FORUM, Forum Discussion, Forum Gratuit, Nom de domaine, Nom de domaine gratuit, Redirection gratuite,

Forum La jeune garde marxiste-léniniste Administrateurs :Koba, Julien, C-A-F-E, shpati
Forum La jeune garde marxiste-léniniste
Non connecté | Se connecter
en ligne : Il y a 5 connectés. Cliquez pour voir la liste
Inscription Inscription | Profil Profil | Messages Privés Messages Privés | Recherche Recherche | Online Online | Aide Aide | Créer un blog gratuit

forum Index du forum forumActualité - Monde forumVietnam, Cuba, Corée du Nord & Cie : "socialistes" ?

Auteur : Sujet: Vietnam, Cuba, Corée du Nord & Cie : "socialistes" ?  Bas
 lena
 SOYONS REALISTE DEMANDONS L
IMPOSSIBLE
  Posté le 30/06/2006 19:16:33
Send a private message to lena
http://www.granma.cu/

journal cubain a lire !!!!!!!!

autre chose la bolivie, vénézuela, cuba sont des pays socialistes et ils se sont ils y a peu de temps associés : NOTRE AMERIQUE !!!

 KGB Shpion
 KGB Shpion
  Posté le 30/06/2006 20:36:44
Send a private message to KGB Shpion

Citation :

lena  a dit :

tout appartient a l' état , les maisons, les voitures....



Les voitures ? Mais pourquoi ? L'Etat doit uniquement posséder le s moyens de production et le terrain. Il ne doit rien toucher à ce qui est du domaine du privé. (n'oublions pas que l'Etat est le prolétariat)

Citation :

sinon je tiens aussi a préciser qu'il n'y a pas de chomage



Je veux bien te croire, mais ce n'est pas ce qu'indique cette page : http://www.radiohc.org/Distributions/Radio_Havana_Francais/.2001/2001_jun/Radio_Havane_Cuba-01_Juin_2001

Chomage : 5%

Citation :

je rapelle aussi que leur medecine est si performante que maradona est allé faire une cure de désintoxication qui lui permet aujourd hui de revivre et de passer de 130kgs à 75 !!!!



Oui, d'ailleurs, Maradona n'habite-t-il pas à Cuba ?

--Message edité par KGB Shpion le 2006-06-30 20:39:49--

 KGB Shpion
 KGB Shpion
  Posté le 30/06/2006 20:38:57
Send a private message to KGB Shpion

Citation :

lena  a dit :


autre chose la bolivie, vénézuela, cuba sont des pays socialistes et ils se sont ils y a peu de temps associés : NOTRE AMERIQUE !!!  




Pour la Bolivie et le Vénézuela je dirai plutôt qu'ils sont enroute vers le socialisme, car il y a encore des entreprises privées.
Je dirai que ces pays sont progressistes.

 KGB Shpion
 KGB Shpion
  Posté le 30/06/2006 20:42:47
Send a private message to KGB Shpion
http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMHistoComplexe?&langue=fr&annee=2000&annee2=2000&codeStat=SL.UEM.TOTL.ZS%20&codePays=CUB&type=5&compareMonde=2&definitionMinimum=1&codeStat2=x

Le chomage est arrivé jusqu'à 8% !smile/eek.gif

 Mapiochin
 Mapiochin
  Posté le 01/07/2006 11:14:02
Send a private message to Mapiochin
Bonjour camarades,


Je suis allé à Cuba en 1993, et c'est vrai que les conditions de vie y paraissent formidables, sinon idéales.

Enfin, une bémol tout de même : je me suis fait voler mes effets personnels lorsque j'avais mis la tête sous l'eau. Pourquoi ? me suis-je demandé.

Pour sûr, la vie m'y semblait paradisiaque, les éléments dont tu fais références, camarade lena, sont probants, pour en avoir fait le constat tout comme toi.

Mais, en marge, à mesure du temps, au long de mon voyage, voici ce que j'ai pu y constater : prostitution, trafic marché noir de toutes sortes (dont mon beau-frère du P.C.F. qui négociait des lots de cigares cubains contre des t.shirts à 10 Francs de chez Tati !)... qu'est-ce qui pouvait expliquer ces comportements dans ce pays ? tout bonnement le fruit de la misère, sociale, et le camarade KGB Sphion souligne combien le chômage l'a créée de manière structurelle depuis (4,30 % à l'époque, taux alors très bas par rapport aux autres années qui plus est) !


Je me pose ainsi la question sur la réalité du socialisme à Cuba : actuellement et pour l’avenir ?

L'univers est né d'une boule cosmique, plus petite qu'un atome.
                                -----------
Mapiochin@hotmail.fr (Msn) OU Mapiochin@yahoo.fr (Mails).
 Koba
 Administrateur
 « En France, l'absence de
base théorique et de bon sens
politique se fait généralement
sentir. » (Karl Marx)
 Koba
  Posté le 01/07/2006 12:29:18
Send a private message to Koba
Merci camarade d'apporter ces éléments vécus sur la réalité sociale à Cuba.

Ces éléments viennent illustrer le fait qu'on ne construit pas le socialisme marxiste à Cuba. On y construit une sorte de "socialisme" nivelleur (comme en Chine sous Mao), un "socialisme" où la position économique du capital et où le travail salarié sont loin d'être abolis, mais où les autorités (la petite bourgeoisie nationale anti-impérialiste) s'efforcent de maintenir l'indépendance du pays et de réduire les inégalités sociales. C'est progressiste, mais pas socialiste.

Evidemment, Cuba et le peuple cubain doivent résister aux pressions de l'impérialisme, même en tant que pays non socialiste. Une chose est certaine, l'avenir serait moins noir pour Cuba, si on y construisait le socialisme véritable (en comptant sur ses propres forces) et si on évitait de s'endetter vis à vis de l'impérialisme étranger (même chose pour le Vietnam ou la Corée du Nord).

Rien n'est assuré pour l'avenir de ces pays, et les lois de la production marchande et du commerce international amèneront inévitablement sinon à encourager leur colonisation militaire, mais au moins à leur néocolonisation.

« La victoire de la déviation de droite dans notre Parti donnerait libre cours aux forces du capitalisme, minerait les positions révolutionnaires du prolétariat et augmenterait les chances de restauration du capitalisme dans notre pays. » (Joseph Staline)
 C-A-F-E
 Administrateur
 Les communistes ne
s'abaissent pas à dissimuler
leurs opinions et leurs projets
(K. Marx - F. Engels)
  Posté le 01/07/2006 12:46:01
Send a private message to C-A-F-E
En meme temps, si le prolétariat est à l'etat embryonnaire à Cuba et que donc, il n'y a pas de DDP, y construire le socialisme en conpmptant sur ses propres forces ne risque pas d'etre impossible?

Ne faudrait-il pas plutot à Cuba, créer par une revolution une "base arrière" capable de l'aider à develloper une industrie?

Nos principes de morale ne doivent pas nous empêcher de faire ce qui est juste (Isaac Asimov)
 Koba
 Administrateur
 « En France, l'absence de
base théorique et de bon sens
politique se fait généralement
sentir. » (Karl Marx)
 Koba
  Posté le 01/07/2006 14:17:56
Send a private message to Koba
Camarade, le fait qu’il n’y a pas de dictature du prolétariat à Cuba n’est pas la conséquence du fait que le prolétariat y soit à l’Etat embryonnaire (comme le laisse penser ta formulation – qui est peut-être une erreur).

En URSS, par exemple, il y avait moins de 5 millions d’ouvriers en 1917, face à des dizaines de millions de paysans individuels. Pourtant, le prolétariat jouait déjà un rôle dirigeant : c’est la forte productivité du travail industriel (en comparaison avec celle d’une agriculture arriérée) qui conférait ce rôle moteur et dirigeant au prolétariat dans l’ensemble de l’économie. Seul le prolétariat, seule l’industrie, même noyée dans l’océan des exploitations agricoles individuelles (Lénine) pouvait fournir le progrès. Seule la construction d’une base industrielle lourde (extraction, métallurgie, industrie mécanique) pouvait permettre l’essor de toute l’économie socialiste dans son ensemble, et la transformation agro-technique et sociale des campagnes.

Ces transformations ont-elles eu lieu en Chine, a Cuba, au Vietnam, etc en plusieurs dizaines d’années de « socialisme » ? Non ! Pourquoi ? A cause de l’Etat particulièrement arriéré de l’économie ? Sûrement pas : à cause de leur complaisance avec les pays révisionnistes et social-impérialistes, donc à cause de choix délibérés tel l’imbrication du « socialisme de marché » dans la division internationale (« socialiste ») du travail.

Même l’Albanie socialiste au moment de sa libération, bien que la classe ouvrière représentait moins de 3 % des travailleurs, était un Etat de dictature du prolétariat (alliance de la classe ouvrière et de la paysannerie travailleuse sous la direction de la classe ouvrière) : à son premier Congrès, en 1948, le PTA comptait dans ses rangs plus de 22 % d’ouvriers et environ 50 % de paysans pauvres et moyens. (En Chine, en 1949, après des dizaines d’années d’existence, le PCC comptait moins de 3 % d’ouvriers dans ses rangs ; la bourgeoisie - petite, et moyenne – y avait une base sociale et influence bien plus grande !)

Malgré son grand retard économique (encore plus prononcé qu’en Chine), le PTA a orienté l’Albanie vers l’industrialisation accélérée du pays sur le modèle soviétique marxiste-léniniste.

Je reprends ici les éléments de réponse que j’ai donné à un camarade sur la chute du socialisme en Albanie :

- La difficulté principale et supplémentaire (par rapport à l’URSS) que devaient vaincre les communistes albanais pour être certains de briser l’encerclement capitaliste-révisionniste était de pouvoir assurer la production des moyens de production dans le pays – donc un cycle industriel complet, depuis l’extraction de minerai jusqu’à la production d’acier et enfin la fabrication de machines outils.

- Les communistes albanais étaient engagés dans cette voie mais toutes les difficultés n’avaient pas encore été vaincues. (En URSS, cette difficulté avait rapidement été vaincue, vu l’existence d’une base industrielle en 1917 et l’effet d’échelle : 150 millions d’habitant en URSS, 1 million en Albanie au moment de la libération.) En 1927 l’URSS importait un tiers des machines et équipements nécessaires à son économie, en 1937, moins de 1%). A la fin des années 70, les albanais étaient capables de produire leur propre acier, de produire leurs propres tracteurs (sans quoi ils n’auraient pas pu tenir après la rupture avec Pékin en 1977). Il est certain que cette rupture a crée de nouvelles difficultés. Avec la chute des pays de l’est à partir de 1989, avec certains desquels l’Albanie entretenait encore des relations commerciales, le blocus économique s’est renforcé, ce qui a facilité la pénétration de l’esprit de capitulation et fourni une base élargie pour l’opportunisme (trahison de Ramiz Alia, Fatos Nano, etc.) Ce qui est certain, c’est qu’après 1985 apparaissent des disfonctionnements et que le PIB par tête stagne puis régresse. Il y a eu des problèmes de dilapidation de la richesse sociale et du sabotage : des réserves importantes crées sous Enver (en cas de conflit) existaient, mais elles n’ont pas été utilisées. Les communistes albanais qui ont vécu la catastrophe de 1990 pensent que la catastrophe était évitable. Ils ont hésité à appeler à la guerre civile au moment de la contre-révolution.

**

Il faudrait également étudier dans quelle mesure l’outil de production existant (particulièrement la sidérurgie et les constructions mécaniques) était opérationnel et entretenu. Les albanais se sont plaints après la rupture avec Pékin d’avoir été fournis dans leurs échanges économiques avec Pékin en matériel désuet et de mauvaise qualité. Dans quelle mesure cela a-t-il affecté l’économie albanaise ?

Compter sur ses propres forces ne signifie pas un développement « autarcique » ni « ne pas commercer », mais seulement privilégier le facteur intérieur et veiller à ce que les importations ne remettent jamais en cause l’indépendance économique, à veiller à ce que ces importations aident à la création d’une base industrielle de production de moyens de production et non vienne s’y substituer…

Revenons à Cuba : qu’entends tu par « créer une base arrière par une révolution pour l’aider à développer son industrie » ? Entends-tu par là l’existence d’un pays socialiste économiquement développé ?

Si oui, il est certain que cela serait un puissant appui à un petit pays économiquement arriéré. L’URSS de Staline a puissamment aidé les pays socialistes en les aidant à édifier une industrie lourde de production des moyens de production, contrairement aux khrouchtchéviens et aux maoïstes qui ont tout fait pour river les économies « amies » à une asservissante division internationale du travail.

D’où la responsabilité historique des communistes des pays impérialistes : quelle force colossale et quel facteur d’aide internationaliste représenterait un pouvoir socialiste dans un pays où les travailleurs hériteraient de la base industrielle développée et diversifiée d’un pays impérialiste ! Quelle force représenterait le socialisme si d’emblée les communistes prenaient le pouvoir dans un bastion de l’impérialisme ! Quelles flammes cela ne raviverait pas dans le cœur des exploités du monde entier !

« La victoire de la déviation de droite dans notre Parti donnerait libre cours aux forces du capitalisme, minerait les positions révolutionnaires du prolétariat et augmenterait les chances de restauration du capitalisme dans notre pays. » (Joseph Staline)
 C-A-F-E
 Administrateur
 Les communistes ne
s'abaissent pas à dissimuler
leurs opinions et leurs projets
(K. Marx - F. Engels)
  Posté le 01/07/2006 19:46:00
Send a private message to C-A-F-E
Donc, si j'ai bien suivi, la DDP sous-entend la construction d'industries lourdes?
LA construction du proletariat est donc la consequence de la DDP?

(désolé de cette digression)

Dans les pays de types Corée, Cuba et autres, la "division du travail" a donc empeché l'industrialisation et loin d'avoir aidé Cuba, l'URSS révisioniste l'a desservi?

Dans ce cas pouruqoi les révolutionnaires cubains ont-ils continué a recevoir l'"aide" sovietique et no'ont pas cherché a recevoit de l'aide de la art de pays qui semblaient plus communistes tels la Chine?

Par impossibilité?
Par révisionisme des dirigeants cubains?

Nos principes de morale ne doivent pas nous empêcher de faire ce qui est juste (Isaac Asimov)
 Koba
 Administrateur
 « En France, l'absence de
base théorique et de bon sens
politique se fait généralement
sentir. » (Karl Marx)
 Koba
  Posté le 02/07/2006 07:53:22
Send a private message to Koba
Pas de problème pour cette digression : c’est tellement fondamental !

Selon la conception matérialiste marxiste, l’essentiel, ce qui détermine la forme d’une société, c’est la reproduction de la vie immédiate, la manière dont on produit les moyens de subsistance.

« Selon la conception matérialiste, le facteur déterminant, en dernier ressort, dans l'histoire, c'est la production et la reproduction de la vie immédiate. » (Friedrich Engels, L’origine de la famille, de la propriété privée et de l’Etat, Edition numérique, p.2.)

Si un pays socialiste n’est pas capable de produire les moyens de subsistance ou les moyens de production de ces moyens de subsistance, il subira les pressions économiques du monde capitaliste hostile.

Qu’il reste dépourvu d’une industrie lourde et d’une puissante industrie de production des moyens de production, et c’est le néo-colonialisme qui pointe : car alors il faut acheter continuellement aux pays impérialistes les produits de cette industrie  (c’est  le moteur de l’endettement). Un pays dépourvu de moyens de productions se « prolétarisera » puisque ces moyens seront alors détenus par la bourgeoisie impérialiste étrangère. Ce pays sera donc condamné à lui servir d’atelier… Le colonialisme ne se limite pas aux agressions militaires, mais s’étend à la façon dont commercent les pays.

Les pays impérialistes font d’ailleurs tout ce qui est en leur pouvoir pour maintenir les pays inclus dans leurs sphères d’influence dans cette dépendance : hier les révisionnistes titistes, khrouchtchéviens et maoïstes faisaient tout pour prouver aux albanais qu’une industrie lourde ne serait pas rentable, qu’il fallait mieux qu’ils se contentent de développer la production « de ce pourquoi l’Albanie était faite » : autrement dit son imbrication dans une division internationale du travail.

Les pays pseudo-socialistes, parce qu’ils étaient révisionnistes et que le prolétariat n’était pas réellement au pouvoir, n’avaient pas en vue ce problème : ils espéraient simplement profiter de ce « commerce socialiste », quitte à n’exporter que du sucre pour Cuba. Pourquoi ne sont-ils pas allés voir ailleurs ? La Chine les aurait-elle davantage aidés ? En tout cas pas après 1976 où elle a fait montre d’ambitions impérialistes marquées.

Pourquoi Cuba a-t-il choisi le rapprochement à l’URSS ? Peut-être les dirigeants cubains estimaient que pour leur sécurité, il fallait mieux un allié puissant (face à la menace d’invasion US), doté d’un potentiel militaire et d’une capacité d’intervention et donc de dissuasion infiniment supérieur à la Chine.

« L’aide » économique de l’URSS révisionniste apportée à Cuba était une aide asservissante : elle rivait Cuba au social-impérialisme soviétique et le maintenait dans une dépendance vis-à-vis du commerce international. Les principales exportations étant le sucre et les minerais de nickel et de cuivre. Quand le social-impérialisme soviétique s’est effondré, Cuba a du vendre son sucre au prix du marché mondial (beaucoup plus faible que le prix antérieur) : le résultat est que bien qu’aujourd’hui le sucre représente les ¾ des exportations cubaines, sa production a diminué de 6 à 3 millions de tonnes entre 1990 et 1998…

Autre résultat : en 2000, avec 4,21 milliards de dollars d’importations et 1,60 milliard de dollars d’exportations, la balance commerciale cubaine était déficitaire. Le déficit n’a cessé de s’aggraver depuis, malgré les recettes dues au tourisme (1ère activité de l’île). Il faut dire que l’industrie légère et l’agriculture restent sous développées et que l’industrie lourde est limitée à l’industrie d’extraction (pas de sidérurgie ou d’industrie mécanique) : Cuba donc se lier à l’impérialisme européen (1/3 de son commerce) et cherche à se lier avec la Chine et les pays émergeant d’Amérique latine. (Brésil, Venezuela).

« Nous ne devons et ne pouvons réduire l'industrie lourde aux seules fins de développer le plus amplement l'industrie légère. Cette dernière, d'ailleurs, ne peut se développer sans un essor rapide de l'industrie lourde. » (Staline, Les questions du léninisme, Tome II, Edition numérique, p. 51).

Avec la création de « zones franches » (depuis 1993) où le capital étranger investit, Cuba est en train de terminer sa néo-colonisation.

Le développement prioritaire de l’industrie lourde est le résultat de la dictature du prolétariat et le développement de l’industrie lourde renforce la dictature du prolétariat. L’Albanie comptait 15 000 ouvriers en 1938 (sur 1 million d’habitants) ; 572 000 en 1984 (sur 3 millions d’habitants).

L’URSS et l’Albanie socialiste avaient clairement en vue ce problème du développement prioritaire de l’industrie lourde : pour elles, la construction d’une industrie de production des moyens de production était une nécessité vitale qui conditionnait l’avenir du socialisme.

C’est cette nécessité vitale pour l’avenir du socialisme que Lénine et Staline ont toujours exposé :
« La base matérielle du socialisme ne peut être que la grosse industrie mécanisée, susceptible de réorganiser aussi l'agriculture. Mais on ne saurait se borner à ce principe général. Il importe de le concrétiser. Une grosse industrie de niveau avec la technique moderne et susceptible de réorganiser l'agriculture, c'est l'électrification du pays entier. » (Lénine, Thèses du rapport sur la tactique du Parti Communiste Russe présenté au IIIe Congrès de l’Internationale communiste, Œuvres choisies en deux volumes, Tome II, p. 426-427.)
Je disais dans le texte « La « démocratie » malade : Insécurité, discriminations, immigration et racisme » (cf. paragraphe sur les causes économiques de l’immigration) :

« … concernant les pays dépendants, les impérialistes « conseillent » le plus souvent de laisser de côté l’industrie lourde et particulièrement l’industrie de production des moyens de production. C’est une manière comme une autre de perpétuer la dépendance économique et d’assurer que la dette extérieure se creuse toujours plus, offrant un débouché sans cesse renouvelé pour l’impérialisme. C’est pourquoi, comme le soulignait si justement Staline dès 1925, le développement prioritaire de l’industrie de production des moyens de production est fondamental pour le développement de l’économie et la construction de la société socialiste, sous peine de voir se transformer en un appendice du système colonial, dépendant économiquement et donc politiquement.6 (Voir Staline : Sokolnikov et la « Dawisation » de notre pays, Discours de clôture au XIVème Congrès du P.C.(b) de l'U.R.S.S., dans Les questions du léninisme, Tome I, Edition numérique, pp. 188-189.) »

Je te donne ici les lignes essentielles de Staline auxquelles je renvoyais :
« Chacun sait que nous sommes actuellement obligés d'importer des moyens de production. Mais Sokolnikov transforme cette nécessité en principe, en théorie, en perspective générale de développement. C'est là son erreur. J'ai parlé dans mon rapport de deux lignes générales de notre développement économique, pour expliquer comment l'on peut assurer un développement économique indépendant à notre pays entouré de pays capitalistes. J'ai déclaré que notre ligne générale, c'était la transformation de notre pays agraire en pays industriel.
Qu'est-ce qu'un pays agraire ? C'est un pays qui exporte des produits agricoles et importe de l'outillage, étant donné qu'il ne peut pas produire lui-même cet outillage. Si nous en restons à ce stade de développement, où nous ne produisons pas nous-mêmes notre outillage, mais où nous sommes forcés de l'importer de l'étranger, il ne nous sera pas possible d'empêcher la transformation de notre pays en un appendice du système capitaliste. C'est pourquoi nous devons travailler activement à produire nous-mêmes les moyens de production dont nous avons besoin. Est-il possible que Sokolnikov ne comprenne pas cette vérité élémentaire ?
Qu'exige le plan Dawes ? Il exige que l'Allemagne tire des marchés étrangers, et particulièrement de notre marché soviétiste, les sommes dont elle a particulièrement besoin pour payer les réparations. Qu'en résulte-t-il ? Il en résulte que l'Allemagne doit nous donner des moyens de production, que nous devons lui fournir en échange des produits agricoles et que, par suite, notre industrie doit se traîner à la remorque de l'économie européenne. C'est là la base du plan Dawes. Je déclarais à ce sujet dans mon rapport que le plan Dawes, dans la mesure où il concerne notre pays, est fondé sur le sable mouvant, parce que nous ne voulons pas, pour l'amour d'un autre pays, rester un pays agraire, et que nous voulons produire nous-mêmes nos machines et autres moyens de production.
Nous devons faire en sorte que cette idée de la transformation de notre pays, de pays agraire en pays industriel capable de produire lui-même l'outillage qui lui est nécessaire, inspire toute l'activité des travailleurs de nos organismes économiques. C'est là qu'est la garantie de l'indépendance économique de notre pays.
Les auteurs du plan Dawes voudraient, par exemple, que nous nous bornions à produire des étoffes. Mais c'est trop peu pour nous, car nous voulons non seulement produire des étoffes, mais aussi fabriquer les machines nécessaires à la production de ces étoffes. On voudrait que nous nous bornions à fabriquer des automobiles, mais nous voulons aussi construire les machines avec lesquelles on peut fabriquer les automobiles. C'est là qu'est la différence entre nos deux lignes générales de développement, et c'est ce que ne veut pas comprendre Sokolnikov. Renoncer à cette politique, c'est renoncer à la construction socialiste, c'est œuvrer en faveur de la dawisation de notre pays. »

Par « dawisation » on peut donc entendre « néo-colonisation » (car c’est bien le même mécanisme.)

Toujours en 1925, Staline disait :
« Le développement de notre industrie métallurgique peut être considéré comme le fait le plus caractéristique de cette nouvelle manifestation de vie de notre économie. L'année passée, la production métallurgique atteignait 191 millions de roubles d'avant-guerre. En novembre de la même année, le plan annuel pour 1924-1925 fut calculé sur une somme de 273 millions de roubles d'avant-guerre. En janvier de l'année en cours, ce plan, que la croissance précipitée de l'industrie métallurgique avait rendu trop étroit, fut modifié et établi sur une somme de 317 millions. En avril, ce plan élargi se révéla de nouveau insuffisant et dut être porté à 350 millions. Aujourd'hui, on nous dit qu'il est encore trop exigu et qu'il faudra l'élargir jusqu'à 360-370 millions.
Ainsi, la production métallurgique a presque doublé comparativement à celle de l'année dernière. Et je ne parle pas de la croissance formidable de notre petite industrie, de l'extension de nos transports et du développement de notre industrie du combustible et autre.
Ainsi, en ce qui concerne l'organisation de l'industrie, fondement du socialisme, nous sommes déjà en plein essor. En ce qui concerne l'industrie métallurgique, ressort principal de toute industrie en général, on peut dire que la période de stagnation est passée et que, désormais, cette industrie a toutes chances de se développer. Le camarade Dzerjinsky a raison de dire que notre pays peut et doit devenir un pays métallurgique.
Point n'est besoin de démontrer l'importance de ce fait pour le développement intérieur de notre pays comme pour la révolution internationale. Il est indubitable que, du point de vue du développement intérieur, l'essor de notre industrie métallurgique a une importance considérable, car elle marque un essor de l'ensemble de notre industrie et de notre économie. Sans puissant développement de l'industrie métallurgique, clef de voûte de toute industrie, il ne peut être question de mettre sur pied ni petite industrie, ni transport, ni combustible, ni électrification, ni agriculture. C'est pourquoi l'essor de cette industrie est synonyme d'essor général.
Voici ce que disait Lénine de la « grande industrie », sous-entendant par là principalement l'industrie métallurgique :
Nous savons que le salut de la Russie n'est pas seulement dans une bonne récolte — cela ne suffit pas — pas plus que dans un bon rendement de la petite industrie fournissant à la paysannerie des objets de consommation, ce qui est aussi insuffisant ; il nous faut encore la grande industrie. Plusieurs années de travail seront nécessaires pour la remettre en bon état.
Et, plus loin :
Si nous ne parvenons pas à sauver la grande industrie et à la relever, nous ne pourrons organiser aucune espèce d'industrie. Sans elle, nous sommes condamnés à disparaître en tant que pays indépendant.
Quant à la portée internationale du développement de notre industrie métallurgique, elle est, à coup sûr, incalculable. Car qu'est-ce que l'impétueuse croissance de la métallurgie sous la dictature du prolétariat sinon la preuve éclatante que le prolétariat n'est pas seulement capable de détruire, mais de construire, d'édifier par ses propres moyens une nouvelle industrie et une nouvelle société affranchie de l'exploitation de l'homme par l'homme ? Et faire cette démonstration dans la vie et non dans les livres, c'est contribuer considérablement au succès de la révolution mondiale. Le pèlerinage des ouvriers d'Occident en Russie n'est pas un simple effet du hasard. Il a, au point de vue de l'agitation et de la pratique, une importance immense pour le développement du mouvement révolutionnaire dans le monde. Les ouvriers qui arrivent en Russie explorent tous les coins et recoins de nos fabriques et de nos usines. Cela prouve qu'ils n'ajoutent pas foi aux livres et qu'ils veulent se convaincre par eux-mêmes de la capacité du prolétariat à constituer une nouvelle industrie, une nouvelle société. Lorsqu'ils s'en seront convaincus, soyez sûrs que la cause de la révolution mondiale ira de l'avant à pas de géant.
En ce moment, dit Lénine, c'est principalement par notre politique économique que nous influons sur la révolution internationale. Les travailleurs de tous les pays, tous sans exception, ni exagération, ont les yeux tournés vers la République des Soviets. Dans ce champ de bataille, la lutte qui se déroule a une importance universelle. Si nous venons à bout de notre tâche, nous gagnons à coup sûr et définitivement la partie à l'échelle internationale. C'est pourquoi les questions qui ont trait à la construction économique acquièrent à nos yeux une importance exceptionnelle. Sur ce front, nous devons remporter la victoire par une ascension et une marche en avant lentes, progressives, point hâtives, mais continues.
Telle est l'importance internationale de l'essor de notre industrie en général et de l'industrie métallurgique en particulier.
A l'heure actuelle, il y a en Russie près de quatre millions de prolétaires industriels. C'est évidemment très peu, mais cela représente quand même quelque chose pour construire le socialisme et organiser la défense de notre pays contre les ennemis du prolétariat. Mais nous ne nous en tiendrons pas là. Il nous faut 15 à 20 millions de prolétaires industriels, l'électrification des principales régions du pays, l'agriculture organisée sur la base de la coopération et une industrie métallurgique hautement développée. Alors nous vaincrons sur le plan international. » (Staline, Les questions du léninisme, Tome I, Edition numérique, pp. 116-117.) »
Les camarades albanais n’ont jamais cessé d’avoir ceci en vue :

« L'importation de machines et de mécanismes à haut rendement, tout en demeurant un important facteur de la mécanisation, ne devra jamais dépasser les capacités de notre économie. Il s'agit de faire en sorte que la mécanisation à grande échelle de la production se réalise essentiellement grâce à nos possibilités intérieures ». (Enver Hoxha, Rapport au VIe congrès du PTA, Tirana, 1971, EN, p. 30.)
« De la petite industrie de naguère, nous sommes passés aujourd'hui à la construction d'usines et de fabriques par nos propres forces. Il va sans dire qu'à l'avenir également nous importerons des usines que nous ne pouvons mettre sur pied tout seuls, mais nous disposons désormais des moyens nous permettant de progresser dans cette direction; nous possédons le complexe métallurgique d'Elbasan, le géant de notre industrie qui s'agrandira en multipliant ses usines et dont la production nous permettra de réduire la quantité de nos importations et en même temps d'accroître celle de nos exportations. » (Enver Hoxha, Textes choisis 1980-1984, Edition Numérique, p. 144.)
« Si, dans les conditions de l'encerclement et du blocus ennemis capitalistes et révisionnistes, nous n'avions pas mis sur pied une industrie diversifiée suivant les enseignements du camarade Enver Hoxha, notre marche en avant en nous appuyant sur nos propres forces aurait été impensable et encore moins réalisable. Aujourd'hui, alors que de nombreux pays ressentent les effets de la crise énergétique mondiale, chacun comprend clairement la justesse de la ligne suivie par le Parti pour assurer sur place une base énergétique diversifiée, en donnant la priorité à l'industrie du pétrole et du gaz, à l'industrie houillère et à la production d'énergie électrique fournie essentiellement par des centrales hydro-électriques. Mais la valeur de la pensée économique d'Enver Hoxha consiste aussi dans le fait que, dès le début, même lorsque nos ennemis essayaient de prouver qu'elle n'était pas rentable, il a insisté sur la nécessité de développer notre industrie pétrolière, il a évalué à sa juste importance le potentiel hydro-énergétique du pays sans jamais sous-estimer l'industrie houillère. Grâce à l'application conséquente de ces orientations, l'Albanie possède actuellement une industrie puissante et indépendante, une base énergétique qui satisfait les besoins du pays et dont les excédents sont exportés. L'Albanie a été entièrement électrifiée dès 1970, et depuis cette date l'électricité a été portée dans chaque maison de nos campagnes. Les orientations du Parti et du camarade Enver Hoxha sur le développement de l'industrie d'extraction du chrome, du cuivre, du ferronickel et d'autres minerais, pour passer ensuite graduellement à la métallurgie ferreuse et non ferreuse à cycle complet, sont d'une importance particulière pour le présent et pour l'avenir de notre pays. Cette étape fut difficile, mais qu'il était nécessaire de franchir au cours du processus de l'industrialisation socialiste. Elle rendit possible de renforcer et de moderniser l'industrie mécanique qui assure aujourd'hui 95 % des pièces de rechange nécessaires pour maintenir en service l'appareil de production existant, et qui s'est engagée dans la voie de la construction des machines. » (Conférence nationale sur l'oeuvre du camarade Enver Hoxha, Edition Numérique, p. 36.)
« L'Albanie n'a aucune dette ou obligation économique extérieure ou de quelque autre nature. Surtout notre pays est indépendant parce que le peuple albanais est maître de ses richesses, il est souverain et décide lui-même de la manière de les exploiter. Suivant les enseignements du camarade Enver Hoxha, dans les situations où nous édifions le socialisme, il faut que nous obtenions dans le pays tout ce que nous pouvons produire nous-mêmes: blé et maïs, coton et tournesol, énergie et machines technologiques, acier et ferrochrome mais aussi des moyens artisanaux ordinaires. Produire le pain dans le pays ou plus de 90 pour cent des marchandises de consommation courante, le pétrole et l'énergie électrique, environ 95 pour cent des pièces de rechange, exporter 10 pour cent du produit social pour importer d'autres marchandises indispensables etc., ne sont pas là des indices d'un développement autarcique, comme nos ennemis nous en accusent, mais une expression significative de l'indépendance économique et politique du pays. » (Etudes politiques et sociales, Edition Numérique, p. 598.)
« L'appui total sur ses propres forces revêt une importance exceptionnelle lorsque le socialisme est édifié dans les conditions de l'encerclement et du blocus impérialistes et révisionnistes. La trahison des révisionnistes khrouchtchéviens et chinois a accru les difficultés de l'édification du socialisme dans notre pays également. Dans les conditions de ce double encerclement, les ennemis extérieurs et intérieurs, qui agissaient sur le même plan et visaient à semer le doute sur la possibilité de la marche en avant par nos propres forces, et à renverser le socialisme en Albanie, intensifièrent leur action. Comme notre Parti l'a souligné, tant le conflit avec les putchistes dans l'armée, avec les ennemis et les saboteurs dans l'économie, que celui dans le domaine de l'idéologie et de l'art, touchaient la question fondamentale: pouvait-on édifier le socialisme et défendre la patrie en comptant exclusivement sur ses propres forces ou fallait-il tendre la main aux étrangers ? » (Etudes politiques et sociales, Edition Numérique, p. 597.)

La bourgeoisie elle-même sait bien le danger pour elle qu’il y a à construire le socialisme par ses propres forces :
« Le régime d’Enver Hoxha, prétendant à une stratégie de développement économique et politique indépendant, se ferme alors au monde en continuant de proclamer la possibilité de construire le « socialisme dans un seul pays », selon la thèse stalinienne. La dictature en place est l’une des plus dures de toute l’Europe de l’Est. » (Encarta.)
«  … le régime [Hoxha] est, sans aucun doute possible, le plus dur de tous les régimes communistes ». (Thomas Schreiber, Enver Hodja, Le sultan rouge, Editions Jean-Claude Lattès, 1994, p. 245.)
Tout autre espèce de « socialisme » n’est pas du socialisme, mais du révisionnisme, avec tout ce qu’il a de mou, de difforme et d’éclectique. Ou le socialisme de M-E-L-S ; ou bien le révisionnisme, il faut choisir ! (n’en déplaise à certains…) Il y a « socialisme » et socialisme.

« La victoire de la déviation de droite dans notre Parti donnerait libre cours aux forces du capitalisme, minerait les positions révolutionnaires du prolétariat et augmenterait les chances de restauration du capitalisme dans notre pays. » (Joseph Staline)
 Wadii
 Marx, Lénine, Engel, Stalin, Mao,
Castro, Guevara : tous avaient
raison !
 Wadii
  Posté le 13/07/2006 20:35:09
Send a private message to Wadii

Citation :

Mapiochin  a dit :



Mais, en marge, à mesure du temps, au long de mon voyage, voici ce que j'ai pu y constater : prostitution, trafic marché noir de toutes sortes (dont mon beau-frère du P.C.F. qui négociait des lots de cigares cubains contre des t.shirts à 10 Francs de chez Tati !)... qu'est-ce qui pouvait expliquer ces comportements dans ce pays ? tout bonnement le fruit de la misère, sociale, et le camarade KGB Sphion souligne combien le chômage l'a créée de manière structurelle depuis (4,30 % à l'époque, taux alors très bas par rapport aux autres années qui plus est) !

Je me pose ainsi la question sur la réalité du socialisme à Cuba : actuellement et pour l’avenir ?




Camarade Mapiochin, selon le tableau du camarade KGB Shpion, le chomage à fortement baissé depuis 95.

--Message edité par Wadii le 2006-07-13 20:36:24--

 Ernesto
 Patria o Muerte!
  Posté le 25/10/2007 22:15:44
Send a private message to Ernesto
Le Vietnam anti-impérilaiste? Il négocie la réouverture d'une base maritime US dans le sud du pays pour aider les usa dans leur lutte contre le "terrorisme". Le Vietnam tout comme la Chine est un état capitaliste où un parti se prétendant communiste règne.

Ernesto
Pages : Prec. 1 2

forum Index du forum forumActualité - Monde forumVietnam, Cuba, Corée du Nord & Cie : "socialistes" ?
Haut
Aller à :
  Ajouter une réponse rapide

Ajouter une réponse rapide