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Forum Alias par fil2001 Administrateurs :fil2001
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forum Index du forum forumFanfic forumfanfiction( fin saison 3 et spoilers saison 4) :traitres intimes

Auteur : Sujet: fanfiction( fin saison 3 et spoilers saison 4) :traitres intimes  Bas
 leitmotiv
 Messages postés : 1415
 agent double
 leitmotiv
  Posté le 15/11/2004 11:32:56
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Super chapitre, comme d'hab. On s'attache de plus en plus à penny, et à weiss par la même occasion... Sydney en souffrance, ça fait toujours un peu plaisir, surtout quand c'est traité comme ça. Devant mon écran j'ai presque l'impression de visionner un épisode d'alias... alors encore bravo, et merci pour cette fanfiction du tonerre.

Tu rêvais d'être libre et je te continue.

Et par le pouvoir d'un mot Je recommence ma vie. Je suis né pour te connaitre Pour te nommer ; Liberté.

-vive la country ; bimbo attitude ; vive le champagne fraise-
 scg
 Messages postés : 3096
 agent triple :)
 scg
  Posté le 17/11/2004 20:56:29
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bon , on accélère un peu les livraisons!! pour le moment... donc voici le chapitre un peu plus shippeur...entre deux missions.
Merci encore pour ceux qui lisent et laissent des messages si gentils. J'espère que ça vous plaira aussi dans ce style!


Chap 9 :



La séparation fut curieusement pénible. Pourtant, elle devait être courte mais chacun savait que quelque chose s’était noué au cours de cette mission.
Sydney réalisa sur le chemin du retour vers la planque ce qu’impliquait de travailler au côté de Vaughn. Elle allait devoir faire totalement confiance, comme avant, à un homme qui avait été blessé, qui avait des états d’âme et qui doutait de lui même. C’était à la fois dangereux et exaltant. Elle avait l’espoir insensé que tout serait bientôt possible, que les obstacles dressés entre eux allaient s’évanouir comme des rideaux de fumée. Il conduisait le véhicule concentré sur la route , les mains bien parallèles sur le volant. Elle regarda ces mains fortes et solides qu’elle connaissait bien ,puis, gênée par le cours de ses pensées, détourna le regard. Le silence était pesant mais elle ne trouvait absolument rien à dire. Même ce qui était professionnel ne l’inspirait pas. Elle se sentit soudain aussi découragée qu’elle espérait quelques minutes auparavant. A chaque rencontre depuis la mort de Lauren, c’était la même chose. Vaughn était taciturne et elle tremblait comme une adolescente à son premier rendez-vous . Ce fut lui qui prit cependant la parole :

- Tu es inquiète pour ton père ?
- Non, pas vraiment.
- C’est vrai, tu as l’air détaché. Ce n’est pas comme avant.

Maudit Vaughn qui la connaissait trop bien !

- Non, je ne crois pas…
- Syd…ne me mens pas…c’est important pour nous…
- Je me suis disputée avec lui.
- Ah ! un problème entre vous ?

Elle garda le silence les yeux fixés sur ses doigts. Elle avait répondu spontanément , elle avait envie d’en parler à Vaughn mais elle devrait alors reconnaître qu’elle lui avait caché les faits quelques semaines auparavant quand Lauren était morte. Elle devrait lui dire que ce jour là, instinctivement, elle n’avait pas eu envie de lui dire la vérité comme toujours depuis bien longtemps. Elle ne savait pas ce qui l’avait retenu : la longue habitude de travailler seule ? les séquelles d’une vie de trahison dont la dernière était celle de Vaughn qui n’avait pas su l’attendre ? le manque de confiance entre eux ? Elle avait peur de la réponse. Elle ne la connaissait toujours pas. Elle avait caché ce fait parce qu’elle savait au fond d’elle même que c’était un problème purement personnel. Elle n’était pas sûre que Vaughn comprenne mais avait -elle le choix de continuer à mentir ?
Vaughn sentait son agitation. Il allait être difficile de ne pas tout dire.

- Oui, un problème assez grave. J’ai découvert qu’il savait des choses sur mon passé.. ;

Vaughn la regardait l’air perplexe tout en conduisant. Elle préféra alors tout lui avouer. Il se ferma au cours de la conversation sans pour autant se fâcher . Le reste du trajet se fit dans le silence pesant du début. Sydney se félicitait mentalement pour son habileté.
Vaughn entra rapidement dans la planque et commença à parler de l’arrivée des renforts comme si de rien n’était. Syd ne dit rien et s’assit à côté de lui. Ils travaillèrent deux heures testant les différentes possibilités de repli pour Bourne et échangeant leurs impressions. Sur ce terrain au moins, l’entente était parfaite. La nuit était déjà très avancée et Sydney éprouvée par sa journée pénible baillait. Vaughn lança le signal du coucher. Il allait commencer à  veiller sur le canapé. Il dormait peu en général mais il prétendit qu’il avait eu tout le temps de prendre du repos en prison. Sydney s’endormit très vite mais se réveilla plusieurs fois secouée par une sensation d’étouffement.
A chacun de ses réveils, elle entendait Vaughn bouger légèrement dans la pièce contiguë à la sienne. Il s’efforçait de ne pas faire de bruit mais ces frottements discrets et ses froissements de vêtements lui plaisaient. Ils fouettaient aussi son imagination. Elle avait envie de croire à la réalité de cette intimité que suggérait leurs faits et gestes.

La journée du lendemain fut décevante. Ils firent de nombreuses démarches mais ne parvinrent pas du tout à localiser Bourne ni même l’ensemble de son équipe. Il ne servait à rien de rester là. Grafton avait rappelé à Mademoiselle Bristow qu’elle devait rentrer en cas d’échec . Sydney avait souri en entendant son ton bref et l’insistance qu’elle prenait à ne citer que son nom. Elle n’avait pourtant pas envie de rire. Les relations avec Vaughn s’étaient tendues à l’extreme. Il supportait mal ses initiatives et elle s’irritait des siennes. Ils ne trouvaient plus cette aisance qui avait caractérisé leurs relations. Même quand ils se disputaient il n’y avait pas de contrainte. Le départ était prévu pour le soir même quand Sydney se souvint qu’elle avait laissé une partie de ses affaires et celles de son père à l’hôtel Soledad.
Elle lança à Vaughn, qui lisait un compte rendu de plusieurs dizaines de pages sur Bourne, affalé dans un fauteuil de la planque :

- Je passe au Soledad avant de partir ?
- Je t’accompagne et on rejoint l’aérodrome.

Ils devaient prendre un avion militaire dans la région de Cancun sur une piste redoutable que connaissait bien Vaughn.
Il n’avait même pas levé le nez de ses papiers et Sydney se retint de dire quelque chose de peur de lancer une discussion inutile sur le sujet. Le trajet vers l’hôtel fut aussi silencieux que les autres et Syd se prit à souhaiter que le vol soit le plus court possible et dans un avion bruyant empêchant tout échange. Ils rejoignirent la chambre de Sydney rapidement. Elle fut séduite par le charme suranné de cet endroit. Il avait dû être construit à l’époque coloniale ou s’en inspirait. Dans cette station balnéaire à la mode, elle ne s’était pas attendue à un tel lieu mais il avait eu la particularité de faciliter le travail de Bourne.
Le jardin était un enchantement, verdoyant et animé par des bruits d’eau de fontaines cachées par des arbres et des buissons. C’était un vrai jeu de les découvrir au détour d’une allée empierrée parfaitement fraîche alors même que la température avait été écrasante toute la journée et que la moiteur collait les vêtements au corps. Syd ne se souvenait pas d’avoir  vraiment pris de vacances depuis des années. Elle traversait le monde sans cesse sans rien voir obnubilée par une mission, le danger et la trahison. Elle ne voyait rien de tout cela. Pourquoi ce jour là cela l’attirait plus que d’habitude ?
Vaughn la suivait apparemment totalement imperméable au charme de l’endroit. Il avait le visage fermé et marchait d’un bon pas, le regard sombre .
Sydney entra dans la suite, Vaughn sur ses talons. Elle commença à rassembler rapidement les quelques effets de son père et les siens. Elle essaya de chasser l’émotion dérangeante qui la saisit en prenant le rasoir, et les vêtements de son père.
Elle s’activait silencieusement quand soudain, inexplicablement, elle se tendit. Elle se tourna lentement et croisa le regard  lumineux de Vaughn. Il la regardait avec intensité et avec une petite lueur dans le regard qu’elle reconnaissait. Une vague chaude la traversa et elle sentit que l’alanguissement exotique du lieu la gagnait. Son corps prit une pose plus nonchalante. Leurs regards restaient accrochés mais ils ne bougeaient pas. On entendait absolument aucun des bruits de la ville toute proche. Les insectes et les oiseaux et ce bruit d’eau ruisselante si rafraîchissant, c’est tout. Les odeurs étaient lourdes ; la tubéreuse et le jasmin se mêlaient  pour former une atmosphère presque entêtante. Quand il prit la parole, elle sursauta :

- Je me demande  quelque chose depuis hier…
- Ah oui ?  quoi ?
- Tu as aussi ce petit objet donné par Marshall. Il nous a bien servi hier…

Il avait sorti  la petite émeraude qu’il avait fixé sur une chaîne et le balançait devant elle.

- Il est où ? tu le portes où ?

Sydney eut un lent sourire. Elle ne répondit pas mais souleva lentement son débardeur humide de sueur pour découvrir son ventre. Vaughn suivait des yeux tous ses gestes même s’il semblait surpris. Elle remonta l’étoffe jusqu’à son nombril dans lequel une émeraude scintillait doucement. Elle vit distinctement Vaughn arrêter de respirer et avaler péniblement sa salive. Elle sourit de nouveau.

- Tu souris de ton pouvoir ?
- Oui.

Elle s’approcha de lui. Elle n’avait absolument aucune possibilité d’arrêter ça. Son cerveau ne fonctionnait plus que pour l’aider à ressentir.



Cinq sens. Nous avons cinq sens. Sydney ne pouvait plus penser qu’à cela. Elle tourna dans un demi-sommeil sur elle même essayant de démêler ses jambes des draps. Le simple mouvement du tissu sur son corps provoqua de délicieux frissons. Elle se dit qu’il était incroyable que cette simple caresse soit aussi agréable mais tous ses sens étaient décuplés. Elle chercha la peau de Vaughn contre elle et caressa de la main longuement son dos souriant de le sentir frémir. Elle se coula contre lui enfouissant son nez dans cette peau si douce. Elle chercha pendant quelques secondes ce qui sentait si bon avant de trancher qu’il était impossible de le savoir parce seul Michael avait cette peau là et elle adorait ça. Elle respira à fond se gorgeant de ce parfum en murmurant de plaisir. Elle ne pourrait jamais respirer une autre peau après ce soir. Elle goûta  du bout de la langue une épaule en se disant que c’était délicieux, elle avait envie d’embrasser tout ce qui allait tomber sous ses lèvres. Elle sentit Vaughn qui enfouissait sa bouche dans ses cheveux en murmurant des mots incompréhensibles. Elle tendit l’oreille en éprouvant quelques difficultés à se concentrer car il découvrait aussi son corps des mains et des lèvres. Elle finit par s’apercevoir qu’il parlait en français. Que disait-il dans cette langue qu’elle connaissait mais pas aussi bien que lui ? elle ne chercha pas vraiment à comprendre. Elle se berça de la musicalité des mots. Il était peut être trop tôt pour qu’il lui dise qu’il l’aime…Elle ouvrit enfin les yeux, blottis contre lui, observant la lumière qui baignait la chambre. C’était de l’ocre rouge qui incendiait le blanc des murs et rendait miel la peau de Michael. Elle voulait rester dans cette chambre, dans ce lit et dans ces bras pour l’éternité. Elle éprouvait à cet instant une félicité qu’elle appréciait d’autant plus qu’elle la savait fugitive.
Vaughn parlait toujours, doucement dans ses cheveux près de son oreille. Elle devinait à la diction qu’il s’agissait d’un poème. Elle s’endormit définitivement en entendant la voix de Vaughn s’éteindre et en sentant ses bras se resserrer autour d’elle.

Vaughn sentit le corps de Sydney s’abandonner contre le sien. Il trouvait admirable la confiance de celui ou celle qui s’endort tranquillement après l’amour.
Ils étaient en train de manquer leur avion et comme il ne s’agissait pas vraiment d’un avion de ligne, il ferait mieux de prévenir sinon ils allaient voir débarquer une bande d’agents dans leur chambre. Il essaya de se dégager des bras de Sydney mais elle le retint en gémissant doucement et en murmurant quelques mots étouffés.
Elle était délicieuse, si abandonnée, si tranquille qu’on aurait dit une toute jeune fille. Il avait trop de choses à lui dire, trop d’excuses à formuler . Il savait que rien n’était réglé.
Il ne parvenait plus à dormir sereinement depuis longtemps. Depuis la disparition de Sydney, il passait de longues nuits blanches ou plutôt il sommeillait quelques heures peu reposantes parce que très agitées. Se coucher était devenu pénible pour lui. Rien n’y avait changé. Le mariage avec Lauren non plus. Il s’en voulut de ramener le fantôme de cette garce dans leur chambre mais de toute façon elle serait là longtemps au fond de sa tête, sorte  de démon ricanant qui lui rappelait sans  cesse son incommensurable bêtise. Depuis le retour de Sydney, les insomnies avaient empiré et il ne pouvait pas envisager de se laisser aller ,ici, en pleine mission. Pourtant il se sentait bien mieux ce soir.
La nuit s’avançait. Il réussit enfin à dégager ses bras et à s’extirper du lit sans la réveiller et il pêcha son portable dans la poche de son blouson. Il prévint tout le monde de leur retard et reporta leur départ au lendemain. Il ne savait pas s’il faisait bien mais il en avait eu envie et Sydney dormait si bien.
Il prit place vers la fenêtre qui donnait sur le jardin totalement invisible maintenant mais tout bruissant de vie. Cet endroit était curieux. Il avait eu un effet dévastateur sur eux. Pourtant il aurait dû évoquer des souvenirs plutôt négatifs. Il jeta un coup d’œil par dessus son épaule. Sydney était somptueusement allongée sur le lit, forme grise sur le blanc du drap. Il n’avait rien trouvé de mieux que de lui citer quelques phrases du Cantique des cantiques, en français. Il ne le connaissait que dans cette langue. Il n’avait pas su lui dire qu’il l’aimait tout simplement, depuis toujours. Trop tôt. Pas le droit de lui imposer cela. Peur de ne pas être payé de retour. Il eut envie de rire quand il analysa ce qu’il avait fait. Réciter le cantique des cantiques à une fille…s’il avait su qu’un jour il serait comme enchaîné à quelqu’un et qu’en plus il en serait heureux… Il soupira, hésitant à regagner la tiédeur des bras de Sydney.


La réalité reprit ses droits le lendemain matin. Sydney se leva terriblement embarrassée par son attitude et affolée de savoir qu’elle avait dormi comme un bébé oubliant avion, mission, famille… Vaughn la rassura gentiment mais il était assez distant et Sydney en souffrit profondément. Elle ne supporterait pas une fois de plus qu’ils s’éloignent l’un de l’autre. Pourtant, elle même se sentait réservée. Il fallait absolument qu’ils parlent de tout sans contrainte. De Lauren. De ses deux années d’absence. De son père . De leur avenir. A cœur ouvert.


 canette
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 agent triple :)
 canette
  Posté le 18/11/2004 14:02:01
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Très bien très fort très bon!
Enfin ils se retrouvent!!!!!

Tite Canette

http://aucoindufeu.hostonet.org/index.php
 kaïla
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 petit frère de Marshall
 kaïla
  Posté le 18/11/2004 15:55:35
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encore un chapitre génial. Je trouve que tu as beaucoup de talent. Tu sais trouver les mots justes. Encore bravo !! Continue comme ça!

http://img66.exs.cx/img66/3710/9024.jpg
 saralias
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 agent triple :)
 saralias
  Posté le 18/11/2004 18:22:29
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J'ai bien aimé ce chapitre, comme toujours tres bien écrit.
 

http://img278.imageshack.us/img278/432/1miabann2jg.jpg
 Butterfly
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 ...la machine il dire...
 Butterfly
  Posté le 18/11/2004 21:31:41
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Je me disais bien que la descrption de la chambre n'était pas là par hasard.
Comme quoi l'environnement et l'ambiance a une influence...

Vaughn sera encore et toujours hanté par Lauren. Le pauvre, comment il va faire pour s'en sortir ?  

Il est chouette ce chapitre (je dois avoir une âme de shippeuse).

La sagesse, c'est d'avoir des rêves suffisament grands pour ne pas les perdre de vue lorsqu'on les poursuit - Le seul moyen de de se délivrer de la tentation, c'est d'y céder - Oscar Wilde
 choup
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 agent double
 choup
  Posté le 19/11/2004 19:47:10
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bouuuuuuuuuuuuuuuuuuuuh beurre volant bouuuuuuuuuuuuuuuuuuuuh

"The male seahorse carries the children and gives them birth"  
''it's better to burn out, than to fade away. Peace, love, empathy"
kurt cobain


 Butterfly
 Modérateur
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 ...la machine il dire...
 Butterfly
  Posté le 20/11/2004 21:31:18
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Oui que se passe-t-il ?  

La sagesse, c'est d'avoir des rêves suffisament grands pour ne pas les perdre de vue lorsqu'on les poursuit - Le seul moyen de de se délivrer de la tentation, c'est d'y céder - Oscar Wilde
 scg
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 scg
  Posté le 22/11/2004 18:30:21
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Après le chap 9, le chap 10!
mais on reste un peu dans la même veine pour ceux qui aiment , pour les autres, patience!
merci encore pour les messages et pour ceux qui lisent! je ne le dis pas assez mais ça fait toujours plaisir et je continue aussi pour ça!


Chap 10



Trois jours plus tard, Sydney se disait que la réalité avait décidément trop de place dans sa vie. Elle n’avait pas revu Vaughn en dehors des briefings et la situation paraissait bloquée dans un statu quo désagréable.
Revoir Grafton lui avait donné l’impression de recevoir un seau d’eau glacé au visage. Celle-ci avait été très explicite sur leur échec à Cancun. D’après elle, ils n’avaient pas été très vigilants et Penny fut particulièrement blâmée. Pourtant , aucune sanction officielle ne fut prise confirmant l’impression que Grafton poursuivait seule un but précis et évitait d’en référer à sa propre hiérarchie. Elle avait de mauvaise grâce réintégré Vaughn avec un statut spécial ne lui permettant pas d’exercer la totalité de ses fonctions tant qu’il ne serait pas entendu pour la mort de Lauren. L’audience était prévue bientôt et de toute évidence, sa détention avait été abusive. Les nouvelles étaient peu nombreuses. Bourne avait disparu et Nadia et Sloane aussi. Selon toute vraisemblance, le Covenant cherchait à relancer ses recherches sur Rambaldi après l’échec rencontré en Italie. Ils semblaient suivre une nouvelle piste et Nadia sans doute avec Sloane aussi. Toute la section de la CIA nourrissait la même méfiance vis à vis de Nadia. Seule Sydney la défendait ce qui lui avait valu deux prises de bec sévères avec Vaughn qui semblait toujours le plus virulent quand il s’agissait de sa sœur.
Les seules bonnes nouvelles étaient le retour de Marshall mieux de jour  en jour et le rapprochement évident de Penny et Weiss.
Sydney regarda sa montre et commença à se préparer . Dans une heure , elle allait rencontrer son père, à sa demande. Il était sorti de l’hôpital la veille dans un état satisfaisant. Penny avait eu l’habileté de tirer dans son pectoral  ce qui handicapait encore légèrement son bras droit. Mais il affirmait être en bonne forme. Sydney allait le vérifier parce qu’elle n’avait pas pu se rendre à son chevet. Ce n’était pas  le temps qui lui avait  manqué mais le courage. Elle n’avait même pas envisagé de se retrouver auprès de lui comme si de rien n’était. Elle savait que tout le monde la désapprouvait mais que savaient-ils de ses relations avec son père ? Vaughn semblait avoir compris. Il lui avait demandé doucement à la fin du briefing s’il devait se voir et quand elle avait dit que c’était le soir même , il avait proposé de l’accompagner. Elle avait refusé. Elle se sentait de taille à  le voir et à le tenir à distance.
Elle était pourtant particulièrement nerveuse quand un taxi la déposa devant le restaurant français qu’il avait choisi. Tout y était terriblement français : nappes à carreaux, décoration soignée sur le mode du bistrot parisien de luxe plutôt.  Cela faisait hurler Vaughn qui n’aimait pas ce qu’il considérait comme une caricature mais la cuisine, française, bien sur, y était excellente.
Elle n’était pas la première. Jack l’attendait, apparemment en pleine possession de ses moyens, le bras en écharpe seulement. Ils dînèrent tranquillement , la conversation roulant sur toute sorte de sujet. Curieux repas où chacun savait qu’il avait quelque chose à dire à l’autre mais n’en faisait pas état. Puis au moment du café typiquement français lui aussi, Jack posa sa serviette et Sydney comprit qu’on allait enfin aborder les vraies raisons de sa présence ici.

- Sydney, je dois te reparler de ton enfance et surtout des circonstances de ta naissance. Les événements récents m’ont fait comprendre qu’il ne fallait pas que je sois le seul à savoir de telles choses.

Sydney réprima un sourire cynique : la proximité de la mort avait-elle enfin permis à Jack de dépasser sa méfiance ? Elle ne l’aida pas demeurant purement silencieuse.

- Il faut que tu saches que lorsque j’ai appris pour ta mère…qu’elle était une espionne du KGB, elle était déjà enceinte…de cinq mois et demi.

Sydney avait pali. Elle ne s’était pas attendue à cela et elle était secouée.

- J’ai été si…troublé par cette nouvelle que j’ai gardé le silence durant quelques jours avant de prévenir mes supérieurs à la CIA. On m’a alors proposé de continuer ma vie avec elle, le temps que l’on identifie ses contacts. Personne n’a alors parlé du bébé. Mais moi, je me suis tout de suite demandé ce que tu allais devenir. Dans nos investigations, nous avons découvert l’affaire Rambaldi et la probabilité que tu connais que l’enfant d’Irina soit liée à tout cela. Ce fut un nouveau coup pour moi et une situation très compliquée pour la CIA. Certains ont jugé que la prophétie relevait du délire et ont décidé de ne pas en tenir compte et d’autres, au contraire , ont vu une formidable affaire bien trop dangereuse à contrôler. Leur projet a donc été l’élimination d’Irina et du bébé.

Sydney tressaillit. La chronologie des faits changeaient les perspectives. Mais Jack continuait.

- J’ai réagi mais toutes les informations allaient dans leur sens. Le danger semblait important parce qu’il risquait de déstabiliser l’équilibre fragile de nos deux puissances. Tu imagines, dans les années 70, l’enjeu que tu aurais représenté pour les agences des deux pays ?
J’ai alors pris la décision de te sauver envers et contre tout. Pour cela, je devais convaincre tout le monde qu’ils se trompaient ou que je pouvais assurer le contrôle. C’est ce que j’ai fait. J’ai préparé le projet SAB que tu connais et j’ai promis que tu serais sous surveillance permanente et jamais sous la coupe de ta mère. C’était difficile parce que dans le même temps, je devais garder des liens avec elle pour continuer à enquêter sur cette affaire. Les Russes avaient beaucoup d’avance sur nous . J’ai donc utilisé Irina pour avoir accès à des infos top secrets du KGB. Puis tu es née et…il y a eu comme une parenthèse dans la vie de ta mère et moi. Quelques semaines ou quelques mois ou vraiment nous avons vraiment  été des parents.

Sydney sentait l’émotion la gagner. Son enfance compliquée lui revenait à la mémoire et elle avait du mal à ne pas se sentir bouleversée quand son père lui disait tout cela.

- La réalité a repris ses droits. Parmi les agents très hostiles à mon projet , certains n’ont pas désarmé et pensaient que tu devais disparaître. A leur tête, il y avait une jeune officier très brillante, fille d’un officier supérieur de la CIA, héros de la guerre et de la patrie. Elle avait à peine 25 ans mais dirigeait  déjà une petite unité chargée de développer le projet Rambaldi. C’était au départ une petite affaire mais avec les nouvelles découvertes ça devenait un poste clé. Si le dirigeant de cette section sauvait la nation en menant à bien cette affaire, il avait une place toute trouvée aux plus hauts postes de la CIA et de la politique comme son père et les amis de son père.

Sydney avait déjà compris qui était cette jeune officier ambitieuse : Linda Grafton .

- J’ai fait en sorte que ça n’aboutisse pas , que la commission soit désavouée et que la jeune officier soit remplacée. La CIA a même abandonné ses recherches pour les confier au FBI et à d’autres agences. Ceux-ci ont davantage fait avancer le dossier dans la connaissance de Rambaldi et de ses inventions. Ils ont oublié la petite fille sous contrôle que tu étais. Grafton n’a pas eu sa carrière brisée bien au contraire, elle est montée rapidement surtout dans la  protection des personnes politiques d’où ses liens étroits avec le pouvoir. Elle a toujours suivi par contre l’affaire Rambaldi, non pas qu’elle soit une adepte ou une passionnée comme Sloane mais elle considère cette affaire comme un échec personnel et elle pense qu’il y a un danger potentiel pour la sécurité nationale bien réel. Elle garde l’œil sur moi depuis longtemps et sur toi aussi. Elle a fait ce qu’elle a pu pour te nuire à son poste. Mais elle  a eu affaire à forte partie avec Kendall ou Dixon ou même les autres chefs. Par contre , elle a œuvré pour que ça soit difficile voire impossible pour toi de travailler avec la CIA. Comment comprendre sinon qu’on ait pas trouvé un autre agent de liaison que Vaughn, le fils de celui que ta mère a tué ?

Sydney se tassait sur son siège et battait désespérément des cils pour chasser les larmes de ses yeux. Mais sa vue était brouillée. Elle ne distinguait pas ses traits mais savait qu’il était triste au débit monocorde de sa voix. Elle n’était alors que le résultat d’une lutte d’influence entre agences et différentes personnes ? Sa vie n’avait tenu qu’au bon vouloir de son père et de ceux qu’il avait pu convaincre. Elle avait la sensation d’être une mouche dans une toile d’araignée dont les faits et les gestes étaient étudiés et mesurés. C’est cela qu’avait voulu dire Lauren sans doute. Et il avait fallu tout ce temps pour que son père lui avoue cela .Il continuait impitoyablement :

- Vaughn, c’était une bonne idée dans son plan…Il était jeune, inexpérimenté et surtout il était fragilisé par la mort de son père. Comment expliquer que la CIA qui connaissait les activités de ta mère n’ait pas su tout cela ? Ils savaient mais Grafton a réussi à les convaincre. Grosse promotion pour Vaughn et joli croche-pied pour toi. Je n’avais aucune confiance dans Vaughn. En plus, il a vite su ce qu’on lui cachait et là…Il s’est produit le scénario inverse de celui prévu par Grafton. Il était déjà amoureux de toi et vous avez été encore meilleurs ensemble. Quel échec ! Après il y a eu la réapparition de ces histoires de prophéties dont personne ne parlaient presque plus à la CIA…Enfin, je passe les détails mais elle a été très active…Voilà, tu sais tout sur cette affaire, tout ce que je sais. Grafton est intouchable et en plus on ne peut rien lui reprocher. Dès le départ, ses décisions étaient justifiées. Si j’avais été à sa place, je pense que j’aurais pris la même résolution qu’elle.

Il ne prononça pas le mot mais il résonna dans la tête de Sydney comme un coup de tonnerre. Elle se leva, presque vacillante sur ses jambes. Elle sentit son père faire un geste vers elle mais elle se recula vivement manquant tomber. Elle tendit ses mains devant elle signifiant ainsi son refus d’être touchée. A travers ses larmes, elle distinguait mal l’expression de son père. Elle fit un considérable effort pour se reprendre et y parvint relativement bien. Sa vue s’éclaircit et elle toussota pour raffermir sa voix :

- Je…j’ai besoin de temps pour penser à tout cela…je crois que je comprends ce que tu as voulu faire mais me tenir dans l’ignorance depuis si longtemps, depuis que je peux entendre ces mots me semble inexcusable. Je ne parviens pas à comprendre comment tu espérais me protéger ainsi…Merci en tous cas pour le repas.. c’était délicieux et instructif.

Elle s’éloignait déjà vers le vestiaire lorsque son père la rappela :

- Je vais te raccompagner…tu n’es pas en état de…
- Merci, non. Elle avait parlé d’une voix ferme et cinglante qui coupa Jack dans son élan.
Elle regarda cet homme vieillissant, le bras blessé et l’œil imperturbable mais scrutateur et se dit qu’elle aurait aimé ne voir  qu’un père. Mais tout rappelait l’agent en lui. Le bon agent même. Son père , à un moment de sa vie, ce jour où on avait proposé  de tuer sa femme et son bébé peut être , avait basculé et était devenu avant tout un agent. Il ne serait sans doute jamais plus que cela. Elle devrait vivre avec cette idée ou accepter  de ne jamais le revoir.


Elle quitta le restaurant dignement selon elle. Elle marcha ainsi à grands pas vers la sortie faisant claquer ses talons hauts sur le parquet de la salle principale. Elle ondula jusqu’au vestiaire capturant au passage quelques regards admiratifs de convives masculins. Elle se saisit de son écharpe en pashmina noir et le lissa sur ses épaules par dessus sa robe noire également. Maintenant , elle se tenait sur le trottoir, dévastée mais superbe. Mentalement, elle se félicita pour sa sortie mais se demanda comment elle allait rentrer. Elle fouilla dans sa pochette pour trouver son téléphone portable cherchant fébrilement un numéro pour appeler un taxi avant de se rendre compte qu’il en passait un toutes les trente secondes devant elle. Les larmes montèrent de nouveau à ses yeux et elle consulta son téléphone portable dont le dernier numéro appelé s’affichait :Vaughn…


Vaughn était assis au fond d’un bar sirotant un café dans un immense gobelet, une sorte de substance noirâtre qui n’avait pas grand chose à voir avec le café qu’il aimait. Il avait dû sortir de chez Weiss. Il devenait urgent qu’il trouve un logement. Penny avait dîné avec eux et rapidement, il s’était senti de trop. Maintenant, il se demandait combien de ses gobelets géants infâmes, il allait devoir absorber avant de rentrer se coucher sur son divan. Il jouait avec l’idée peu enthousiasmante d’aller à l’hôtel lorsque la sonnerie de son portable l’arracha à sa torpeur. Sydney…Le téléphone affichait le nom de Sydney. Ils n’avaient rien échangé depuis quelques jours et il se disait que chaque heure qui passait était une heure de trop avant une explication salutaire. Il décrocha aussitôt et entendit une voix  enrouée de sanglots qui le fit à moitié se lever de son siège.

- Sydney.. mon dieu mais que se passe t-il ?
- Viens me chercher , s’il te plait.

Elle ne put que dire ça, le reste se perdit dans les larmes et les hoquets. Il ne comprenait absolument pas ce qui se passait mais il éprouva une sorte de satisfaction à savoir qu’elle avait besoin de lui. Il se reprocha cet égoïsme et sauta dans sa voiture après avoir identifié rapidement l’endroit où se trouvait Syd.
Il la vit sur le bord du trottoir de loin. Alors qu’il garait la voiture, il ne put s’empêcher de remarquer à quel point elle était belle dans sa tenue de soirée. Elégante et fine, elle n’avait rien en apparence d’une femme fragile. Mais quand il fit le tour de la voiture pour lui ouvrir la porte, elle tomba dans ses bras en sanglotant. Une bouffée de son parfum flotta jusqu’à lui et il sentit tout son corps s’appuyer contre le sien. Elle s’abandonnait.

- Qu’est-ce qu’il t’a fait ? que t’a t-il dit ? demanda t-il, envahi de colère en pensant à Jack qui avait visiblement dépassé la mesure, ce soir.
- Oh, c’est tellement…

Elle ne put continuer. Il la guida jusqu’à la voiture. Il conduisit jusqu’à chez elle. Il n’était jamais entré dans son nouvel appartement. Il ne savait pas dans quel décor elle vivait. Il ne savait même pas si elle avait envie qu’il entre. Mais tout fut très simple. Quand il l’enlaça pour entrer, elle ouvrit tout naturellement.
Blottie contre lui sur le canapé, elle lui raconta tout. Il écouta, bouleversé par ce que tout cela impliquait pour lui et pour elle. Quand elle parla de l’épisode de sa désignation comme agent de liaison de Sydney, il serra les poings de rage en entendant qu’on ne l’avait choisi qu’en fonction de ses capacités à déstabiliser Sydney, sans tenir compte de lui ni d’elle, au mépris de leurs sentiments et de leur amour propre. Il était, comme elle, un pion. Ils avaient juste été mis là parce qu’ils étaient censés se détruire.

Elle parla longtemps, gagnée par les sanglots quand elle parlait de la trahison de ses proches. Au bout d’un long moment, elle s’apaisa et le silence s’installa dans la pièce. Elle avait recroquevillé ses pieds sous elle et il étreignait ses mains glacées. Il n’avait pratiquement rien dit, il avait écouté. Il savait qu’il allait devoir partir mais le dire à Sydney lui paraissait cruel. Il se donnait encore du temps parce que pour lui aussi, ce serait un crève cœur.

- Va te changer, Syd ! tu es en train de massacrer cette…petite chose, finit-il par dire en désignant sa robe noire froissée.

Elle sourit contre lui, la tête dans son cou. Il se répéta qu’il allait profiter de son passage dans sa chambre pour partir parce que sinon, il passerait la nuit ici et ce n’était pas une bonne idée.
Elle ne bougea pourtant pas :

- Je sais que tu vas partir dès que j’aurai fermer la porte de la salle de bain.

Il ne répondit pas, ce n’était pas la peine.

- Reste, s’il te plait, dors ici au moins.
- Non, Syd.
- Pourquoi ?
- Ce n’est pas une bonne idée.
- Quoi ? de coucher ici ? de faire l’amour avec moi ? il est trop tard pour penser cela !
- Tu sais bien que je ne regrette rien de ce qui s’est passé à Cancun mais c’était trop tôt. Il faut que …nous parlions.
- Bien sûr ! on parlera aussi…
- Syd, tu sais ce que je veux dire…ce soir, tu es fatiguée et bouleversée. Je ne veux pas en rajouter.
- Je ne supporte pas quand tu prends tes airs de gentleman et que tu décides ce qui est bon pour moi.
- Je sais, Syd, je sais, mais…

Elle se jeta à son cou et posa ses lèvres sur sa bouche le baillonnant délicieusement. Il se dégagea avec difficulté regrettant de le faire.

- Syd, tu n’auras pas beaucoup d’efforts à faire pour me séduire mais ça ne changera rien sur le fond.

Elle soupira et recula, vaincue. Elle avait baissé la tête et il se demanda s’il n’avait pas réussi l’exploit de la faire pleurer de nouveau. Alors, il commença :

- Syd, je suis apparemment comme avant mais…je suis en mille morceaux.
- Laisse-moi t’aider alors…
- Je le voudrais mais pour cela tu dois m’écouter !

Il s’éloigna d’elle pour  pouvoir se concentrer et chercha ses mots.

- La situation est si compliquée mais il y a quelques points très clairs. D’abord, je ne pourrai jamais aimer quelqu’un comme je t’ai aimé. Jamais. C’est impossible, et il était absolument ridicule de ma part de me cacher ça. Tu fais partie de moi désormais, tu as participé à ce que je suis aujourd’hui. C’est simple. Mais…je n’ai pas été à la hauteur…attends…

Il leva la main pour interrompre Sydney qui allait prendre la parole.

- Je sais ce que tu vas dire mais je veux que tu m’écoutes, s’il te plaît. J’ai besoin de te le dire. Je dois te faire comprendre pourquoi j’ai …perdu la foi, comme tu as dit. A ta mort, je suis devenu fou. Vraiment. Le sol s’est ouvert sous mes pieds et j’ai sombré en enfer. Je ne crois pas que je pourrais revivre ça un jour.  J’ai un souvenir confus d’une douleur physique lancinante et d’une quasi-impossibilité d’agir quotidiennement. L’alcool m’a aidé un temps mais quand tu as bu tu reprends toujours à un moment ou un autre conscience et là…c’est insupportable. Je parlais avec toi et je n’avais même plus besoin de boire pour t’entendre au bout d’un moment.

Les larmes coulaient de ses yeux sans qu’il s’en rende compte et Syd écoutait, tendue comme un arc.

- Je parlais avec toi et un jour je t’ai dit que j’allais te rejoindre, c’était si évident à ce moment là. Je me suis même dit que j’avais enfin trouvé la solution. La mort ce n’est plus de douleur, plus de manque, plus de culpabilité, plus rien. J’étais si fatigué…Mais tu m’as dit non. Tu m’as dit qu’il ne fallait pas, que nous, c’était la vie pas la mort et que je nous perdrais si je mourais. Je t’ai entendu me dire ça, vraiment, je l’entends encore. Alors j’ai posé mon arme et j’ai regardé les choses autrement. J’ai remonté la pente comme on dit. Tout le monde me félicitait et avait l’air heureux. Alors, je me suis dit que ce que tu voulais c’était que je vive, je me suis dit que tu avais assez de générosité pour ça et que toujours je te devrais ça. Je n’ai pas compris. Je n’ai pas compris que j’aurais dû te chercher depuis le début, et qu’à cet instant tout était possible…Non, j’ai rencontré Lauren et je l’ai  épousé…

Il s’était levé en prononçant ces mots en criant presque et il lança avec violence un bibelot qui alla se fracasser contre le mur en face de lui. L’explosion de la porcelaine le saisit et le calma aussitôt. Sydney était comme pétrifiée sur son siège et le regardait comme si elle ne le voyait pas. Il ne put en supporter davantage et partit en claquant la porte derrière lui.



 Butterfly
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 Butterfly
  Posté le 22/11/2004 23:35:37
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Et ben, que d'émotions dans ce chapitre... Pauvre Sydney, elle en prend la tête là...

Elle devra être forte pour surmonter cette horrible trahison.

en tout cas : bravo  

La sagesse, c'est d'avoir des rêves suffisament grands pour ne pas les perdre de vue lorsqu'on les poursuit - Le seul moyen de de se délivrer de la tentation, c'est d'y céder - Oscar Wilde
 leitmotiv
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 leitmotiv
  Posté le 23/11/2004 01:04:37
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ce chapitre est génial, je sais; il faut que je trouve d'autres qualificatifs...
j'adore les dialogues, tu les maitrises à la perfection, tout sonne juste, et en même temps c assez travaillé au niveau du style et de la narration pour être autre chose qu'un possible transcrpts d'épisode superbe.

je suis claire? non, désolée.

enfin bon, j'adore, c'est pas nouveau et c'est pas pret de changer.

continue, vite!!

Tu rêvais d'être libre et je te continue.

Et par le pouvoir d'un mot Je recommence ma vie. Je suis né pour te connaitre Pour te nommer ; Liberté.

-vive la country ; bimbo attitude ; vive le champagne fraise-
 saralias
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 saralias
  Posté le 23/11/2004 23:11:16
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Woaw ce chapitre est vraiment exellent    

J'adore vraiment les dialogues entre syd/jack et syd/vaughn, ils sont tres réalistes.

     Bravo

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 Linoa
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  Posté le 24/11/2004 09:11:31
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ouahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh!!!!!!!!!!! Ben dis donc tu as dû faire de gros efforts pour retranscrire toutes ces émotions et expliquer tous ces comportements !!
J'avais vraiment l'impression d'y être! Quand je lisais les explications des persos , je suivais sans aucun problème leur logique alors que dans la série , je n'y comprenais absolument rien ( par exemple Jack , qui semble d'abord méchant , puis gentil , et enfin ,au moment où on le voit proche de sa fille , on nous dévoile un aspect encore plus sombre de sa personnalité !    )
Alors là , ça ne m'étonnerait vraiment pas que les scénaristes aient prévu de donner la tournure que tu as inventée pour expliquer ces phénomènes!!

Encore un big bravo et j'attends impatiemment la suite!

 canette
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 canette
  Posté le 24/11/2004 11:58:02
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Très bien, j'avais les larmes aux yeux!!!!

Tite Canette

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  Posté le 26/11/2004 18:24:09
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merci, merci , merci! que dire de plus? en tous cas c'est sympa de poster des petits messages , ça m'encourage beaucoup à continuer!
alors Sydney repart en mission cette fois en Pologne (ça change !) et c'est difficile aussi. Sa vie reste très compliquée!
J'espère que vous aimerez ce chapitre et à bientôt


Chap 11



Syd traversa rapidement les couloirs du centre des opérations en direction de la salle de réunion. La nuit avait été courte et pénible. Elle était fatiguée et avait une migraine épouvantable. Elle allait revoir Grafton qui allait répandre une fois de plus son fiel ainsi que son père et Vaughn. Elle avait l’impression d’avancer dans un tunnel dont la sortie reculait sans cesse dès qu’elle entrevoyait la lumière.
A peine assise à sa place, elle sentit la présence de son père. Il parlait avec Grafton mais regardait Sydney avec acuité. Elle détourna le regard consciente que le maquillage dont elle avait abusé ce matin ne dissimulait pas les dégâts des émotions de la veille.

La réunion commença très vite quand tout le monde fut présent. Les nouvelles étaient importantes. Tout s’était accéléré dans la nuit. Des informations concordantes annonçaient l’arrivée prochaine de Nadia, Sloane et mieux encore de Bourne à Cracovie. Sydney haussa les sourcils de surprise en entendant le nom de la ville. La Pologne…Mais Grafton apporta une réponse rapidement :

- Cette ville n’a rien de particulier  pour Rambaldi. Elle n’a jamais figuré dans aucun déplacement de Sloane ou Nadia. Mais elle dispose d’un centre scientifique très particulier ou plutôt elle a gardé les archives d’un centre aujourd’hui disparu. Cet institut a travaillé sur la gémellité durant la seconde guerre mondiale et retrace les travaux déments de nazis. Nous pensons que ces travaux intéressent tout ce beau monde. Certains de ces dossiers ont été repris par les communistes. Tout cela est très nauséabond mais curieusement semble intéresser le Covenant et finalement beaucoup de monde. Ils vont certainement voler ces travaux. Ils sont conserver dans la bibliothèque de l’université de Cracovie où ils viennent d’être numériser. Il faut que ces documents soient entre nos mains et absolument pas dans celles du Covenant. Leur usage est encore mal connu mais nous devons agir.

Le silence plana autour de la table chacun spéculant sur ce que cachait ces documents. Sydney cherchait ce que la gémellité pouvait apporter mais elle ne voyait pas.

- Nous allons donc récupérer les documents et les détruire. Ils n’existent plus que sous forme numérique. Les dossiers papiers ont été très endommagés par un incendie récent. Il suffit de détruire dans l’ordinateur central de la bibliothèque les documents après récupération. Sydney, Marshall vous donnera tout ce qui est nécessaire. Il faut simplement que vous ayez accès à un ordinateur qui pilote le système général. Vous partez avec Vaughn.

Elle fit une pause qui en disait long sur son opinion sur la question. Sydney lança un regard furtif à Vaughn qui contemplait ses mains avec un apparent grand intérêt. Il avait l’air fatigué. D’ailleurs, il avait toujours cet air las et ces traits tirés depuis qu’il était revenu.

- Donc, vous partez dans trois heures. Vous serez deux historiens spécialistes de la seconde guerre. On vous attend là bas pour des recherches assez éloignées de notre but véritable. Vous serez pris en charge par nos agents sur place. Vous passerez moins de 24 heures sur place. Pas question que vous rencontriez Bourne et les autres dont l’arrivée doit se faire dans moins de deux jours. Il va falloir être ultra efficace.
- Pourquoi ne pas tenter de les arrêter puisqu’ils vont être réunis là-bas ? demanda Sydney en essayant de parler normalement.
- Ce pourrait être le cas mais ils sont très méfiants. Vous faites votre mission et on assure ce qu’il faut derrière.

Sydney hocha la tête sans rien dire. Elle ne savait pas vraiment si elle souhaitait l’arrestation de sa sœur dans ces conditions. Si Nadia était avec Sloane, elle serait arrêter et elle ne le voulait pas. Il fallait absolument parvenir à séparer Sloane de Nadia dans la tête des responsables de la CIA.

Ils se levèrent et se dirigèrent vers la porte. Sydney salua d’un sourire chaleureux. La jeune femme semblait distraite. Weiss sifflotait joyeusement et balançait des tapes dans le dos de tous ceux qui passaient à proximité en riant des blagues qu’il enchaînait avec facilité. Pas besoin de lui demander s’il était heureux…
Elle les regardait vaguement attendrie quand elle sentit son bras tiré en arrière. Vaughn la regardait le visage fermé et sombre. D’un geste de la tête, il lui indiqua un bureau vide. Elle eut envie de résister. Elle avait vraiment une migraine terrible et elle refusait d’entendre des excuses ou une explication. Elle se laissa mener pourtant parce qu’elle était pas vraiment capable de lui résister ce qui l’inquiéta beaucoup. Il avait un pouvoir sur elle qui dépassait tout ce qu’elle avait connu et elle se sentit soudain terriblement vulnérable. Il referma la porte derrière eux et commença :

- Je n’aurais pas du partir comme ça hier soir.
- Non.
- Je suis toujours entre la colère et le déni a dit Barnett.
- Je vois.
- Tu ne veux pas me faciliter la tâche ?
- Non.

Il sourit. Elle détourna la tête : ce n’était pas juste, il avait des armes beaucoup trop efficaces. Quand il souriait comme ça, elle avait juste envie de lui sourire !

- Je te comprends. Je ferais la même chose mais je ne veux pas justement agir comme je le fais depuis quelques temps donc je veux juste te dire que partir en mission aujourd’hui est une excellente nouvelle, une des meilleures que j’ai eu depuis longtemps. Parce que je sais que je suis fais pour ça et que quand je le fais avec toi, ç’est génial.
- Hmmm ! tu as mis ta nuit à profit…tu as réfléchi à tout ça ?
- Oui et ce n’est pas maintenant que je vais pouvoir te dire ce que j’ai décidé mais dès qu’on revient je passe te prendre, ok ?

Des sentiments mêlés  la soulevaient : la joie, l’espoir mais aussi le ressentiment et la peur. La peur que tout soit encore un mirage..
Il dut comprendre car il lui dit doucement :

- C’est différent maintenant . je te donne ma parole que je le ferai.

Elle lui fit juste un signe de tête et sortit. Elle était saturée d’émotions fortes et elle souhaitait se préparer pour le départ. Une secrétaire lui avait remis un dossier complet sur l’histoire et ce qu’elle était censée faire croire.



Elle dormit dans l’avion . Elle se réveilla reposée, la tête enfin claire, dans les bras de Vaughn. Elle se tendit en sentant sa chaleur l’entourer et gémit intérieurement. Elle avait piqué du nez alors qu’ils étaient assis côte à côte et elle se réveillait contre lui. Il s’était assoupi le menton posé sur sa tête et elle sentait son souffle régulier dans ses cheveux. Elle n’osa pas bouger malgré sa furieuse envie de se dégourdir les jambes. Il était si fatigué lui aussi. Quand il se réveilla, ils se séparèrent et n’osèrent même pas évoquer leur intimité. La mission reprenait ses droits.

En quelques minutes, Sydney enfila une tenue classique et discrète telle qu’on pouvait imaginer celle d’une scientifique. Vaughn lui aussi nouait une cravate sombre sur sa chemise blanche. Elle se surprit à observer le contraste entre la chemise immaculée et sa peau très légèrement hâlé avant de se détourner. Elle était consternée. Elle perdait le sens commun, elle était littéralement intoxiquée.
Ils se rendirent directement à l’université afin de rencontrer la personne qui devait les faire accéder aux informations. Le plan était simple. La responsable des documents de la seconde guerre mondiale, une certaine Alina  Kaminski. Une fois dans la place, le matériel de Marshall ferait tout le travail. Il suffisait d’introduire une petite clé usb qui allait rechercher elle même les dossiers par une série de mots clés et qui allait le copier. Pour la destruction, il fallait faire plus subtile. Vaughn devait introduire un programme qui allait rendre illisible certaines parties des textes mais les laisseraient en place et même transformeraient de façon aléatoire certains passages.
Ils se regardèrent une dernière fois avant de pénétrer dans des lieux qui n’avaient pas changer depuis l’ère des démocraties populaires. Le bâtiment alignait des vitres sans rideau sur des centaines de mètres. L’ensemble était particulièrement laid, gris et mal proportionné.
Sydney sourit à Vaughn en frissonnant :

- Tu as froid ? dit-il.

Il est vrai que la température était presque froide. L’automne polonais ressemblait à l’hiver californien le plus froid. Il remonta gentiment le col en fourrure blanche du manteau qu’elle avait emmené. Il ne dit rien mais elle lut dans son regard qu’il la trouvait belle.

L’intérieur était aussi glacial et impersonnel qu’on pouvait l’imaginer : un long couloir sombre plongeait dans les entrailles du bâtiment. Les murs étaient d’une couleur indéfini entre le grisâtre et le marronnasse. Quelques chaises étaient appuyées contre le mur face à un autre mur et Sydney se demanda qui pouvait avoir envie de s’asseoir pour en fixer un. La jeune femme qui se trouvait dans l’entrée était d’autant plus spectaculaire. Elle était longue et blonde et son visage d’une beauté époustouflante avec de longs yeux de biche étirés en amande sur de hautes pommettes typiquement slaves. Elle ignora totalement Sydney qui regretta soudain ses ternes vêtements pour foncer sur Vaughn. Il lui sourit largement et se lança en polonais. Sydney qui le parlait moins bien que lui le laissa faire remarquant que de toute façon il mettait du cœur à convaincre son interlocutrice en se penchant près d’elle. Quand la jeune femme éclata de rire en lançant la tête en arrière et en agrippant le bras de Vaughn, elle se demanda si la mission souffrirait si elle l’assommait tout de suite. Enfin, elle les guida ou plutôt elle guida Vaughn suivie d’une Sydney trottinant derrière eux jusqu’à une salle lambrissée assez solennelle et disposant d’ordinateurs flambant neufs qui contrastaient avec l’ensemble du lieu. Ils eurent le plus grand mal à se débarrasser d’elle.
Sydney posa rudement sa serviette en cuir qui contenait le matériel sur la longue table en bois qui trônait au centre de la pièce en maugréant.

- Attention ! dit Vaughn, le matériel de Marshall est fragile.
- C’est de ta faute, tu nous fais perdre du temps.
- Pas du tout, il fallait qu’elle soit en confiance et je crois que j’y suis parvenu, ajouta t-il avec un large sourire.
- Ah, je pense que oui.
- Bon alors tout va bien ; allons-y !

Il la regardait avec une lueur d’ironie dans l’œil et Sydney se retint de lui asséner quelques vérités bien senties sur son zèle.
Ils commencèrent à travailler en silence et avec efficacité. Sydney avait retrouvé sa concentration en très peu de temps et installait le matériel. La saisie des documents fut d’une remarquable facilité. Ils exécutèrent l’intégralité du programme en une petite heure. Sydney s’aperçut une fois de plus à quel point sa collaboration avec Vaughn était naturelle. Ils ne parlaient pratiquement pas mais se comprenaient d’un regard. Aucune remarque ni aucune gêne. Le temps passait, les épreuves les séparaient mais leur couple au moins au niveau professionnel demeurait excellent.
Ils sortirent très vite de la salle. Il ne restait a priori plus que la belle Alina. Dès qu’elle les vit, elle s’approcha deux telle un bateau fendant les flots. Son visage était illuminé par un grand sourire qui écoeura Sydney.
Alors qu’elle n’était plus qu’à un mètre d’eux, son sourire devint un rictus et Sydney vit qu’elle sortait une arme. Sydney ne la laissa pas s’approcher davantage. Avec un plaisir qui n’avait rien à voir avec la situation dangereuse qu’ils vivaient , elle balança un pied en direction du visage de la jeune femme qui l’esquiva sans difficulté. Vaughn avait immédiatement plongé hors de portée de l’arme et essayait de passer derrière Alina. Cette femme n’avait rien d’une bibliothécaire normale. Ils auraient dû s’en douter en la voyant et d’ailleurs était-elle Alina ?
Ils auraient sans doute pu venir à bout de la jeune femme mais Bourne surgit d’une pièce qu’ils n’avaient pas encore vue.
Pendant quelques secondes les quatre personnes se figèrent. Vaughn était le plus près de Bourne. Syd se tenait le corps ramassé prête à bondir sur Alina échevelée maintenant. Une hostilité presque visible flottait dans le hall sinistre. Sydney comprit que Bourne et sans doute tous les autres venaient d’arriver et qu’Alina avait été envoyée en catastrophe pour les intercepter . Ils avaient fait tout le travail et on allait leur prendre le matériel.
Une lutte d’une violence inouie s’engagea. Alina savait se battre. Si Sydney lui avait fait perdre son arme, elle assénait des coups violents et elle encaissait bien. Elle surveillait Bourne et se demandait quand les autres allaient apparaître. Elle eut soudain peur quand elle vit Vaughn vaciller sous un coup puissant mais il eut le réflexe de s’emparer d’une des chaises horribles mais très lourdes et de frapper Bourne à la tempe. Celui-ci  tomba alors, étourdi.
Elle même parvint à repousser une fois de plus Alina. A genoux, à moitié assommée, elle faisait un effort pour se relever quand du coin de l’œil, Sydney aperçut une nouvelle silhouette sur sa gauche. Elle identifia Nadia avec un coup au cœur. Elle était donc bien avec Bourne. Et elle portait une arme.
En une seconde, elle se rendit compte de la situation. Elle était à quelques mètres à peine de sa sœur armée. Vaughn venait de ramasser l’arme d’Alina et comme au ralenti, elle le vit faire volte face dans leur direction. La situation telle qu’il la découvrait n’appelait qu’une seule réponse que tout bon agent ne pouvait ignorer. Elle semblait menacée. Elle le vit lever son arme et la pointer vers Nadia. Elle cria de toutes ses forces pour qu’il ne tire pas. Pendant d’interminables secondes, elle crut qu’il allait tirer. Il avait le regard fixe et haineux. Il la regarda et elle crut que vraiment il ne la voyait pas. Elle hésitait mais elle sentait qu’il avait envie de tirer. Elle se déplaça pour se placer devant son arme entre Nadia et elle. Il se détourna alors en poussant un gémissement rauque.
La tension retomba lentement. Un silence terrible flottait dans les locaux totalement vides. Sydney plongea dans le regard de sa sœur, essayant de comprendre, mais les grands yeux bruns de sa sœur étaient totalement inexpressifs et froids. Elle semblait aussi impassible et mystérieuse que son père à cet instant et Sydney sentit poindre l’inquiétude qu’elle n’avait pas ressentie avant. L’inquiétude et le doute.
Ces quelques secondes suffirent à inverser la donne. Alina se releva et silencieusement frappa Sydney violemment dans le dos. Elle bascula lâchant la serviette en cuir qui glissa jusqu’à Bourne qui s’apprêtait à s’enfuir. Il la ramassa et disparut en courant. Sydney se lança à sa poursuite mais elle trébucha sur Alina et alla taper fortement contre le mur. Elle resta quelques secondes dans le noir total, consciente mais aveugle. Elle reprit ses esprits alors que Vaughn la prenait dans ses bras en l’appelant doucement et en dégageant ses cheveux  qu’elle sentit gluant de sang.

- Laisse-moi ! retiens Nadia, poursuis-les !
- C’est trop tard . Ils y avaient un véhicule à l’extérieur qui les attendaient. J’ai prévenu pour qu’on les intercepte mais ce sera difficile. Ils ont bien préparé leur coup.

Elle se laissa retomber contre lui, découragée.

- Et ils ont les dossiers…
- Oui mais j’ai pris une précaution tout à l’heure, je les ai envoyé en direct à Marshall ce n’était pas prévu mais j’ai pensé qu’on gagnerait du temps. J’ai aussi prévenu Marshall du fait qu’ils avaient notre copie des documents et il va réfléchir à ce qu’il peut faire. Maintenant notre principal atout est de les exploiter rapidement.

Tout en parlant , il soulevait délicatement ses cheveux pour rechercher la plaie qui dégageait tant de sang. Il finit par découvrir une vilaine estafilade sur le haut du front . Il grimaça en murmurant :

- Tu as besoin de points de suture. Encore, une trace de ce sale boulot…

Elle ne dit rien . Elle ne pensait pas à sa plaie. Elle revoyait son énigmatique sœur qui la fixait. Que cherchait Nadia et que lui voulait-elle ?


Ils sortirent rapidement du bâtiment qui restait étonnamment vide. Ils regagnèrent une planque de la CIA dans une banlieue anonyme de Cracovie. Leur départ était organisé deux heures plus tard.
Vaughn soigna de son mieux sa blessure superficielle. Elle se contenta de prendre une douche et s’assit dans un fauteuil les yeux perdus dans le vague.

- Syd ! A quoi penses-tu ?

Elle ne répondit pas Elle le regardait et une bouffée de ressentiment la saisit. Elle ne put s’empêcher de dire quelque chose.

- Tu allais tirer Vaughn !
- Et bien oui. Quel est le problème ? Elle te menaçait et tu étais désarmée.
- Tu allais le faire sans même prendre le temps d’analyser la situation. Tu …la détestes, je crois, précisa t-elle comme saisie d’une illumination.
- Syd, tu es choquée, je pense. Je ne la déteste pas. Je ne l’ai jamais vraiment rencontrée. Mais je ne lui fais pas confiance. Pas encore. On ne sait rien d’elle, elle a choisi de partir avec Sloane. Je veux en savoir plus avant.
- Non tu as eu des envies de meurtre.
- Qu’est-ce que tu sous-entends  ?
- Rien.
- Si ! tu as l’air de dire que je suis incapable de me contrôler et que je suis prêt à tuer n’importe qui.
- Non, pas n’importe qui et tu peux te contrôler mais tu as voulu sa mort. Je l’ai vu.
- Tu as peut être raison ! et alors ? Elle est un vrai danger pour toi et tu refuses de le voir. Ne tombe pas dans le piège de l’identité de votre sort ! oui vous êtes sœur et vous avez été victimes de vos parents . On vous a broyé, elle, peut être encore plus que toi. Tu sens pour la première fois quelqu’un qui peut te comprendre. Elle est plus ta sœur par ce qu’elle a vécu que parce que vous avez le sang de la même mère dans vos veines.
- Arrête ! je ne te demande pas d’essayer de me comprendre.

Sydney s’était levée avec rage. Ses cheveux volèrent derrière elle, dans son geste pour lui cacher son visage. Il avait touché un point sensible et il s’en voulut. Il ne voulait pas lui faire du mal. Depuis qu’il était revenu, il avait retrouvé ce plein d’émotions que seule Sydney lui apportait. Elle lui donnait tant et il aurait tellement voulu lui dire que c’était une bonne chose qu’elle renoue avec Nadia mais il ne pouvait pas. Parce qu’il ne le pensait pas et parce qu’il ressentait avec une acuité terrible qu’elle était en danger près de cette fille. Elle lui fit face le visage fermé.

- Je crois qu’on devrait éviter ce sujet. Tu n’es pas objectif avec elle et tu as peur d’elle.

Il souleva un sourcil interrogateur.

- Oui, jaloux. Parce que tu as peur que je noue des relations étroites avec quelqu’un d’autre que toi. Tu veux être mon ami, mon amant, mon tout et bien non !

Il ne répondit rien. Il n’était pas sûr qu’elle n’ait pas un peu raison mais il avait encore plus peur pour elle que toute autre chose. Il secoua la tête en signe de désapprobation et se détourna en lançant :

- Je crois qu’il est l’heure ? tu es prête ?

Elle ne répondit même pas. Il soupira en lui ouvrant la porte quelques minutes plus tard. Le retour serait silencieux et boudeur.




 Linoa
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 agent d information
  Posté le 29/11/2004 09:32:54
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C'était génial , merveilleux ... et blablabla et blablabla ... ! En fait , tu pourrais reprendre les mêmes compliments que je t'avais fait la dernière fois , mot pour mot , et tu saurais ce que je veux dire!    

Ah , j'oublais : je veux la suite!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!  

 Butterfly
 Modérateur
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 ...la machine il dire...
 Butterfly
  Posté le 29/11/2004 21:16:50
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Boudeur et silencieux... J'imagine très bien la scène (en fait toutes les scènes   ).


Vaughn et Syd qui recommencent à se disputer c'est sympa.  

Pauvre Syd (encore... ) qui ne sait plus ou donner de la tête, entre sa soeur, l'homme qu'elle aime et son père.


C'est toujours aussi bien. Bravo.

La sagesse, c'est d'avoir des rêves suffisament grands pour ne pas les perdre de vue lorsqu'on les poursuit - Le seul moyen de de se délivrer de la tentation, c'est d'y céder - Oscar Wilde
 ciline
 Messages postés : 20
 préparteur du café de Syd
 ciline
  Posté le 30/11/2004 18:13:48
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la suite , la suite, la suite .......!!!!!!
merci ça nous fait patienter et puis tu as de réel talent scénaristique ! Merci!

Ciline
 saralias
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 agent triple :)
 saralias
  Posté le 30/11/2004 21:53:37
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Woaw vraiment exellent ce chapitre, je suis pressée d'en savoir plus sur Nadia.

 

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 canette
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 canette
  Posté le 01/12/2004 11:20:47
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J'ai moins aimé ce chapitre même si c'est toujours aussi bien écrit!!!
Mais j'aime po quand syd et vaughn se prennent la tête!!!!!

Tite Canette

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