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Forum Alias par fil2001 Administrateurs :fil2001
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forum Index du forum forumFanfic forumfanfiction: Enfances volées, destins partagés.(spoilers saison 3)!!

Auteur : Sujet: fanfiction: Enfances volées, destins partagés.(spoilers saison 3)!!  Bas
 juliathorne
 Messages postés : 3290
 agent triple :)
 juliathorne
  Posté le 31/07/2004 21:34:11
Send a private message to juliathorne
bon allez j'envoie la suite!
une chapitre entier reservé a un personnage, encore!!!
cette fois -ci c'est sur vaughn!!
bonne lecture!  



              Los Angeles, demeure des Vaughn :

    Un autre enfant s’apprête à découvrir la vérité sur un être cher. Le jeune Michael est dans sa chambre, seul, isolé du monde, isolé de tout. Il s’est installé confortablement à son goût, à terre sur un vieux coussin miteux mais néanmoins moelleux apparemment. La lumière est faible dans cette pièce, comme pour s’adapter à l’humeur de l’adolescent. Le ton du moment est grave tout comme le visage du protagoniste. Le jeune homme parait tendu mais pourtant sûr de lui. Il tient entre ses mains d’ado naïf, la vérité, le carnet intime de son père, son âme, bien qu’il n’était pas censé l’avoir en sa possession. Une âme enfermée dans un simple journal, entre deux pages, est ce possible ? Michael semble le croire, il en est même convaincu et c’est ce qui fait que c’est si difficile pour lui d’en parcourir les pages noircies. A-t-il l’impression de pénétrer dans l’esprit de son père en e lisant ? Certainement. Mais pourtant l’heure est venue, il le ressent. Son cœur et ses tripes lui indiquent que c’est le moment ou jamais. Il se décide donc à défaire la lanière de cuir vieilli qui suffit d’habitude à rendre impénétrable le trésor laissé par son défunt père et modèle. Il ose enfin ouvrir le livret. Alors qu’il découvre l’écriture de son père sur la page de garde, non sans émotion, Michael le sent comme vivant, à ses cotés pour affronter cette dure épreuve. Il a l’intime impression que ce qu’il va découvrir va changer le regard qu’il posait sur son père. Peut être parce qu’il a le sentiment de violer son âme en pénétrant son intimité. Ce journal était si précieux pour son père. Que penserait-il le voyant s’apprêtant à lire son histoire ? Michael s’était posé cette question une bonne centaine de fois, sans pour autant en trouver la réponse. Il observe toujours cette page de garde, cette écriture soignée lui rappelle un peu la sienne et cette idée le ravi, il se plait à croire qu’il a un peu de son père en lui. Son cœur s’accélère, son sourire disparaît pour montrer une expression d’appréhension. Il est tendu. Que va-t-il découvrir ? Il est prêt pour passer à la page suivante, à l’étape suivante mais l’appréhension ne s’efface par pour autant. Son doigt effleure la première page de bas en haut comme pour faire repousser l’échéance. Il sait qu’après avoir tourner cette page, cette simple page, il ne pourra plus faire marche arrière, il ne pourra plus abandonner. Ca y est son cœur s’acclimate à son nouveau rythme plus rapide, son doigt lui répond à nouveau. Il prend la page des bouts des doigts mais fermement. Il commence à la rabattre mais doucement. Mais soudainement la porte de sa chambre s’ouvre, son grincement en averti Michael. Il ferme alors d’un coup sec le journal, sans daigner le boucler et le balance sous son lit d’un geste de sa main gauche comme on le ferait avec un frisbee. Son cœur bat toujours au même rythme mais pour une autre raison. L’appréhension s’est envolée mais pour céder la place à la crainte d’être découvert entrain de lire ce journal interdit, ce journal « secret défense ». Si la CIA apprenait qu’il possédait ce journal elle voudrait certainement le récupérer. Il ne laisserait pas faire ça, elle lui avait déjà pris son père, il n’accepterait pas qu’elle lui prenne aussi son âme.
Le journal enfin caché, la pression diminue mais les battements de son cœur ont du mal à réduire la cadence. Il est toujours à terre mais dans une position semi debout avec un genou et une main encore à terre. Dans l’embrasure de la porte, la silhouette semble familière mais l’ombre cache son visage. C’est sa mère. Elle ne parait pas avoir vu la parade de son fils et au ton de sa première réplique, Michael en est convaincu et reprend des couleurs en même temps que son calme.

- Michael, dit-elle amusée, que fais-tu au sol ?
- Euh…rien. Dit l’adolescent. Je cherche mon palet.
- Ton palet ? Tu ne comptes pas aller jouer au hockey maintenant j’espère. Dit la jeune veuve sur un ton moins amusé.
- Non non, je voulais juste le trouver, c’est tout. Tu voulais quelque chose ? Questionne le jeune homme.
- …Ah oui, j’avais déjà oublié. Tu m’accompagnes ? Je vais faire des courses.
- Ouais bien sur, donne moi deux secondes que j‘enfile mes chaussures.
- On ne dit pas « ouais » mais « oui » Michael. (Bon conseil très utilisé dans ma famille, souvenez-vous en !)
- OUI maman, je sais. Dit le jeune homme un peu agacé.

Sur ce, ils partent tous les deux vers le rez-de-chaussée mais Michael jette un dernier coup d’œil en direction de son lit, comme pour voir si le journal est bien caché, tout en fermant la porte de sa chambre décorée aux couleurs de l’équipe de hockey The Kings  de Los Angeles. Michael est fan de cette équipe et suit tous les matchs de la NHL, tout comme le faisait son père. Il joue aussi dans l’équipe du quartier et se débrouille plutôt bien d’ailleurs, c’est son père qui lui a appris les bases. Il serait fier de lui, s’il voyait les progrès qu’il a fait. Sa mère par contre n’aime pas trop ce sport. En fait ce qu’elle ne supporte pas, c’est de voir son fils entrer des entraînements avec des hématomes plein le corps. Le hockey est un sport violent même dans les petites catégories pensait-elle. Michael s’était déjà cassé le bras une fois et était entré un jour avec des yeux au beurre noir qui lui donnaient l’impression de porter un loup. C’était assez amusant en y repensant mais la vision d’une mère ne s’arrête jamais à l’anecdote amusante mais tourne toujours au drame les évènements arrivant aux fruits de leurs entrailles. Curieux non ? Les mères ont-elles une façon de penser différente ? Enfin de toute façon cette mère là n’a pas vraiment le choix, son fils ressemble de plus en plus à son père. Depuis sa mort il se lance à fond dans tous les domaines où son père l’avait initié comme pour lui rendre un dernier hommage. Il s’était aussi dévoué corps et âme à sa mère, la soutenir quand il le fallait, veiller à ce qu’elle ne se laisse pas aller. L’amour de ses parents était si fort, qu’il craignait que sa mère ne soit plus elle-même après ça. Il craignait avoir perdu ses deux parents. Ah il savait qu’elle était physiquement vivante mais il craignait qu’elle ne change de l’intérieur. Il veillait aussi à cela, il veillait à se que sa mère maintienne son âme intacte. Il était plutôt satisfait du résultat mais avait du faire des sacrifices, il avait du renoncer à penser égoïstement comme les autres enfants. Il s’est vu confier, de son propre chef, des responsabilités, très jeune. Et curieusement il y avait pris goût, ça lui veniat certainement de son père ça aussi. Le jeune homme ne le sait pas encore mais son père était un brillant agent qui s’est vu confié beaucoup de responsabilités dans son travail. Il le découvrira bientôt, quand il rentrera enfin et reprendra là où il en était.

Près d’une heure plus tard :

 Le jeune Michael vient enfin de rentrer chez lui. Depuis qu’il a jeté un dernier coup d’œil dans a chambre il n’a cessé de penser qu’il aurait du ouvrir ce journal plus tôt. Il a passé cette dernière heure à se demander ce qu’il manquerait en laissant ce journal scellé. Il a alors réalisé que s’il avait trouvé ce journal ce n’était pas pour rien. Et puis il se rappelait sa promesse le jour de la mort de son père, il voulait à tout prix découvrir les circonstances de sa mort, en connaître les raisons. Il ne peut compter sur personne pour lui dévoiler tous ces « secrets défense ». Il comprend pourquoi mais ne l’accepte pas. Il n’a alors qu’une hâte, ouvrir enfin le journal sur la seconde page, avancer.
Après avoir aider sa mère à déposer les courses sur la table de la cuisine précipitamment il se précipite dans sa chambre en lançant à l’attention de sa mère un «  je monte dans ma chambre », dans sa course. Il entre en trombe dans sa chambre, balance les chaussures sans se préoccuper de leurs destinations. Il je jette alors à quatre pattes par terre et tend son bras pour atteindre le journal. Ca y est, il l’a. Il retrouve le sourire et caresse la couverture du carnet comme pour lui signifier qu’il est content de le retrouver. Il est à présent à genoux devant son lit, ses fesses posées sur ses talons, toujours à terre. Son cœur s’accélère  à nouveau mais ses sentiments ont changés, à présent il ressent de l’excitation, pour lui c’est le moment de vérité, enfin, et ne ressent aucune culpabilité envers son père. Après tout une promesse est une promesse, son père comprendrait sûrement, c’est lui qui lui avait dit de toujours tenir ses promesses. Se souvenir de ce conseil l’arrange à vrai dire, il lui sert de justification. Ca y est, c’est le moment. Michael ose enfin ouvrir le trésor. Il découvre alors le début du récit. La première date est celle de sa naissance. Cela semble toucher particulièrement Michael. Il lit maintenant, il est absorbé par sa lecture, si bien que son visage est concentré et ne laisse sortir aucune émotion mais ses yeux brillent, il est certainement ému. Ses yeux parcourent alors la page voisine puis la suivante et encore la suivante. Il lit de cette manière pendant plus d’une heure. Il prend finalement une pause. Ses yeux brillent toujours d’émotion. Il a besoin de souffler, il a besoin de s’arrêter un peu, de reprendre ses esprits. Il en profite pour prendre une position plus confortable, il ne sent désormais plus ses jambes. Il en a déjà appris beaucoup sur son père, le fait qu’il avait des doutes quelque fois sur la direction de la CIA. Il n’avait pas totalement confiance, il ne se sentait pas très sécurisé en fait. Il s’en voulait de toujours obéir aux ordres même quand il avait des doutes sur les résultats qu’ils apporteraient. Il s’en voulait de ne pas avoir le courage de dire une fois pour toute ce qu’il pensait vraiment. Michael est peiné d’apprendre que son père n’était pas tout  à fait en harmonie avec ce qu’il voulait et devait faire. Mais il est impressionné d’apprendre que son père participait ou même dirigeait des missions aussi périlleuses. Bill avait pris soin de noter ses sentiments après chaque mission, bien sur il ne pouvait pas évoquer la mission elle-même, ce n’était pas permis, mais il notait chacun des sentiments ressentis et le jeune homme ne mis pas longtemps à se rendre compte de la dangerosité de ces missions. Il sait que son père n’était pas un lâche et que s’il avait peur c’était sans doute parce que la situation devait être insoutenable.
Il repris alors sa lecture intensive après avoir digéré toutes ces informations sur son père qu’il connaissait bien mal finalement. Il le pensait agent d’information et le voilà agent de terrain. Mais il n’a encore rien vu susceptible d’expliquer la mort de son père. Sans doute que la fin de ce journal révélera les prémices d’explications. Cette pensée le motive à affronter tous ces événements, toutes ces anecdotes, toutes ces émotions, parce qu’il sait que bientôt il saura tout. Cette reprise lui fit retrouver le même visage qu’il affichait quelques minutes plus tôt.
Voilà qu’il acheva enfin sa lecture, cela fait plusieurs heures qu’il lit et il arrive enfin à la date du jour de sa mort, le fameux jour. Il n’a pas eu l’explication qu’il voulait finalement mais il a appris que le jour où on lui a retiré son père, ce jour là, son père ne voulait pas obéir, il voulait tout arrêter. Pourquoi y est-il finalement allé ? Pourquoi a-t-il obéit cette fois encore alors qu’il était déterminé à stopper ? Sans doute par amour pour sa patrie. Sans doute pour sauver des vies. En tout cas Michael en a retiré une leçon : il ne finirait pas comme son père, pas comme ça, pas pour avoir obéit à un ordre jugé non fiable. Il est toujours décider, même plus que jamais décidé à marcher dans les pas de son père, mais lui se jure d’avoir le courage de dire « non »  quand il le faut, de pallier à certaines règles si nécessaire. Il veut en quelque sorte corriger la plus grave et la seule erreur, à ses yeux, de son modèle. Il va entrer à la CIA, non seulement dans l’espoir de trouver enfin des réponses à ses questions mais aussi pour achever la mission de son père.



voila, ca vous a plu? j'espere en tout cas, je ne voudrais pas vous decevoir, vous etes toujours super sympa dans vos post!

Miaouuuu
 saralias
 Messages postés : 2355
 agent triple :)
 saralias
  Posté le 31/07/2004 23:02:45
Send a private message to saralias
Super chapitre   toujours aussi bien écrit

         

http://img278.imageshack.us/img278/432/1miabann2jg.jpg
 Butterfly
 Modérateur
 Messages postés : 7194
 ...la machine il dire...
 Butterfly
  Posté le 01/08/2004 01:51:22
Send a private message to Butterfly
Magnifique.  
http://www.aceboard.net/kator/smiley104.abgif

J'imagine la scène avec un jeune Vaughn hésitant à ouvrir ce journal...

La sagesse, c'est d'avoir des rêves suffisament grands pour ne pas les perdre de vue lorsqu'on les poursuit - Le seul moyen de de se délivrer de la tentation, c'est d'y céder - Oscar Wilde
 Boite-à-musique
 Messages postés : 1522
 agent double
 Boite-à-musique
  Posté le 01/08/2004 12:18:44
Send a private message to Boite-à-musique
J'hésite entre "nul" et " absulument génialissime" mdr !
La 2e évidemment ! J'ai adoré ce chapitre ( et pas pcq que c'est vaughn ), on ressent vraiment vraiment l'appréhension et l'excitation du jeune vaughn !
c'est vraiment bien écrit ! Continue j'adore !

Elle n’était pas digne de toi
Faut surtout pas que tu la regrettes
En plus elle te trompait
On le sait on se l’est tous faite
Vraiment tu mérites mieux
Elle ressemble à Jean Gabin
Nous remercie pas mon vieux
C’est fait pour ça les copains
 foliedouce
 Messages postés : 500
 agent simple
 foliedouce
  Posté le 01/08/2004 22:40:42
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Je viens lire cette fanfic et là j'ai du mal à exprimer ce que je ressens ! Juliathorne , tu écris excellement bien , tu as vraiment du talent , et on prend un véritable plaisir à lire et  certains chapitres sont bouleversants , tu mets bien en scène ces enfants tourmentés par leur existences ,tu retranscris bien leur sentiments et tu gardes de la logique !!!! J'en ai des frissons encore ! d'ailleurs j'écoutais la radio et on passait :

Qui a le droit, qui a le droit,
Qui a le droit d' faire ça
A un enfant qui croit vraiment
C' que disent les grands ?

On passe sa vie à dire merci,
Merci à qui, à quoi ?
A faire la pluie et le beau temps
Pour des enfants à qui l'on ment.

On m'avait dit que les hommes sont tous pareils.
Y a plusieurs dieux, mais y' a qu'un seul soleil.
Oui mais, l' soleil il brille ou bien il brûle.
Tu meurs de soif ou bien tu bois des bulles.

de Patrick Bruel !

Merci Julia ! c'est formidable ! continue bravo !

ne prenez pas la vie au sérieux, de toute façon vous n'en sortirez pas vivant!

Ligueuse à la retraite !
 juliathorne
 Messages postés : 3290
 agent triple :)
 juliathorne
  Posté le 05/08/2004 22:23:14
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merci beaucoup foliedouce! cette chanson est tres adaptée je trouve en plus!
merci a tous!

Miaouuuu
 juliathorne
 Messages postés : 3290
 agent triple :)
 juliathorne
  Posté le 05/08/2004 22:32:59
Send a private message to juliathorne
bon voila j'ai un peu tardé mais voila un cahpitre sur syd cette fois ci! j'espere qu'il vous plaira!
allez bonne lecture!    

au fait merci a toutes les personnes qui ont voté pour ma fic dans fanfic awards    c'est marrant ce truc!

je suis émue d'avoir été élue!  
bon allez j'arretes les conneries je vous envoies le chapitre!



    A  quelques kilomètres ; chez les Bristow :

  Sydney vit aussi avec le souvenir douloureux de la perte d’un parent. Elle aussi pleure un être cher, sa mère. Elle la prend depuis comme modèle, tout comme le jeune Michael. Mais elle, elle n’a pas la chance d’avoir un trésor comme celui qu’a Michael, elle n’a pas le carnet intime de sa mère, elle n’a pas son âme. Elle ne connaît pas bien sa mère. Elle sait uniquement ce qu’Emily Sloane a bien voulu lui raconter sur elle. Elle était trop jeune pour s’être fait elle-même un opinion sur sa mère. Tout ce qu’elle sait c’est qu’elle était belle et douce avec elle. Elle était tendre, elle lui racontait des histoires chaque soir, des contes fées auxquels Sydney ne croyait déjà plu. La magie de ces contes s’était envolée en même temps que sa mère.  Comment pouvait-elle croire aux contes de fées ? Comment pouvait-elle croire en une vie heureuse, une vie de rêves alors que l’on lui avait retiré sa mère si jeune ? Elle sait que sa vie pourrait être pire, elle sait que des enfants quelque part non plus de parents du tout. Mais d’un autre coté elle se dit que la disparition définitive de son père ne changerait peut être pas vraiment sa vie. Il n’était jamais là et lorsque par miracle il se libérait un soir, qu’il lui accordait un peu de temps il était comme absent, l’esprit ailleurs. Elle ne se rendait pas compte que son père buvait chaque soir avant de rentrer. Elle pensait qu’il était comme ça parce qu’il aimait son travail plus qu’elle. C’était faux mais pourtant, rien ne prouver, dans ses gestes ou ses regards qu’il tenait à sa fille plus que tout. Et la petite Sydney fait tout pour attirer l’attention de son père, pour être l’objet de sa fierté. Elle se débrouille toujours pour être la meilleure dans tous les domaines. Elle excelle en sport, elle est première en classe et écoute toujours tous les conseils de son père, même s’ils sont peu nombreux étant donné la fréquence de leurs discussions. Cela fait maintenant deux ans qu’elle arbore le même comportement sans pour autant avoir une once d’encouragement. Elle a maintenant décidé de ne plus agir de cette manière, elle s’est résignée. Elle sait que quoi qu’elle fasse, quoi qu’elle dise, rien de changera à leur relation, jamais. Elle a tout simplement compris et accepté le fait que son père soit « absent » à jamais dans sa vie. Elle a assimilé le fait qu’elle ne verra, avec chance, son père que pour Thanksgiving, pour partager un repas et échanger quelques paroles. Elle a donc décider de passer à autre chose, se donner un but, un autre dessein que te gagner l’amour de son père, qu’elle ne devrait pas avoir à chercher normalement. La petite fille veut désormais ressembler à sa mère. Peut-être pense t-elle inconsciemment que son père l’aimerait plus si elle devenait comme sa mère ?  Peut-être pense t-elle que son père lui accorderait plus d’attention ? En tout cas elle veut suivre ses pas. Elle veut devenir professeur de littérature, comme Laura. Tout ce qu’elle fait désormais c’est dans le but de se préparer à être professeur. Elle dévore tous les livres qu’elle parvient à trouver dans la bibliothèque de la maison ou de l’école. Souvent elle se laisse emporter par ces histoires qu’elle lit, ces héros aux grands cœurs, ces héroïnes qui n’ont pas froid aux yeux et ce décor plein de rêves et de romantisme. Elle ne croyait pas en tout ça mais il lui plaisait de s’évader quelquefois au rythme des pages vieillies de ces livres si précieux. La plupart des livres qu’elle trouvait chez elle avaient appartenus à sa mère. Elle en prenait donc le plus grand soin. C’était pour ainsi dire son trésor à elle. Elle n’avait pas de journal intime comme Michael mais elle estimait que ces livres faisaient un peu partie de sa mère. Laura avait parcouru toutes ces pages et à cette idée Sydney était folle de joie d’en faire autant. La majorité des livres n’étaient pas de son âge mais peut lui importait puisque sa mère les avaient lu. Mais son livre préféré était de loin le livre qu’elle lui avait offert lorsqu’elle était encore en vie. Alice aux pays des merveilles, une première édition. Sa rareté aurait pu en faire sa valeur mais ce n’était pas ça qui comptait aux yeux de cette petite fille. Pour elle c’était une des sept merveilles du monde. C’était même plus que ça, elle adorait cette histoire et par-dessus tout, elle adorait quand sa mère la lui lisait. Elle gardera à jamais ce souvenir, ce souvenir si doux qui revient jusqu’à elle quand elle se sent seule. Près du lit, Laura s’asseyait toujours auprès de sa fille et la berçait de cette jolie histoire de sa voix suave. Elle avait toujours la manie de se remettre une mèche de cheveux derrière son oreille à chaque fois qu’elle tournait une page.C’est marrant parce que Sydney a tendance à faire de même sans s’en apercevoir. Est-ce un trait d’hérédité ou alors Sydney a-t-elle calquée ce geste sur son nouveau modèle dès le plus jeune âge sans s’en rendre compte ? Qui sait ?  
     En tout cas en ce joli jour d’automne la petite Sydney rêvasse paisiblement dans son jardin. L’herbe visiblement trop haute lui chatouille les jambes juste au dessus de ses chaussettes. Elle est juste là, assise en tailleur manipulant un petit avion de papier en rêvant peut-être d’évasion. Il y a un petit air frais mais les saisons froides ne sont pas rudes à Los Angeles alors un petit air ne peut pas lui faire de mal se disait sans doute sa nounou en la laissant dans le jardin. La fillette était accoutumée à jouer seule dans son coin. Quand elle ne lit pas, elle joue à donner des cours à ses peluches. Elle a d’ailleurs une classe bien calme malgré Noah son petit ours brun, il faut bien un petit perturbateur pour faire plus réel se dit-elle. Mais ce jour là elle ne lit pas et ne joue pas avec ses peluches à imiter sa mère. Elle est dehors toute seule, la tête vers le ciel, essayant de regarder  le soleil à travers son petit avion, un œil fermé. Elle est alors tirée hors de ses rêveries par une voix grave mais néanmoins douce. Elle se retourne brusquement manquant de près de tomber tête la première dans une motte d’herbes.

- Mme Morientes, vous pouvez disposer, j’ai mon après-midi de libre. Dit l’homme rejoignant la nounou sur le pas de la porte vitrée donnant sur le jardin de la maison.
- Bien. Alors je vous dis à demain matin. Dit la nounou s’adressant à Jack. Sydney, chica, je m’en vais tu viens me dire au revoir ? Reprit-elle à l’attention de la petite fille.
- Oui, bien sur Isabela. Dit la fillette se levant en un geste malhabile en se dirigeant vers sa nounou. La fillette dépose un bref baiser sur la joue de sa nounou et se pose sur le coté épiant son père discrètement  du coin de l’œil.
- Vous pourriez fermer la porte derrière vous s’il vous plait Mme Morientez ? Lança M. Bristow à la nounou déjà partie devant la porte d’entrée son gilet de laine sous le bras.
- Naturellement, ne vous inquiétez pas. Cri t-elle comme si une distance énorme les séparait.

Le claquement de la porte engendre un de ces longs silences désagréables qui semblent durer une éternité. Sydney est toujours dans la même position et Jack a toujours les yeux fixés sur la porte d’entrée comme pour récupérer des forces avant d’affronter le regard de sa fille, face à face.

Quelques secondes plus tard :

 Jack ose enfin se retourner vers sa fille et lui adresse un sourire timide et ajoute :
- Sydney, j’aimerais que tu fasses quelque chose pour moi. Ce n’est pas difficile tu verras et ça ne durera pas longtemps, tu as ma parole.
- Oui papa d’accord, comme tu veux. Rétorque t-elle.

 Elle qui s’était dit ne plus rien faire pour essayer de gagner l’affection de son père, la voilà entrain de revenir sur sa parole faisant ce qu’il veut encore une fois, lui obéissant aveuglement. Finalement elle n’a pas eu la volonté d’aller contre son père, de ne pas faire ce qu’il attendait pour une fois. Elle a accepté, mais quoi ? Que doit-elle faire encore ? Que doit-elle encore lui donner sans rien avoir en retour ? En tout cas il est sobre. Ce n’est pas maintenant, avec son air sérieux et déterminé sur le visage qu’elle va pouvoir démasquer sa dépendance. C’est sans doute pour cette raison qu’apprendre les penchants alcooliques de son père la plongera dans un état de surprise dans vingt ans.
  En fait Jack voulait commencer à mettre en œuvre son « Projet Noël ». Il voulait juste utiliser sa fille. Peut être était-ce pour en faire une bonne espionne capable de se défendre plus tard et de résister à tout? Mais peut-être était-ce aussi simplement dans son intérêt à lui, pour tester son projet et manipuler sa fille ? Comment savoir ce qu’il y a dans la tête de Jack Bristow ? Il aime sa fille c’est évident mais peut être y a-t-il une chose qu’il aime encore plus ? Même vingt après cette question reste sans réponse. Autant lui accorder le bénéfice du doute dans ce cas là.
Sydney n’est pas très rassurée, son père lui explique le protocole pour l’hypnose mais d’une manière sèche comme s’il expliquait cela à un adulte averti. Quelle maladresse ! La petite fille est partagée entre l’envie de faire confiance à son père et de partir toutes jambes déployées, loin de cet homme si froid et si professionnel. Elle reste tout de même par curiosité peut être ou tout simplement pour affronter sa peur. Jack n’expliquait jamais le but de sa manœuvre à sa fille ou alors très brièvement pour éviter les questions prépondérantes. Officiellement l’hypnose utilisée de la sorte, est censée rendre l’esprit de Sydney imperméable à tout lavage de cerveau futur. Officieusement, pour la fillette, il s’agit juste d’un jeu duquel elle s’est toujours réveillée avec une sensation agréable de bien être. La petite fille n’a donc aucune raison de s’en faire.Une fois l’hypnose enclenchée l’expérience peut commencer. Tout commence, toujours par une manipulation de pièces de bois formant, une fois remis dans le bon ordre, une sorte de montage à la forme non régulière et assez complexe à effectuer. Elle réussit toujours à merveille cette épreuve sous le regard satisfait de son père qui l’encourage.
La vision de cette petite fille manipulant ces bouts de bois de cette manière non réfléchie lui retire toute apparence humaine. Elle est semblable à un robot, un robot effectuant les même tâches jours après jours, dénuée de sentiments humains. Comment son père pouvait-il supporter cette vision d’horreur de sa petite fille déshumanisée ? Mais ce n’était pas le pire. En effet, le pire restait à venir. Elle va devoir maintenant manipuler une arme, la monter tout comme l’avait fait Allison avant elle et l’arme aussi, comme elle. Ces armes sont bien trop grades pour elles, c’est à peine si elles arrivent à faire le tour du manche avec leurs mains. En fait, les voir manipulant ces armes offre une vision paradoxale, une rame et une fillette n’ont rien à faire ensemble et cela en ce qui concerne Sydney ou Allison. La seule différence c’est qu’à la fin de la journée Sydney ne saura pas ce qu’elle a fait alors qu’Allison s’en souvenait toujours. Mais pendant qu’elles faisaient cette même tâche, elles avaient le même regard, ce regard sérieux et dénué de profondeur.Sydney est méconnaissable. Cela faisait deux années maintenant qu’elle n’avait plus constamment ce sourire si remarquable et si communicatif mais elle n’avait jamais été si transformée qu’avec cette arme à la main et ce visage si dur. Tout trait enfantin a disparu de son doux visage. Bien heureusement, cette application de ce projet sur Sydney est momentanée et gardée secrète par l’hypnose. Sydney aurait-elle était différente autrement ? Certainement. C’est peut-être cela que Jack Bristow voulait éviter. Peut-être a t-il anticipé sa vie future et a voulu la préparer et en même temps la préserver ? Seul Jack a la réponse.



voila fini! a plus !

Miaouuuu
 kaïla
 Messages postés : 189
 petit frère de Marshall
 kaïla
  Posté le 05/08/2004 22:54:23
Send a private message to kaïla
c'est magnifique !!! Bravo !!!!!

http://img66.exs.cx/img66/3710/9024.jpg
 Butterfly
 Modérateur
 Messages postés : 7194
 ...la machine il dire...
 Butterfly
  Posté le 05/08/2004 23:17:46
Send a private message to Butterfly
Très joli mais c'est toujours aussi triste.  

La sagesse, c'est d'avoir des rêves suffisament grands pour ne pas les perdre de vue lorsqu'on les poursuit - Le seul moyen de de se délivrer de la tentation, c'est d'y céder - Oscar Wilde
 Monsieurchat
 Messages postés : 1380
 agent double
 Monsieurchat
  Posté le 05/08/2004 23:41:25
Send a private message to Monsieurchat
bravoo !!
pk tu nous fais toujours pleure !!!
bravvoooooooooooooooooo
tu le merites ce award !!

http://starhome.free.fr/bannerblck.jpg
 juliathorne
 Messages postés : 3290
 agent triple :)
 juliathorne
  Posté le 06/08/2004 00:31:51
Send a private message to juliathorne
merci beaucoup je ne sais pas quoi dire d'autre en fait!
euh...vous l'avez trouvé triste celui la aussi?  ben j'en avais pas l'impression!lol

le prochain sera sur nadia! euh je pense qu'il sera un peu triste! alors preparez vous psychologiquement ok!

Miaouuuu
 saralias
 Messages postés : 2355
 agent triple :)
 saralias
  Posté le 06/08/2004 10:17:51
Send a private message to saralias
Oué triste pour syd  
Sinon exellent chapitre        
J'attends avec impatience la suite sur nadia (pov'nadia lol)

http://img278.imageshack.us/img278/432/1miabann2jg.jpg
 foliedouce
 Messages postés : 500
 agent simple
 foliedouce
  Posté le 06/08/2004 20:58:21
Send a private message to foliedouce
Encore un fabuleux chapitre ! Julia !  merci beaucoup !

ne prenez pas la vie au sérieux, de toute façon vous n'en sortirez pas vivant!

Ligueuse à la retraite !
 scg
 Messages postés : 3096
 agent triple :)
 scg
  Posté le 06/08/2004 21:08:44
Send a private message to scg
c'est vraiment excellent et je devrais dire de mieux en mieux! j'aime beaucoup ces personnages fragiles. C'est intéressant de penser qu'ils ont tous été des enfants malheureux, trop vite grandis!
tu as vraiment trouvé ton style julia!
et sydney qui a un adorable nounours qui s'appelle noah!!! est-ce un hasard?

 juliathorne
 Messages postés : 3290
 agent triple :)
 juliathorne
  Posté le 09/08/2004 11:35:34
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voila un chapitre en plus!
bonne lecture!  



         Amérique du sud, lieu de détention de Nadia :


- Bien, nous sommes donc tous d’accord ? Dit un homme en costume sombre comme pour clarifier les choses.
- Dans ce cas, cette réunion est close. Rajoute un autre homme plus âgé avec un fort accent russe, tout en se relevant de sa chaise.

La demi-douzaine d’hommes et l’unique femme de ce comité sortent de la salle de réunion sombre, tous paraissent encore préoccupés mais en même temps soulagés de voir la fin de cette réunion presque interminable et pour la plupart difficile. Cela fait sans aucun doute des heures qu’ils y étaient vus leurs mines blafardes. Des groupes se forment alors à la sortie de la salle, certains discutent toujours du même sujet et d’autres se contentent de rester regroupés en silence et là leurs regards suffisent pour deviner qu’eux aussi ont en tête de débat de la réunion.Certains portent des uniformes militaires et d’autres de simples costumes de civils. Mais tous paraissent être des hommes d’influence.

  L’homme âgé sort en dernier et se dirige vers un homme jeune. Le bruit sonore des discussions semble faiblir et tout le monde observe les deux hommes discuter tout en chuchotant comme des écoliers à l’oreilles de leurs collègues.
- Nous avons convenu qu’il n’était pas de notre ressort de nous charger de ce dossier, il est donc préférable de transférer l’enfant et la confier à une branche spécifique de notre organisation. Ce qui veut dire que vous avait une entière liberté quant au devenir de l’enfant. Dit l’homme âgé à son interlocuteur.
- Dans ce cas, nous partons dans une heure, veillez à ce que l’enfant soit prête. Inutile de vous dire que vous avez pris la bonne décision, cette affaire est bien au-delà de vos compétences.
- Et c’est pour cette raison que nous vous confions cette affaire en espérant que votre vanité ne soit pas vaine. Mais nos supérieurs communs exigent des résultats rapidement et je ne voudrais pas qu’une tâche apparaisse dans nos dossiers respectifs parce que votre ego est flatté, est-ce bien clair ?
- Limpide. Ne vous inquiétez pas, je reconnais que votre équipe a fait un excellent travail en récupérant l’enfant mais votre travail ne sera pas gâché je vous assure, mes hommes sont également très compétents M.Svetlanov.
-Bien. L’enfant sera prête à votre départ M.Cuvée. Bon retour.

L’enfant. C’est de cette manière qu’ils faisaient référence à Nadia. Ils auraient pu utiliser d’autres termes non personnels comme par exemple « fillette » ou « petite fille » s’ils ne voulaient se montrer trop familier avec elle. Mais non, ils l’appelaient « l’enfant » comme pour lui enlever toute humanité, comme si elle n’était rien, comme si elle était un animal.

Les hommes partent alors chacun de leurs côtés sans se retourner, rameutant autour d’eux, au fur et à mesure de leurs avancées, leurs hommes respectifs leur faisant un compte-rendu de leur petit entretien et leur donnant les directives à suivre.

Une heure plus tard :

Les deux équipes étaient prêtes : l’équipe de Svetlanov avait comme convenu tenu prête Nadia et celle de Cuvée était prête à s’envoler pour un autre pays.
L’embarquement se fit très rapidement dans les appareils déjà en marche. La petite fille, sa poupée à la main est prise en charge par Cuvée lui-même qui tient la main de la fillette dans la sienne tout en tendant la minuscule valise à un de ses hommes. Nadia ne semblait pas spécialement inquiétée par ce départ soudain, il faut dire qu’elle en avait l’habitude et puis Cuvée avait une tête sympathique. Elle était loin de s’imaginer que cet homme à l’allure sympathique est capable de faire.
Dans l’avion, la fillette jouait toute seule sur son siège parlant à sa poupée, la coiffant et lui confiant des secrets. Elle l’avait appelé Anna et c’était son bébé à elle. Elle ne savait pas ce qu’était censé faire une mère avec son enfant vue qu’elle n’en avait jamais eu mais elle se dit que les nounous ont un peu le même travail. Par contre des nounous elle en avait déjà beaucoup peut-être trop. Cuvée l’observait. Il était juste en face d’elle et la regardait ou plutôt la surveillait. Elle ne pouvait pas s’enfuir mais Cuvée était tellement habitué à surveiller les gens qu’il ne pouvait s’en empêcher même à six pieds au dessus du sol. Pourquoi s’intéresse t-il autant à cette fillette ?
Pendant tout la durée du voyage, Cuvée examinait des dossiers tranquillement et la fillette alternait entre regarder à travers le hublot pour regarder les nuages et jouer avec sa poupée, elle se décida à la fin par observer le paysage à genoux sur son siège jusqu’au moment où il devenait nécessaire qu’elle s’assoit correctement et boucle sa ceinture pour l’atterrissage.
Ils étaient enfin arrivés.

            Novgorod, U.R.S.S :

 Peut-être aurait-il valu pour la petite fille qu’ils n’arrivent jamais à destination. Son pire cauchemar allait commencer. Ils se sont dirigés directement vers le laboratoire de Novgorod 21, base secrète du KGB dont l’équipe de Cuvée pouvait jouir. L’endroit ressemblait à des bunkers entreposaient les uns à côtés des autres. Ils entrent dans l’un d’eux et atterrissent alors dans un long couloir étroit éclairé par de simples ampoules classiques. La petite fille détaillait les murs clairs de hauts en bas ce qui fit l’effet de ralentir l’avancée de Cuvée qui tenait la petite fille par la main à nouveau et qui marchait d’un pas visiblement trop rapide pour les petites jambes de Nadia.Ce long couloir étrange mène à une salle avec des ordinateurs et d’autres appareils électroniques, une salle qui semble émerveiller la fillette par son organisation et toutes ces machines qui clignotent et qui font de petits bruits brefs et aigus par moment. Elle ne l’avait pas vu mais une espèce de baie vitrée séparait une autre petite pièce à cette chambre de technologie. Nadia la découvrira d’ailleurs sous peu, malgré elle. Cuvée lâche alors la main de la fillette et lui fait signe d’aller s’asseoir sur une chaise à quelques mètres de lui, devant un ordinateur, ce qu’elle fait sans objecter. Un homme de carrure imposante par rapport à sa taille s’approche alors de Cuvée. L’homme parait asiatique et a à peu près l’âge de son interlocuteur.
-M.Cuvée, je vois que nous allons pouvoir commencer l’expérience. Dit l’homme avec un accent fortement japonais.
- Oui docteur, nous avons désormais tout ce qu’il faut pour cela.Vous avez bien le fluide n’est ce pas ? Questionne Cuvée.
- Bien sur, il est dans un coffre ici même, en sécurité. Je peux commencer dès aujourd’hui ? Demande alors le docteur se tournant vers la fillette.
- Je n’ai aucune objection à cela docteur Lee, l’enfant est toute à vous.
- Bien. Dois-je m’attendre à une démonstration de violence de sa part ?
- Je ne pense pas, elle se plie facilement aux ordres. Bon, il est temps pour moi de vous la confier. Je veux un rapport complet sur mon bureau ce soir et s’il se passe quelque chose, faites moi appeler dans la minute.

Sur ces paroles, Cuvée  se retire sans doute pour  regagner son bureau, lançant un dernier coup d’œil à la fillette qui s’amusait à tourner sur elle-même sur la chaise de bureau s’acharnant sur le clapet servant à régler le siège, en vain, elle devait être trop légère pour arriver à le baisser. L’homme asiatique aux lunettes rondes regarde un instant la fillette avant de s’approcher d’elle et de la convier à aller dans l’autre pièce, celle séparée de celle-ci par une baie vitrée. La petite fille observe immédiatement le décor la tête en l’air à cause de sa petite taille d’enfant. En attendant que la fillette ait eu le temps de regarder les moindre recoins de la salle, le docteur tout en jetant un œil sur la petite, préparait une caméra, une feuille de papier disposée sur une sorte de plateau posé à coté d’un fauteuil semblable à ceux que l’ont retrouve chez les dentistes et qui ont la fâcheuse tendance à nous rappeler de mauvais souvenirs. La petite Nadia insouciante, est tellement absorbée par tout le matériel entreposé dans la pièce qu’elle ne fait même pas attention à quoi ils peuvent bien servir. C’est alors que le docteur Lee prend la fillette dans ses bras et l’installe sur le fauteuil laissant tomber sa poupée au sol, à ses pieds. La fillette s’en rendant compte se penche instinctivement sur le côté afin de la récupérer mais le docteur la stoppe net dans son élan et la plaque avec une violence non mesurée étant donné les circonstances. Elle le regarde, stupéfaite. Elle avait toujours été mal traitée dans le sens où personne ne prenait vraiment soin d’elle mais là, c’est la première fois que l’on se montre si violent avec elle, elle ne comprend pas. Pour en rajouter à son appréhension, elle se retrouve désormais attachée par les bras, les jambes et même la taille et la tête. Elle ne sait pas ce qu’il lui arrive mais elle se doute que ça n’a rien de bon tout cela. Elle se sent piégée. Elle attend une explication de la part du médecin qu’elle n’obtient pas. Le docteur prépare sa table et n’accorde aucune attention à la fillette sinon pour vérifier que les sangles tiennent bon. Elle commence à avoir peur. Elle essaie de se débattre mais rien à faire, elle ne bouge pas d’un poils, tout ce qu’elle arrive à faire c’est se fatiguer en vain. A ce moment là elle a envie de pleurer et d’appeler sa mère, mais elle n’a pas de mère, et c’est bien ça le problème. Alors elle reste là, sans rien dire, tentant de retrouver sa respiration normale et reprendre des forces pour continuer à gigoter pour défaire ses liens. Elle n’a pas encore compris que ce n’est pas possible, que ça ne servirait à rien. Le médecin semble avoir fini de préparer sa table. Il l’approche du fauteuil où se trouve Nadia apeurée. Il met en marche l’enregistrement. Le voyant rouge de la caméra s’allume. A sa vue le docteur s’atèle à autre chose. Il prend un flacon d’un fluide vert qu’il penche prenant à l’aide d’une seringue une petite dose. Pendant qu’il vérifie bien qu’il ne reste aucune bulle à l’intérieur, il se place au dessus de la fillette qui semble s’agitait plus encore à la vue de la seringue et marque une pause un instant pour voir la petite se débattre, un léger rictus aux lèvres. La fillette semble avoir retrouver sa langue car elle lance aussitôt :
- Non… pas les piqûres... J’aime pas ça. Suis pas malade…c’est pas besoin, monsieur.
L’homme ne fit rien pour calmer la fillette et entrepris directement de lui faire l’injection.
Elle continue à crier « non je veux pas… » mais en une seconde la petite fille se calme et ses muscles se détendent jusqu’à ses petites mains encore crispées il y a un seconde de ça.
Voyant la fillette se calmer, l’homme lui détache le bras droit et lui pose de quoi écrire dedans. Quelle idée surprenante. Que peut bien écrire une enfant de cet âge en particulier si elle est inconsciente ? C’était une idée saugrenue et pourtant au bout de quelques dixièmes de secondes elle se mit à écrire et écrire encore comme une machine bien huilée. Elle faisait ça tout en étant inconsciente. Le médecin parait maintenant être un peu plus intéressé par la petite fille qu’auparavant. Voilà c’est arrivé, l’expérience commence et comme Sydney, Nadia en est l’objet. Elle écrit toujours avec frénésie et noircit de plus en plus le papier sur le plateau. En s’approchant un peu l’on peut voir qu’il s’agit de formules algébriques. Comment une enfant de cet âge peut-elle écrire des formules mathématiques complexes ?  Cela reste un mystère, pour l’instant. Et en attendant les deux fillettes, pourtant éloignées par des kilomètres vivent le même enfer. Quelqu’un les utilise malgré elles. Pourquoi elles ? Elles en auront la réponse un jour mais ce n’étaient pas le moment, elles ne pourraient pas comprendre. L’univers des adultes est si compliqué à comprendre pour les enfants, couvert de mensonges, de manipulations, de prise de pouvoirs, de politique, tellement de choses qui les rendent capables de tout qu’elles s’y perdraient. Tous leurs gestes se justifient par l’ambition, l’argent, ou soit disant « la bonne cause ». Cette dernière cache souvent un intérêt personnel, une vengeance, une croyance entre autres choses.

Miaouuuu
 saralias
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 agent triple :)
 saralias
  Posté le 09/08/2004 11:56:07
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  waow , c'était génial  
Vraiment bien écrit.
Pauvre Nadia   , tu "crit bien ce quelle peut resentir  

http://img278.imageshack.us/img278/432/1miabann2jg.jpg
 scg
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 agent triple :)
 scg
  Posté le 09/08/2004 12:07:38
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toujours aussi bon et terriblement réaliste!
ce docteur lee est vraiment un sale bonhomme mais t'en fais pas nadia, il va rencontrer syd et vaughn plus tard et ce sera son tour (rires sardoniques)!
Quant à la poupée anna, il faudra que je te parle d'un ruc bizarre julia!
J'espère en tous cas qu'elle ne leur livre pas tous les secrets la petite nadia aux méchants
bravo et continue à nous raconter les souffrances de ces pauvres gosses!

 kaïla
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 petit frère de Marshall
 kaïla
  Posté le 09/08/2004 12:54:35
Send a private message to kaïla
c'est toujours aussi bien écris. Pauvre Nadia...
J'ai hâte de lire la suite

http://img66.exs.cx/img66/3710/9024.jpg
 Boite-à-musique
 Messages postés : 1522
 agent double
 Boite-à-musique
  Posté le 09/08/2004 13:27:56
Send a private message to Boite-à-musique
Je viens de lire les deux chapitres et j'ai adoré , tu as vraiment bcp de  talent et à chaque fois que je te lis , je suis tte bouleversée ! mdr !

Waouh ! bravissimo !Continue,j'ai ma réserve  de kleenex !

Elle n’était pas digne de toi
Faut surtout pas que tu la regrettes
En plus elle te trompait
On le sait on se l’est tous faite
Vraiment tu mérites mieux
Elle ressemble à Jean Gabin
Nous remercie pas mon vieux
C’est fait pour ça les copains
 Butterfly
 Modérateur
 Messages postés : 7194
 ...la machine il dire...
 Butterfly
  Posté le 09/08/2004 22:04:39
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C'est toujours aussi bien écrit.

Pourquoi Anna comme nom pour la poupée ?  

La sagesse, c'est d'avoir des rêves suffisament grands pour ne pas les perdre de vue lorsqu'on les poursuit - Le seul moyen de de se délivrer de la tentation, c'est d'y céder - Oscar Wilde
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