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| Auteur : | Sujet: Kokopelli | Bas |
| palim Messages postés : 1014 |
C'est justement là le problème : une inscrïption au catalogue officiel ça coûte , c'est obligatoire et ce n'est pas sûr que l'organisme privé rentre même dans ses frais . C'est donc une logique qui élimine toutes les semences pas assez rentables . Que reste t-il comme autre solution que l'extinction de ces semences si même une association ne peut plus les vendre ? Le système me semble donc piegeant aussi bien pour ceux qui jouent le jeu de l'inscrïption au catalogue ( Baumaux par exemple ) que pour ceux qui refusent de jouer le jeu et le dénonce ( Kokopelli ) . Et nous , jardiniers dans tout cela , quelle est notre part de liberté ? Pourquoi ces variétés anciennes et éprouvées ne seraient pas d'office inscrites au catalogue ou bien pourquoi puisqu'elles sont dans le domaine public , la puissance publique ne prendrait pas en charge ces coûts d'inscrïption ? Simple idée ! Autre solution ? Ps : comme vous , je me renseigne et le barême d'inscrïption d'une variété au catalogue est au lien suivant : http://geves.zarcrom.fr/index.php?rub_id=205 sélectionner barême dans la barre de tâches ... Palim |
| kub Messages postés : 2205 chi va piano va lontano ![]() |
Franchement, merci tout plein pour cet avertissement. J'adore savoir où sont mes ennemis, c'est mon côté simpliste! |
| kub Messages postés : 2205 chi va piano va lontano ![]() |
ceci étant, ces fumiers ont du m'envoyer un catalogue bricolé, pas de trace de la page 292 à l'intérieur, sûrement un coup de l'agency |
| gazette Administrateur Messages postés : 1827 Ce n'est pas parce que c'est difficile qu'on n'ose pas c'est parce qu'on n'ose pas que c'est difficile |
Tu as remarqué Kub ? Baumaux a mis les pieds dans le plat, c'est pas forcément une mauvaise nouvelle. Dossier semences dans la Gazette de mars. Palim, tu m'as l'air fortiche, est-ce que toutes les variétés commercialisées par Baumaux sont inscrites ? |
| kub Messages postés : 2205 chi va piano va lontano ![]() |
je dirais même : " c'est une excellente nouvelle" et je dois vous dire que je tape sur le clavier avec deux gants en vinyle remplis de neutrogena ,pour cause de crevasses douloureuses. Faut il que je vous aime! Na' din, j'ai mal! --Message edité par kub le 2005-12-30 20:08:22-- |
| gazette Administrateur Messages postés : 1827 Ce n'est pas parce que c'est difficile qu'on n'ose pas c'est parce qu'on n'ose pas que c'est difficile |
j"e" t"e" reponds avfec le bouètb du nhez par compassin c pàas faciele (urtout avec l souris |
| kub Messages postés : 2205 chi va piano va lontano ![]() |
![]() Oah! Menteur, si t'avais été vraiment une souris, t'aurais répondu avec le bout de la queue! --Message edité par kub le 2005-12-30 20:32:02-- |
| musette Messages postés : 8318 la botanique est l'art d'insulter les plantes en latin. Alphonse Karr ![]() |
Ben justement Gazette je me pose la question avant de dire une bétise, c'est pour ça que j'ai demandé à Pallim par ce que en tapant oignon blanc de vaugirard, rien, oignon jaune F1 takmark, rien, oignon red baron, rien non plus, j'ai essayé la chicorée triestina et spadonna rien d'inscrit non plus, mais comme je ne sais pas très bien comment ça fonctionne je ne voudrais pas avancer des bétises. Je me suis demandé si Baumaux pouvait être manipulé, mais s'il l'est, d'abord c'est un abruti par ce qu'il perd des clients (et donc de l'argent) ensuite je trouve ses écrits particulièrement méprisant et très agressifs, on a pas du le pousser bien fort. J'ai remarqué aussi que c'était mal rédigé. Et puis c'est insultant ce qu'il écrit, non mais je plante ce que je veux dans mon jardin, en quoi ça le regarde et y'a intéret que je me sent investit de la mission de défendre la biodiversité, et j'aime pas ses choux fleurs fluos, ça s'accorde pas avec la couleur de ma moquette. Faudrait qu'il arrête de taper dans la gourde le père, la mirabelle au début ça nettoie mais après ça attaque... Baumaux aurait voulu faire de la pub pour kokopelli qu'il n'aurait pas fait mieux. Musette | |||
| ET VIVE LE CAPITAL EN LUTTE CONTRE LES GROS TRAVAILLEURS (Patrick Font) |
| gazette Administrateur Messages postés : 1827 Ce n'est pas parce que c'est difficile qu'on n'ose pas c'est parce qu'on n'ose pas que c'est difficile |
Exact musette, le coup de gueule du catalogue, pourquoi pas ? Mais les années de procès et le très probable soutien du public et des médias pour Kokopelli risque fort de se retourner contre l'auteur de l'assignation. La loi actuelle, inappliquée et inapplicable risque fort d'être remise en cause. Tant mieux ! |
| lucette Messages postés : 1741 |
D'accord avec Gazette et la Muse,j'ai ete tres choquée de voir le ton qu'ils emploient vis à vis des producteurs de bio.Ils ne vendaient pas des graines bio il y a quelque temps? | |||
| Amicalement,Lucette. Alpes de Haute Provence |
| ocatarinetabellatchitch i Messages postés : 5212 |
Ils le font toujours, au milieu des pas bio. | |||
| O'Cat |
| albizzia Messages postés : 194 |
Ben ça alors! Je suis inquiète pour la biodiversité. Je mêle mon petit grain de sel. Kokopelli avait déjà eu des problèmes, et s'appelait avant Terre de semences. Je ne connais pas assez l'histoire. Donc ça recommence pour eux. J'utilise leurs graines, de tomates essentiellement, et j'en suis contente. Je précise que je sème ces graines pour avoir des tomates de bon goût (je veux dire bonnes au goût!) par rapport aux plants tout prêts, et que je plante une douzaine de pieds. J'ajoute que le prix de leurs paquets de graines est moins élévé que celui des "concurrents". J'ai reçu le catalogue de Beaumaux pendant qq années mais sans commander. La présence de beaucoup de semences F1 m'avait retenue. J'ai été davantage tentée par Thomson et Morgan. Je reste aux aguets, et je vais suivre vos avis. |
| kub Messages postés : 2205 chi va piano va lontano ![]() |
et de plus ils commencent à marcher sur les brisées de Magellan, en commercialisant des produit comme le phosphate de fer, antilimace bio. Comme me l'a fait remarquer ma maman, de plus je me plains depuis deux ans que leurs semences ne sont plus ce qu'elles étaient, il semble que la pureté de leurs variétés laisse à désirer ( mein her!) --Message edité par kub le 2005-12-30 22:55:15-- |
| musette Messages postés : 8318 la botanique est l'art d'insulter les plantes en latin. Alphonse Karr ![]() |
Il me revient en mémoire la chanson de François Béranger : Nous sommes Incas, nous sommes Incas Un cas pathologique, Nous sommes Incas, nous sommes Incas Un cas anachronique Nous avons bien trop tardé à faire nous aussi du Sud-Américain Nous avons bien trop tardé à remplir les rangs de tous les faux indiens AYYYYY AYYY AYYYY AYYYYY Musette | |||
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| palim Messages postés : 1014 |
Musette , je pense que l'oignon blanc de Vaugirard est répertorié simplement oignon de Vaurigard .Pour les autres variétés d'oignon, je n'ai pas trouvé leur nom dasn le catalogue . Je me demande si le nom d'inscrïption est toujours le même que le nom de commercialisation d'une variété potagère qui peut être plus poétique . C'est le cas pour les roses : le nom d'obtention et de commercialisation est très différent . J'ai appris que l'oignon rouge pâle de Niort obtenu en 1952 après près de 50 ans de bons et loyaux services avait été radié du catalogue officiel . Personne ne le maintient et son autorisation de vente s'arrête en 2006 . Je repose cette question que je trouve fondamentale : Comment trouver cette variété si aucune association ne prend le relais ? Comme exercice pratique , je vous recopie la liste des semences de tomates en liste c donc dédiées aux amateurs .Ce sont presque toutes des tomates d'obtention ancienne .Vous remarquerez comme moi que sur les 506 variétés inscrites au catalogue , cette liste n'en comporte que 39 . C'est vraiment très peu alors même qu'il en existe des milliers . J'en cultive chaque année une centaine dans mon jardin et mon "catalogue de graines personnel " en comporte 250 . D'autres en ont bien plus , les tomates étant un sujet passionnant et inépuisable . Voilà , le premier chiffre : numéro d'inscrïption au catalogue Liste : c Année d'inscrïption au catalogue dénomination n° CTPSListe Année d'inscrïption Dénomination 1003276 c 2000 Banana Legs 1016074 c 2005 Bloody Butcher 1003307 c 2000 Brandywine 1003295 c 2000 Burpee Delicious 1004036 c 2000 Caro Red 1003306 c 2000 Climbing Trip-L-Crop 1004478 c 2001 De Berao 1004056 c 2000 Des Andes 1003304 c 2000 German Johnson Pink 1003275 c 2000 German Red Strawberry 1001434 c 1999 Gold nugget 1003285 c 2000 Great White 1003301 c 2001 Green Grape 1003277 c 2000 Green Zebra 1004035 c 2000 June Pink 1004055 c 2000 Karos 1003299 c 2000 Liberty Bell 1003278 c 2000 Noire de Crimée 1003310 c 2000 Orange Queen 1005709 c 2001 Pêche 1008154 c 2001 Perdrigeon 1003300 c 2000 Pineapple 1008153 c 2001 Poire jaune 1008152 c 2001 Poire rouge 1008157 c 2001 Pomme rouge 1003305 c 2000 Ponderosa Pink 1003303 c 2000 Prudens Purple 1016071 c 2005 Purple Russian 1014098 c 2004 Red Robin 1016073 c 2005 Roman Candle 1003294 c 2000 Rose de Berne 1003298 c 2000 Ruffled Yellow 1016072 c 2005 Speckled Roman 1003309 c 2000 Tangerine 1003284 c 2000 Watermelon Beefsteack 1003279 c 2000 White Potato Leaf 1003297 c 2000 White Wonder 1003308 c 2000 Yellow Giant Belgium 1003296 c 2000 Yellow Stuffer Il y a aussi la tomate Beefsteak mais pour elle , j'ai fait une fausse manoeuvre , vous la rajoutez dans la liste . Que deviennent les autres variétés de tomates , excellentes : il y a les tomates tardives encore présentes au jardin en Novembre , les tomates comme Jaune Saint Vincent ou Golden treasure qui se conserve plusieurs mois en fruitiers . Dans les tomates à sécher , je ne repère que la tomate des Andes .Et les autres qui apportent des goûts différents ( j'en ai fait l'expérience cette année , les tomates c'est comme les vins, il y a différents crus.). Le Catalogue officiel se donne pour objectif dit-il ( je cite des extraits ): "Mise à disposition du progrès génétique S'appuyant sur les réglementations communautaires et nationales, le catalogue est un crible qui permet une première reconnaissance du progrès porté par une nouvelle variété." "Orientation des axes de création variétale Relevant de l'exercice d'une prérogative régalienne de l'état, le catalogue représente au travers des règlements d'inscrïption un levier pour orienter la création variétale vers des variétés répondant mieux à la demande sociétale, que ce soit au niveau des agriculteurs avec notamment des résistances aux parasites, à celui des industriels à la recherche de matières premières adaptées aux débouchés ou répondant à la diversification, ou du consommateur revendiquant des produits sains et de qualité." Un levier puissant en effet pour niveler , au delà des mots , l'offre de semences au plus bas . Que devient le jardinier gourmand et curieux dans tout ça ? Palim, jardinière gourmande et curieuse --Message edité par palim le 2005-12-30 23:31:39-- |
| palim Messages postés : 1014 |
Je ne me souvenais plus de la chanson de Béranger , Musette Il ne manque plus que la musique Elle pourrait servir de slogan, non ? Palim |
| Herminie Administrateur Messages postés : 10747 Mieux vaut arriver en retard qu'en corbillard ! ![]() |
Alors moi aussi je me livre aux exercices pratiques! En premier, un lien vers une page du site du GNIS, avec tout en bas des propos de Philippe Baumaux( en prime on a droit à sa photo!), c'est vrai qu'une boutique familiale qui ferme ça vous en flanque un coup et faudrait pas que la VPC suive le même chemin... Mais je trouve dommage que son discours soit émaillé de quelques petits mesonges ou omissions! (supériorité des hybrides, tsssss!!) http://www.gnis.fr/lettre/030.htm | |||
| Voilà l'homme tout entier, s'en prenant à sa chaussure alors que c'est son pied le coupable. (En attendant Godot - Samuel Beckett) |
| Herminie Administrateur Messages postés : 10747 Mieux vaut arriver en retard qu'en corbillard ! ![]() |
Et puis comme je n'arrive vraiment pas à retrouver le site du CRC de Lille (il n'existe plus, vrai de vrai)! , j'ai tapé le texte ci-après (précieusement imprimé à l'époque) sur word et je vous le met en copié-collé!C'est super long, oups' désolée, mais question info ça vaut le coup d'être lu! Il y a aussi beaucoup d'infos dans le petit livre de Jean-Pierre Berlan aux editions Agone, mais là il suffit de l'acheter, il est pas cher du tout! (Demain je chercherai l'histoire du comment et pourquoi tout à commencé à propos de variété de raisin...) ENQUETES-ANALYSES Centre Régional de la Consommation Information économique des consommateurs -Lille- Semences, tondeuses et coupe-bordures. Le printemps correspond à la migration des jardiniers-amateurs vers les rayons de « jardinage ». C'est le moment privilégié pour acheter ou renouveler le matériel de jardin et les semences potagères ou florales. Face à cet engouement des Français pour leur jardin et la part croissante du budget jardin dans le budget familial, les professionnels ont multiplié l'offre. Ils ont cherché à améliorer, voire faciliter le jardinage : tondre plus facilement, créer des espèces de plantes plus résistantes ou qui demandent moins d'entretien. En ce qui concerne les semences, le particulier a donc bénéficié des « progrès » destinés aux agriculteurs. Dans un dossier précèdent consacré aux OGM, nous déplorions la main-mise des grandes firmes de biotechnologies. Ce sont les mêmes firmes, par leurs filiales, qui interviennent sur le marché des semences. Le fonctionnement actuel du marché permet aux semenciers de protéger leurs variétés par une sorte de brevet et de s'approprier les espèces végétales. Cette situation aboutit à une réduction de la biodiversité, chaque espèce de végétal est représentée par quelques dizaines de variétés. La première partie de ce document est donc consacrée au marché des semences.[...] 1. LES SEMENCES. Le semis est le mode de multiplication des plantes le plus naturel et pratiquement le seul pour les plantes qui ne vivent qu'un an. C'est un moyen peux onéreux et accessible à tous. Le geste de semer quelques graines dans un jardin semble anodin au premier abord. Or la réalité du marché est fort différente. Le souci n'est pas de protéger la nature contre les risques éventuels de « contamination » mais plutôt de permettre aux principaux groupes semenciers, généralement des multinationales de la biochimie, d'augmenter leurs profits. Pour ces mêmes groupes qui interviennent dans les biotechnologies, pour développer entre autre les OGM, l'intérêt est d'abord économique. Pendant longtemps, les jardiniers et les paysans élevaient eux-mêmes leurs graines. Chaque famille, de génération en génération, se passait des informations sur les caractéristiques de chaque espèce. C'est ainsi que nous avions de bonnes variétés locales de tomates, de laitues, de haricots et de fleurs… Puis les marchands de graines locaux ont proposé aux cultivateurs des graines aux variétés mieux sélectionnées, et surtout beaucoup plus homogènes. Lentement, le nombre de semences disponibles sur le marché a commencé à diminuer. Actuellement, de grandes firmes cultivent des graines pour toute l'Europe et peut-être pour l'ensemble de la planète. Les variétés locales disparaissent et sont remplacées par des « cultivars » standards (variété d'une espèce végétale obtenue artificiellement et cultivée). En expliquant le processus de création de nouvelles espèces, les conditions de mise sur le marché et le rôle des principaux intervenants de ce secteur, cette première partie montrera comment ce marché privé des semences est soumis à un contrôle public strict et à un oligopole des grandes firmes multinationales. 1.1 - LA CREATION DE NOUVELLES VARIETES. La création de nouvelles variétés doit répondre aux besoins de l'agriculture et de la consommation. Les nouvelles variétés créées peuvent avoir plusieurs objectifs, comme : - Améliorer la résistance aux maladies et aux ravageurs en trouvant une alternative aux produits phytosanitaires. - Qualité du produit : le goût, la précocité, la coloration, le calibre, la résistance aux chocs, l'aptitude à la conservation... - Qualité culturale : favoriser la récolte mécanisée, créer des variétés nécessitant peu de taille... - Adaptation aux nouvelles conditions de climat et de sol : des plantes résistantes aux gelées de printemps et aux chaleurs d'été... Le plus souvent, les variétés vendues aux amateurs sont des variétés modernes dérivées de la sélection pour le marché professionnel. Elles sont protégées, c'est à dire que le droit de les vendre appartient au sélectionneur « obtenteur » (Vilmorin pour le haricot mange-tout oxinel, inscrit en 1994, par exemple). Cette protection est matérialisée par un certificat d'obtention végétal valable 20 ans, l'équivalent du brevet industriel. Le processus est long et complexe. Du projet jusqu'à la mise sur le marché, il faut compter 10 à 15 ans pour la création d'une variété. En premier lieu, le professionnel doit définir des objectifs. Veut-on améliorer la résistance à une maladie, obtenir une plus grande précocité ou une saveur particulière... Ensuite il faut choisir dans les collections de variétés, celles qui possèdent les caractères recherchés. Les variétés choisies sont cultivées, puis on sélectionne les individus les plus intéressants. On vérifie surtout la capacité des végétaux à transmettre leurs caractères à leurs descendants. C'est la phase « d'évaluation, mesures et caractérisation ». Puis il s'agit d'établir un plan de croisement : les croisements à réaliser sont envisagés de façon théorique. Sur le terrain, les croisements sont faits en serre ou dans des parcelles expérimentales. Puis, par sélection dans les générations successives, des descendances homogènes sont obtenues qui seront expérimentées chez des agriculteurs, dans différentes zones de production. Les cultures sont ainsi réalisées à plus grande échelle, dans différentes conditions de sol et de climat. Après plusieurs années, on choisit par zone de production le lot qui se comporte le mieux pour devenir une variété. La future variété doit être observée par le Groupement d'Etudes des Variétés (GEVES) et répondre favorablement aux critères de « Distinction, Homogénéité et Stabilité » (DHS) pour être inscrite au catalogue officiel des Variétés. L'inscrïption n'est acquise qu'au terme d'un examen sur trois critères (épreuves DHS) : - sur 2 cycles de culture, la variété doit se montrer différente de celles qui existent (distinction) - toutes les plantes issues de la germination du lot de semences doivent être conformes au type décrit (homogénéité) - ce profil doit se conserver au cours du temps (stabilité) Elle pourra alors être mise sur le marché. [1.2 - ...] 1.3 - LES DIFFERENTS INTERVENANTS. Trois organismes complémentaires interviennent sur le marché des semences : - Le Comité Technique Permanent de la Sélection (CTPS), sous l'égide du ministère de l'agriculture, est une instance de concertation entre l'Etat et les différents groupes professionnels concernés, depuis l'obtenteur jusqu'à l'utilisateur final. Il recueille les informations, propose les orientations. Il élabore les règlement techniques d'inscrïption et propose au ministre de l'Agriculture l'inscrïption des variétés au catalogue officiel. - Le Groupe d'Etudes et de contrôle des Variétés et des semences (GEVES) est un organisme qui associe le ministère de l'Agriculture, l'Institut National de la Recherche Agronomique (INRA) et le Groupement National Interprofessionnel des Semences et plants (GNIS). Il met en place pour le compte du CTPS les essais permettant de juger les variétés proposées à l'inscrïption au catalogue officiel. Pour mener ces études le GEVES entretient d'importantes collections de référence (16 000 variétés appartenant à près de 120 espèces), utilise un réseau national d'essais (100 000 parcelles dans 1 400 essais) et réalise de nombreuses analyses biochimiques et technologiques. - Le service Officiel de Contrôle et de Certification (SOCC) est le service technique du GNIS, il a pour mission de proposer au CTPS d'appliquer les règlements techniques de la production, du contrôle et de la certification homologués par le ministère de l'Agriculture. Il garantit ainsi la qualité des semences certifiées produites en France. Chez les professionnels il faut distinguer : - Les établissements obtenteurs (ou sélectionneurs). Ils se situent au départ de toute la filière, ils créent de nouvelles variétés et en produisent les semences mères. Les moyens mis en oeuvre, tant techniques que scientifiques, sont importants et le processus de création est complexe et long. - Les établissement producteurs. Ils passent des accords avec les agriculteurs multiplicateurs pour produire les semences puis les trient, les traitent, les conditionnent, et les commercialisent. - Les agriculteurs-multiplicateurs. Ils produisent les semences dans leurs parcelles à partir des semences mères fournies par les établissement producteurs. - Les établissements distributeurs. Ils vendent les semences aux agriculteurs et aux autres utilisateurs. - Les agriculteurs utilisateurs. A partir des semences achetées, ils produisent des plantes destinées à la consommation humaine, animale ou à des usages industriels. Les utilisateurs industriels. Ils transforment certaines productions agricoles pour faire d'autres produits tels que des aliments pour les animaux, du sucre, des pâtes, des tissus, du carburant. 1.4 - LES CATALOGUES : FRANÇAIS ET EUROPEENS... Les variétés européennes : 10 000 variétés d'espèces agricoles. Le catalogue Européen est la somme des catalogues des états membres de l'Union Européenne et de certains pays de l'AELE*, il regroupe plus de 10 000 variétés commercialisables dans l'ensemble de ces pays. Une variété inscrite dans un pays figure automatiquement au catalogue communautaire dés qu'elle a été déclarée, sous réserve qu'aucun état membre ne s'y soit opposé. Le catalogue officiel français. En France, les études des nouvelles variétés sont réalisées par le Secteur d'Etude des Variétés du GEVES. Il est chargé d'établir la carte d'identité des variétés (DHS) et d'évaluer -pour les plantes agricoles- leur Valeur Agronomique et Technologique (VAT). En effet pour être inscrite au catalogue officiel français une variété doit être Distincte, Homogène et Stable, avoir une dénomination et, de plus, apporter un progrès par sa Valeur Agronomique et Technologique par rapport aux variétés actuellement cultivées. Ce catalogue se débarrasse chaque année d'espèces multiséculaires, pour faire place aux fameuses obtentions sélectionnées et brevetées par des multinationales de la biochimie. Alors qu'au début du siècle les catalogues des grainetiers comportaient plusieurs centaines de variétés pour une même espèce, aujourd'hui chaque espèce de fruit, légume ou fleur, n'est plus représentée que par une petite dizaine de variétés « légales », seules homologuées et donc plus lucratives. Le catalogue officiel des plantes autorisées ne comporte plus que 2% de variétés du domaine public. Pour les 98% restant, il faut payer très cher si on veut les semer. Cette situation amène plusieurs interrogations. Les variétés actuellement exclues sont porteuses de gènes, dont les sélectionneurs du futur pourraient un jour avoir besoin pour ré-enrichir le catalogue officiel. Peut-on laisser s'organiser, au seul bénéfice du mercantilisme, une raréfaction programmée des espèces cultivées... Chose curieuse, face à cette situation de monopole des grandes firmes sur les variétés commercialisables, l'Etat doit s'assurer de la conservation des ressources génétiques. 1.5 - ET LES VARIETES ANCIENNES ?... Depuis le début du siècle, la plus grande partie des anciennes variétés a disparu et cette tendance s'est intensifiée à partir de 1961 avec la création du système des « obtentions végétales » (UPOV). Actuellement une dizaine de multinationales contrôlent près de 40% du marché mondial de la semence dont les 4 principales sont DuPont, Novartis, Limagrain et Monsanto. Chose curieuse, ces mêmes firmes prétendent oeuvrer pour le bien-être de l'humanité en voulant imposer les OGM. Toujours un même but, augmenter leur profit, et cela en s'assurant que les jardiniers-amateurs devront racheter les semences l'année suivante, créer un marché captif en rendant des plantes stériles. L'éradication des anciennes variétés et leur remplacement par des variétés hybrides F1 a généré un marché totalement captif puisque ces variétés F1 ne sont pas reproductibles. Les jardiniers, les maraîchers et les agriculteurs doivent donc les racheter tous les ans. Depuis le 1er janvier 1998, un arrêté ministériel (publié au J.O. du 26 décembre 1997) a ouvert un registre « variétés anciennes pour jardiniers amateurs ». Pour qu'une plante puisse être inscrite dans ce catalogue des variétés anciennes, il faut : - Prouver qu'elle existe depuis plus de 20 ans. - Prouver qu'elle est vraiment Distincte, Homogène et Stable... et l'avoir en champ d'expérimentation pour que les contrôleurs des services de l'Etat puissent venir réaliser des inspections d'identité et de pureté variétale... - Payer un demi droit d'inscrïption, soit 1 450 francs par variété**. Cette inscrïption ne permet que la vente en France et aux jardiniers amateurs exclusivement. Sur chaque sachet, la mention «variété destinée exclusivement aux jardinier amateurs» doit figurer en clair. Mais l'application pose un certain nombre de problèmes. Si certaines variétés ont été inscrites sur des catalogues commerciaux ou mentionnées dans des annales historiques, d'autres par contre sont des variétés strictement locales, à savoir qu'elles ont liées à une culture régionale, villageoise ou parfois même familiale et n'ont de ce fait jamais été commercialisées. Elles se trouvent donc « sans papiers ». Les critères d'homogénéité et de stabilité posent aussi certaines questions. Les variétés évoluent et ce d'autant plus qu'elles sont travaillées selon des modalités culturales respectant l'environnement. Elles sont en effet plus sensibles aux divers facteurs que sont le sol, les conditions climatiques ou les rythmes saisonniers... Il est également curieux de faire payer à des jardiniers amateurs une somme pour avoir le droit de protéger les ressources génétiques en maintenant l'existence de certaines variétés. En outre, compte tenu du nombre de variétés concernées (plusieurs milliers), le coût est prohibitif ! La conservation de la biodiversité n'est-elle pas d'intérêt public? Mais les vieilles variétés restent interdites à la diffusion commerciale, réservées aux jardiniers-amateurs pour leur consommation personnelle. Et les variétés anciennes restent inaccessibles pour les professionnels de l'agriculture. Le grand public est donc privé de fruits et de légumes annoncés comme plus goûteux. *Association Européenne de Libre Echange, en quelque sorte l'équivalent la ZLEA et/ou de l'ALENA **Texte datant de 2000 ! A vous de transcrire en euros ! N.d'H. | |||
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| palim Messages postés : 1014 |
Merci Herminie de conserver de si précieux documents d'abord et ensuite de l'avoir mis à disposition . Ce texte est très clair et pose bien le problème . Je viens de lire également la lettre de Philippe Baumaux sur le site du gnis . C'est également très clair . Ces deux textes constituent une bonne base documentaire et de reflexion .Ils sont tout à fait complémentaires . Restent la question : comment maintenir la diversité dans notre jardin ( pas seulement dans les banques de graines ! ) et avoir accès aux variétés non inscrites au catalogue si elles sont intéressantes pour nous ( pas seulement pour le marché ) ? Comment choisir au lieu de subir ? Palim Palim --Message edité par palim le 2005-12-31 09:02:07-- |
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