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forum Index du forum forumThéorie Marxiste-Léniniste forumde la voie parlementaire

Auteur : Sujet: de la voie parlementaire  Bas
 RedSniper
 RedSniper
  Posté le 04/12/2005 11:21:14
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Pourquoi n'est il pas possible pour un Parti Communiste d'accéder au pouvoir par la voie parlementaire?
Pourquoi, concrétement, n'est t'il pas possible d'instaurer le socialisme par des élections?

 Julien
 Administrateur
  Posté le 04/12/2005 16:04:33
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voici une première réponse tirée du N° 2 du bulletin de CMC
que l'on peut trouver sur le site www.militcom.org

Peut-on passer pacifiquement au socialisme par une suite de réformes votées par une majorité parlementaire qui en aurait la volonté ? Telle est la question fondamentale. De la réponse positive ou négative à cette question dépend la nature du Parti : Révolutionnaire ou pas.

Une grande partie de la lutte que mena LENINE contre les révisionnistes de son temps porta sur cette question essentielle.
Dans son célèbre ouvrage « L’Etat et la Révolution », Lénine écrivait : « celui-ci (L’Etat bourgeois) ne peut céder la place à l’Etat prolétarien ( à la dictature du prolétariat) par voie d’extinction », mais seulement, en règle générale, par la révolution violente (..). La nécessité d’inculquer systématiquement aux masses cette idée – et précisément celle-là – de la révolution violente est à la base de toute la doctrine de Marx et d’Engels » . A ceux qui, comme Kautsky, pré-tendaient que le capitalisme monopoleur créait des conditions favorables permettant d’éviter la révolution, Lénine répondait : « L’impérialisme, c’est à dire le capitalisme de monopole, dont la maturité date que du XX ème siècle ( et nous y sommes toujours, NDLR), se distingue, en raison de ses propriétés économiques essentielles, par le minimum de pacifisme et de libéralisme, par le développement maximum et le plus généralisé du militarisme. Ne pas remarquer cela, quant on examine jusqu'à quel point la révolution pacifique est typique ou probable, c’est tomber au niveau du plus vulgaire laquais de la bourgeoisie ». Et Lénine concluait : « Kautsky a besoin de tout cela pour esquiver la révolution violente, pour voiler son reniement envers elle, son passage du côté de la politique ouvrière libérale, c’est à dire du côté de la bourgeoisie ».
La révolution violente fut, après le Congrès de Tours, un principe fondamental du Parti Communiste Français. Pour les communistes, l’insurrection était le point d’aboutissement logique de la lutte des classes . Maurice Thorez écrivait, dans les cahiers du Bolchevisme n°1, janvier 1930 : « Par la grève politique de masse, nous franchirons victorieusement l’étape actuelle et nous préparerons politiquement et organiquement le prolétariat à l’étape ultérieure qui ne pourra être que la lutte directe pour le pouvoir et qui nécessitera l’insurrection armée » (œuvres de M. Thorez, livre deuxième, tome 1, éditions sociales).

De l’engrenage du révisionnisme …

La nécessité d’établir des alliances contre le danger du fascisme, dans les années 30, fit commettre au PCF la lourde erreur « d’oublier » dans les faits l’objectif de la révolution socialiste. Même le Front Populaire ne fut pas mis à profit pour s’en appro-cher. De même après la libération, l’existence d’un camp socialiste puissant et les succès électoraux du Parti Communiste (5,5 millions de suffrages, 30 % du corps électoral, 186 députés aux élections légi-slatives de novembre 1946) firent commettre à M. Thorez une autre faute théorique : Il pensa que dans ces conditions, la bourgeoisie n’oserait plus s’opposer par la violence à la prise du pouvoir par la classe ouvrière. Cette situation nouvelle rendait selon lui possible « d’autres chemins que la voie suivie 30 ans plus tôt par les communistes rus-ses ». En clair, un autre chemin que la voie révolu-tionnaire, c’est à dire la voie pacifique, réformiste. C’est dans une interview au journal Le Times, en novembre 1946, qu’il annonça ce tournant théori-que. Dès lors, on commença à enfouir au fond des placards les enseignements de Marx, Lénine et Sta-line. On ne mit plus à l’étude dans les cellules les classiques du Marxisme- Léninisme. Le Parti axa toute sa politique sur la voie électorale. Dans ses textes officiels, le Parti Communiste continua pour-tant encore de considérer la révolution comme une voie possible bien qu’improbable. Dans son rapport au Comité Central du 6 décembre 1968, Waldeck Rochet déclarait : « si l’on peut envisager la possi-bilité d’un passage pacifique au socialisme, cela ne doit pas nous fermer les yeux sur l’autre aspect du problème, à savoir le cas où la bourgeoisie et les forces réactionnaires recourraient à la vio-lence contre la volonté du peuple, ce qui oblige-rait les masses à riposter par la violence popu-laire ». Plus loin, dans son rapport, il affirmait ce-pendant : « Les communistes français orientent résolument toute leur activité ( souligné par nous) pour créer les conditions favorables à un passage pacifique au socialisme » . Cela revenait à dire que dans les faits, on « oubliait » la possibili-té d’un nécessaire recourt à la violence

…Au révisionnisme intégral

On était déjà loin de la directive de Lénine
« d’inculquer systématiquement cette idée et précisément celle-là – de la révolution violente ». Mais la direction du PCF est allée encore bien plus loin, ensuite, dans son abandon du marxisme. La théorie du Parti impulsée par des intellectuels comme Boccara et Herzog, et diffusée par la direction, devint la suivante : il est possible de l’intérieur même du régime capitaliste, de grignoter des pouvoirs (dans les entreprises, les administrations, etc.) . C’est l’accumulation de ces petits pouvoirs pris à la bourgeoisie qui créerait progressivement un Etat de type nouveau, démocratique, autogestionnaire,…
Dans cette optique complètement réformiste, « tout recul du capitalisme est un pas vers le socialisme », on pourrait introduire le socialisme par doses, sans détruire d’abord l’Etat bourgeois !
Voici à ce propos, ce que G. Marchais écrit dans son rapport au XXV° Congrès du PCF. (L’Humanité du 7 Février 1985 p 9) :
« Avec la décentralisation, la participation des travailleurs aux responsabilités à tous les niveaux, nous cherchons la voie de ce dépérissement progressif de l’Etat dont parlaient les fondateurs du marxisme » ! Et plus loin, il précise la méthode : « Dans chaque entreprise, la lutte pour l’emploi ne peut trouver sa pleine efficacité qu’en abordant les problèmes de gestion et de financement, la nature des choix technologiques, des investissements, des possibilités réelles du marché, les moyens d’établir des coopérations inter-entreprises, en bref en montrant qu’on peut produire autrement, et dans une logique de développement plus humain ( ?) Et on pourrait tenir le même raisonnement pour tous les problèmes (souligné par nous) actuellement posés»

Décidément, on ne peut pas falsifier davantage le marxisme-léninisme. Lénine a répondu depuis longtemps à ce genre de « nouveautés ». Au sujet du « dépérissement de l’Etat », il répond d’une manière magistrale dans l’Etat et la Révolution :
« Cette extinction (..) Engels la rapporte sans ambiguïté possible à l’époque consécutive à la prise de possession des moyens de production par l’Etat, c’est à dire consécutive à la révolution socialiste ».

Quant à la théorie de la « participation des travailleurs à la gestion », Lénine affirme : « Rabotchaîa Mysl (un journal réformiste de Russie, NDLR) parle sérieusement du passage de la production sous la direction sociale des ouvriers, ou sous l’adinistration d’un pouvoir démocratisé par leur participation active aux services chargés d’examiner les affaires de toutes sortes concernant les fabriques et les usines, aux tribunaux d’arbitrage, aux différentes assemblées, commissions et conférences chargées d’élaborer la législation du travail, par la participation des ouvriers à l’administration publique, et, enfin, à l’assemblée générale des représentants du pays. Ainsi, les rédacteurs de Rabotonaïa Mysl estiment que le seul socialisme ouvrier est celui qui peut être réalisé par la voie pacifique, la voie révolutionnaire étant exclue. Rétrécir ainsi le socialisme et le réduire à un vulgaire libéralisme bourgeois, c’est faire de nouveau un énorme pas en arrière ……

Certes, la classe ouvrière préférerait prendre le pouvoir par des moyens pacifiques ; mais renoncer à la prise du pouvoir par la voie révolutionnaire serait une folie de la part du prolétariat, du point de vue théorique comme du point de vue politique et pratique ». Plus loin Lénine conclut : « Borner l’action du prolétariat en tout état de cause, à la seule ‘démocratisation’ pacifique, c’est, répétons-le, rétrécir et avilir d’une façon tout à fait arbitraire la notion de socialisme ouvrier » (« un mouvement rétrograde dans la social-démocratie russe », fin 1899).
Concluons
La théorie du passage pacifique au socialisme ou progressif au socialisme ne peut être considérée comme une théorie marxiste, c’est au contraire une théorie anti-marxiste, anti-léniniste. Elle ne peut que semer des illusions dans la tête des travailleurs et conduit tout Parti communiste dans la voie du réformisme.


Julien
 daveron
 le léninisme est le marxisme de
l'époque de
l'impérialisme et de la
révolution prolétarienne.
JV.Staline
  Posté le 05/12/2005 17:19:54
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Bravo Julien, tout à fait d'accord avec ton analyse et celle du CMC. L'URCF organisation où je milite,considère dans ses "200 thèses pour une identité communiste révolutionnaire", que pour construire un vrai parti ML, il faut non seulement rompre avec le révisionnisme mais s'attaquer à ses survivances. La thèse de la "voie parlementaire au socialisme" est défendue par certaines forces qui se réclament du marxisme-léninisme comme le PRCF. Leur opinion s'appuie sur le programme du PCF de Waldeck Rochet, baptisé, le "manifeste de Champigny" où il est suggéré que "deux voies révolutionnaires sont possibles": "pacifique" (autour de laquelle tourne l'argumentation de ce programme) et "violente". "Voie pacifique"  qui au nom du "souhaitable" était articulée autour de l'alliance PCF et PS autour d'un programme commun de gouvernement, dans le droit fil de la théorie du XXéme congrès du PCUS khrouchtchévien. Autre dogme qui reléve de la survivance du révisionnisme, la théorie selon laquelle les nationalisations (capitalisme d'Etat) "ouvriront la voie au socialisme". La théorie des "deux voies" comme celle des "réformes de structures ouvrant la voie à des transformations révolutionnaires" relèvent du concept centriste (kautskiste) de "révolution sans révolution". Cette théorie constitue un leurre. Le PCF de Thorez-Duclos eut une attitude double sur la question de l'Etat. Dans certaines périodes, notamment après la critique de son opportunisme politique par le Kominform, le PCF publia plusieurs articles affirmant la théorie marxiste de l'Etat comme dictature de classe, dans d'autres périodes (Front Populaire, Résistance) le PCF développa la thèse de la "démocratie, création continue" qui ignore le moment de rupture révolutionnaire entre dictature du capital et dictature du prolétariat. Une révolution c'est le passage révolutionnaire d'un mode de production à un autre, l'expérience historique montre qu'aucune classe exploiteuse n'a renoncé pacifiquement à son pouvoir politique, à sa domination économique liée à l'exploitation de l'homme par l'homme, au moyen de la propriété privée des moyens de production. Vouloir passer d'un mode de production à un autre par la simple continuation "des buts et moyens démocratiques" contribuera à la contre-révolution violente comme au Chili. Le PCF n'ayant jamais réellement assimilé la théorie ML de l'Etat, pour construire le Parti, il est nécessaire  de s'attaquer à toutes les survivances du révisionnisme.L'attitude par rapport au XXéme congrès du PCUS reste la pierre de touche entre opportunisme et bolchévisme sur les questions de la voie parlementaire comme sur la question de Staline. Pour ou contre, tout échappatoire relève d'un centrisme mystificateur.  

daveron
 schneils
  Posté le 06/12/2005 18:10:12
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Citation :

Vouloir passer d'un mode de production à un autre par la simple continuation "des buts et moyens démocratiques" contribuera à la contre-révolution violente comme au Chili.




Je pensais que la contre-révolution au Chili, n'était due qu'au fait qu'Allende ne s'était pas mis l'armée de son côté.

Qu'as-tu à répondre?

--Message edité par schneils le 2005-12-06 18:10:49--

 daveron
 le léninisme est le marxisme de
l'époque de
l'impérialisme et de la
révolution prolétarienne.
JV.Staline
  Posté le 06/12/2005 18:56:44
Send a private message to daveron
l'armée dans tout Etat bourgeois est l'instrument de la dictature des monopoles, le Chili n'échappait pas à la règle car la victoire électorale d'Allende( celle des partis de gauche réformistes et des forces démocratiques) signifiait un changement de gouvernement dans le cadre du pouvoir bourgeois nullement une révolution "pacifique" organisant le passage du mode de production capitaliste au socialisme. Une victoire  des forces révolutionnaires à des élections quelconques, bien peu probable car les législations bourgeoises sont conçues pour permettre l'alternance des forces de droite et de "gauche" dans le cadre du système d'exploitation, ne changerait rien à cette donne universelle: l'armée reste un pilier de la dictature capitaliste, l'Etat reste aux mains de la bourgeoisie. Le XXéme congrès du PCUS khrouchtchévien a liquidé la théorie marxiste-léniniste de l'Etat sur cette question en éludant la nécessité de briser les appareils d'Etat bourgeois,  d'organiser l'armement des masses populaires, leçons universelles de la Commune de Paris, tirées par Marx. On ne réécrit pas l'histoire, la ligne du parti communiste chilien, marquée par le révisionnisme,  qui se manifestait  entre autre par la  fable sur les "traditions constitutionnalistes" de l'armée chilienne,  a pesé négativement, au-delà du courage et de l'héroïsme de ses militants après le coup d'état de Pinochet. La révolution qu'elle soit national-démocratique ou socialiste oppose tôt ou tard la violence armée contre-révolutionnaire  aux mesures réellement anti-impérialistes (comme au Chili) et anticapitalistes. La  juste politique ML  selon moi était d'exiger et d'agir pour l'armement des masses (bien avant les évènements de septembre 73) avec des groupes d'auto-défense,d'assurer  leur éducation militaire par les comités populaires . Le tragique est que sous couvert de "voie pacifique" d'appels humanitaires à la "raison", la réaction armée de type fasciste a d'autant plus de facilités pour s'exercer et se livrer aux massacres et à la répression terroriste d'Etat!

daveron
 Koba
 Administrateur
 « En France, l'absence de
base théorique et de bon sens
politique se fait généralement
sentir. » (Karl Marx)
 Koba
  Posté le 06/12/2005 19:41:03
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A Schneils :

Comme Daveron l'a si justemenent dit, Allende au Chili (mais aussi les communistes indonésiens en 1965) ont été réprimés par la bourgeoisie parce qu'il ont fait leurs les illusions petites-bourgeoises (reprises par Khrouchtchev) sur l'acession au socialisme par la voie parlementaire. (Enver Hoxha l'avait noté à l'époque).

« La victoire de la déviation de droite dans notre Parti donnerait libre cours aux forces du capitalisme, minerait les positions révolutionnaires du prolétariat et augmenterait les chances de restauration du capitalisme dans notre pays. » (Joseph Staline)
 guevarita
 guevarita
  Posté le 28/01/2006 01:43:37
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Très cher camarades  les opprimés n’ont qu’une voie qu’un chemin celui de la révolution de la violence révolutionnaire puisque les oppresseurs la classe dominantes saleté de bourgeois n’accepteront guère la monté au pouvoir du prolétariat pour ne pas perdre la dominances des outil et moyens de productions pour tous cela un parlement bourgeois ne peut être q’un outil utilisé contre le droit de la majorité des prolétaires à avoir le pouvoir.
Pour cela reste nécessaire d’y croire que la lutte des classes ne s’arrêtera que par l’anéantissement des bourgeois.
http://i31.photobucket.com/albums/c382/guevarita/9_jpg.jpg

pour vivre sur terre communisme est nécéssaire
 Jack
  Posté le 29/01/2006 18:44:16
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Je suis d'accord avec les camarades du CMC et de l'URCF, mais je voudrai connaitre la différence entre la "nationalisation" des moyens de production, et leur "socialisation".

 Jack
  Posté le 29/01/2006 21:43:54
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Merci camarade shpati  de m'avoir éclairer sur ce point  ;)

 yohann
  Posté le 04/02/2006 01:37:43
Send a private message to yohann
Qu'entends tu guevarita par 'l'anéantissement des bourgeois' ? Pour moi l'anéantissment physique de la classe bourgeoise n'est pas un necessité et est surtout un mauvais choix stratégique car cela créré des marthyrs qu'une contre révolution ne saurait que trop bien utiliser. La classe bourgeoise à partir du moment où on lui a retirer le capital et la possession des forces productives n'est plus un bourgeois. Nous sommes tous des hommes, la cause de notre différence n'est que notre compte en banque.


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