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| Auteur : | Sujet: fanfiction( fin saison 3 et spoilers saison 4) :traitres intimes | Bas |
| choup Messages postés : 2192 agent double ![]() |
......................(grosse tête attention!)....................... | |||
| "The male seahorse carries the children and gives them birth" ''it's better to burn out, than to fade away. Peace, love, empathy" kurt cobain |
| canette Messages postés : 2469 agent triple :) ![]() |
J'ai adoré!!!!! Tout est parfait, le style d'écriture, les entiments, l'histoire!!!!!! A quand le prochain chapitre? | |||
| Tite Canette http://aucoindufeu.hostonet.org/index.php |
| scg Messages postés : 3096 agent triple :) |
alors voici la nouvelle livraison et une situation qui se complique!! vais-je m'y retrouver moi même? lol Merci des commentaires en tous cas et merci de me lire! Chap 5 : Sydney rentra dans son appartement vide ce soir-là, lança sa veste sur une chaise et se servit un grand verre d’eau avant de s’écrouler dans un fauteuil. Elle hésitait à conclure sur le succès de son entreprise. Elle était prise de doute. Elle avait fait ce qu’elle devait pour Vaughn. Il avait payé durement la trahison de sa femme et en tant qu’agent il méritait autre chose ; en tant qu’homme, elle ne savait plus très bien si elle lui en voulait encore. Mais elle savait que rien n’était plus pareil. Elle soupira. Le ciel était à l’unisson de ses pensées, gris et houleux. Elle était toujours dans cet état de semi-dépression depuis son retour. Elle perdait une grande partie de son énergie à cacher cela à son entourage. Le micro-onde sonna la tirant de son apathie. Elle sortit une barquette fumante remplie d’un peu appétissant filet de poisson qui nageait dans une sauce de couleur suspecte. Elle fixa vaguement dégoûtée son repas du soir et le reposa sur le plan de travail. La sonnette de la porte la fit alors sursauter. C’était Weiss appuyé contre le chambranle de la porte. - Je peux entrer - Bien sûr, dit-elle en s’effaçant en essayant de dissimuler son désappointement, elle n’avait pas envie de parler avec quelqu’un. - Elle le conduisit jusqu’au divan du salon. Ils s’assirent face à face et Weiss, gêné la regarda : - Je ne sais pas si… mais il faut que je… Mike est mon meilleur ami et toi tu es… Oh, je n’en peux plus, il faut que je te parle ! - Elle sourit. Weiss était devant elle, la chemise ouverte laissant deviner son cou et les cheveux en bataille comme s’il avait fourragé dedans avec vigueur. Son regard gardait cette étincelle qu’elle voyait briller depuis sa rencontre avec Penny. - J’ai embrassé Penny, tout à l’heure ! - Mon dieu, Eric, je pense que tu en as le droit, plaisanta t-elle, tu n’as pas besoin de ma bénédiction ! - Non, mais je veux t’en parler parce que ça a été fantastique, mieux que ce que j’ai jamais connu - Waouh ! - Oui, je sais ! Et puis, je voulais te dire…je comprends maintenant ce que tu as vécu avec Vaughn. Je me demandais pourquoi il s’impliquait autant et pourquoi il ne te faisait pas confiance pour réussir tes missions mais c’est autre chose, je le vois bien maintenant, c’est insupportable de voir la femme que l’on aime prendre des risques. - Eric, tu connais cette fille depuis très peu de temps ! - Je sais mais je ne me trompe pas. Tu comprends ? dit-il en la regardant avec intensité. Oui, elle comprenait très bien, douloureusement bien. Elle essaya de dissimuler sa peine. Mais l’émotion la submergea. Le bonheur émouvant de Weiss associé à sa profonde tristesse avait eu raison d’elle. Elle fondit en larmes . Il émit un murmure navré et la prit maladroitement dans ses bras. Il ne dit rien et elle pleura un long moment en silence se vidant de la tension et des trahisons de tous, à sa solitude aussi. Quand elle se sentit mieux, elle se dégagea et dit : - Excuse-moi, je ne suis pas comme ça d’habitude mais c’est dur en ce moment. - Je sais. - Ca va mieux, maintenant. Elle souriait consciente qu’elle ne devait pas beaucoup donner l’illusion. Weiss la regardait sans rien dire puis il dit gravement : - Je sais que tu penses à Vaughn, je sais que tu n’as jamais réussi à l’oublier et que les évènements récents compliquent encore votre relation mais je ne parviens pas à vous imaginer l’un sans l’autre. Pour moi, vous avez toujours été un couple et quoiqu’il arrive, vous l’êtes restés. Quand vous n’étiez pas ensemble, vous vous cherchiez. Personne ne pouvait ignorer ce qui se passait entre vous, ça donnait une subtile tension dans l’air autour de vous alors je doute que vous vous laissiez arrêter par un obstacle quelconque. Sydney avait écouté avec une grande attention et les paroles de Weiss faillirent provoquer un nouveau flot de larmes. Intimement, elle sentait ce lien entre Vaughn et elle, c’est pour ça d’ailleurs qu’elle ne pouvait pas refaire sa vie. Il était toujours là, en elle. Mais, il faudrait encore combien de temps et d’énergie pour aller au delà de tout cela ? Elle sentait ses forces s’émousser sous les coups du destin parfois mais elle lutterait encore et encore, comme elle l’avait toujours fait. Elle se redressa , carrant les épaules dans une attitude inconsciente de défi et dit : - Je pense qu’il va sortir bientôt de prison. Tu iras le chercher ? Je ne crois pas qu’il faut que j’y aille. Weiss ouvrit la bouche dans une moue amusante révélant sa surprise puis un large sourire apparut sur son visage. - Je ne te demande pas quels moyens tu as utilisés mais bravo ! Bien sûr, j’irai si tu ne veux pas y aller ! Mais à mon avis, ce n’est pas moi qu’il veut voir. - Elle ne répondit pas. Elle ne voulait pas le retrouver alors qu’il était encore à peine sorti de prison dans un cadre hostile. Elle voulait choisir le moment de le rencontrer. Elle ferait le premier pas, c’était à elle de le faire parce qu’il s’interdirait d’agir. - Tu veux manger quelque chose ? lança -t-elle à Weiss - Pourquoi pas ? répondit-il en s’approchant du plat de poisson. Il recula en le voyant et lui lança un regard incrédule : - Rassure-moi, tu n’avaleras pas ce truc ? parce que moi, je n’y toucherai pas ! Je fais une suggestion, je t’emmène manger quelque part et on jette cette chose ? Elle éclata de rire et mit son bras sous le sien en guise de réponse. Elle se sentait beaucoup mieux, prête à se battre de nouveau. - Et tu me parleras de la délicieuse Penny ? - Oui, si tu es sage ! Le restaurant italien où la conduit Weiss était délicieux et Sydney se détendit vraiment. Il parla presque tout le temps révélant son attachement naissant pour Penny Fernandes avec une passion touchante. Il le fit sur le mode humoristique mais Syd savait bien qu’il était terriblement séduit d’ores et déjà ce qui ne manqua pas de l’étonner et de l’inquiéter. Elle se morigéna pour son scepticisme en constatant à quel point elle était aigrie pour voir le mal partout comme ça. Ils en étaient au dessert, un délicieux tiramisu dégoulinant d’amande et de crème quand leur bipper à tous deux retentirent révélant qu’il devait se rendre à la CIA immédiatement. Ils se levèrent de concert en souriant. Grafton les attendait dans la salle de réunion sanglée dans un charmant tailleur noir qui la mettait en valeur. Sydney la salua d’un bref mouvement de tête qu’elle ne lui rendit pas. La guerre était ouverte. Grafton se lança très vite dans la réunion semblant adepte de la rapidité agressive. - Excusez-moi pour cet appel intempestif mais la nouvelle que nous venons de recevoir est intéressante et va nous obliger à être réactif. Il faut se préparer à partir n’importe quand. Un de nos informateurs vient d’avoir des nouvelles de Sloane il y a quelques heures. Il est difficile de le localiser mais il a pris contact avec ses anciens contacts en Suisse. Sydney fronça les sourcils et jeta un coup d’œil qui arrivait en retard en marmonnant des excuses. - Je suis un peu étonnée. Sloane doit savoir que nous surveillons ses mouvements et il entre en contact avec des gens connus et les premiers que nous aurions soupçonnés ? Cela pourrait être un piège. - A moins qu’il ait besoin de quelque chose de façon urgente et qu’il n’ait pas le choix, suggéra Dixon. - Sloane, même pressé de toutes parts ne ferait pas une telle erreur, à moins qu’il veuille nous attirer là-bas. - Vous avez peut être raison, Mademoiselle Bristow dit avec effort Grafton mais nous ne pouvons négliger cette option et une équipe doit partir vérifier cela. J’avais pensé à vous Mademoiselle Bristow mais nous avons pensé que vous deviez rester en contact étroit avec Mademoiselle Fernandes. Donc, Weiss, vous partez dès maintenant avec Jack. - Sydney faillit éclater de rire en voyant l’air consterné de Weiss. Elle se demanda s’il était plus effrayé de faire équipe avec son père ou de laisser seule Penny. Elle comprit aussi que Grafton la tenait éloignée d’une affaire qu’elle jugeait intéressante . Elle faillit demander à partir mais dut reconnaître que ce serait uniquement pour contrarier Grafton parce qu’elle ne croyait pas cette histoire de retour de Sloane. Son père avait aussi un visage sinistre laissant voir sa déception. Lui aussi était sceptique mais il ne dit rien. La réunion fut levée rapidement. Sydney salua alors Weiss qui lui confia Penny pendant son absence qui ne devait pas excéder 24 heures. Elle lui promit de veiller sur elle comme sur la prunelle de ses yeux et l’embrassa sur la joue. Elle le regarda s’éloigner en se disant que Penny avait beaucoup de chance. Elle rentra chez elle de nouveau seule l’esprit ailleurs. Elle était plutôt détendue quand elle gara sa voiture devant chez elle. Elle avait l’esprit si peu vigilant qu’elle mit un temps assez long avant de remarquer que les rideaux de sa fenêtre étaient légèrement entrouverts alors qu’elle était sure de les avoir fermés. Elle fut immédiatement sur ses gardes et se mit à couvert mais sans précipitation. Elle voulait se protéger mais doutait qu’on veuille l’abattre . On ne serait pas entrer chez elle pour ça. Elle longea le mur aussi silencieusement que possible le cœur battant. Elle hésitait encore à appeler du secours. Elle ne voulait plus prendre de risque mais savait que toute perte de temps. Elle avait sorti son arme et la tenait à deux mains prête à tirer. Parvenue devant sa porte, elle poussa doucement le battant de la pointe du revolver et entra silencieusement. Tout semblait complètement silencieux et normal. Elle entra et s’accroupit derrière le divan essayant de localiser par tous ses sens l’intrus qui s’y trouvait. Elle entendit un très léger bruit qu’elle finit par identifier un souffle ténu qu’on essayait d’étouffer. Il y avait bien quelqu’un qui se dissimulait à peu de distance d’elle. Elle réussit à localiser aussi une ombre parfaitement immobile contre le mur très près de la fenêtre qui donnait sur la rue. Cela signifiait qu’on savait parfaitement qu’elle était là et qu’on l’avait laissé entrer pour une bonne raison. Elle sentit une sueur froide coulée dans son dos. Elle devait absolument surprendre son adversaire qui pourtant devait l’avoir repéré. Elle s’attendait à tout instant à entendre une explosion caractéristique mas rien ne se produisait et sa tension devenait insupportable. Elle s’affola soudain parce que l’ombre avait disparu. Elle allait tourner la tête quand elle sentit une arme contre sa tempe. Elle bloqua sa respiration attendant le tir mais rien ne vint. Elle s’étonnait du silence quand une voix qu’elle reconnut aussitôt dit : - Bonsoir, je m’excuse pour cette entrée digne d’un cambrioleur mais je ne pouvais pas attendre dehors ni espérer que tu ne me repères pas. Je vais baisser mon arme, tu sais qui je suis ? - Oui , Nadia, baisse cette arme. La gueule froide de l’arme se détacha lentement de la tempe de Sydney. Elle poussa un long soupir et se releva, les jambes flageolantes en cherchant un interrupteur sur le mur. La lumière jaillit les éblouissant toutes les deux. Nadia aussi farouche qu’un chat sauvage s’était reculé dans un coin sombre et le dos au mur regardait autour d’elle en clignant des yeux. Sydney hésitait entre colère et soulagement : - Ne fais plus jamais ça ! dit-elle d’une voix basse et furieuse. Aucune raison ne justifie que tu braques ton arme sur moi. - Je ne voulais pas te faire peur ! - Il ne s’agit pas de ça mais je pourrais te tuer en croyant avoir à faire à un ennemi. - Je sais quelles réactions un agent de ta qualité aura, je suis agent moi même. Mais je sais aussi comment maîtriser un bon agent. Sydney ne sut que répondre. Cette phrase lui rappelait à quel point les relations avec sa sœur étaient ambiguës et sur des bases fragiles. Elles s’assirent face à face dans le salon et se regardèrent en silence sans sourire. Sydney parla la première : - Je suppose que tu n’as pas fait tout ça pour rien ? parce que c’est une drôle de manière de venir visiter sa sœur ! - C’est vrai mais je suis partie dans de curieuses conditions aussi. - En effet, et je ne suis pas sûre que tu aies fait alors le bon choix. Les deux jeunes femmes se regardaient avec une pointe d’hostilité dans le regard. Elles se connaissaient bien peu et le choix de Nadia troublait Sydney. - Je suis désolée Sydney mais Arvin Sloane est mon père et je n’allais pas en plus demeurer prisonnière de la CIA sans rien faire. Je veux être libre , tu dois pouvoir le comprendre. Le ton était devenu vaguement interrogatif. Nadia semblait vouloir plaider sa cause. Sydney la comprenait trop bien mais elle ne voulait pas soutenir son départ avec Sloane alors elle ne répondit pas. Le regard de Nadia se fit moins implorant et une lueur de dureté le remplaça. Sydney frissonna. Un imperceptible malaise la saisit et elle se secoua pour se débarrasser d’une peur insidieuse. Nadia reprenait sur un ton plus léger : - Sloane m’a aidée en tous cas. Il me soutient encore. - Je sais qu’il t’a aidée, et je suppose qu’il est s’est arrangé pour que tu sois tranquille ici aujourd’hui ? - En effet, je crois qu’on le cherche ailleurs…sourit finement Nadia. - Et vous allez profiter de votre solitude pour poursuivre votre quête enfin, la sienne, Rambaldi ? - Peut être… - Alors pourquoi viens-tu me voir ? Nadia sourit de nouveau sans répondre. Sydney aurait voulu la connaître, savoir ce qu’elle avait été, ce qu’elle pensait mais elle sentait que Nadia n’était pas prête pas encore. Pourtant elle était là. Elle reprit : - Rien n’est possible sans toi dans cette affaire, Sydney. Je suis le passager et tu es l’Elue. Rambaldi avait besoin des deux faces d’une même entité. Nous nous complétons. Si nous trouvons Rambaldi, ce sera à deux. - Je ne comprends pas. - C’est normal, il est trop tôt mais je ne comprends pas tout encore moi même. - Cette affaire me hante depuis trop longtemps, elle menace de détruire ma vie depuis ma naissance. Je ne veux pas y participer. - Tu n’auras pas le choix, Sydney. Sydney regarda avec surprise cette jeune femme plus jeune qu’elle au lent sourire mystérieux qui l’observait avec des yeux qui semblaient avoir vu tant de siècles et tant de terres. Elle sentait qu’elle touchait au but, qu’elle allait comprendre cette énigme mais Nadia se détourna brusquement et dit : - Je ne vais pas rester longtemps parce que c’est dangereux mais j’aimerais te connaître mieux, vraiment. Sydney hésitait. Elle le souhaitait aussi mais ne voulait pas accorder sa confiance à une sœur née de la tromperie et de l’avidité. Se lier avec Nadia c’était aussi cautionner son départ et se taire, mentir à la CIA. Elle sut alors qu’elle le ferait. La CIA ne devait plus lui dicter ses faits et gestes. Elle sourit à Nadia et dit : - D’accord, je le veux aussi. - Alors je reviendrai, c’est moi qui te trouverai. Tu vis seule ici ? - Oui. Sydney se rendit compte qu’elle avait répondu avec une pointe de tristesse. - Tu vis seule temporairement c’est ça ? - Non, je vis seule. - Oui, je sais pour ton ami. Sloane me l’a dit mais il croit que vous ne pourrez pas séparer vos âmes. - Il a dit ça ? - Oui, mot pour mot. Sydney ne répondit pas, plus émue qu’elle ne l’aurait voulu. Nadia sans dire un mot de plus se leva et se dirigea vers la porte . Sydney dut la rattraper avant qu’elle ne franchisse le seuil. Elle se retourna alors et déposa un baiser sur sa joue. Sydney se sentit moins seule et pour la première fois se demanda si elle n’avait pas trouvé enfin une famille et une amie. |
| canette Messages postés : 2469 agent triple :) ![]() |
Formidable!!!! Génial!!!! Encore, encore!!!! | |||
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| Butterfly Modérateur Messages postés : 7194 ...la machine il dire... ![]() |
Oh Weiss amoureux de Penny ! Cool. Sydney va peut-être faire confiance à Nadia. (Syd et Julia ne vont pas trop apprécier même si c'est juste une fic). C'est très chouette. bravo. | |||
| La sagesse, c'est d'avoir des rêves suffisament grands pour ne pas les perdre de vue lorsqu'on les poursuit - Le seul moyen de de se délivrer de la tentation, c'est d'y céder - Oscar Wilde |
| scg Messages postés : 3096 agent triple :) |
et voici la suite...je suis lancée, je continue... alors voici une scène attendue donc difficile à écrire. A vous de juger... Chap 6 : Les événements s’accélèrent dès le lendemain. Les nouvelles arrivèrent de Suisse révélant que Sloane était passé mais n’avait pas résidé longtemps là. Sydney n’en fut pas étonnée. Weiss et son père devaient rentrer dans la journée. Quand Grafton la convoqua dans son bureau, elle crut que c’était pour cela et se rendit dans le bureau prête à encaisser les arguments de mauvaise foi de cette femme. Quand elle entra, elle perçut une véritable flot d’antipathie. Grafton la regardait sans dissimuler sa désapprobation. Sydney avait renoncé à comprendre d’où venait cette hostilité spontanée et réciproque. - Ah vous voilà ! je voulais vous dire que votre …coéquipier a été libéré il y a une heure et est probablement sur le point de prendre l’avion pour Dover. Son sort n’est pas réglé définitivement. Il reste sous le coup d’une enquête pour le meurtre de sa femme en service. Mais je pense que ce sera une formalité. Il faudra s’attendre à une sanction disciplinaire pour son attitude inqualifiable à l’hôpital, il a menacé plusieurs collègues. - Sydney ne répondit rien. Elle luttait pour cacher son émotion et elle se refusait à remercier Grafton. Celle-ci l’observait et pinça les lèvres quand elle comprit ce que signifiait le regard renfrogné de Sydney. - Je ne vous retiens pas pour le moment mais selon toute probabilité vous serez convoquée bientôt avec Penelope pour préparer sa mission. Nous envisageons d’aller plus loin, plus vite. Sydney entendit cette nouvelle mais eut le plus grand mal à l’intégrer. Elle avait l’esprit dans un avion au dessus du désert. Maintenant, elle devrait faire face elle même à Vaughn. Weiss n’était pas là et elle ne voulait pas qu’il se retrouve seul à son retour. Elle sortit rapidement du bureau sans un mot, poussée par le regard brûlant d’hostilité de Grafton. En quelques minutes, elle était au parking et roulait vers Dover. Elle y passa un long moment. L’avion de Vaughn fut retardé deux fois à cause de problèmes climatiques. Elle sentait la tension monter et craignait d’être appelée à tous moments. Enfin, elle vit le panneau, sur lequel elle avait le regard fixé, s’allumer pour annoncer que l’avion en provenance de San Antonio s’était posé. Elle se plaça à la sortie du hall des arrivées. Elle le verrait ainsi de toute façon. Elle avait préparé plusieurs discours de bienvenue dont aucun ne lui paraissait approprié . Elle avait plus ou moins décidé de laisser son instinct la guider. Les premiers voyageurs débarquèrent. Ils étaient pour la plupart des soldats portant encore leur uniforme. Une silhouette vêtue d’un jean délavé et d’un simple tee shirt se profila au milieu d’eux. C’était lui. Elle prit une longue aspiration et s’approcha lentement. Elle se planta devant lui l’obligeant à s’arrêter. Il ne la vit qu’à ce moment car il marchait la tête baissée. Elle vit la surprise et la joie éclairer son regard et puis cette flamme s’éteignit et elle retrouva ce regard morne qu’elle avait vu en prison : - Salut ! dit-elle - Salut ! Le silence embarrassé qui devenait une habitude entre eux flotta engluant son esprit. Elle avait l’impression d’être totalement stupide et restait muette en le regardant. Elle fit un effort considérable pour dire seulement : - On m’a prévenu de ta sortie et je voulais être près de toi… - J’aurais dû me douter que tu interviendrais , dit-il. Mais sa voix ne révélait aucune reconnaissance particulière. - Et bien, comme je te l’ai dit… - Merci, Sydney. Non, il n’allait pas partir ainsi. Déjà, il esquissait un mouvement pour la contourner. Elle le prit alors par le bras ignorant son raidissement et le retint. - Viens, je te conduis chez toi. - Non…enfin, pas chez moi… - Oui, je sais, on était d’accord avec Weiss…il te recueille pour quelques nuits… Il se laissa alors faire et quelques minutes plus tard, ils reprenaient la voiture. Le trajet s’effectua dans un silence de plomb particulièrement pénible pour Sydney. Ils avaient toujours beaucoup parlé et là rien ne passait, toute parole semblait devoir être pesée. Elle trouva sans peine la clé que Weiss dissimulait simplement sous un pot de fleur rempli de terre et de ce qui ressemblait vaguement à un hibiscus moribond. Elle essayait de trouver une entrée en matière plausible avant que rester en présence l’un de l’autre ne devienne insupportable. Vaughn lui facilita la tâche. Il reprit la parole poliment : - Merci, Sydney, je vais me débrouiller maintenant. - Ah non ! tu ne vas pas me laisser partir comme ça ? - Et bien… je ne voudrais pas… - Ne sois pas simplement poli avec moi, c’est insupportable ! on dirait que tu parles à une vieille tante ! Vaughn eut un sourire plein d’humour en la regardant de bas en haut. - J’ai plusieurs vieilles tantes mais aucune n’a ta…silhouette. Et puis je ne laisse jamais ma vieille tante conduire. Elle sourit aussi, sentant un poids se soulever en elle. - Je sais que c’est dur…la prison et tout le reste mais je suis là… j’ai toujours été là. Tu le sais ? Il hocha seulement la tête, le regard intense fixé sur elle. - Tu as toujours été là toi aussi pour moi. Malgré tout, malgré Lauren… Elle lui jeta un coup d’oeil furtif. Il était resté imperturbable quand elle avait prononcé le nom de Lauren. - Je ne veux pas que tu disparaisses de ma vie et que tu me rayes de la tienne. Je ne sais pas si nous retrouverons ce que nous avions avant, tout ce que nous avions avant… Elle eut de nouveau un regard en coin dans sa direction. Il restait silencieux mais il écoutait avec attention. - En tous cas, nous ne pouvons pas vivre dans la même ville et nous croiser au centre des opérations comme si nous ne nous connaissons pas. Je te dois la vie… - Tu as sauvé plusieurs fois la mienne. - C’est ce que je voulais dire, Vaughn. On se protège l’un l’autre. - Je n’ai pas réussi à te protéger tout le temps, dit-il avec difficulté. - Peut être…je ne sais pas…c’est ce que je pensais il y a un an mais maintenant, je ne sais plus. Je sais que ce n’est pas ma faute et pas la tienne, je crois. - J’aimerais pouvoir en dire autant. - Si tu me le permets, j’arriverai peut être à t’en convaincre. Il ne répondit pas mais hocha imperceptiblement la tête. Sydney lui sourit. - Je vais te laisser. Weiss m’a dit que tu connaissais son divan alors… - Oui, merci ça va il me casse le dos mais je le préfère à d’autre lit en ce moment. - Je comprends. Elle se détourna prête à sortir. Elle ne voulait pas susciter encore plus d’embarras en s’attardant. Vaughn n’esquissa d’ailleurs aucun geste pour la retenir. Elle s’arrêta cependant plongeant la main dans sa poche. Elle en ressortit un sachet en tissu souple. Vaughn le regarda vaguement étonné. Elle dit : - Tu sais ce que c’est ? - Non. - Cela t’appartient. Et je me suis dit que tu aimerais le retrouver à ton retour. Alors je te le donne. Elle lui tendit le sachet. Il s’en empara après un moment d’hésitation et l’ouvrit délicatement. Il renversa le sachet faisant tomber un objet au creux de sa paume. Il pâlit. - Je sais ce que tu penses. Je sais qu’elle avait commis l’irréparable erreur d’y… toucher. Et bien, je ne sais pas pourquoi, mais cette montre refuse obstinément d’indiquer autre chose que la même heure. Celle qu’elle a choisi un premier octobre. Elle ne fonctionne pas. Ou plutôt si… elle indique exactement la bonne heure, tu ne crois pas ? Il sourit largement en empochant la montre de son père. Sydney referma doucement la porte derrière elle le cœur battant. Elle souriait et elle pensa qu’elle avait enfin rétabli un peu d’ordre dans la vie de Vaughn et par conséquent dans la sienne. Pour la première fois depuis de longs mois et son retour d’Heidelberg, elle se sentit bien et combattive. Elle souhaita même que le travail les emporte de nouveau, elle et Vaughn comme avant. Grafton verrait ce que valait deux agents de talent qui se comprennent à demi-mot. Elle dut se calmer rapidement : Vaughn ne serait pas autorisé à reprendre le travail immédiatement Elle avait marché jusqu’à son appartement mais elle n’eut pas le temps d’y pénétrer. Son bipper lança quelques sons stridents et elle lut le numéro de Grafton. Elle avait déjà besoin de retourner au travail. Quand elle arriva au centre des opérations, elle sut immédiatement que quelques chose ne tournaient pas rond. Elle croisa plusieurs agents qui couraient et d’autres le regard fixé anxieusement sur les ordinateurs semblaient rechercher frénétiquement quelqu’un ou quelque chose. Elle accéléra le pas et tomba sur Weiss et Jack dans l’embrasure de la porte de la salle de réunion. Tous deux se concertaient. Weiss tourna vers elle un visage tiré par la fatigue et l’angoisse et lâcha : - Elle a disparu…Penny….nous ne savons pas où elle se trouve… |
| Butterfly Modérateur Messages postés : 7194 ...la machine il dire... ![]() |
C'est magnifiquement écrit. Les retrouvailles entre Syd et Vaughn sont vraiment difficiles mais je les attendais presque comme ça. Aie aie le prochain chapitre va être chaud avec la disparition de Penny. Pauvre Weiss, je n'aimerais pas être à sa place. --Message edité par Butterfly le 2004-11-02 22:22:45-- | |||
| La sagesse, c'est d'avoir des rêves suffisament grands pour ne pas les perdre de vue lorsqu'on les poursuit - Le seul moyen de de se délivrer de la tentation, c'est d'y céder - Oscar Wilde |
| leitmotiv Messages postés : 1415 agent double |
C'est toujours aussi génial, toujours aussi réaliste. et en plus tu écris merveilleusement. Que demander de plus? La suite, vite!! la scène entre syd et vaughn était parfaite, on sent tout ce qui les sépare, et tout ce qui les rapproche. et la fin... Tu peux pas laisser cette pauvre penny comme ça!! et weiss ?! bref, vite vite la suite!!! | |||
| Tu rêvais d'être libre et je te continue. Et par le pouvoir d'un mot Je recommence ma vie. Je suis né pour te connaitre Pour te nommer ; Liberté. -vive la country ; bimbo attitude ; vive le champagne fraise- |
| canette Messages postés : 2469 agent triple :) ![]() |
Tu vas pas la faire mourir quand meme?!!!! autrement rien à dire, c'est génial! très bien écrit!! | |||
| Tite Canette http://aucoindufeu.hostonet.org/index.php |
| juliathorne Messages postés : 3290 agent triple :) ![]() |
hé hé riche en émotion ce passage! bon je ne m'étends pas sur le sujet, tu sais déjà ce que je pense de ce que tu fais! mais pour résumer pour les autres : c'est absolument GENIAL!! | |||
| choup Messages postés : 2192 agent double ![]() |
merci de ton commmentaire julia!ça nous éclaire vivement!! ![]() | |||
| "The male seahorse carries the children and gives them birth" ''it's better to burn out, than to fade away. Peace, love, empathy" kurt cobain |
| scg Messages postés : 3096 agent triple :) |
et bien voici la suite des aventures de penny , sydney et les autres..; J'espère que ça vous plaira. Je ne suis pas très satisfaite du résultat obtenu mais je n'arrive à rien de mieux! Chap 7 : Sydney ne dit rien dans un premier temps. Elle ne comprenait pas ce qui avait pu ne pas fonctionner. Penelope n’était pas en mission et devait attendre chez elle. Weiss lui apporta une réponse : - Nous savons qu’elle a été jointe par Bourne directement et sans doute pour montrer sa capacité à improviser, elle a décidé de se rendre à un rendez-vous nous ne savons pas encore où. Elle a juste prévenu en partant de chez elle et le temps que l’on prévienne tout le monde, elle a disparu. Elle a pris sa voiture et a roulé en direction du nord. En même temps, il montrait le trajet sur une carte qui était sur un grand écran mural. - En fait, elle sembla avoir disparu entre cette banlieue de LA et cet échangeur autoroutier. Ce sont les caméras sur les feux qui nous le font penser. Elle est vue passant par là à 17h12 et puis plus rien. Personnellement, je pense qu’elle se rendait vers cet endroit…c’est à dire vers un aérodrome privé. Elle a peut être été emmenée en dehors du pays. - Mais pourquoi ? - Je ne sais pas, dit Weiss accablé. Sydney lui passa un bras réconfortant sur les épaules. Elle comprenait tellement ce qu’il devait endurer. Il marmonna : - Je ne sais pas ce qu’il m’a pris de tomber raide dingue comme ça d’une collègue, je savais pourtant quelle torture c’était. Je vous ai assez vu, toi et Vaughn. Il termina en grimaçant un sourire. Elle avait les larmes aux yeux. - Je sais, Eric, mais on ne choisit pas. Tu sais, il est rentré tout à l’heure, il est chez toi. - Déjà ? - Oui, mais je suis perdue maintenant. Il est très ébranlé par tout ça je crois et nous… enfin ça sera dur … Il ne répondit rien mais lui serra la main. Ils étaient encore très proches lorsque Grafton entra, suivie de Dixon et de Jack. Elle leur jeta un coup d’œil dégoûté et dit : - Charmant tableau mais quand vous aurez fini vos effusions , pensez à nous rejoindre, il y a du nouveau. Penny a été repérée par un agent de façon totalement imprévue. Elle est au Mexique. Syd et Jack, vous partez là-bas. Weiss , vous assurez la liaison ici. Selon toute probabilité, ils ont voulu la tester. Elle a certainement préféré partir et nous prévenir après. C’est une grosse erreur qu’elle peut payer de sa vie. Ce que nous allons faire c’est lui apporter du soutien et essayer de lui permettre de passer le test. Il est primordial de la joindre très vite. Il serait dramatique qu’elle disparaisse purement et simplement comme…Sydney. Celle-ci avait parfaitement compris l’allusion et avait pensé la même chose sans le dire. Elle ne laisserait pas Penny disparaître. Elle se leva regardant celui qui allait l’accompagner avec une certaine gêne. Elle repoussa l’envie de lui lancer une remarque désagréable. Il fallait mener cette mission à bien. Elle se leva et serra discrètement la main de Weiss. Elle allait rapidement se préparer et peut être prévenir Vaughn. Elle voulait qu’il sache où elle était. Une vieille habitude. Le départ eut lieu deux heures plus trad. Sydney et Jack étaient assis l’un à côté de l’autre dans l’avion plongés dans leurs dossiers respectifs. Grafton avait su que Bourne et Penny étaient à Cancun dans un hôtel de luxe de cette station balnéaire. Elle avait ajouté qu’on venait d’y repérer aussi Nadia. Depuis, Sydney lisait tout ce qu’on savait des lieux. Elle devait se déguiser alors que ce n’était pas prévu. Deux suites étaient réservées à l’hôtel Soledad pour elle et celui qui devait passer pour son patron. Il portait déjà tout son équipement et notamment le maquillage qui le rendait totalement chauve. Son apparition dans les locaux de la CIA avait arraché quelques gloussements vite réprimés devant la sévérité de son regard. Ils étaient un homme d’affaire et sa secrétaire en voyage professionnel. Sydney portait une perruque blonde platine et des lentilles bleues qui changeaient totalement son regard et son physique. Il ne fallait pas que des hommes du covenant l’identifient. Ils profiteraient de leur proximité pour savoir ce que faisait Penny et aussi Nadia. Sydney avait été particulièrement troublée par la présence de sa sœur au même endroit que des agents du Covenant. La mission consistait aussi à faire prisonnière Nadia si c’était possible. L’avion atterrit dans une chaleur de plomb. Sydney essaya de se détendre. Il fallait que sa perruque et son maquillage restent en place. Elle regarda son père qui se passait un mouchoir sur le bas du visage, il semblait avoir très chaud sous sa fausse calvitie. Ils se rendirent en taxi à l’hôtel splendide et accueillant dans un jardin tropical luxuriant et cerné de piscines de taille différente qui semblaient d’une délicieuse fraîcheur. La suite était aussi sympathique avec son carrelage frais et son balcon ouvragé qui donnait sur un patio sombre. On entendait le bruit de l’eau d’une fontaine. Sydney regretta soudain de ne pas pouvoir profiter de ce lieu idyllique. Elle devait tout de suite repérer la chambre de Penny. Elle descendit jusqu ‘à la réception où se trouvait une jeune fille brune et au teint mat. Sydney commença, en espagnol : - Mademoiselle, je suis dans la chambre 404 et je voudrais que quelqu’un monte tout de suite dans ma chambre, je suis allergique à la laine vierge et j’ai vu que le jeté de lit est en laine vierge. La jeune fille formée dans les meilleures écoles hôtelières battit des paupières pour dissimuler sa surprise puis s’inclina et demanda quelques secondes pour joindre sa supérieure et vérifier si cet hôtel avait autre chose que des jetés de lit en pure laine vierge. Elle s’éloigna pour téléphoner mais pas assez pour libérer son écran et permettre à Sydney de regarder. Celle-ci lui lança un regard froid pour accentuer la pression. Bientôt, une autre jeune femme apparut et une discussion s’éleva entre elles d’où il ressortait que les jetés de lit étaient dans une matière inconnue. Elles étaient absorbées et Sydney insensiblement manipula l’ordinateur. Elle fit défiler la liste des clients sans trouver de noms qui lui évoquaient quelque chose. Les deux femmes lui tournaient le dos mais à tout moment, elles pouvaient se revenir à tout moment. Elle essaya à toute vitesse de trouver un nom plausible dans cette liste qui semblait interminable. Les noms se succédaient : Arundel, Aubier, Baltassar, Bristow…Elle sursauta. Elle avait failli manquer cela ! Ils étaient descendus à l’hôtel sous le nom de Winslow. Ils avaient eu l’audace de mettre leur nom mais dans quel but ? pour les narguer ou pour qu’ils soient identifiés comme présents dans cet hôtel ? Elle n’avait pas le temps de répondre à toutes ces questions mais il faudrait y revenir. La chambre des Bristow était donc la 147. Elle repoussa l’ordinateur alors que la jeune femme revenait vers elle en souriant. Sydney écourta la réponse de l’hôtesse qui lui demandait de patienter parce qu’une femme de chambre allait monter dans sa chambre avec un jeté de lit en pur synthétique hypoallergénique. Elle la planta même sur place et elle sentit son regard éberlué qui la suivait alors qu’elle rejoignait les ascenseurs. Elle retrouva Jack dans leur suite. Il testait la communication avec le centre des opérations. Avec une sorte de soin maniaque, Grafton avait exigé de pouvoir les suivre à tout instant et une liaison satellite avait été établie. Sydney était furieuse. Elle détestait cette surveillance mesquine et savait que les satellites auraient à d’autres moments rendu de précieux services. Elle lui annonça sa découverte et immédiatement ils décidèrent de pénétrer dans la chambre. Jack avait un pass électronique qui allait déverrouiller sans problème la chambre mais il fallait vérifier qu’elle était vide. Il téléphona à l’accueil et demanda la chambre 147. Trente secondes plus tard, la même jeune femme annonçait que la chambre ne répondait pas. Sydney se leva d’un bond et quelques minutes plus tard, elle pénétrait seule dans la chambre, Jack surveillait les alentours discrètement. La suite était composée de plusieurs pièces et ressemblaient beaucoup à la leur, ce qui lui facilita la tâche mais elle fut très vite déçue. Les pièces étaient vides et parfaitement rangées et aucun objet ne traînait dans les placards ou les tiroirs. La chambre ne semblait pas avoir accueillie quiconque d’ailleurs. Elle fut assaillie par un sombre pressentiment. Ils avaient de nouveau été attirés dans un piège. Personne ne se trouvait là mais les deux agents étaient ailleurs. Elle sortit rapidement et informa Jack de ses conclusions. Ils retournèrent dans leur suite perplexes. Si la piste s’arrêtait là, ils étaient perdus et Penny aussi. Jack semblait particulièrement préoccupé : - C’est bizarre . Je pense qu’on veut nous égarer et je n’aime pas ça. Qui nous manipule et pourquoi ? Sydney le regarda sans répondre. Elle ne savait pas Vaughn tournait en rond dans l’appartement de Weiss depuis deux heures. Il avait gardé l’habitude de la prison et des espaces restreints. Il ne savait plus sortir ni vraiment profiter des objets autour de lui. Pourtant son incarcération avait été courte mais il l’avait très mal vécue. Non pas qu ‘il la trouve injuste ; la mort de Lauren lui revenait en images sanglantes bien trop souvent pour qu’il ne comprenne pas qu’il était coupable. Mais de quoi ? il cherchait mais n’arrivait pas à identifier d’où venait son malaise. Il n’arrivait pas à oublier, ni le corps froid de Lauren ni la haine qui avait commandé sa vie pendant plusieurs semaines. Elle lui faisait peur. Il avait l’impression d’avoir haï avec plus de force qu’il avait aimé. Il avait été mauvais au moins autant qu’elle. Elle l’avait entraîné dans son enfer et c’était irréversible. Il avait agi, il avait tué. Il soupira douloureusement. En prison, on ne lui avait jamais parlé de cela. On l’avait entouré de froideur et de silence. Il avait eu le temps de se juger avec au moins autant de sévérité que ses supérieurs. Il souhaitait presque une sanction lorsqu’il était sorti. Une condamnation qui lui ferait expier tout cela mais il se rendait compte que cela ne suffirait pas. Il faudrait du temps et beaucoup d‘amour. L’image de Syd s’imposa alors de façon naturelle comme toujours . C’est pour cela qu’il n’avait jamais pu employer ce mot avec quiconque depuis elle. Pour lui, l’amour c’était elle, c’était le fruit défendu aussi, ce à quoi il n’avait plus droit. La porte s’ouvrit avec fracas et Vaughn aperçut Weiss qui entrait en tourbillon dans la pièce amenant la vie et le désordre. Ils tombèrent dans les bras l’un de l’autre. Vaughn reconnut enfin la vie qu’il avait quitté il y a peu. Certaines choses demeuraient, l’amitié de Weiss était une d’elles. - Ah comme je suis content de te voir…dit Weiss. Il avait le visage fatigué. Vaughn pensa fugitivement qu’il revenait du centre des opérations et qu’il avait dû voir Syd mais il ne dit rien. - Moi aussi, se contenta t-il de répondre. - Tu as l’air… - Paumé ? fatigué ? nerveux ? désespéré ? Et bien, un peu de tout ça et quelques autres sentiments du même ordre… - Ouais, je vois… Un silence embarrassé suivit. - En tous cas, merci de m’accueillir chez toi parce que j’étais devenu sans domicile fixe. - Pas de problème. Tu sais que j’aime bien t’avoir chez moi, ça m’oblige à faire le ménage et à ranger. Ce qui n’est pas inutile. Le ton badin dissimulait la gravité de leurs pensées. Weiss poursuivit : - Tu as vu Sydney. - Oui. Elle te l’a dit ? - Rapidement. Et alors ? - Quoi, alors ? - Et bien, comment tu as vécu ça ? - Je ne sais pas… C’est difficile…C’est comme retrouver son foyer quand je la vois, je m’apaise et je sens que les choses deviennent simples mais maintenant je sais qu’elles ne le sont pas et que je ne peux pas me laisser aller. - Qu’est-ce que tu racontes ? Bon sang, je ne vous comprends pas tous les deux… Je voudrais que vous preniez conscience de tout ce que vous avez vécu. Vous êtes indissociables, inséparables. Même si vous le vouliez vous n’arriveriez pas à tout couper entre vous. C’est tellement évident. Alors à quoi ça sert de lutter ? - Tu ne comprends pas, je crois… - Mais si ! plus que tu ne crois… - Ah oui ? - Laisse tomber… Weiss s’éloigna le visage fermé. Vaughn le suivit des yeux et s’apprêtaient à lui poser une question quand il reprit : - Syd est en mission au Mexique avec son père . Vaughn sursauta. Les missions , le danger et lui qui n’était pas avec elle, relié à elle… - Une mission comment ? - Une mission. - Ah je vois ! je suis en dehors du coup maintenant. - C’est pas ça mais… - Laisse tomber ! on me préviendra peut être si quelque chose va mal. - Pourquoi tu dis cela ?demanda Weiss visiblement alarmé. - Je ne sais pas. Mais pourquoi tu t’inquiètes toi ? - C’est bon, je te dis ce que je sais. Voilà Syd est en mission à Cancun pour récupérer une nouvelle fille agent qui travaille avec nous et qui a disparu. - Dangereux ? - Je ne pense pas. De toute façon, si il y a la moindre chose, on me prévient alors pas de problème… - L’agent, Penny Fernandes est partie avec un agent du Covenant, un dénommé Bourne… - Quel nom tu as donné ? - Bourne. Pourquoi tu le connais ? - Pas vraiment. Mais j’ai eu des infos sur lui quand j’enquêtais sur le Covenant après la mort supposée de Syd. Il était très impliqué dans l’histoire de la prophétie. Il avait beaucoup travaillé pour trouver Nadia. Enfin, j’ai compris ça bien après. C’est leur spécialiste de Rambaldi. - Comment se fait-il que la CIA ne le sache pas ? - Et bien ils le savent , j’ai fait un rapport à l’époque. Weiss fronça les sourcils et marmonna : - Grafton serait au courant alors… - Qui ? - Grafton, la nouvelle chef de la section. Tu la connais ? - Non mais je ne savais pas… - Et oui, ils ont trouvé cette femme et Syd ne s’entend pas très bien avec elle… - Pourquoi ? - Je ne sais pas en fait. Une tension règne entre elles et pour tout te dire je doute que cela marche longtemps. Les missions s’en ressentent déjà. Vaughn se leva et se passa la main sur le visage avec nervosité. Quand il se tourna vers Weiss son front était plissé par l’inquiétude. - Et tu laisses les choses dans cette situation ? Elle est en mission avec son père avec une chef hostile. Tu me dis que ça va mal et vous laissez tous faire. Pourquoi ? - Et bien, c’est compliqué… - Mais quelque chose cloche là-dedans. Syd sait-elle pour Bourne ? elle l’a rencontré ? parce que l’élue il sait très bien qui c’est… - Eh ! calme-toi ! comme tu l’as dit, tu es en dehors du coup et il y a sûrement une explication. Sydney est une grande fille et elle peut improviser si il y a un problème. En plus, Grafton est celle qui t’a fait relâcher, alors tu lui dois un peu de reconnaissance ! - Comment…mais… - C’est Sydney qui a fait pression sur elle… Vaughn s’éloignait en secouant la tête. Il haussa les épaules en signe d’impuissance. Sydney était debout devant la fenêtre et contemplait le patio ombragé et calme. Elle avait rarement le temps en mission de regarder autour d’elle mais ce havre de paix l’attirait et elle avait du mal à se concentrer sur sa tâche qui consistait à identifier ce qu’ils faisaient là. A ce moment, on frappa à la porte et jack n’eut même pas le temps de faire un geste avant que le battant ne s’ouvre. Quelqu’un avait visiblement la carte magnétique pour ouvrir leur porte. Jason Bourne passa rapidement la porte et la referma derrière lui. Il tenait une arme à la main et souriait. Sydney faisait le geste de reculer jusqu’à la terrasse quand il l’interrompit en lui disant : - Sydney, ne bougez pas ! et vous non plus, Jack ! Je suis très efficace avec une arme . Nous allons discuter c’est tout. Asseyez-vous gentiment. Sydney s’exécuta en observant avec attention son interlocuteur qui se tenait fermement face à eux. Il était vraiment superbe. Ses yeux étaient d’un bleu extraordinaire qu’elle n’avait jamais vu auparavant, presque turquoise. Il était visiblement conscient de ses atouts et toute sa personne inspirait la force et une subtile violence soigneusement contrôlée. Il leur lança deux paires de menottes leur enjoignant d’un geste des les fixer à leurs poignets. Sydney sentit que comme elle son père cherchaient à gagner du temps mais ils n’avaient pas le choix et s’exécutèrent. Une fois entravés, Bourne les toisa et lança : - Je vous retrouve enfin , Sydney. Vous êtes une pièce maîtresse dans le jeu et le Covenant a commis l’erreur de vous laisser partir. Sydney dissimula soigneusement son étonnement. Elle n’était pas sure de comprendre ce que voulait dire Bourne. - Et vous voici enfin alors que je suis sur le point d’avoir votre sœur sous la main. Nous n’avons jamais réussi cela. Sydney ne put cette fois s’empêcher de sursauter. Que faisait Nadia ici ? Jack , le regard glacial fixait Bourne sans rien dire. Il évaluait la situation. Bourne saisit son regard et lui lança : - Je sais à quel point vous êtes dangereux, cher Jack et je pense que je vais me débarrasser de vous. Définitivement. J’ai ici une personne qui a besoin de se faire un peu aux mœurs de notre monde. Vous la connaissez peut être c’est une collègue. Nous allons changer de suite. La vôtre est charmante mais vous goûterez le charme de la mienne. Il les fit lever du même geste impérieux qui le caractérisait et ouvrit la porte. En quelques pas, ils étaient devant la porte voisine de la leur. Ils avaient d’une grande naïveté et Bourne n’avait eu à attendre que leur arrivée avant de changer de chambre et se trouver près d’eux. Il ouvrit la porte et se trouvèrent face à Penelope assise dans un fauteuil. Elle semblait calme mais ses yeux s’agrandirent imperceptiblement en voyant entrer Jack et Sydney. Elle se leva et dit : - Mais Jason, qui sont… - Tu les connais. - Mais oui, mais je dois retourner à la CIA et … - Mais pas eux ! ne crains rien ! Le silence suivit cette déclaration chacun appréciant ce que cela allait impliquer. Vaughn et Weiss mangèrent ensemble en picorant dans le réfrigérateur de Weiss qui était particulièrement révélateur des mauvaises habitudes alimentaires de son propriétaire. Vaughn n’avait pas faim et grignotait, absorbé par ses pensées. Quant à Weiss, il consultait sans cesse son bipper en marmonnant. Vaughn agacé finit par lancer : - Arrête de t’agiter, tu me stresses ! tu attends des nouvelles de Syd ? il y a un risque réel ? - Je ne sais pas. C’est de ta faute. Je n’arrête pas de me demander ce qui cloche dans cette mission. C’est apparemment simple mais je ne comprends pas pourquoi Bourne ne nous a pas été présenté en totalité. Weiss se leva et finit par dire avec agacement : - Bon…Je te raconte tout. Il se lança dans une descrption de ses sentiments tout nouveaux pour Penny et l’inquiétude qui le tenaillait depuis sa disparition. Il parlait avec une telle passion dans la voix que Vaughn en fut ému. Il avait pourtant presque envie de la plaindre. Il savait que les problèmes commençaient pour Weiss. Ils étaient si absorbés par leur conversation qu’ils sursautèrent tous les deux quand le bipper de Weiss se mit à lancer ce son strident qui écorchait les nerfs. Weiss eut à peine le temps de jeter un coup d’œil avant que l’appareil ne lance une bordée de miaulements. Plusieurs personnes cherchaient à le joindre en même temps. Il s’agissait d’une alerte générale. Il était pâle, le visage creusé quand il regarda Vaughn. Celui-ci était déjà debout et faisait le geste de se diriger vers la porte quand Weiss s’écria : - Mais…tu vas où comme ça ? - Je pars avec toi. - Mais c’est impossible. Tu es en congé pour le moment et tant que cette affaire ne sera pas tirée au clair… - Weiss, tu perds ton temps, notre temps. Je viens avec toi et rien ni personne ne me fera changer d’avis. Weiss le regarda et souffla : - Ne complique pas les choses. - Elles le sont déjà, Eric. Il est trop tard. Je ne peux pas rester là. Si…Sydney a un problème et que je ne sais pas ce qui s’est passé…Eric, je ne pourrai plus jamais attendre que Sydney revienne de mission avec patience surtout si je sais que quelque chose ne va pas. Weiss ne dit plus rien. Il ouvrit la porte et ils filèrent tous deux dans la nuit tombante au devant de nouvelles qu’ils devinaient mauvaises. |
| canette Messages postés : 2469 agent triple :) ![]() |
Toujours aussi bien! | |||
| Tite Canette http://aucoindufeu.hostonet.org/index.php |
| Butterfly Modérateur Messages postés : 7194 ...la machine il dire... ![]() |
Cette fic est pleine de tension avec cette mission (qui est en train de tourner au vinaigre). Le désarroi de Weiss se ressent bien à travers les lignes. C'est chouette. | |||
| La sagesse, c'est d'avoir des rêves suffisament grands pour ne pas les perdre de vue lorsqu'on les poursuit - Le seul moyen de de se délivrer de la tentation, c'est d'y céder - Oscar Wilde |
| baykee Messages postés : 447 agent d information ![]() |
Pauvre Weiss!!!! on sent vraiment son désespoir!! en tout cas Bravo | |||
C'est un jour parfait, ni bon ni mauvais, Juste un jour parfait !!! |
| saralias Messages postés : 2355 agent triple :) |
Woaw ! Magnifique, le retour de Vaughn, Weiss amoureux de Penny, j'aime beaucoup ta fic, ça aide beaucoup à faire patienter en attendant la saison 4 | |||
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| scg Messages postés : 3096 agent triple :) |
Livraison du petit chapitre nouveau...enfin petit c'est vite dit lol! bon alors fin de la mission précédente avant le chap shippeur (il en faut bien un!). J'espère que ça vous plaira et merci de me lire ça fait palisir et merci aussi à ceux qui laissent des messages c'est souvent outrageusement flatteur mais je ne déteste pas! Chap 8 : Sydney était étendue sue le sol dans le noir complet dans un espace qu’elle devinait confiné. Il faisait chaud et elle avait même de la peine à respirer. Pendant quelques secondes elle ne se rappela rien de ce qui était arrivé. Elle dut faire appel à tout son calme afin de ne pas paniquer. Elle retrouvait l’exacte sensation de son réveil à Hong Kong : celle d’être totalement perdue dans un monde hostile. Ce fut heureusement très court. Très vite, elle se rappela la scène dans la chambre de Bourne et l’arrivée de Penny. Elle avait tiré sur Jack sans sourciller. Sydney sentit une vague d’inquiétude l’envahir. Elle avait vu la poitrine de son père s’étoiler de rouge. Elle frissonna d’angoisse. Non… pas comme ça, il ne devait pas disparaître comme ça de sa vie. Elle revoyait avec précision le côté droit devenir sanglant. Cela avait-il suffi à protéger le cœur ? Maintenant, elle gisait dans ce qui semblait être une véritable tombe. Une angoisse venue de l’enfance remonta et elle se souvint de cette baby-sitter qui la gardait lors des nombreuses absences de Jack et qui n’avait pas trouvé meilleure solution pour la punir que de l’enfermer dans le placard sous l’escalier. Elle luttait alors de toutes ses forces pour ne pas pleurer ni supplier qu’on lui ouvre. La baby sitter perdait ainsi une partie de la satisfaction de la punition infligée. Elle s’évertua dons au calme et essaya de trouver une position confortable avant d’explorer sa prison. Elle sentit rapidement les limites d’une trappe totalement étanche au dessus d’elle. Elle ne se rappelait pas avoir été assommée ni des circonstances de sa capture. Mais ses mains étaient libres. Combien de temps s’était écoulé ? Elle avait peu de faiblesse mais lors de ses évaluations au sd6 on avait détecté une légère claustrophobie ce qui signifiait qu’elle perdait 35% de ses capacités dans un milieu clos au bout de quinze minutes. Elle se souvenait parfaitement le commentaire de son instructeur de l’époque : vous êtes la seule à savoir ça et c’est déjà beaucoup. Qui savait cela maintenant ? qui avait la connaissance de cette faille dans cette armure ? Elle s’efforça à respirer avec régularité mais la sueur coulait déjà sur son front et brûlait ses yeux. Weiss jetait des coups d’œil furtifs à Vaughn assis à côté de lui. Il avait le visage fermé et dur. La rencontre avec Grafton avait été explosive. La Chef avait failli avoir une attaque quand elle avait vu débarquer Vaughn avec lui. Elle avait bafouillé qu’il n’avait rien à faire auprès d’eux et que s’il ne disparaissait pas tout de suite elle le renvoyait à San Antonio. Weiss avait vu alors son ami se pencher sur le bureau de Grafton et approché son visage du sien en sifflant entre ses lèvres qu’elle change de ton tout de suite. Grafton avait reculé. Weiss en était encore étonné. Vaughn avait changé Il était plus dur, plus tendu, plus dangereux. Grafton avait ensuite repris ses menaces mais le rapport de force était inversé et en quelques minutes d’un échange fiévreux et crispé, Grafton avait du reconnaître que la situation était grave et qu’elle avait besoin de tout le monde. Ils avaient appris avec une angoisse grandissante qu’on avait retrouvé le corps blessé de Jack dans un patio de l’hôtel de Cancun .Personne ne savait quelle était la gravité de son état. Il devait être rapatrié. Mais Penny demeurait introuvable et Sydney aussi. Personne n’avait vu Bourne non plus. Ils semblaient s’être volatilisés. Le silence s’était fait pesant autour de la table de réunion. La porte était entrouverte et Carry avait avancé le bout de son nez dans l’entrebaillement. Elle avait poussé devant elle le fauteuil dans lequel souriait courageusement Marshall. Il avait été contacté par l’agence peu de temps auparavant pour des détails techniques et avait voulu venir malgré sa faiblesse. Il sortait à peine de l’hôpital. Il paraissait si heureux que tout le monde en avait été ému. Vaughn avait hésité à le regarder. Le voir dans ce fauteuil lui faisait honte. C’est lui qui avait laissé entrer le ver dans le fruit et Marshall en avait souffert. Il savait déjà tout. Il avait roulé jusqu’à Vaughn qui ne savait comment lui faire part de son sentiment de responsabilité mais il l’avait mis très vite à l’aise par quelques mots simples qui lui disait la joie de se revoir. Vaughn avait apprécié cet ami précieux que rien n’ébranlait dans sa fidélité et sa confiance. Il était sur le point de s’éloigner de lui quand Marshall l’avait retenu en lui disant sur le ton de la confidence qu’il allait l’aider à retrouver Sydney. Vaughn avait haussé les sourcils se demandant comment le petit bonhomme allait faire pour l’aider dans son fauteuil. Mais Marshall comme d’habitude avait raison ; il lui avait montré un très joli bijou vert émeraude qui ressemblait à un pendentif parfaitement rond et plutôt petit. Il lui avaita lors expliqué en évitant son regard que c’était une de ses inventions « primitives « comme il disait. Une petite chose qu’il avait bricolé en deux heures à peine et il y avait plus de deux ans. Il s’agissait d’un simple émetteur muni d’une puce très petite qui lançait des signaux et permettait de localiser la présence de la personne qui le portait sur une fréquence particulière. Il avait poursuivi en disant qu’il avait fait ça en pensant à Sydney et lui, Vaughn après la disparition de Sydney. Vaughn avait eu du mal à cacher son émoi devant cette gentillesse. Mais il avait été très intéressé par la suite quand Marshall avait ajouté que Sydney avait le même et qu’elle avait juré de le porter sur elle tous les jours. Marshall lui avait donné il y avait quelques mais avait conservé l’autre. Il avait précisé avec gêne qu’il ne voulait pas que Vaughn et Sydney ait un bijou de ce genre identique. L’image de Lauren avait alors flotté entre eux et Vaughn avait éprouvé l’habituelle rancœur glacée et aigre qui le saisissait quand il pensait à ce qu’elle lui avait fait. Cependant le petit objet que portait Sydney était muet. Marshall en concluait qu’elle devait l’avoir avec elle parce que si il était resté à Los Angeles il émettrait forcément. Il avait ajouté, mortifié par cet aveu, que la puce était minable et n’avait qu’un périmètre restreint d’action. Il n’en restait pas moins pour Vaughn que c’était un outil précieux et qu’il l’encourageait. Il était inquiet, pas fou d’angoisse mais inquiet. C’est cela qu’il supportait le moins et qui l’avait amené à considérer une liaison avec Lauren comme acceptable. Il ne pouvait plus vivre avec la peur de perdre Sydney. Mais là, dans l’action, il sentait à quel point avoir été éloigné de ce milieu lui avait coûté et combien il préférait cela à ne pas savoir ce qui se passait. Maintenant, il était près de Weiss, dans cet avion qui allait se poser à Cancun , plus seul qu’il n’y paraissait. Grafton avait accepté avec un sourire mauvais qu’il parte avec les autres mais elle lui avait interdit de se servir d’une arme de la CIA et de se réclamer de cette mission. Si Vaughn affirmait avoir reçu des ordres d’elle, elle le nierait. Il savait qu’elle le ferait. Il pensait même avec cynisme que Grafton devait espérer qu’il meurt là-bas et que Sydney disparaisse aussi. Elle poursuivait visiblement un but proche de celui-là. Mais il n’avait pas l’intention de mourir, pas sans lutter en tous cas. Sydney respirait avec difficulté. Le plan entrepris était diabolique. On ne voulait pas sa mort mais on voulait qu’elle souffre et qu’elle soit éprouvée psychologiquement. Elle avait fini par comprendre cela après ce qui lui semblait plusieurs heures de lutte et de recherche épuisantes d’une issue. Elle avait soif et depuis une autre série d’heures essayaient de gérer son malaise physique. A un moment , la porte s’ouvrirait et il faudrait lutter. Elle évacuait aussi toutes les questions pénibles auxquelles elle ne pouvait apporter de réponse elle-même comme l’état de son père. Elle essayait de prendre de longues coulées d’air sans forcer pour autant. Bourne était malin ; il essayait autre chose que la force avec elle. Il s’était renseigné et appliquait des méthodes qui relevaient de la torture psychologique. Ce qui l’inquiétait le plus c’est la connaissance visiblement très précise de son dossier. Mais le covenant l’avait eu à disposition pendant deux ans. Ils avaient eu le temps de savoir tout cela. Elle se dit pour la énième fois que cette détention n’avait pas fini de lui jouer des tours. Elle entendit soudain du bruit au dessus d’elle. Il s’agissait de pas lourds et lents. Elle sentit une sueur glacée coulée dans son dos . Elle banda ses muscles essayant de se tenir prête à toute éventualité. Vaughn et Weiss se dirigeaient vers une planque de la CIA qui devait leur servir de QG. L’endroit était sordide et sombre. Mais aucun des deux ne fit attention à ce genre de détail. Weiss établit aussitôt le contact avec LA. La voix de Grafton grinça bientôt autour d’eux. Elle annonça : - Je peux vous dire que Jack est ici. Il est gravement blessé mais apparemment il va s’en sortir. Le ton ne révélait aucune joie particulière et Weiss grimaça vers Vaughn. Ils pensaient tous les deux la même chose. - Vous allez entrer en contact avec un de nos agents sur place mais les nouvelles sont minces. Ou plutôt inexistantes. Pas de traces des agents. Cependant, des mouvements ont été remarqués ici chez des agents du Covenant. Il semblerait qu’ils attendent une arrivée prochaine d’un avion venant du Mexique. Elles sont donc probablement là bas. Nos agents sur place vont vous guider dans les lieux susceptibles de les accueillir. Je vous mets en relation avec un d’entre eux… Vaughn s’était éloigné et presque subrepticement sortait l’étui dans lequel il avait glissé le bijou avec la puce. Il avait vérifié à plusieurs reprises que celui de Sydney n’émettait pas mais il n’y en avait aucune trace. Il essayait de chercher le raisonnement de Bourne. Celui-ci avait eu un temps plutôt court pour se disparaître. Les moyens aériens avaient vérifié et aucun avion ou hélicoptère n’avaient décollé avec les personnes recherchées à leur bord. Il écoutait Weiss qui communiquait avec un autre agent et qui acceptait la liste des planques d’un certain Diego Balboa en relation directe avec le covenant depuis des mois. Elles étaient si nombreuses qu’il eut un moment de découragement. Ils n’avaient pas le temps de faire tout cela même avec une équipe de renfort. Il s’approcha et consulta assez machinalement les adresses des planques et constata que le site internet repérait l’une d’elle par sa proximité avec l’hôtel Soledad. Son cœur fit un bond ; il ne pouvait s’agir de coïncidence. Il leva les yeux vers Weiss. Il n’eut pas besoin de dire quoi que ce soit, celui-ci expédiait rapidement l’agent et se jaillissait de son siège en prenant sa veste au passage. La trappe sur laquelle elle s’était acharnée pendant si longtemps coulissa impeccablement et silencieusement révélant un plafond bleu ciel superbe extraordinairement lumineux. Plongée dans le noir si longtemps, Sydney ne put s’empêcher de fermer les yeux totalement éblouie. Elle balança tout de même bras et jambes en même temps dans un geste plutôt disgracieux mais qui se révéla efficace puisque son adversaire poussa un gémissement étouffé avant de basculer dans un bruit de chaises renversées. Sydney aurait bien continué à avancer mais ses jambes étaient ankylosées et elle avait le plus grand mal à tenir debout. Elle demeura ainsi à moitié agenouillé et les yeux clignotants essayant de distinguer celui ou celle qui venait d’ouvrir la trappe. Elle finit pas apercevoir une silhouette sombre qui se relavait lestement d’un amas de chaises et qui s’approchaient. Elle reprit aussitôt une attitude défensive mais elle mesurait combien ses chances de résister dans sa situation. Elle allait frapper au hasard quand ses yeux lui permirent enfin de distinguer son adversaire et elle identifia alors Penny . Vaughn et Weiss étaient déjà au pied du bâtiment de style colonial qui abritait l’hôtel. Ils cherchaient des yeux la planque de Balboa quand Vaughn entendit un signal discret provenant de l’appareil de réception prêté par Marshall. Il le sortit rapidement de sa poche ne comprenant pas pourquoi ce signal se faisait enfin entendre alors qu’ils étaient à la même place depuis au moins cinq minutes. En tous cas il permettait de conclure à la présence de Sydney dans le quartier. Ils se dirigèrent vers la planque que Weiss venait d’identifier mais le signal s’éteignit alois qu’il tournait dans une ruelle étroite et ombreuse. Ils firent volte face et le signal reprit. Perplexes, ils hésitaient sur la conduite à tenir. Le quartier était populeux et les maisons anciennes et enchevêtrées. Ils allaient mettre un temps fou. Il fallait réfléchir. Sydney se déplaçait elle ? Sydney faisait face à une Penny au regard morne. Celle-ci reprit un peu d’énergie pour lui dire : - Vite, il faut sortir, il va bientôt se réveiller ! - Qui ? Bourne ? qu’est qui se passe Penny ? Sydney conservait une méfiance par rapport à la jeune femme qui avait tiré sur son père quelques temps plus tôt. Celle-ci sembla comprendre et son regard déjà triste s’assombrit encore. - Je suis désolée pour Jack. Vraiment désolée…je n’avais pas le choix.. - Je sais mais… - Je vois à quoi tu penses mais tu peux me faire confiance. L’hésitation de Sydney ne dura que quelques secondes. Il fallait sortir de là . Elle aviserait plus tard ce que valait la sincérité de Penny mais pour le moment elle avait besoin d’elle. Elle lui demanda juste : - Qu’est-ce que tu as fait de Bourne ? tu l’as assommé ? tu as fait quoi ? Elle ne regardait pas Penny à ce moment. Elle regardait dans ce qui était une sorte de chambre en travaux et elle comprit qu’elle était dans une partie de l’hôtel. Elle en eut la confirmation en regardant par une fenêtre. Penny gardait le silence et elle se tourna vers elle. Celle-ci la regardait les yeux embués de larmes. Sydney comprit lentement pourquoi et gémit intérieurement. Penny avait visiblement été trop loin. Même si elle se considérait comme responsable de la situation elle n’avait pas à s’impliquer physiquement dans une mission, pas comme ça. Elle ne tiendrait pas. Penny dit juste en tentant de faire un peu d’humour : - Il est très classique. Il dort…après. Et puis je l’ai attaché ; il ne donnera pas l’alerte tout de suite Sydney la regardé tentant de dissimuler sa peine. Penny n’avait pas besoin de sa pitié. Elle reprit la situation en mains et dit : - On file Penny ! - Il ‘y a pas de garde devant la porte, je l’ai lancé à la recherche de son patron...à l’extérieur. Sydney se promit de protéger davantage Penny à l’avenir et elle ouvrit la porte. Un simple coup d’œil suffit à la rassurer et elle avança suivie de Penny dans le couloir. C’est le moment que choisit le garde pour apparaître au bout du couloir accompagné de plusieurs des molosses de Bourne. Il avait dû reprendre conscience et donné l’alerte. Sydney choisit le premier des gardes et l’envoya rapidement au tapis. Du coin de l’œil elle surveillait penny qui très souple, lançait la jambe bien haut et frappait avec régularité tous les gardes à sa portée. Le combat fut bref mais violent mais aucun des gardes n’eut le temps de se servir de son arme. Elle s’éloignèrent en courant se dirigeant vers la sortie. Elles passaient la porte quand Penny cria : - Eric ! Sydney reçut en rafale les informations que lui livraient ses yeux : Weiss qui s’épanouissait et courait vers Penny, les passants stupéfaits et amusés qui observaient la scène, la voiture de Weiss d’où sortait un autre passager, plus en retrait et plus nonchalant. Vaughn. Elle n’eut pas le temps d’analyser le flot d’émotions qui l’envahissaient ni de trouver une explication de sa présence sur place. Il approchait rapidement de Weiss qui enlaçait Penny et lui intimait l’ordre de monter dans la voiture. Il la prit ensuite par le bras et il la poussa dans la voiture où elle bascula. Il démarra lui même et les éloigna rapidement du lieu . Quelques minutes plus tard ils cachaient la voiture dans le garage de la planque de la CIA et entraient à l’abri. Ils passèrent un long moment à faire le point sur cette mission qui avait été un piège plus qu’autre chose. La mauvaise nouvelle était que Sydney était de nouveau recherchée par le Covenant qui avait de nouveau besoin d’elle dans le cadre des expériences sur Rambaldi. Visiblement ce que pouvaient apporter Nadia et Sloane ne suffisaient pas. Bourne avait dit qu’il avait besoin des deux jeunes femmes mais pour quoi faire ? Le second problème était le jeu dangereux mené par Grafton qui visiblement recherchait un but particulier dont elle ne leur avait pas fait part plongeant la cellule entière dans le danger. Enfin, Penny sema le trouble en ajoutant qu’elle avait vu Nadia et Bourne discuter tranquillement. Elle ne semblait pas spécialement contrainte. Sydney refusa cependant d’en conclure quoi que ce soit. Vaughn lui jeta un coup d’œil de côté qui en disait long sur son scepticisme sur Nadia mais Sydney lui rendit un regard furibond. Ils se toisaient encore comme deux coqs en colère quand Weiss rentra en communication avec Grafton : - Bonsoir à tous, dit-elle, dans le haut parleur. Sa voix déformée par l’appareil était vaguement ridicule si l’on pensait au sérieux du personnage. Je suis heureuse que tout le monde soit en bonne santé. Ces quelques mots provoquèrent un échange de regards sceptiques. - Tout d’abord, les nouvelles de Jack sont rassurantes. Il est très fatigué mais il est solide. Je propose donc que Penny , Weiss et Vaughn rentriez à LA. Syd, vous allez rester sur place le temps qu’on repère Bourne. L’équipe qui est arrivée sur place après votre départ n’a rien trouvé bien sûr. Tout avait été nettoyé : ni Bourne, ni garde. Juste la chambre isolée dans laquelle Sydney a été détenue. Tout laisse à penser qu’il avait une structure mexicaine élaborée avec de nombreux hommes. Vous serez sur place et on vous envoie du renfort. Les ordres ne souffraient aucune contradiction mais à la surprise générale, Vaughn secoua la tête négativement, se leva et alla prendre le casque micro de Weiss : - Madame Grafton ? - Oui ? - Il n’y a pas d’agent Vaughn ici, vous le savez ? - … - L’agent Vaughn ne peut pas être ici, il n’est plus membre de cette agence au moins temporairement, expliqua t-il lentement comme |