FORUM, Forum Discussion, Forum Gratuit, Nom de domaine, Nom de domaine gratuit, Redirection gratuite,

Forum Alias par fil2001 Administrateurs :fil2001
Forum Alias par fil2001
Non connecté | Se connecter
en ligne : 4 inconnus visitent le forum
Inscription Inscription | Profil Profil | Messages Privés Messages Privés | Recherche Recherche | Online Online | Aide Aide | Créer un blog gratuit

forum Index du forum forumFanfic forumfanfiction

Auteur : Sujet: fanfiction  Bas
 saralias
 Messages postés : 2355
 agent triple :)
 saralias
  Posté le 22/07/2004 12:40:57
Send a private message to saralias
  Encore un exellent chapitre !

  Bravo c'est tres bien écrit.

http://img278.imageshack.us/img278/432/1miabann2jg.jpg
 foliedouce
 Messages postés : 500
 agent simple
 foliedouce
  Posté le 22/07/2004 12:43:12
Send a private message to foliedouce
excellent kaila ! j'adore , tu écris super bien !

ne prenez pas la vie au sérieux, de toute façon vous n'en sortirez pas vivant!

Ligueuse à la retraite !
 Mousetick
 Messages postés : 5580
 ...la machine il dire...
 Mousetick
  Posté le 22/07/2004 14:09:09
Send a private message to Mousetick
magnifique kaïla, c'est superbe !
tu manie le suspence a la perféction ! bvo ! j'adore !

http://ballmeyer2.free.fr/share/Ragondin.jpg
In my opinion, we don't devote nearly enough scientific research to finding a cure for jerks
 Boite-à-musique
 Messages postés : 1522
 agent double
 Boite-à-musique
  Posté le 22/07/2004 14:30:02
Send a private message to Boite-à-musique
Quoi ajouter? tout est dit ! bravo !

Elle n’était pas digne de toi
Faut surtout pas que tu la regrettes
En plus elle te trompait
On le sait on se l’est tous faite
Vraiment tu mérites mieux
Elle ressemble à Jean Gabin
Nous remercie pas mon vieux
C’est fait pour ça les copains
 kaïla
 Messages postés : 189
 petit frère de Marshall
 kaïla
  Posté le 22/07/2004 19:19:36
Send a private message to kaïla
Merci tout le monde. Je me dépêche pour écrire la suite.

http://img66.exs.cx/img66/3710/9024.jpg
 Butterfly
 Modérateur
 Messages postés : 7183
 ...la machine il dire...
 Butterfly
  Posté le 22/07/2004 21:35:14
Send a private message to Butterfly
Bravo  

Que du suspens !

La sagesse, c'est d'avoir des rêves suffisament grands pour ne pas les perdre de vue lorsqu'on les poursuit - Le seul moyen de de se délivrer de la tentation, c'est d'y céder - Oscar Wilde
 kaïla
 Messages postés : 189
 petit frère de Marshall
 kaïla
  Posté le 08/08/2004 19:43:23
Send a private message to kaïla
Bonjour tout le monde. Je poste le nouveau chapitre. Je suis désolé de mettre fait attendre si longtemps. J'espère que ce n'est pas pour rien et que ca va vous plaire. Bonne lecture!!

Chapitre 4 :

Il avait accéléré en apercevant sa femme. Elle était adossée à un grand chêne tenant simplement la main de leur fils. Son teint était extrêmement pâle et de nombreuses larmes coulaient sur ses joues humides. Ses longs cheveux blonds, habituellement si bien coiffés, étaient ébouriffés et emmêlés. Une longue mèche était même collée à sa joue par les pleurs. Il remarqua ensuite, son chemisier taché de sang. Cette vision l’horrifia. Il stoppa net sa course. Il ferma les yeux quelques instants s’efforçant de d’assimiler la réalité. En rouvrant les yeux, il s’obligea à les baisser encore un peu plus. Une crainte puissante et primitive le submergeait. Une crainte presque irrationnelle s’était emparée de lui. La crainte de la mort, de voir de ses propres yeux la vérité, et de voir l’un des plus grand bonheur de sa vie disparaître, s’imposait lourdement en cœur. Il se fit violence pour que les quelques minuscules muscles contrôlant le mouvement de ses yeux acceptent de laisser son regard se porter au sol à quelques centimètres de la jeune femme. Il ne le regarda d’un court instant, moins d’une seconde, peut-être un quart de seconde. Ce fut comme un flash, mais ce qu’il vit s’inscrivit indélébilement dans sa mémoire à la manière d’une photographie qui ne se ternirait jamais. Chaque trait, chaque couleur, chaque courbe, chaque nuance, chaque pli, chaque ombre étaient maintenant installés dans les entrailles de son cerveau. L’expression figée et le corps raide de son fils, son sang s’étaient à jamais gravés dans son esprit. Il pressentait que cette image le hanterait tout au long de sa vie. Il s’agenouilla.
Julia l’observait, il avait pali d’un coup. Son visage était contre celui de son fils. Il semblait qu’il espérait lui redonner ainsi la vie. Il releva son visage vers sa femme au bout d‘un moment, la suppliant du regard de lui dire qu’il était vivant. Elle baissa une seconde les yeux, incapable de soutenir son regard. Il prit doucement le poignet d’Alexandre que tenait Julia. Il posait deux doigts sur l’intérieur du poignet et chercha frénétiquement son pouls. Durant sa quête désespérée, ses yeux se remplirent petit à petit de larmes. Puis, lentement, lorsque l’espoir paru disparaître en lui et que le peu de volonté qui lui permettait de ne pas fondre en larmes se fut envolé, il lâcha la main du petit garçon. Il avait l’impression que par ce simple geste il trahissait Alex. Qu’il abandonnait et qu’il acceptait qu’il soit mort. Il lui semblait que si son fils pouvait voir ce geste, il croirait cela. Cette pensée le torturait car rien n’était plus éloigné de ce qu’il ressentait. Jamais il n’accepterait la mort de son enfant. Un père ne devrait jamais avoir à vivre cela. On lui avait volé son enfant, son sang, la chair de sa chair sans aucune raison apparente. D’ailleurs il ne savait pas comment cela c’était passé mais apprendre la vérité le terrifiant. Il n’osait pas poser la question et se trouvait des excuses à chaque instant. Ses larmes continuaient à couler. Julia posa sa main sur son bras. Ce geste le surprit et une légère angoisse l’envahit l’espace de quelques secondes. Pourtant ce geste était fait avec une grande douceur. Peut-être était-ce la douceur, l’amour et la générosité sans arrière pensée dont était rempli ce geste simple qui l’avait surpris dans cette atmosphère de souffrance, de tristesse et d’horreur. Il lui avait paru quasiment déplacé. Il avait rapidement tourné la tête pour regarder Julia. Il la dévisagea. Elle avait dû lire, un instant dans ses yeux, la surprise, la peur et l’incompréhension. Cependant elle ne laissa rien paraître de sa réaction. Il lui en était reconnaissant. Passé cet instant, Guillaume se blottit tendrement dans les bras de sa femme. De longues minutes s’écoulèrent ainsi, visage contre visage, s’enlaçant. Leurs mains se câlinaient tristement et tentaient temps bien que mal de se réconforter. Un peu … Les évènements leur paraissaient moins durs ainsi, à deux, même si cela n’apaisait pas la douleur en leur cœur. Un silence lourd et protecteur les enveloppait.
Soudain, le bruit d’une voiture roulant à vive allure rompit ce silence. Il les surprit. Ils s’étaient comme habitués à ce silence uniquement troublé par leurs sanglots. Leur malheur leur avait fait oublié leur vie habituelle, l’environnement qui les entourait, la ville, ses bruits. Dans leur sursaut, ils se mirent à chercher la provenance de ce bruit. Ils aperçurent une voiture de police qui tournait au coin de la rue et s’avançait dans leur direction. Elle fut immédiatement suivie par un autre véhicule exactement identique au premier, à l’exception de la plaque d’immatriculation, et par une ambulance. Ils se garèrent quelques mètres plus loin dans un vacarme assourdissant. Guillaume et Julia furent soudain en colère contre ces personnes qui arrivaient pour les aider mais qui ne respectaient pas leur silence et leur deuil. Les portières s’ouvrirent. Une douzaine de personnes sortirent des différents véhicules et s’activèrent autour d’eux. Ils vécurent cet instant en dehors de la réalité. Ils n’étaient pas assis sur le bitume d’un trottoir d’un parc mais dans une autre dimension. Ils n’avaient qu’à demi conscience de ce qui se déroulait autour d’eux. Ils semblaient observer la scène de loin, comme sur un écran de cinéma. Huit policiers étaient sortis des véhicules et s’étaient immédiatement mis au travail. Ils n’avaient même pas reconnu leur amie Marie. Quatre autres personnes étaient sorties de l’ambulance et s’affairaient autour du cadavre. Le couple ne protesta même pas malgré la révolte qu’ils ressentaient. Ils n’élevèrent même pas la voix pour leur dire qu’il était mort, que ce qu’ils essayaient de faire ne servait à rien ou pour leur dire ce qu’ils pensaient c’est-à-dire qu’ils étaient stupides de faire tout cela, ne serait-ce que de vérifier qu’il soit bien mort car ils auraient dû deviner cela en voyant ses parents, l’un contre l’autre, en pleurant. Les deux parents se sentirent alors insultés. Pour eux, cela signifiait qu’ils pensaient qu’ils n’avaient même pas pris la peine de voir si leur fils était bel et bien mort. Mais ils ne bougèrent pas d’un centimètre, immobiles comme des statuts indifférentes aux évènements du monde à leurs pieds.
En une demi-heure, l’environnement qui les entourait fut littéralement bouleversé. La rue qui bordait le parc avait été fermée dans les deux sens et un embouteillage commençait à se former. Une longue banderole en plastique entourait la moitié du parc et deux des policiers repoussaient des curieux intrigués par ce remue-ménage. Quatre autres avaient été envoyés faire l’enquête de voisinage. Seules deux policiers restaient non loin d’eux. Cet homme et cette femme discutaient près d’une des voitures. La femme était adossée au véhicule. D’où ils se trouvaient, ils ne pouvaient voir distinctement son visage. De toutes manières, ils n’en avaient aucune envie. On les avait laissés tranquilles pendant toute cette demi-heure. Ils se demandaient si c’était parce qu’ils y avaient trop de choses à faire ou parce qu’ils avaient qu’ils n’essayeraient pas de partir. Ils observèrent ces personnes un moment. Ils n’entendaient pas ceux qu’ils disaient et tentaient de comprendre leur conversation grâce à leurs gestes. La jeune femme semblait particulièrement tristesse ou au moins extrêmement choquée. Le jeune homme paraissait touché par l’émotion de sa collègue. Il essayait de la réconforter. Puis la femme se leva. Ils échangèrent encore quelques paroles avant de se diriger calmement vers eux. Ils comprirent alors que le répit qui leur avait été accordé venait d’expirer. Ils comprirent aussi qu’ils allaient être interrogés, qu’on leur demanderait leur version des faits, qu’ils allaient devoir revivre les évènements de la matinée, et qu’ils leur faudraient reprendre pieds dans le réel.

Voilà c'est la fin de ce chapitre. J'espère que ça vous a plu. Je vais essayer de poster la suite plus vite que ce chapitre.
Kaïla

http://img66.exs.cx/img66/3710/9024.jpg
 juliathorne
 Messages postés : 3290
 agent triple :)
 juliathorne
  Posté le 08/08/2004 19:50:45
Send a private message to juliathorne
bravo! mais dis moi, toi ausis tu fais dans la tristesse!lol
j'ai l'impression d'avoir assisté a la scene tellement c'est bien ecrit! bravo
allez j'attends la suite la, au boulot ma vieille!mdr

Miaouuuu
 saralias
 Messages postés : 2355
 agent triple :)
 saralias
  Posté le 08/08/2004 20:01:55
Send a private message to saralias
Encore un exellent chapitre   Les sentiments des 2parentsq sont bien retansmis  
Vivement la suite  

http://img278.imageshack.us/img278/432/1miabann2jg.jpg
 Butterfly
 Modérateur
 Messages postés : 7183
 ...la machine il dire...
 Butterfly
  Posté le 08/08/2004 23:53:27
Send a private message to Butterfly
Je n'aimerais pas vivre ça.  

C'est dur mais toujours aussi bien écrit.  

La sagesse, c'est d'avoir des rêves suffisament grands pour ne pas les perdre de vue lorsqu'on les poursuit - Le seul moyen de de se délivrer de la tentation, c'est d'y céder - Oscar Wilde
 kaïla
 Messages postés : 189
 petit frère de Marshall
 kaïla
  Posté le 14/08/2004 20:55:10
Send a private message to kaïla
Je poste le nouveau chapitre. Il est un peu différente des précédents chapitres et aussi un peu plus long. Je vous laisse lire tranquillement. Bonne lecture !!

Chapitre 5 :

Je sais que cela fait bien trois ans que je n’ai pas écrit dans ce journal, mais avec les évènements actuels, je me dis que ça pourrait peut-être m’aider à surmonter cette épreuve (même si je pense que l’on ne la surmonte jamais entièrement) ou au moins à guérir de cet état dans lequel je suis. A vivre avec mon chagrin. Je me sens comme un mort-vivant ces derniers temps. J’ai l’impression de errer sur cette terre sans raison et sans but. Bien sûr, Guillaume et moi avons eu énormément de choses à faire mais nous l’avons fait sans vraiment en avoir conscience, comme si ce n’était pas nous. Nous, nous étions prisonniers de notre tristesse incapable d’agir et de parler. Nous n’étions que larmes. Même maintenant, tout est triste, pale, sans émotion autour de moi. J’ai l’impression de vivre dans un film en noir et blanc. Cela fait exactement une semaine que c’est arrivé.
Je viens de m’arrêter et de relire ce que je viens d’écrire. C’est étrange, je n’arrive même pas à dire, ou à écrire, ce qui c’est passé. Je dis « ça » ou « ce ». J’ai encore l’impression que ça ne c’est pas réellement passé, j’espère encore que je vais me réveiller. Même dans mes pensées je n’emploie jamais LE mot pour désigner cet évènement. C’est stupide, je sais. Je crois qu’il va falloir que je l’accepte enfin. Que j’accepte ce mot maudit. C’est peut-être le moment idéale. Je sens que c’est le bon moment et que je peux y arriver même si c’est très difficile. Il est mort. Ca y est je l’ai écris, je l’ai pensé. J’ai fermé les yeux pour l’écrire. Je n’ose pas me relire. Encore un défi qu’il faudra surmonter. Finalement je l’ai fait. Ces trois mots sont horriblement mal écrits. Ce n’est pas droit, certaines lettres sont plus grosses que d’autres, l’encre bave un peu. « Il est mort ». Cette pensée vient de me traverser l’esprit. Je crois que je le découvre pour la première fois. Je me sens bizarre. Une sensation étrange au niveau du cœur. Mon film reprend quelques couleurs. Je remarque que dehors le soleil est magnifique et que la maison est totalement silencieuse. Il n’est même pas troublé par le bruit d’une mouche. D’habitude, on entendait toujours Alexandre jouer à cette heure. Il me manque. A chaque moment de la journée, je pense constamment à ce qu’il faisait ou bien à où il était. Il me manque à chaque instant. Je ne sais pas comment vivre sans lui. Pourtant, en réfléchissant, j’ai su le faire, je l’ai fait pendant de nombreuses années avant sa naissance. Je savais sourire sans lui. J’ai oublié comment faire. J’ai perdu la recette du bonheur sans lui.
La semaine a été très pénible. Mes souvenirs de cette semaine ne sont qu’un amoncellement de détails. Une sorte de puzzle géant qu’il me faut reconstitué. J’ai oublié beaucoup de choses aussi, souvent le plus important, ce qui permet que les évènements soient logiques et s’enchaînent. Et puis il y a ces souvenirs dont je ne sais même plus si ils sont réels ou si je les ai imaginés. Le plus troublant de ses souvenirs est le meurtre. Le second meurtre. Celui que j’ai (peut-être) commis. Je ne sais pas si je préfère l’avoir tuer ou ne pas l’avoir tuer. Si je l’ai réellement tuer, écrire tout cela dans ce journal est très imprudent ; cependant, pour le moment, je pense que c’est le seul moyen de reconstruire les souvenirs de cette semaine. Mais, mon dieu, un meurtre comment est-ce que j’aurais pu faire ça. Il faut absolument que je sache si ce souvenir est vrai ou pas. Je n’en suis pas capable pour le moment, il est trop confus dans ma tête. Le premier souvenir que je sais véridique à cent pour cent est l’arrivé de Guillaume et de la Police. Je me souviens ensuite de Marie qui est arrivée. Je pensais qu’elle allait nous interroger. Mais quand elle s’est approchée j’ai vu qu’elle était aussi bouleversée que nous. Ses yeux étaient gonflés et rouges. Elle se retenait de pleurer. Elle nous a dit qu’elle était censée nous emmenés au commissariat pour entendre ce que nous avions à dire mais que ni elle ni nous étaient en état de le faire à ce moment. Elle nous a dits alors que l’on devrait rentrer chez nous et essayer de nous reposer et qu’ils feraient tout ce qui est en leur pouvoir pour trouver le salaud qui avait tué notre enfant. Elle nous demanda tout de même d’aller au commissariat le lendemain.
Le lendemain, nous avons été là-bas. Marie nous attendait. Elle semblait aller un peu mieux, mais elle perdit le peu de bonne humeur qu’elle avait regagnée en nous voyant. Nous devions paraître bien misérables. Elle nous demanda de raconter ce que l’on savait et nous posa de nombreuses questions. J’ai l’impression que cet entretien a duré des heures et des heures. A un moment, je me rappelle avoir pensé que ma place était plutôt ironique et qu’habituellement c’était moi qui posait les questions et qui devait gérer l’interrogatoire. Car il faut bien appeler ça par son nom, c’était un interrogatoire et j’étais une suspecte potentielle dans l’assassinat de mon fils. Je ne me rappelle que très peu des questions qui m’ont été posées. Je revois Marie, me poser ses questions parfois un peu gênée de devoir me demander ce genre de choses ou parce qu’elles allaient contre sa conviction personnelle (il était évident en la voyant qu’elle ne pensait pas que j’avais tuer mon propre fils, mais elle devait le faire parce que c’était, quand même, une possibilité à ne pas négliger). Je cherche dans le plus profond de ma mémoire un indice qui ne permettrait de savoir si j’ai assassiné quelqu’un. Je repense à quelques questions «A quelle heure l’assassinat c’est-il passé ? », « Qu’as-tu fait exactement avant et après ? », « Comment cela s’est-il passé ? », des pourquoi aussi. Je ne me rappelle pas vraiment ce que j’ai répondu. Ca y est, ça me revient elle me l’a dit. J’entends sa voix me disant qu’un homme avait été retrouvé mort, apparemment tué, d’une balle dans la tête mais qu’ils ne savaient pas son identité et s’il avait un rôle dans ce meurtre. Cette révélation me bouleverse. L’idée d’avoir tué se dessine à nouveau et se confirme légèrement. Je m’arrête un instant. Je pense que si cela s’avérait vrai que ne pourrait pas le supporter.
Je me suis levée et j’ai été boire une grand verre d’eau. Je me suis calmée un peu, ça va mieux. Il faut que j’arrête d’autant de me tourmenter pour ça. Après tout il n’est pas du tout certain que j’ai fait cela. Reprenons le fil des évènements. Je me rappelle, lors de l’entretien, avoir demander quand est-ce qu’on pourrait récupérer le corps d’Alex. Elle m’a répondu qu’ils avaient demandé une autopsie, et donc que ça pouvait prendre quelques jours. Je me souviens qu’elle a ajouté « deux jours maximum, je te le promets. ». Elle essayait de me réconfortait comme elle le pouvait. Je la savais partagée être son amitié et ses obligations qu’imposait son boulot de flic. Marie n’avait pas menti, deux jours plus tard, il y eut l’enterrement d’Alexandre. Ce fut un moment très dur. J’ai eu beaucoup de mal à supporter son organisation ainsi que tous les préparatifs pour l’arrivée de la famille. Il y eut beaucoup de monde. Malgré cela je m’y sentais très seul. Ils ne pouvaient pas comprendre ce que je ressentais. J’avais l’impression que beaucoup n’était pas là pour lui dire un dernier au revoir mais simplement pour faire bonne figure. J’avais le sentiment que seul Guillaume pouvait me comprendre et qu’uniquement quelques personnes très proches étaient réellement tristes. Je voulais, à ce moment que cet enterrement ne soit que pour moi et ces quelques personnes qui tenaient vraiment à lui. J’ai l’impression que je n’ai pas pu lui dire au revoir de la bonne manière. Je me rappelle de cette foule habillée de noir se dirigeant vers le cimetière. Le ciel était gris foncé ce jour-là. Il s’accordait exactement avec ma tristesse. L’atmosphère était humide, il pleuvait presque, comme si les nuages retenaient leurs larmes de la même manière que moi qui retenait les miennes pour paraître forte et ne pas craquer devant tous ces gens qui me présentaient leurs condoléances. Je pense que Guillaume l’a vécu de la même façon que moi. Le soir, nous étions vidés. Nous ne nous sommes même pas adressés un seul mot, ni même un geste tendre. Nous avons vécu ça comme deux personnes solitaires et isolées. Je pense que nous en avions besoin. Maintenant, quand je repense à cet enterrement, j’aimerais qu’il ait été totalement différent. Si je pouvais remonter le temps, il y aurait eu beaucoup de couleurs. Les gens ne seraient pas en noir mais de toutes les couleurs. Le ciel aurait été ensoleillé. Il y aurait de la musique joyeuse et dansante. Les gens riraient et seraient heureux. Ils danseraient aussi. Ils se remémoreraient les bons moments qu’ils avaient passés avec Alex. Je pense que ça aurait été le meilleur hommage à lui rendre parce qu’il était comme ça, toujours souriant et plein de vie. Il respirait le bonheur et la gaieté. Il aurait su alors que même mort il continuerait à nous donner ce qu’il nous a toujours donner : l’amour de la vie.
Cette pensée me rend heureuse même si la douleur et le regret sont toujours là. Elle me redonne goût à la vie. Je regarde autour de moi. Je suis installée confortablement dans un coin de mon canapé tenant sur mes genoux un vieux cahier brouillon qui me sert de journal et un stylo bic bleu qui fonctionne mal. Je porte de vieux vêtements que j’adore et qui ont pris, avec le temps, la forme exacte de mon corps. Mes longs cheveux sont détachés. Je me rends compte, que malgré son absence et tout ce que cela entraîne, je suis heureuse. J’ai un mari, un métier, une petite maison, de quoi manger. Ou plus simplement, je vis, je respire. Guillaume somnole à l’autre bout du canapé. Il a l’air calme. Tous les soucis de ces derniers jours ne marquent plus son visage. Ses sourcils sont un peu froncés. Il doit faire un mauvais rêve. Et c’est bien normal avec tout ce qui c’est passé. C’est très difficile de trouver le sommeil ces derniers temps. Quand je le trouve enfin c’est pour faire des cauchemars. Je me réveille plusieurs fois par nuits en sueur ou en larmes complètement surexcitée. C’est dans l’un de ces cauchemars que j’ai vu (ou revu) pour la première fois ce coureur se faire tuer par ma main. Je viens d’écrire « ce coureur ». Je ne m’étais jamais souvenue qu’il fût un coureur, un type qui faisait son jogging. J’ai besoin de me reposer, de fermer les yeux quelques minutes.
Oh non ! Non, non, non ! S’il vous plaît ! Ce n’est pas possible. Dites moi que c’est faux. Quelques instants après avoir fermer les yeux, j’ai tout revu, j’ai tout revécu. C’est moi qui ai tué ce gars. C’est moi ! J’ai revu son visage, ses attitudes, son allure, sa démarche. J’ai ressenti une nouvelle fois tous mes sentiments, ma haine, ma colère, mais aussi tous mes gestes et le contact de l’arme dans mes mains. J’ai revécu aussi ma froideur et ma dureté au moment de l’exécuter. Ca me fait froid dans le dos. Je commence à m’effrayer moi-même. J’ai l’impression d’être un monstre et d’être sans cœur. Je me dégoûte. J’ai encore envie de pleurer. Je ne peux plus écrire, mes mains tremblent trop. Il faut que je me calme et que je finisse de mettre tout cela au clair. C’est bon je me suis calmée. J’ai respiré lentement. C’est très étrange (et ça me fait peur), je viens de redevenir calme exactement de la même manière que j’ai utilisé pour retrouver ma concentration après l’avoir tué. Je me souviens de tous les détails mais je n’arrive pas à croire que j’ai pu faire ça. C’est inimaginable. Cependant (si je fait confiance à ce souvenir) il y a un moyen d’en avoir le cœur net. J’aurais gardé l’arme dans mon sac. Mon sac à main est dans l’entrée, par terre, près de la porte à quelques mètres d’ici. Mais je n’arrive pas à m’y résoudre. C’est tellement … impossible. Je n’arrive pas à trouver le courage nécessaire. La vérité est si dure à affronter. J’appréhende la découverte de l’arme. Mais d’un autre côté, je trouve cette peur ridicule. C’est absolument impossible que j’ais pu faire cela. Il faut que j’aille vérifié, je dois le faire.
Je l’ai fait. Je me suis levée en essayant de faire le moins de bruit possible. Je ne voulais surtout pas que Guillaume se réveille. Je me suis dirigée vers l’entrée de la maison. Le sac était bien là où je le pensais, par terre à côté de le porte. Je me suis baissée lentement et j’ai ouvert la fermeture éclair du sac. J’ai regardé à l’intérieur. Il y avait quelques tickets de caisses, un paquet de mouchoirs à moitié entamé, mon portable, quelques broutilles et au fond elle était là. Le Colt 45 était là, brillant, caché à moitié par l’ombre du sac. Je l’ai sorti du sac, priant pour que Guillaume ne se réveille pas. Je me suis retourné pour vérifier si il dormait encore. J’ai ouvert le chargeur. Deux balles avaient été utilisées. Une pour Alex, une pour son meurtrier. J’ai remis le chargeur en place et l’arme au fond de mon sac que j’ai par la suite soigneusement refermé. C’est bien moi qui l’ai tué. J’ai tué cet homme. Cette phrase se répète sans cesse dans ma tête. J’ai les larmes aux yeux, encore. Pourvu que Guillaume ne se réveille pas, il ne faut pas qu’il me voie dans cet état. Que vais-je faire maintenant ? Que dois-je faire ? Il y a urgence. Il n’y a qu’une chose à faire. D’abord, cacher cette arme et ce journal que je refuse de brûler ou de supprimer les passages compromettants. Ce journal est mon confident, il garde mes souvenirs identiques au moment où je les ai vécus. C’est ma mémoire. Je ne le modifierai jamais. Et ensuite, faire en sorte que personne ne lise ces pages ou ne découvre l’arme et ce que j’ai fait.

http://img66.exs.cx/img66/3710/9024.jpg
 Boite-à-musique
 Messages postés : 1522
 agent double
 Boite-à-musique
  Posté le 14/08/2004 21:03:50
Send a private message to Boite-à-musique
Bravo ! super style ! c'est très prenant ! continue !

Elle n’était pas digne de toi
Faut surtout pas que tu la regrettes
En plus elle te trompait
On le sait on se l’est tous faite
Vraiment tu mérites mieux
Elle ressemble à Jean Gabin
Nous remercie pas mon vieux
C’est fait pour ça les copains
 juliathorne
 Messages postés : 3290
 agent triple :)
 juliathorne
  Posté le 14/08/2004 22:08:43
Send a private message to juliathorne
ouh la c'est impressionant! ca m'a filé la chair de poulette ton chapitre!!

Miaouuuu
 saralias
 Messages postés : 2355
 agent triple :)
 saralias
  Posté le 16/08/2004 10:37:24
Send a private message to saralias
  waow exellent ce chapitre, le style est vraiment exelent.
Vivement la suite

http://img278.imageshack.us/img278/432/1miabann2jg.jpg
Pages : Prec. 1 2

forum Index du forum forumFanfic forumfanfiction
Haut
Aller à :
  Ajouter une réponse rapide

Ajouter une réponse rapide