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forum Index du forum forumFanfic forumfanfiction( fin saison 3 et spoilers saison 4) :traitres intimes

Auteur : Sujet: fanfiction( fin saison 3 et spoilers saison 4) :traitres intimes  Bas
 scg
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 agent triple :)
 scg
  Posté le 01/12/2004 16:36:35
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un peu de lecture?
la suite donc avec ..des tas de choses!
@ canette: désolée! je sais pas ce qui me prend : je déteste les voir se prendre la tête dans la série mais j'éprouve un malin plaisir à le faire dans ma fic. je cherche encore pourquoi! enfin dans ce chap c'est mieux!


Chap 12 :



Vaughn claqua la porte de son nouvel appartement avec satisfaction. Il regarda autour de lui.
Il se sentait bien. Il était chez lui. Un appartement petit mais dans une résidence moderne et avec beaucoup de lumière, comme il aimait.
Il allait pouvoir reprendre son chien qui était en pension chez sa mère depuis son mariage avec Lauren. Enfin si la pauvre bête parvenait à lui pardonner de l’avoir abandonné lâchement. Il secoua la tête et avec un humour désespéré, il se dit qu’il aurait dû se méfier d’une femme qui n ‘aimait pas les chiens. Donovan lui rendait bien. Il avait failli la dévorer la première fois qu’elle avait pénétré chez lui.
Il regarda sa montre. Il fallait qu’il se prépare pour rejoindre Sydney et Penny chez Weiss. Il avait préparé à dîner pour tout le monde. C’était une bonne idée en théorie parce que depuis leur retour de Pologne trois jours auparavant, il n’avait pas revu ni parlé à Sydney. Il avait même été étonné quand Weiss avait annoncé qu’elle serait là. Il aurait presque imaginé qu’elle ne vienne pas. Elle lui en voulait. Elle en voulait à tout le monde et il la sentait très distante avec la CIA. Tout le monde semblait se méfier de Nadia. Elle refusait de se rendre à l’évidence.
La mission à moitié manquée avait aussi contribué à son humeur sombre. Le premier debriefing avait été désagréable. Grafton fidèle à elle même avait lourdement insisté sur la disparition des dossiers de l’université de Cracovie. Ils avaient les documents mais avaient encore du mal à en percevoir tout l’intérêt. Il y avait aussi le risque que le Covenant apprenne plus vite qu’eux des éléments capitaux. Toute une équipe de spécialiste travaillait sur des compte-rendus obscurs et indigestes d’expériences plus ou moins révoltantes sur des jumeaux. Rien de ce qui en sortait n’avait le moindre intérêt pour le moment. Puis Grafton avait mis le point sur le sujet délicat de la mission.

- Comment les trois personnes présentes dans ce hall ont elles pu vous échapper ?  En lisant votre rapport je n’arrive pas à comprendre surtout quand Nadia est arrivée. Vous êtes tous les deux aussi flous.

Vaughn assis tout au fond de son siège ne leva pas la tête. Il avait juste entendu Sydney dire de façon très édulcorée ce qui était censée s’être passé. Grafton se tourna vers lui et dit juste :

- Vaughn ?

Il reprit sa respiration et dit seulement :

- Cela s’est passé exactement comme ça.
- Alors, vous avez tous les deux été très mauvais.

Vaughn avait souri  intérieurement. Elle n’avait pas tort mais elle ne savait pas à quel point.

Et depuis plus rien. Il avait vu Sydney sortir d’un pas vif sans rien lui dire. Il n’avait pas osé la retenir ni la rappeler.
Il avait cherché un appartement et réintégrer ses meubles et ses affaires qui n’avaient jamais pénétré dans l’ appartement conjugal. C’était stupide et coûteux mais il avait également donné tous les vêtements qu’il avait au moment de sa vie avec Lauren. Il avait ainsi fait le ménage et éliminé toute trace de souvenir tangible de la vie avec cette femme ; mais elle n’avait pas encore dit son dernier mot. Elle continuait à hanter ses rêves et ses souvenirs mais il ne désespérait pas de l’éradiquer  un jour.
Il retira ses vêtements qu’il jeta simplement sur le sol avant de pénétrer dans la douche. Il laissa longtemps l’eau ruisseler sur son corps pour mieux réfléchir. Il devait faire le premier pas auprès de Sydney. Elle ne devait pas être seule , pas alors que Nadia rôdait autour d’elle.
Il hésita avant d’enfiler une chemise bleu ciel et un jean. Il dînait chez son ami. Il n’allait pas soigner sa mise pour les beaux yeux de Sydney. C’était pitoyable.

Quand il fut devant la porte de Weiss, il se dit que c’était beaucoup plus dur qu’il ne l’avait pensé et que revoir Sydney allait lui causer un choc. Weiss lui ouvrit, un large sourire aux lèvres. Vaughn se fit la réflexion qu’il changeait. Il était toujours aussi gentil mais plus doux et plus calme . Il se demanda comment il serait s’il était sûr de pouvoir vivre normalement auprès de l’amour de sa vie. Sydney était déjà là, épanouie, et discutait avec Penny, superbe, dans une longue tunique blanche. Quand elle le vit entrer son sourire s’altéra et il en conçut une peine qu’il jugea aussitôt totalement disproportionnée.

Il garda un souvenir doux-amer de ce repas. La discussion était animée, la nourriture bonne et les personnes autour de lui étaient ou allaient devenir de grands amis. Mais il aurait simplement voulu être comme Weiss et pouvoir naturellement se pencher et chuchoter à l’oreille de Syd  ou encore laisser son bras sur le dossier de sa chaise et, d’une main négligente, caresser son dos.

Il se leva pour partir le premier. Il en avait assez. Il rejoignit Weiss qui était sorti deux minutes auparavant. Celui-ci le regarda avec étonnement quand il comprit  quel était son projet :

- Mais tu ne vas pas me dire que tu ne repars pas avec Sydney, quand même ! Fais quelque chose !
- Laisse tomber, Weiss, c’est compliqué !
- C’est aussi mon avis ! vous êtes compliqués !
- Oui… et toi, heureux ?
- Et bien…oui, je crois.. , tu sais… ça faisait longtemps qu’il ne m’était pas arrivé un truc pareil alors j’en reviens pas… tu te rends compte…elle me dit qu’elle se sent bien avec moi et qu’elle n’a jamais rencontré quelqu’un d’aussi gentil !

Il était hilare et avait même l’air un peu niais  mais en toute objectivité, Vaughn reconnut que c’était l’envie qui le faisait penser comme ça. Il avait pris l’habitude d’un Weiss disponible et solitaire. Il avait peut être oublié qu’il pouvait lui aussi rencontrer la femme de sa vie..
Il se contenta de lui sourire et de lui envoyer une bourrade virile dans les côtes. Il aurait voulu dire à Weiss qu’il était content pour lui mais il ne savait plus vraiment parler de bonheur, de confiance et d’amour. Il fallait qu’il réapprenne comme après un grave accident.

Les deux jeunes femmes étaient restées seules à table. Sydney vit que Penny évitait son regard. Leur relation avait pris un tour bizarre depuis Cancun. Elles se connaissaient fort peu mais la mission avait créé une intimité entre elles tout à fait particulière. Penny avait l’air bien mais elle savait tout à fait pourquoi la jeune femme était soudain mal à l’aise. Elle dit juste :

- Tout va bien ?
- Bien-sûr !

Puis elle regarda Sydney soupira et reprit :

- Ce n’est pas la peine que j’esquive les réponses, je sais que tu as une bonne idée des traumatismes liés à ce boulot… Et bien, ça n’a pas grande importance l’histoire avec Bourne. Il n’y a pas eu de violence…
- Pas de violence physique ? mais ça ne suffit pas, hein ?
- Non…tu as raison…j’ai l’impression que quelque chose de moi est parti ce jour là et puis…il y a Eric…il ne sait rien et ….
- Tu as envie de lui dire ?
- Je ne sais pas…non, je crois…
- Et bien, toute vérité est peut être bonne à dire mais pas forcément bonne à entendre.
- Je vois ce que tu veux dire…
- Réfléchis bien ! ne gâche pas tout avec lui. Il est formidable et je pense que toi aussi. Mais va te faire aider ! Il y a des gens pour ça à la CIA.

Penny la regarda avec émotion et battit vivement des paupières en entendant arriver les deux hommes. Pas la peine de susciter l’étonnement maintenant.
Sydney regarda avec surprise Vaughn enfiler sa veste. Il  valait mieux qu’il parte en effet. Elle lui en voulait de son attitude, elle voulait qu’il la soutienne pour Nadia. Mais il ne comprenait pas cela. Elle se demanda avec effroi s’il n’était pas devenu imperméable à la confiance.
Il prenait congé gentiment. Puis ce fut vers elle qu’il se tourna. Il la regarda sans sourire ni ciller. Son regard la dérangea. Elle y lut un espoir déçu qu’elle eut du mal à supporter mais elle se détourna malgré tout.

Weiss la regarda en secouant légèrement la tête et elle eut envie de lui tirer la langue puérilement. La porte se referma et elle se sentit soudain terriblement abattue et totalement incapable de soutenir une conversation avec qui que ce soit. Elle voulait s’enfouir sous sa couette et dormir. Et oublier.
Elle essaya  de faire ce qu’elle avait prévu. Elle essaya vraiment. Mais à deux heures du matin, elle contemplait la lune par la fenêtre près de son lit. Elle était complètement perdue. Elle avait déjà bu deux verres de lait et essayé de lire un roman russe d’une longueur redoutable mais rien n’y avait fait. Elle ne se souvenait pas de ce qu’elle lisait et son esprit revenait inévitablement vers sa sœur et Vaughn qui la regardait fixement ce soir-là.
Elle ne savait plus ce qui avait été le pire : le voir refuser sa confiance à Nadia ou le voir partir ce soir sans un regard en arrière. Elle lui en voulait pourtant mais elle avait dû se faire violence pour le rejeter et en toute honnêteté, elle ne voyait pas pourquoi elle devait se condamner à se passer de lui. Et puis, il avait aussi besoin d’elle. Elle sentait son ressentiment s’évanouir . Elle voulait qu’il soit là, c’est tout.

Elle avait dû s’assoupir. Un léger bruit la fit sursauter. Elle se coula hors de son lit , les sens en alerte. Elle entendait un grattement léger sur sa porte. Elle s’apprêtait à se saisir de son arme lorsqu’elle se détendit. Elle ouvrit doucement le battant. Et il fut là contre elle.

- Je n’y arrive pas, gémit-il dans son cou. Je ne peux pas rester chez moi comme ça sans toi…
- Je sais, murmura t-elle doucement.

Il la souleva légèrement de telle façon qu’elle ne fasse plus qu’effleurer le sol. Elle s’enfouit encore plus dans ses bras cherchant une tiédeur qui lui manquait plus que tout. Ils restèrent une longue minute comme ça dans un cocon de tendresse avant que le désir prenne le pas sur tout le reste.



Ils se rendirent à l’agence séparément le lendemain. Ils avaient éprouvé moins de gêne que la première fois à se retrouver le matin dans la salle de bain. Vaughn avait été parfait. Il avait déposé un baiser sur son front tout en caressant son dos du pouce avant de dire :

- Je dois passer chez moi…des dossiers à prendre…je passe devant une commission pour la mort de Lauren.
- J’avais oublié…
- Ce n’est pas grave, Syd.. ne t’inquiète pas , ça va bien se passer.
- Je sais… j’essaierai d’être là.
- Merci.

Il  allait passer la porte quand elle l’avait rattrapé et s’était blottie contre lui. L’avoir encore un peu pour elle, ici, dans leur bulle, loin de la fureur du monde extérieur c’est tout ce qu’elle voulait. Elle avait presque peur de le voir partir comme s’il était en danger dehors. Elle dut faire un effort pour se détacher de lui et enroula ses bras autour d’elle après, dans une vaine tentative de supporter son absence.

Elle ne le vit pas de la matinée. La commission se réunissait à 15 heures et elle se dit qu’il fallait absolument qu’elle se libère pour l’assister. Elle devait elle même être entendue dans le jours prochains. Il devait préparer son entrevue. D’elle dépendrait sa réintégration dans l’équipe et la possibilité enfin de repousser ce cauchemar.
Elle essayait de faire le point sur les différents lieux de passage de Nadia ces dernières semaines lorsqu’elle vit arriver son père, le visage fermé. Il se plaça près de son bureau silencieux. Il n’osait pas vraiment commencer. Elle lui jeta un coup d’œil et le trouva pâle et fatigué. Elle soupira intérieurement. Elle avait du mal à comprendre ce qu’il avait fait mais elle reconnaissait qu’il l’avait fait pour elle. Avec le temps, peut être parviendrait-elle à oublier ses trahisons… Elle réalisa soudain qu’il semblait attendre qu’elle le suive et vit un mouvement de personnes qui convergeaient vers la salle comme si une réunion commençait. Elle regarda Jack plus attentivement et sut qu’il y avait du nouveau. Elle repoussa sa chaise.

- Que se passe t-il ? Nadia..
- Non, pas Nadia ni personne mais on vient de comprendre pourquoi il recherchait les travaux de ces hommes.

Elle le suivit vaguement inquiète. Jack avait le visage sinistre qu’il arborait lorsque les nouvelles étaient mauvaises.
Grafton était déjà là ainsi que tous ceux concernés par cette affaire hormis Vaughn qui devait se préparer pour son entrevue.
Sydney remarqua alarmée que Grafton semblait assez agitée ce qui était totalement inhabituelle chez cette femme si maîtresse d’elle même.

- Les spécialistes qui ont travaillé depuis quelques jours sur les documents que vous avez transmis, Sydney ont semble t-il trouvé l’intérêt que le Covenant peut y trouver. Il s’agit toujours des recherches sur Rambaldi et cela prouve que s’ils ont eu les informations de Nadia, elles n’ont pas suffi. Ils suivent une autre piste plus centrée sur l’Elue et le Passager. Il semblerait que les travaux sur la gémellité repris par les soviétiques aient porté sur les capacités de certains à communiquer mentalement. Des informations récentes les ont fait penser à ça. Apparemment, Rambaldi a une dernière idée pour protéger son message. Il faut réunir le passager et l’Elue pour obtenir l’ultime message. Nous avons cherché depuis un moment par quel hasard, les deux personnes étaient aussi deux sœurs et bien nous le savons maintenant et le Covenant aussi. Vous n’êtes pas jumelles mis vous avez apparemment la capacité de communiquer par des moyens qui ne sont classiques.
- La télépathie ? demanda Jack qui paraissait très tendu.
- Oui ou quelque chose d’approchant.
- Les travaux des soviétiques durant les années 50 et 60 allaient dans ce sens et surtout sur la manière d’optimiser  cette communication qu’ils jugeaient aléatoires. Les travaux ont été finalement arrêtés devant les échecs et les…pertes humaines.

Grafton avait terminé sur une note sinistre et elle regardait l’assemblée en évitant Sydney. Celle-ci enregistrait avec retard les informations. Son cerveau semblait bloqué depuis le début. Elle s’entendait juste dire : ce n’est pas vrai…ça ne va pas recommencer cette histoire…
Elle en avait assez de cette prophétie et de cette passion malsaine qu’elle engendrait depuis des années. Qu’avait voulu Rambaldi et pourquoi elle ?

- Le problème est le suivant : Sydney est maintenant une proie pour eux. Ils  ont sans doute obtenu des informations durant son passage auprès d’eux mais ils ont de nouveau besoin d’elle maintenant que Nadia est avec eux.
- Ma sœur n’est pas avec eux. Elle poursuit quelque chose à leurs côtés mais nous ne savons pas quoi et je pense qu’il serait temps d’en savoir plus.
- Là-dessus, je suis d’accord avec vous. Nous y travaillons. Il se pose le problème de votre protection.
- Vous plaisantez ?
- Pas du tout. Il est hors de question que vous preniez le risque d’être enlevée de nouveau par le Covenant. Maintenant, il y a un risque certain.
- Et vous proposez quoi ? faire de moi un témoin protégé ?

Sydney était folle de rage. Grafton arrivait avec ses décisions péremptoires et ses jugements totalement inadéquats. Elle poursuivait, indifférente à la colère de Sydney :

- Non, je ne pense pas que faire de vous un témoin protégé est une bonne idée. Mais il serait bon que vous quittiez Los Angeles quelque temps. Nous profiterions de votre absence pour régler cette affaire…
- C’est hors de question.

Le silence plana dans la salle après cette interruption de Sydney qui contrôlait mal sa rage. Elle sentit que l’hostilité que lui portait Grafton avait atteint cette fois une limite. Elle voulait contrôler tous ses faits et gestes et maintenant elle cherchait à la pousser hors du champ d’action. Elle aurait, alors, toute latitude de fouiller dans les dossiers et de régler le sort de Nadia.

- Qu’entendez-vous par là, mademoiselle Bristow ?
- Je dis simplement que je refuse de partir . Si quelqu’un , le Covenant ou qui que ce soit veut s’emparer de moi, je suis prévenue et ça change tout. Il faut au contraire que je reste dans toutes les affaires. Et puis, que cherchent-ils donc ? Vous croyez à cette histoire de communication mentale ? Pour le moment, elle ne s’est jamais manifestée entre ma sœur et moi. J’ai appris à me méfier de cette prophétie.
- Sans doute mais tout s’est révélée assez exacte pour le moment et je en veux prendre aucun risque alors on vous conduit pas loin d’ici au calme quelques jours. Vous disparaissez et vous reviendrez.

Sydney allait répliquée encore plus furieusement. Grafton avait employé un ton conciliant à la limite du mépris. Mais Jack qui n’avait rien dit et arborait une mine sombre intervint :

- Sydney, tu devrais partir quelques jours seulement. Le temps que le Covenant perde ta trace. Tu seras beaucoup plus efficace à ce moment là si tu agis sans qu’ils sachent où tu es.

Sydney le regarda avec une surprise mêlée de reproches. Pourquoi fallait-il qu’il intervienne encore contre elle et devant tout le monde ? pourquoi , après tout ce qu’il avait fait, fallait-il qu’il choisisse encore de la trahir ?
Elle était soudain lasse et sans colère, les larmes au bord des cils. Elle entendit avec horreur Jack ajouter :

- Vous avez penser à un endroit, Madame Grafton ? et à une équipe pour l’accompagner ?
- Pourriez-vous faire au moins semblant de me parler ? vous voulez qu’une équipe me surveille mais c’est du délire !
- Pas une équipe mais un agent pourquoi pas ?

Quelque chose dans le ton de son père l’alerta. Une pointe d’humour, une sorte de sourire à peine esquissé qui passa dans sa voix qui lui fit lever les yeux et le regarder. Il avait en effet l’œil fixé sur elle et elle crut lire dans son regard un avertissement. Elle n’était pas sûre mais elle pensa que Jack lui conseillait d’obtempérer. Elle hésita. Les relations qu’ils avaient établies depuis quelques temps ne la poussaient pas à lui faire confiance mais son père avait des ressources nombreuses et s’il avait dans la tête une solution, elle était viable. Elle passa sa langue sur ses lèvres sèches, mal à l’aise pendant que Grafton parlait de lui faire quitter Los Angeles pour le Seattle ou plutôt sa région, ses montagnes et ses sites reculés faciles à protéger et à surveiller. Elle vantait la proximité par rapport à Los angeles. Sydney la coupa brutalement :

- D’accord, je pars.

Le silence plana de nouveau. Cette fois, tous les regards avaient convergé vers elle et elle croisa le regard de Marshall qui avait même poussé un petit cri de surprise. Il semblait déçu qu’elle ait cédé si vite et même elle, regrettait presque de donner satisfaction  à Grafton. Celle-ci  la regardait avec un air stupide : celui de la personne qui comprend qu’elle a triomphé pour de mauvaises raisons. Mais elle ne savait visiblement pas lesquelles.
Sydney se dit que voir cette expression était déjà une satisfaction et elle dit plus fermement :

- Alors, je pars quand et qui m’accompagne ?
- Je ne sais pas… Le départ peut se faire dans deux heures… tout est prêt là-bas. Quant à l’équipe qui vous conduira…
- Que diriez-vous de l’agent Vaughn ? madame Grafton, demanda alors, suavement Jack.




 canette
 Messages postés : 2469
 agent triple :)
 canette
  Posté le 01/12/2004 18:16:56
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Ah c'est mieux quand ils s'aiment!!!!
Merci scg!!!
Mais que préparre jack?

Tite Canette

http://aucoindufeu.hostonet.org/index.php
 saralias
 Messages postés : 2355
 agent triple :)
 saralias
  Posté le 01/12/2004 19:48:26
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Encore un exellent chapitre , je suis pressée de lire la suite  

--Message edité par saralias le 2004-12-01 19:48:47--

http://img278.imageshack.us/img278/432/1miabann2jg.jpg
 Butterfly
 Modérateur
 Messages postés : 7194
 ...la machine il dire...
 Butterfly
  Posté le 02/12/2004 22:08:38
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J'adore !

Mais Jack, qu'est ce qu'il peut bien avoir en tête ?  

La sagesse, c'est d'avoir des rêves suffisament grands pour ne pas les perdre de vue lorsqu'on les poursuit - Le seul moyen de de se délivrer de la tentation, c'est d'y céder - Oscar Wilde
 juliathorne
 Messages postés : 3290
 agent triple :)
 juliathorne
  Posté le 02/12/2004 22:19:13
Send a private message to juliathorne
ah sacré jack va!
bon allez je viens un peu t'encourager! que dire qui ne soit déjà dit?
eh bien tu le sais, j'adore ce que tu fais! tout me parait couler de source! les réactions despersonnages, les intrigues, tout!

et marshall poussant un petit cri! ah on s'y croirait! lol
bravissimo! (biz de la part de bambi )

Miaouuuu
 scg
 Messages postés : 3096
 agent triple :)
 scg
  Posté le 05/12/2004 18:31:40
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petite livraison de chapitre comme d'hab...la fin va peut être arrivée bientôt...lol
bon et bien bone lecture et à bientôt!


Chap 13 :

Sydney faillit s’étouffer. Son père avait lancé cela sur un ton très sérieux qui lui était familier et Grafton après un froncement de sourcil bafouilla :

- L’agent Vaughn va terminer son audition et en attendant le verdict de la commission il ne peut accéder à certaines missions et à certaines informations  alors pourquoi pas ? et puis vous vous connaissez bien. Mais… je pense que l’agent Vaughn aura à faire ici aussi donc il vous mènera jusqu’au lieu choisi et coordonnera les différentes équipes qui se succéderont.

Sydney n’osa pas la regarder de peur de lire quelque chose sur le visage de Grafton qui la mettrait en colère.
Elle savait que Jack avait une idée derrière la tête mais elle avait une furieuse envie de lui balancer les dossiers devant elle à la figure. Il était en train de la mettre dans une situation à la limite du ridicule. Grafton leva la réunion sans doute satisfaite d’avoir obtenu gain de cause aussi vite.

Sydney rejoignit son père rapidement et se planta devant lui les bras croisés. Elle attendit ainsi que la salle soit entièrement vidée. Marshall fut le dernier à passer. Il lança un regard de pitié à Jack qui en disait long sur ce qu’il pensait que Syd allait faire.

- Qu’est-ce que tu mijotes ? attaqua t-elle immédiatement.
- Je te mets à l’abri.
- Tu continues à prendre les décisions à ma place.
- Non, pas du tout . Je vais t’informer de ce que je pense cette fois, dit-il sur un ton apaisant qu’on emploie avec les enfants récalcitrants ce qui eut le don d’agacer prodigieusement Sydney.
- Je pense comme Graffton que tu seras mieux hors du coup pendant quelques jours. Le Covenant va te chercher c’est sur. De là-bas, tu peux contre attaquer, préparer un contact avec Nadia. Je pense que tu dois la rencontrer maintenant.
- Tu penses donc qu’elle ne représente aucun risque ?
- Je n’en suis pas sur mais il faut éclaircir son jeu, voir ce qu’elle cherche de son côté. Il faut aussi réfléchir au moyen de sortir de cette impasse. Tant qu’ils croiront que tu leur est indispensable ils te chercheront.
- Et Vaughn là dedans ?
- C’est un bon agent.
- C’est tout ?
- C’est déjà beaucoup. Il saura où tu es. Je suis sur qu’il ne dira jamais rien même sous la torture. Je lui fais totalement confiance pour ça. Il est capable de beaucoup de choses et tout ce te concerne le concerne. Même s’il ne fait que coordonner, il reste un atout appréciable.
- Tu imagines ce qu’a pensé Grafton ?
- Ne me dis pas que c’est ce qui te préoccupe ! Grafton peut bien échafauder toutes les histoires qu’elle veut, cela n’a aucun intérêt pour moi.

Sydney resta silencieuse quelques temps observant Jack avec attention. Il avait encore le bras un peu raide mais il était de toute évidence en pleine possession de ses moyens. Elle savait qu’elle était sur le point d’accepter sa façon de voir les choses et elle hésitait. Il y a peu elle refusait toute idée de revoir son père en dehors du travail et elle allait certainement dépendre de lui dans quelques heures. Elle prit sa décision repoussant toutes les objections et opina simplement du chef. Jack se détendit légèrement et elle comprit qu’il avait attendu son acquiescement avec angoisse.

- Va te préparer !

Sydney revint à peine une heure plus tard dans les locaux de la CIA. Elle rejoignit Marshall dans son bureau comme prévu et le trouva en grande conversation avec Vaughn. Marshall très animé comme toujours faisait une démonstration de la capacité extraordinaire d’un téléphone cellulaire qui allait leur permettre de communiquer avec le centre depuis le lieu où se rendait Sydney. Quand il l’aperçut, il s’approcha vivement :

- Ah, Sydney vous voilà, j’expliquai à ton… comment dire… collègue…enfin…
- Oui, Marshall, je comprends, dit Sydney peu pressée de le voir trouver le mot adéquat.
- Donc, j’expliquais comment fonctionne ce petit bijou. C’est complètement sécurisé évidemment, ça ne tombe jamais en panne de batterie ou presque, j’ai ajouté une pile de ma fabrication qui a une durée de vie de plusieurs années. Si je vendais ça à une entreprise , je serais riche…enfin…

Il poursuivit sur ce mode, énumérant les différentes pièces qu’elle devait emmener avec elle y compris des armes et du matériel permettant d’observer à distance et à toute heure du jour ou de la nuit. Marshall en termina enfin :

- Et bien, j’ai fait le tour ! ne perdez rien , il y en a pour une petite fortune là dedans , dit –il en riant. Déjà que j’ai explosé les budgets avec mes petites émeraudes ! Au fait, Sydney, tu la portes où?

Sydney se figea et jeta un coup d’œil en coin à Vaughn qui regardait avec ostentation ses chaussures. Il fallait absolument dire quelque chose avant que Marshall n’insiste, ce qu’il allait fatalement faire. Elle lança un autre coup d’œil à Vaughn qui la regardait, espérant qu’il aurait une idée mais le traître sourit lentement, la défiant d’en dire davantage. Elle préféra alors s’emparer de la mallette que tenait encore Marshall et tourner les talons les plantant là.
Elle entendit les pas pressés de Vaughn derrière elle.
Elle pivota sur elle même et il faillit la bousculer. Il s’arrêta à quelques centimètres d’elle tout sourire et l’irritation qui l’avait gagné fondit comme neige au soleil.

- Ca c’est passé comment ? demanda t-elle pour cacher son trouble.
- Mal. Mais tu n’aurais pas dû partir aussi vite..
- Ca va…dit-elle faussement menaçante. Qu’est-ce qui s’est mal passé ?
- Et bien cet entretien a été une longue énumération de mes erreurs depuis le moment où j’ai laissé Lauren entrer dans ma vie jusqu’à mon initiative finale ( c’est comme ça qu’il l’appelle) pour venir te sauver qui s’est terminée par la mort de Lauren.
- Et qu’ont-ils décidé ?
- Je ne sais pas encore. Et puis d’autres témoins vont être entendus dont toi. Ils pensent que tu étais partie avec l’accord de tes supérieurs. Jack a dû arranger les choses à sa façon. Pour le moment, je suis toujours en service mais avec les mêmes réserves. Et je deviens un agent qui escorte les personnes à protéger, ce qui n’est pas à proprement parler une promotion. Mais quand  j’ai su qui je devais protéger, j’avoue que…
- Ah oui ? tu as pensé quoi ?
- Que j’avais toujours rêvé d’être garde du corps…

Ils se tenaient dans un couloir de la CIA très proches, les yeux dans les yeux et Sydney sentait son corps oscillé vers celui de Vaughn comme aimanté. Elle fit un effort sur elle même pour se reprendre et dit en toussotant :

- Il faut y aller. Grafton nous attend et on part.
- Oui, on part. Grafton m’a ordonné de rentrer ce soir. Ils enverront une équipe qui devrait se trouver près de la planque.
- Ce soir ?
- Oui…

Il la regarda attendant qu’elle en dise plus mais elle ne prononça pas un mot.



Le trajet s’effectua en avion et il passa remarquablement vite. Ils étaient tous les deux plongés dans des dossiers. Sydney repassait minutieusement toutes les informations dont disposait la CIA sur Nadia. Quant à Vaughn , il regardait un volumineux dossier dont elle ne connaissait pas vraiment le contenu. Elle se sentait bien dans cette intimité forcée des avions. Elle fut même surprise du naturel de leurs relations. Il était sorti depuis peu et les débuts avaient été difficiles et puis soudain, elle était là, près de lui, confiante et tranquille. Pourtant, elle savait bien qu’il y avait encore du chemin à parcourir et que les points de désaccord de Nadia à Lauren restaient bien  là. Mais elle avait envie d’être optimiste et attendait la soirée avec impatience. Son père l’avait prévenue qu’ils les rejoindraient. Et puis elle se demandait ce que pensait vraiment Vaughn  de cette mission et s’il avait vraiment envie de rentrer vers Los Angeles dès ce soir. Elle se rendit compte qu’elle le fixait depuis de longues secondes et qu’elle devait arborer un sourire des plus niais. Elle avait tellement de choses à lui dire et ce n’était pas le moment. Il fallait rester concentré sur les missions et le moment présent mais une crainte superstitieuse la tenaillait maintenant.
Elle se demandait à chaque fois qu’il partait si elle allait le revoir. Elle avait même rêvé il y a peu de temps qu’elle le cherchait désespérément et qu’une seule idée l’obsédait : je ne lui ai pas dit que je l’aimais… Confusément, elle se demandait si ce n’était pas des réminiscences de ses deux années passées loin de lui. La sensation avait été si précise et la douleur si vive… Et puis, elle se demandait depuis si longtemps ce qu’elle avait éprouvé lorsqu’elle avait compris qu’elle ne le verrait plus, qu’il ne l’aimerait plus. Kendall lui avait décrit son état avec peu de détails. Elle avait ce déficit d’émotion en elle. Elle aurait voulu sentir cela même  si c’était une souffrance insupportable parce que ne pas savoir, c’était  encore pire. Comment avait-elle fait pour ne pas devenir folle de douleur en assistant à  son enterrement et à la souffrance de ses proches et celle de Vaughn  en particulier ?
Il leva alors la tête et fronça les sourcils devant ses  yeux embués de larmes.

- Ca ne va pas , Syd ?
- Si, je suis un peu bouleversée…

Elle essuya d’un revers de main les larmes qui menaçaient de couler et essaya de sourire.

- Ne fais pas ton vaillant petit soldat avec moi, Syd.

Il se leva, rejoignit son siège et la prit dans ses bras. Elle termina le voyage avec sa main dans la sienne.


Ils s’installèrent en arrivant dans la planque qui la déçut profondément. Sans se l’avouer, elle avait imaginé un chalet isolé et des montagnes couvertes de sapins. Elle avait rêvé à une cachette d’amoureux dans un décor de carte postale. Le seul point commun entre la cache et son rêve était l’isolement. Pour le reste…c’était une construction laide et impersonnelle qui se trouvait à flanc de colline loin des pins et des mélèzes mais au milieu d’une sorte de lande ingrate et caillouteuse. Un endroit hostile d’accès difficile sans risque de se faire repérer.
C’était exactement ce dont elle avait besoin.
Quand ils arrivèrent, Jack était déjà là. Il se tenait droit , silhouette grise dans le vent aigre, à peine visible contre le mur de la maison. Il s’approcha quand Vaughn arrêta le moteur de la voiture mise à leur disposition à l’aéroport à Seattle.
Les deux hommes se tinrent un moment face à face et Sydney sentit ce courant d’antipathie qu’il y avait toujours eu entre eux mais il s’accompagnait d’autre chose qu’elle ne sut pas interpréter. Jack se détourna après un bref signe de tête et ils entrèrent dans la cache.

Jack fidèle à lui même ne perdit pas de temps et entra dans le vif :

- Grafton vient de t’offrir un luxe considérable Sydney. Celui de prendre ton temps et de penser à tout cela.
- Peut être mais elle ne me lâche pas pour autant, je vais avoir de chiens de garde dès ce soir.
- Ca ne devrait pas poser de problème.
- A quoi penses-tu ?
- Nous verrons. Voilà, le Covenant va te rechercher tant qu’il n’aura pas d’autre solution pour parvenir à ses fins c’est à dire accomplir la prophétie. Nous pouvons évidemment leur couper l’herbe sous le pied en découvrant tout nous mêmes mais la CIA veut aussi des révélations et alors nous serons seuls. Le risque est considérable d’autant plus que nous ne savons pas le résultat final de cette prophétie. Nous pouvons aussi rendre leur projet inopérant. En nous emparant de Nadia. Ils ont besoin d’elle autant que de toi.

Sydney se doutait un peu de cette proposition. Elle avait reculé à la pousser en avant parce qu’elle ne voulait pas pousser Nadia dans la gueule du loup en l’occurrence la CIA et Grafton. Mais si son père proposait de faire cela clandestinement le risque tombait.
Vaughn restait silencieux, les mains jointes devant lui, le front soucieux.

- Beau projet, difficile à réaliser en plus mais vous oubliez juste un détail. On ne sait pas qu’elle est la position exacte de Nadia par rapport à tout cela. Si elle est du Covenant, ça peut être extrêmement stupide de nous signaler à elle. De plus, je vous rappelle que selon la prophétie, elle est un danger pour Sydney.
- Elles sont un danger l’une pour l’autre, répondit sèchement Jack. Il faut que nous dépassions ces angoisses. Nous ne parviendrons à rien si nous n’en savons pas plus.
- Le risque est considérable …
- Vous n’êtes pas obligé de participer, Vaughn, si vous…ne le voulez pas.

Vaughn eut un haut le corps. Il foudroya Jack du regard puis secoua la tête de dégoût.

- Vous me manipulez Jack. Je connais trop  bien vos méthodes. Mais c’est tellement facile, hein, de pousser ce brave Vaughn à faire n’importe quoi ?
- Arrêtez tous les deux, cria Sydney, la situation est assez compliquée comme ça.

Elle foudroya son père du regard. Elle savait tellement bien ce que voulait dire Vaughn et elle savait qu’il avait raison. Cependant, le plan que proposait Jack lui paraissait hasardeux mais enthousiasmant parce qu’enfin elle se sentait dégagée du poids de la CIA et qu’elle voyait une chance de rencontrer  Nadia. Vaughn la regardait et elle savait qu’il avait déjà deviné. Son visage s’était fermé et il faisait un effort visible pour ne pas se fâcher. Il resta silencieux ce que Sydney apprécia. Jack continuait :

- J’ai peut être déjà retrouvé la trace de Nadia. J’attends une confirmation mais apparemment, elle ne se dissimule pas spécialement et elle est en relation avec Sloane.

Sydney avait sursauté. Elle s’étonnait elle même de son empressement à trouver Nadia. Elle avait senti un lien fort avec elle ce qui ne manquait pas de l’inquiéter d’ailleurs. Elle se souvint de la remarque de Vaughn sur la proximité de leur destin. C’était sans doute ça…

- Elle se trouverait à Paris en ce moment. Une fois ce fait prouvé, nous verrons ce qu’on peut faire mais il faudra la ramener de gré ou de force ici et lui poser quelques questions. J’ai un endroit pour cela.
- Et tu penses procéder comment ?
- Je ne sais pas encore mais nous allons y réfléchir. Vaughn ? c’est le moment de savoir si on peut compter sur vous ?

Il s’était levé et passait sa main sur son visage avec nervosité. Elle connaissait ce geste, signe de son malaise.

- Je ne laisserai pas Syd, seule, face à sa sœur.  
- Je m’en doutais. Vaughn, si vous êtes là c’est parce que je vous fais confiance pour assurer la protection de ma fille.

Cette remarque ne toucha pas Vaughn qui lui décocha un coup d’œil prodigieusement agacé.
Quant à Sydney, elle se demanda depuis quand son père prenait ses airs de propriétaire pour parler d’elle. Elle ajouta, sèchement :

- Pour le moment, je travaille avec toi. Je n’ai pas besoin que tu me protèges ou que tu demandes à quiconque de le faire. J’ai malheureusement appris à ne compter que sur moi même pour ça. Mais si Vaughn reste, on fera du bon travail, on en a toujours fait. Mais je ne crois pas que nous pourrons faire comme si de rien n’était.

Jack ne répondit pas . Qu’aurait-il pu dire de plus que ce qu’il avait tenté de lui dire avant ?
Il se leva simplement et annonça son départ. Il ne posa aucune question et prévint qu’il revenait le lendemain avec des informations supplémentaires. Il disparut au volant d’une voiture qu’il avait garé derrière la maison.
Sydney le regarda partir avec soulagement. Elle avait du mal à supporter sa présence et surtout son discours de bon père. Elle trouvait presque inconvenant qu’il ose encore se présenter comme ça.
Elle prit soudain conscience du silence dans la pièce principale assez minable de la planque.
Vaughn était appuyé contre le chambranle d’une porte, les mains dans les poches, la regardant approcher. Elle marqua un temps d’arrêt à quelques mètres de lui. Il valait mieux.

- Tu vas partir, maintenant ?
- Je suis en service commandé.
- Bien sûr.

Il la regardait sans sourire, le visage impassible. Il avait des moments comme ça maintenant où elle ne savait plus trop ce qu’il pensait. C’est vrai qu’il était différent, subtilement différent, plus secret et plus réservé, mais seulement à certaines occasions. Elle avait encore du mal à décrypter cette attitude. Elle se sentit mal à l’aise. Elle n’allait quand même pas lui demander de rester. Parce que si elle faisait ça, il verrait la soif qu’elle avait de sa présence. Et il aurait forcément peur comme elle en avait peur elle même. Elle avait déjà révélée tellement et lui si peu. Elle décida de placer la conversation sur un autre plan :

- Je ne sais pas comment ils font pour nous trouver des endroits pareils. Je n’attends pas un palace mais un lieu relativement accueillant. Dans cette région, ils auraient pu trouver autre chose.

Elle se demanda pourquoi elle avait entre toutes les banalités à évoquer choisi la pire
Il ne répondait pas, en plus, continuant à la fixer dans une totale immobilité qui la mettait très mal à l’aise.

- Tu as décidé de te transformer en statue ?
- Syd ?
- Oui ?
- Si tu as quelque chose à me demander, tu peux le faire.
- Non, pourquoi ?
- Rien ? vraiment ?

Il se redressait lentement, retrouvant souplement une position active. Elle chercha fébrilement quelque chose à dire mais elle sentait qu’elle perdait pied.

- Bon, je vais rentrer à Los Angeles. Fais attention à toi. Je crois que l’équipe qui doit veiller sur toi est déjà en place. Normalement tu ne les verras pas. Ils ont pour mission de ne pas te déranger. Privilège énorme. Mais si tu veux les appeler, tu as sur ton portable magique de Marshall, un numéro spécial.

En parlant, il avait sorti le téléphone de la veste de Sydney posée sur une chaise et lui montrait le fonctionnement.

- Et puis, tu as mon numéro…chez moi et le portable.. .tu sais, tu appelles quand tu veux !
- Oui, merci.


Elle était au bord de la panique. Il partait tout simplement. Il avait déjà tourné les talons et elle restait, stupidement, sur place incapable de trouver le mot qui le retiendrait. Il avait la main sur la poignée de la porte quand il s’arrêta et dit doucement :

- A moins que…tu veuilles que nous profitions de ce moment d’inactivité pour parler toi et moi ?

Elle faillit gémir de soulagement. C’est exactement ce qu’elle voulait, entre autres choses.
Vaughn jeta un coup d’œil derrière lui avec ce lent sourire qu’elle aimait. Elle n’eut pas besoin de parler pour se faire comprendre.

 Boite-à-musique
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 Boite-à-musique
  Posté le 06/12/2004 19:52:25
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bon j'avais perdu le fil de cette fanfic mais j'ai tout relu d'un coup ! c'est tout simplement génial , j'adore , super style, tu cernes bien les caratères des personnages ! voilà je suis fan ,continue !!!!!!!!!!

Elle n’était pas digne de toi
Faut surtout pas que tu la regrettes
En plus elle te trompait
On le sait on se l’est tous faite
Vraiment tu mérites mieux
Elle ressemble à Jean Gabin
Nous remercie pas mon vieux
C’est fait pour ça les copains
 Butterfly
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 ...la machine il dire...
 Butterfly
  Posté le 06/12/2004 20:42:03
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Ah là là.
Jack qui avait comme toujours une idée en tête...

C'est bien écrit.  

La sagesse, c'est d'avoir des rêves suffisament grands pour ne pas les perdre de vue lorsqu'on les poursuit - Le seul moyen de de se délivrer de la tentation, c'est d'y céder - Oscar Wilde
 kgol
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 jeune recrue CIA
 kgol
  Posté le 07/12/2004 10:34:59
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[cit]Butterfly  a dit :

Ah là là.
Jack qui avait comme toujours une idée en tête...

ça ne serait plus Jack sinon!

la suite! la suite!

 canette
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 canette
  Posté le 07/12/2004 17:22:06
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génial, un vrai bonheur!!!!

Tite Canette

http://aucoindufeu.hostonet.org/index.php
 saralias
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 saralias
  Posté le 07/12/2004 18:57:34
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    Génial ce chapitre, comme toujours tres tres bien écrit, bravo  

http://img278.imageshack.us/img278/432/1miabann2jg.jpg
 vaught38
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 petit frère de Marshall
 vaught38
  Posté le 09/12/2004 20:25:10
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bonjour a tlm!!!
SCG: jsuis un de té grand fan, je trouve tes fanfiction super, continue a en faire plein ca maide a attendre la saison4!!!!!
THUSSS

may the force be wtih you!!!!
 scg
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 scg
  Posté le 10/12/2004 22:26:15
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bon je parlais de fin mais voici des rebondissements supplémentaires. Je ne sais pas pourquoi mais soudain je l'ai senti comme ça...
merci encore une fois de vos commentaires et en particulier à vaught38 dont le premier message fut pour cette fic. Merci à toi et bienvenue!


Chap 14 :



Quand Jack revint le lendemain, il ne fit aucun commentaire bien qu’il soit évident que Vaughn n’était pas rentré chez lui. Il le regarda seulement avec cette fixité dérangeante qui obligeait souvent à détourner les yeux. Vaughn ne le fit pas. Il avait appris que pour se faire respecter de Jack il fallait prendre sa décision et s’y tenir. Il y arrivait fort bien depuis qu’il avait décidé qu’il se moquait d’avoir le respect du père de Syd.
Jack passa près de lui en le frôlant. Le langage du corps était aussi expressif.

Ils avaient passé une soirée agréable. Ils avaient parlé énormément de tout , de leurs goûts, de leur vie passée. Elle adorait l’entendre parler de lui et de son enfance. Elle disait qu’elle avait l’impression de l’avoir connu petit tellement les réactions et les sentiments qu’il décrivait lui semblaient conformes à ce qu’elle connaissait de lui. Elle parlait peu de sa propre enfance parce qu’elle avait encore du mal à apprivoiser les révélations de son père et elle avait l’impression que ses souvenirs étaient comme pollués par l’influence de son conditionnement .
Vaughn avait eu un moment d’euphorie lorsqu’elle s’était blottie contre lui en lui disant qu’elle avait attendu ce moment depuis des mois et qu’elle était dans ses bras exactement où elle voulait être. Mais, plus tard, il avait bien du reconnaître que quelque chose manquait. Etait-il normal qu’ils ne puissent se retrouver que dans des planques de la CIA ou en mission ? Il avait envie d’autre chose, il s’en rendait compte. Il s’était contenté de ça longtemps avant de perdre Sydney durant deux longues années. Mais maintenant, il était taraudé par un sentiment d’urgence. Il avait peur que leur relation intense mais fragile explose avant qu’il ait pu lui dire tout ce qu’il avait besoin de lui dire. Et plus le temps passait, plus il savait que sa vie entière ne lui suffirait peut être pas.
Il avait envie de parler d’avenir.
Il avait passé une partie de sa nuit d’insomnie habituelle à ressasser cela. Il avait envie de lui dire de s’échapper de là au moins un temps pour qu’ils construisent à deux autre chose. Même lui était effrayé par ce que ça impliquait alors comment pourrait-il lui en parler ?
Et puis une véritable peur superstitieuse le tenaillait. Il se trouvait parfaitement stupide mais Sydney semblait elle aussi avoir du mal à franchir ce cap. Il avait eu au moins dix fois envie de lui demander de vivre avec elle, de l’emmener ailleurs, de prendre des vacances. Il avait eu envie de faire ce qu’on faisait avec n’importe quelle femme qu’on aime. Mais Syd n’était pas n’importe quelle femme, et leur relation n’était pas ordinaire. La dernière fois qu’il avait voulu franchir ce pas, le ciel leur était tombé sur la tête comme si une divinité malveillante avait refusé ça. C’était évidemment complètement ridicule mais il hésitait. Il devait y avoir aussi un million d’autres raisons dont il n’avait peut être pas envie de connaître les détails.
Il était pourtant heureux d’être là même si depuis le matin, Sydney attendait son père avec impatience.
Syd était en train de relire des documents. Elle repassait frénétiquement toutes les options et cherchaient grâce à ses propres contacts à localiser Nadia. En vain. Il avait bien essayé de la distraire mais il avait dû accepter avec un peu d’agacement d’ailleurs qu’elle se replonge encore et encore dans ses documents.
Quand elle vit son père entrer dans le salon, elle bondit sur ses pieds et se précipita vers lui :

- Alors ?
- Je l’ai localisé. Elle est à Paris dans le cinquième arrondissement. Elle se fait passer pour une étudiante espagnole. C’est une couverture qu’elle a depuis longtemps d’ailleurs. Elle l’a utilisé à plusieurs reprises depuis qu’elle est agent. Ca veut probablement dire qu’elle est postée en Europe depuis un moment.
- On y va alors ?
- Un peu de calme. Il faut préparer ça convenablement.
- Elle peut partir à tout moment…
- Pourquoi bougerait-elle ? Non, il faut déjà que Grafton continue à te croire là. Il ne sera pas trop difficile de tromper tes gardes. Après je me débrouille pour qu’on croit cet endroit habité et que l’on puisse penser que tu y vis.
- Je serais curieuse de savoir comment.
- Et bien, l’équipe qui surveille verra de la lumière et des formes bouger. Mais c’est une vieille technique de cinéma que Marshall s’est contenté de perfectionner en la contrôlant avec un ordinateur.
- Bon, ok, c’est réglé. Et moi ?
- Tu pars à Paris. J’ai une identité pour toi : Nora Lassiter, étudiante aussi en voyage à Paris pour ses études. De toute façon, tu n’es pas sensée rester longtemps donc ce n’est pas un problème. C’est juste pour que tu puisses te couler dans le milieu que fréquente Nadia. Elle s’appelle d’ailleurs Lola ? . Là-bas, on avise. J’ai peur que ça soit compliqué de rentrer en communication avec elle. Il faut que tu puisses la ramener sans que ça paraisse trop suspect. J’ai des contacts avec l’ambassade, vous n’aurez pas de problème avec les avions mais tu ne peux pas repartir avec une prisonnière et comme je doute qu’elle veuille te suivre sans poser de question, il faudra résoudre ce problème.

Ils se regardèrent tous les trois. Vaughn n’avait rien dit mais son visage s’était refermé peu à peu et il était maintenant terriblement sombre.

- Vous avez prévu de la laisser partir seule comme ça ?
- Je ne peux pas partir . Ca se saurait. Vous non plus, vous n’avez pas l’autorisation de sortir du territoire et je ne vois pas qui peut l’accompagner sans  se trouver dans une situation difficile que nous ne voudrions pas assumer.

Le silence plana dans la pièce. Chacun réfléchissait mais pas aux mêmes choses. Sydney était déjà en train de voler au dessus de l’Atlantique. Elle ressemblait déjà à la Nora qu’elle devait incarner . Elle avait noué ses cheveux en une longue natte qui la rajeunissait. Jack observait des documents et Vaughn se passait la main sur une joue mal rasée avec nervosité. Il finit par dire :

- Soit on laisse tomber, soit je pars avec elle.

Les deux autres le regardèrent sans rien dire comme s’ils n’avaient pas compris ce qu’il disait. Sydney finit par s’écrier :

- Tu ne peux pas faire ça ! Cette fois, Grafton te tuera de ses propres mains !
- J’adorerais mourir comme ça, lança t-il ironiquement. Mais je ne vois pas comment faire autrement. Il sera facile pour moi de disparaître. Jack a la possibilité de coller à l’ordre du jour des affaires aux quelles je n’ai pas accès pour le moment. Et puis, je refuse que tu partes seule.
- Je ne vais pas prendre beaucoup de risques , tu sais…le problème c’est le retour…
- Il faut que tu gardes un œil professionnel dans cette affaire, Syd, dit-il d’une voix pressante.
- Mais, j’ai un regard professionnel ! Tu refuses d’envisager qu’elle soit innocente mais moi j’accepte de penser qu’elle est trouble.
- Je n’en suis pas vraiment sur…

Sydney se leva avec emportement et Jack intervint pour éviter l’orage.

- C’est une idée risquée que tu partes seule de toute façon. Le lieu doit grouiller d’agents du covenant. Bourne n’est pas là mais Sloane y est. Par contre, Vaughn , vous savez que si on vous surprend, votre carrière s’arrête cette fois et au mieux vous retournerez croupir à San Antonio ?

Vaughn pensa fugitivement que Jack était très fort. Il aurait juste dû faire un petit effort pour dissimuler son empressement à le voir partir. Il avait encore une fois manipuler tout le monde et la situation était au point exacte où il la voulait. Il lui dit juste :

- Je suppose que vous avez déjà une couverture pour moi aussi ?

Jack eut un sourire imperceptible et fit un léger signe de tête. Sydney n’avait rien vu de tout ça. Elle restait les bras serrés autour d’elle depuis que son père avait prononcé le nom de Sloane, le regard perdu dans le vide. Vaughn l’interpella doucement :

- Syd ?

Elle se retourna et en le fixant lui dit :

- Je préfère que tu ne viennes pas.

Elle lui aurait annoncer que le monde avait arrêté de tourner qu’il n’aurait pas été plus choqué.
Ce n’était pas seulement ce qu’elle avait dit mais la façon dont elle l’avait dit . Une voix lointaine et un regard méfiant.
Même au début de leur relation il n’avait pas ressenti un tel manque de confiance. Il comprit qu’il se trouvait au centre de leur problème. Voilà les séquelles des derniers mois, de l’éloignement, de son comportement avec Nadia. Elle n’avait pas envie de le savoir près d’elle quand Nadia était en jeu. Ce qu’il avait pris pour une façon de le protéger dans la conversation avait été un moyen de le décourager.
Il restait figé comme une statue sentant le fossé se creuser entre eux . C’était encore plus douloureux que ce qu’il avait imaginé en prison. Il avait pensé à une Sydney lointaine, en colère, vindicative et même ivre de vengeance mais il n ‘avait pas imaginé qu’il serait ainsi rejeté à ses erreurs. Pourtant, pouvait-il en vouloir à Sydney ? Il ne lui reprochait rien. Non, il se sentait juste terriblement inutile et malheureux.
Il hésita une seconde sur la conduite à tenir. Il avait envie de fuir et de se cacher comme lorsqu’il était enfant et que sa mère le disputait quand il avait fait une bêtise. Elle lui disait alors avec une telle souffrance dans la voix qu’il avait besoin d’un père que même avant de comprendre ce que ça signifiait vraiment, il s’était douté qu’il était un petit garçon différent des autres.
Sydney restait figée elle aussi, consciente de l’effet de ses paroles mais incapable de revenir en arrière. Elle ne savait pas vraiment pourquoi elle avait dit ça mais elle n’arrivait pas à revenir en arrière.
Vaughn finit par se détourner et elle fut soulagée de ne plus voir son visage pâli.
Jack avait pris un regard lointain signe de sa gêne. Il avait des préoccupations bien plus pratiques et pensait déjà à une Sydney seule à Paris.

Il s’affairait. Il sortait les papiers et différents dossiers. La plupart portait le nom de Nadia. Il y avait aussi des photos de son appartement au dernier étage d’un petit immeuble et de la jeune femme elle même. Cet homme avait rassemblé en un temps record une documentation digne d’un service d’analystes complet.
Vaughn fronça les sourcils quand il vit qu’il sortait aussi des armes et des seringues. Il se demanda comment un tel matériel passerait les douanes mais Jack avait probablement une solution. En effet, il montra un remarquable sac qui ressemblait à un étui à violon complètement trafiqué et qui ne laissait rien passé aux rayons X.

Sydney s’était approchée et regardait avec intérêt le tout. Ceci eut le mérite de détourner leur attention mutuelle.
Ils discutèrent pendant près d’une heure des modalités de la mission sans évoquer le sort de Vaughn . Lui -même refusait d’y penser. Il suivit tout ce qui se dit avec une grande attention mais il avait mal en même temps. Quand tout fut clair, ils se regardèrent et Jack indiqua simplement qu’il sortait vérifier quelque chose.

Ils se retrouvèrent face à face. Sydney était dans une flaque de soleil  qui passait par la fenêtre. Il voulait enregistrer chacun de ses traits à cet instant car elle était magnifique. Ses chevaux étaient comme enflammés et ses yeux très lumineux.
Il ne lui en voulait pas vraiment. Il savait depuis longtemps que ce qui leur manquait était la confiance. Elle l’aimait sans doute mais elle avait du mal à oublier l’année précédente. Quoi de plus normal ? Et pourtant ça faisait un mal de chien.
Il se détourna parce qu’il avait peur de ne plus parvenir à dissimuler sa souffrance et il voulait encore se draper dans quelques lambeaux de fierté.

- Je vais rentrer à LA tout de suite. Je suis près en tous cas si tu as besoin de quoi que ce soit. Tu ne devrais pas partir seule. Trouve quelqu’un pour t’accompagner.

Le silence lui répondit mais il ne se retourna pas. Elle finit par dire douloureusement :

- Vaughn, je sens que tu n’acceptes pas…
- J’accepte. Au contraire.
- Je pars seule. Je ne veux personne , j’ai réfléchis. C’est entre Nadia et moi. Il faut que je sache.
- C’est de la folie.
- Non.

Il haussa les épaules et sortit. Ses mains tremblaient. Jack était assis sur un banc sous un pin et il semblait terriblement déplacé dans ce décor de bout du monde avec son imperméable et ses vêtements sombres. Vaughn se dirigea vers lui et dit brièvement :

- Je rentre avec vous. Elle ne veut personne.
- Je m’en doutais.

Vaughn regarda encore autour de lui et dit, la voix morne :

- Je vous attends. Finissez de régler tout ça avec elle.

Jack s’éloignait quand il lui demanda :

- C’était quoi ma couverture sur cette affaire ?

Jack s’arrêta et se tourna à demi vers lui et sans le regarder dit doucement :

- Son petit ami.





Sydney débarqua à Paris à peine quelques heures plus tard. Elle avait volontairement fermé son esprit à toute spéculation sur Vaughn  mais elle sentait tout au fond d’elle même comme un vide qui lui nouait l’estomac et lui piquait les yeux. Elle ne savait plus vraiment où elle en était, où ils en étaient.
Elle se secoua et se hâta jusqu’à la voiture louée par son père et se dirigea vers l’appartement minuscule de sa sœur. Elle avait décidé d’y entrer comme Nadia l’avait fait. Pas question de laisse l’effet de surprise à Nadia. Elle eut tôt fait d’identifier les lieux et de vérifier que personne ne se trouvait au troisième étage du petit immeuble. Les deux fenêtres n’étaient pas éclairées dans cette fin d’après midi pluvieux. Elle se demanda fugitivement quel genre de vie, sa sœur menait là puisqu’il semblait qu’elle y résidait souvent.
Elle entra avec une remarquable facilité dans l’immeuble doté d’un digicode pourtant. Elle suivit un vieux monsieur qui pénétrait dans le bâtiment en traînant son chien derrière lui. Elle se contenta de babiller sans cesse en lui décrivant son amour des bêtes et tout particulièrement de cette race de chien. Elle grimpa ensuite les escaliers rapidement plantant le vieux monsieur encore en train de lui parler des poils de son chien. Elle regarda avec circonspection la porte en se disant que Nadia avait forcément un dispositif pour être avertie même à distance de toute intrusion dans son appartement. Elle ne se demanda même pas comment elle savait ça. Elle observa la porte et vit un minuscule fil électrique qui passait près du verrou. La clé devait actionner un système qui désactivait une alarme quelconque. Or, elle n’avait pas la clé.
Après quelques secondes d’hésitation, elle força simplement la porte. Nadia reviendrait plus vite comme ça, en espérant qu’elle soit seule.
Elle entra et découvrit un intérieur ravissant, particulièrement féminin qui la surprit. Les fauteuils étaient couverts de tissu fleuri et de nombreux bibelots traînaient ça et là dans un faux désordre sur des meubles blonds et cirés couverts de napperons. La pièce était très remplie sans paraître pourtant surchargée. Elle ne se sentait pas particulièrement bien dans cet intérieur de poupée. Ce n’était pas vraiment ses goûts en matière de décoration mais il flottait dans la pièce les vestiges d’un parfum qu’elle avait du mal à identifier mais qui la mettait mal à l’aise. Elle lutta quelques secondes avec sa mémoire  mais dut renoncer. Elle devait agir vite et vérifier la structure des lieux si elle devait fuir ou prendre une décision rapide.
Elle visita  l’appartement qui était petit et qui baignait dans un silence quasi sépulcral. Tout était net et dans le même ordre que le salon. Rien n’évoquait Nadia ni sa vie personnelle. Pas de photos et une décoration plutôt impersonnelle. Aucun papier ne traînait. Elle devait reconnaître que sa sœur était plus professionnelle qu’elle. Son propre appartement était envahi de tous ces objets que la vie quotidienne pousse à accumuler : cartes de vœux, magazines anciens, livres ouverts, sans cesse relus…
Elle retourna dans le salon et attendit. Ce fut bref. Ses sens en alerte lui firent identifier quelques minutes plus tard, des pas furtifs en provenance du palier et elle ressentit presque physiquement la présence de Nadia de l’autre côté de la porte. Elle se cala dans son siège , prête pour la confrontation.
La porte s’ouvrit avec lenteur et le palier apparut totalement vide. Une mèche de cheveux sur la gauche lui permit de repérer Nadia qui essayait de voir si une menace se présentait. Sydney lui laissa effectuer tout le  protocole d’entrée dans un lieu non sécurisé. Nadia particulièrement souple et agile se coula littéralement jusqu’au salon. Sydney devait reconnaître son immense professionnalisme. Quand Nadia fut le long du mur du salon, elle se leva brusquement pour se placer bien en évidence face à elle ;
A sa grande surprise, le visage de Nadia ne trahit aucun sentiment. Elle semblait tranquille et bien peu perturbée par sa présence pensa Sydney particulièrement désappointée.

- Sydney, tu es venue.
- Oui.
- Je t’attendais.
- Ah oui ?
- Oui. Tu devais venir ici maintenant que tu en sais un peu plus sur nos liens.

Sydney se tut. C’était effectivement parfaitement prévisible même si elle gardait à l’esprit la sensation que Nadia avait voulu dire autre chose.

- J’apprécie que tu sois seule.
- Je ne le suis peut être pas.
- En effet. Mais je pense que tu l’es. Ton chevalier servant aurait été ici si il avait quitté les Etats Unis.

Sydney se tut de nouveau, vaguement inquiète du tour pris par la conversation. Elle avait la sensation de ne pas maîtriser toute la situation et elle ressentait avec acuité le danger que ça lui faisait courir. Soudain, Nadia sourit et l’atmosphère fut soudain moins pesante.

- Nous allons parler, d’accord ? lui dit-elle en lui désignant d’un geste l’un des fauteuils fleuris.

Sydney s’assit lentement sombrant dans le moelleux du coussin trop mou.

- Que veux –tu savoir ? Je sais peu de choses de plus que toi. Nous travaillons mon père et moi encore sur les documents que nous avons saisis en Pologne. Comme vous , je suppose. Mais, il est vrai que ce que nous lisons me surprend assez peu. Je savais déjà un certain nombre de choses.

Sydney ne put que lui jeter un regard interrogateur.
- Irina , dit-elle simplement.

Sydney sursauta encore et dit :

- Tu as rencontré Irina ?
- Oui, il y a quelques jours en Russie. Je te le dis parce qu’elle n’y est déjà plus.  Elle a souhaité me rencontrer depuis qu’elle a appris ce que j’étais devenue. Elle a suivi aussi longtemps que possible mon évolution mais depuis mon entrée dans les services secrets argentins, elle ne savait plus rien.

Sydney hésitait entre la compassion et la répulsion. Elle observait cette jeune femme trop calme qui lui expliquait tranquillement qu’elle venait de rencontrer une mère jamais connue au fin fond de l’Europe dans des circonstances si particulières. Quand elle avait ce regard lointain, elle lui faisait songer à Sloane.

- Elle m’a fait part du peu qu’elle sait en tant que mère de l’Elue et du Passager.
- Elle devrait pourtant en savoir beaucoup.
- Et bien non, elle a ignoré longtemps son rôle dans l’affaire Rambaldi. Elle sait seulement que ses deux éléments clés devaient être sœurs pour pouvoir terminer la prophétie. Parce que le Passager et l’Elue détiennent les deux parties de la clé ultime qui ouvre le mystère de Rambaldi. Je suis le verbe, celle qui dit. Tu es l’âme de Rambaldi, celle qui a en elle le secret.

Elle sourit devant l’air incrédule de Sydney.

- Oui, je comprends ta réaction. Depuis des années, des personnes sillonnent le monde pour retrouver des artefacts de Rambaldi et rassembler le tout mais celle qui leur ouvrira la porte était près d’eux et identifiée bien sur.
- Mais , qu’est-ce que j’ai en moi ?
- Rien que tu puisses savoir et utiliser seule. C’est moi qui doit le dire. Mais nous ne savons pas encore comment y parvenir. Nous le cherchons. Depuis quelques mois, Bourne pense que nous sommes reliées mentalement. Je pense qu’il a peut être raison.

Sydney regardait devant elle consciente qu’elle perdait pied lentement. Elle regarda autour d’elle au bord de la panique. Qui était sa sœur ? Que faisait-elle seule dans cet appartement trop suave et trop sucré qui sentait le parfum de sa mère ?

Elle lança  alors :

- Irina est venue ici ?





PS: j'espère que vous n'êtes pas trop déçus de voir de nouveau nos deux amoureux séparés et malheureux mais vaughn paye un peu ses erreurs du passé. c'est difficile quoi! tout ça pour me faire pardonner auprès de ceux ou celles (n'est-ce pas canette?) qui n'aiment pas les voir fâchés!

 canette
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 canette
  Posté le 11/12/2004 10:11:47
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Merci scg!!!

Je trouve Sydney assez tétue en ce qui concerne sa soeur et très peu objective!!!!

Tres bon chapitre, mais j'avoue que des fois sydney merite des claques qd elle fait sa tete de cochon!!!

Tite Canette

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 Linoa
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  Posté le 11/12/2004 14:09:04
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encore un très très bon chapitre!    
Chuis d'accord avec toi canette , elle mérite bien des claques cette tête de mule! Mais en même temps , c'est ce qui fait son charme!
Et moi , je suis tout à fait pour le fait que Syd ait fait payé Vaughn de ses ( son ? ) erreur(s) passée(s) . C'aurait été trop bizarre de les voir revenir ensemble comme avant  , comme si rien ne s'était passé , alors qu'il l'a " trahie " en quelque sorte . Bon , je sais bien que c'est pas de sa faute ( c'est la faut  à Lauren    ) mais , il aurait pu mieux traité Syd lorsqu'elle est revenu au bout de ces deux ans ! Voilou!!

 scg
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 scg
  Posté le 11/12/2004 14:24:33
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ouh là! un petit débat sur ce que syd doit faire payer?
et bien j'ai eu le même dans ma tête! je voulais les réconcilier (je sentais une certaine attente dans ce sens lol) mais je me suis dit que ça pouvait pas être aussi simple. Surtout du point de vue de la confiance entre eux. Il faut qu'ils aillent l'un vers l'autre pour ça. Donc je n'ai pas voulu jouer simplement avec vos nerfs lol!
A bientôt et encore merci de lire et de commenter. C'est pour moi un vrai plaisir d'écrire et c'en est encore plus de le faire aprtager. Si ça vous plait, je suis aux anges.

 saralias
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 saralias
  Posté le 11/12/2004 14:55:57
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J'ai adoré ce chapitre surtout la fin avec Nadia et Sydney et ça me fait plaisir d'entendre parler d'Irina lol

Bravo , continue comme ça cette fic est superbe  

--Message edité par saralias le 2004-12-11 14:56:12--

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 Butterfly
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 Butterfly
  Posté le 12/12/2004 15:11:46
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C'est un chapitre très intéressant. Savoir que Syd et Vaughn sont de nouveau séparés par quelque chose.

Cette rencontre est super importante pour Nadia et sa soeur. Elles vont en apprendre davantage sur elles et sur la prophétie.

La sagesse, c'est d'avoir des rêves suffisament grands pour ne pas les perdre de vue lorsqu'on les poursuit - Le seul moyen de de se délivrer de la tentation, c'est d'y céder - Oscar Wilde
 scg
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 scg
  Posté le 13/12/2004 20:41:56
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voici le chap 15 déjà!
je n'ai rien à dire de spécial sinon bonne lecture!

Chap 15 :




Vaughn faisait des efforts considérables depuis au moins dix minutes pour écouter ce que lui disait Eric. Il s’en voulait parce qu’il était son ami et qu’il lui racontait par le menu sa vie merveilleuse avec Penny et qu’il en avait la nausée. Il venait de lancer une question et Vaughn honteux lui demanda de répéter :

- Je te disais que Penny m’avait dit qu’elle avait toujours rêvé vivre dans un appartement donnant sur la plage.
- Ah oui ?
- C’est tout ce que ça t’inspire ?
- Et bien….

Eric se leva en secouant la tête et jeta sa canette de coca dans une poubelle puis il se relança de quelques coups de patin  puissants vers le centre de la patinoire.
Vaughn fit de même avec sa bouteille d’eau et le rejoignit en soupirant. Pour la première fois depuis des années, patiner ne lui faisait aucun plaisir et il avait presque envie d’abréger la séance. Il se força cependant et essaya de se concentrer sur les préoccupations de Weiss :

- Alors, elle aime la mer ?
- Non mais tu n’as rien compris ? Mon appartement donne sur la plage !
- Mais bien sûr ! alors vous allez vivre ensemble ?
- Je ne sais pas, c’est compliqué. Elle est gênée parce que l’on est collègue et puis elle attend de voir quel rôle Grafton veut lui donner. Ce n’est pas vraiment le moment d’aller un peu plus loin.

La voix était si peu convaincue que Vaughn lui dit, pour la première fois sincère :

- C’est jamais le bon moment et puis après tu verras, tu regretteras.
- Tu as réussi !
- Quoi ?
- A me saper le moral ! Tu es sinistre ce soir, mon vieux ! Je te demande pas à cause de quoi ni de qui, je crois que j’ai déjà deviné.

Vaughn se détourna et envoya le palet taper contre les vitre en plexiglas. Le bruit résonna dans la patinoire presque vide. Il était presque aussi mal  qu’avant de sortir de prison. Il avait l’impression d’avoir été roué de coups. Il n’avait pas dormi depuis une éternité. Il aurait voulu poser sa tête sur un oreiller et dormir au moins une semaine. Peut être en se réveillant il aurait été moins mal.
Weiss le regardait de loin et finit par s’éloigner. Il lui en voulait. C’était normal.
Vaughn continua à patiner et a planté des palets dans les buts vides avec toute la violence dont il était capable. Si quelqu’un avait pris un des projectiles dans la tête il aurait été tué sur le coup. Il ne s’arrêta que lorsqu’il fut haletant et en sueur. Tout son corps fumait littéralement dans l’atmosphère glacée de la patinoire et ses yeux le brûlaient. Il s’essuya le front d’un revers de main.
Il eut soudain la sensation d’être observé et ses sens pourtant bien émoussés l