le salaire, dans son courrier, M. de Rougemont nous proposait sans complexe un salaire
horaire (3.470 wons) inférieur au minimum légal (3.480 wons). De plus, pour gagner 2 million de wons par
mois, cela implique de travailler 464 heures (c’est-à-dire 240 heures de travail de base et 224 heures
supplémentaires) sur 30 jours, sans période de repos. Le PDG de Lafarge Corée admet son erreur quant au
salaire horaire dans son second courrier, daté du 12 octobre 2007 ; il la corrige même pour nous proposer les
3.480 wons légaux, mais ne mentionne plus le salaire mensuel de 2 millions de wons. Pourtant, les salaires
restent au même niveau, les heures de travail toujours aussi élevées — voilà l’essentiel de cette affaire. En bref,
Lafarge Corée n’a aucunement intention de trouver une solution — avec le syndicat — pour améliorer les
conditions de travail.

Lafarge doit faire face à ses responsabilités et donner satisfaction aux salariés de Woojin Ind. La responsabilité
sociale d'un groupe multinational se mesure avant tout dans les actes de tous les jours.

Aujourd'hui, nous avons besoin de votre soutien.
Rejoignez notre lutte!

---------------------------------------------
Reconnaissance du syndicat !
Amélioration des conditions de travail !
---------------------------------------------

FEDERATION SYNDICALE COREENNE DE LA CHIME ET DU TEXTILE

Courriel : ** email protg **
Site web : http://ouvriers.coreens.free.fr/
Tél : 06 59 13 20 03

 Koba
 Administrateur
 « En France, l'absence de
base théorique et de bon sens
politique se fait généralement
sentir. » (Karl Marx)
 Koba
  Posté le 24/10/2007 17:54:19
Send a private message to Koba
Donc il s’agit d’une multinationale française sous-traitant à des entreprises sud-coréennes. Lafarge est bel et bien le donneur d’ordre.

A la base, les travailleurs de ‘Woojin Ind’ faisaient donc entre 390 et 450 heures de travail par mois pour environ 1000 euros mensuels (soit environ 14 heures par jour pour une semaine de 6 jours, et à 2,4 euros de l’heure)

Lafarge a décidé de la fermeture de‘Woojin Ind’ suite à la formation d’un syndicat. C’est une pratique courante de la part de la bourgeoisie face à l’organisation et à l’action des travailleurs (syndicalisme, grèves) que de pratiquer des ‘lock outs’ pour briser leur combativité. (c’étaient des pratiques courantes dans la Russie d’avant 1917). Il ne faut pas oublier que la bourgeoisie a le choix, et compte sur son armée du travail de réserve (les chômeurs) pour maintenir la pression sur les salaires et les travailleurs (peur de perdre leur emploi).

« … les salaires restent au même niveau, les heures de travail toujours aussi élevées — voilà l’essentiel de cette affaire. En bref, Lafarge Corée n’a aucunement intention de trouver une solution — avec le syndicat — pour améliorer les conditions de travail. »

« Cela montre clairement la philosophie de Lafarge, entreprise multinationale qui pratique l’oppression syndicale et exploite des travailleurs en sous-traitance dans les pays moins développés : par exemple, parmi 21 entreprises en sous-traitance de Lafarge-Halla, trois d’entre elles seulement — du secteur minier — ont un syndicat. »

Effectivement, le Capital étranger ne vient pas dans le sud-est asiatique pour une autre raison que disposer d’une main-d’œuvre qualifiée à bas coût, et tout obstacle qui entrave cet objectif de profit maximal doit être éliminé. Je pense que ce sera difficile d’obtenir gain de cause (ce qui ne signifie pas qu’il ne faut pas combattre), mais il faut expliquer aux travailleurs que sans s’organiser abattre le système (la toute-puissance du Capital étranger comme la collaboration de la bourgeoisie nationale), ces pratiques resteront courantes (sinon, vous risquez la démoralisation). Il faut arriver à lier la lutte syndicale avec la lutte révolutionnaire.

Je pense aussi qu'un soutien de révolutionnaires communistes 'français' pourrait être un plus. Par exemple sous le forme d'une manif conjointe avec les travailleurs coréens licensiés.

A méditer :

« … à la fin 2006, la Chine préparait une nouvelle loi sur le travail dans les entreprises à capitaux mixtes, limitant la durée de la période d’essai, imposant la semaine de 44 heures et le paiement des heures supplémentaires. On a assisté aussitôt à une levée de boucliers de la part des investisseurs étrangers pour lesquels cette loi « mettrait en péril les valeurs traditionnelles de l’entreprise ». Moins portée sur le verbiage idéaliste, la Chambre de Commerce britannique a défini quelles étaient les « valeurs traditionnelles » défendues par le Capital étranger : « Nous sommes venus en Chine pour les faibles coûts salariaux et la flexibilité. S’ils disparaissent, nous irons en Inde, au Pakistan ou au Bangladesh ». Quelle honnêteté admirable ! » (Impérialisme et anti-impérialisme, p. 152)

« La victoire de la déviation de droite dans notre Parti donnerait libre cours aux forces du capitalisme, minerait les positions révolutionnaires du prolétariat et augmenterait les chances de restauration du capitalisme dans notre pays. » (Joseph Staline)

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