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Forum Alias par fil2001 Administrateurs :fil2001
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forum Index du forum forumFanfic forumImmortel ( fic saison 5- SPOILERS)

Auteur : Sujet: Immortel ( fic saison 5- SPOILERS)  Bas
 Analias
 Messages postés : 85
 jeune recrue CIA
  Posté le 09/08/2005 19:19:41
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C'est un chapitre très émouvant et excellent comme d'habitude.
Vivement que Vaughn lui fournisse des explications ...
Au fait , vas-tu continuer "Au bout de la vérité" ?

Vivement la saison 5...
Mon skyblog sur Alias : http://analias.skyblog.com/
http://img358.imageshack.us/img358/6393/forever25oi.jpg
 spydinette
 Messages postés : 726
 agent simple
 spydinette
  Posté le 09/08/2005 19:36:42
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Avec toi, au moins, l'attente n'est jamais déçue, et va même au-delà de ce qu'on peut attendre!
Merci pour ces moments de bonheur.

http://aycu15.webshots.com/image/28414/2001187556516847847_rs.jpg

Saison 4 virtuelle
 aliasfan
 Messages postés : 331
 agent d information
 aliasfan
  Posté le 10/08/2005 00:12:17
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wow! éblouissant! j'adoore!

http://img368.imageshack.us/img368/3364/bansark7rt.jpg

sark forever ( clin d'oeil à raiddingue) quoi qu'il arrive!

Si la logique te dit que la vie n'a aucun sens,
ne renonce pas à la vie, renonce à la logique!
 scg
 Messages postés : 3096
 agent triple :)
 scg
  Posté le 11/08/2005 11:25:53
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Citation :

Analias  a dit :

C'est un chapitre très émouvant et excellent comme d'habitude.
Vivement que Vaughn lui fournisse des explications ...
Au fait , vas-tu continuer "Au bout de la vérité" ?




Oui je finirai sans doute. je ne sais pas pourquoi je n'ai eu plus envie soudain. Mais l'envie revient toujours!
Merci en tous cas pour ton message et merci aussi aux autres!

 clairette
 Messages postés : 1230
 agent double
 clairette
  Posté le 13/08/2005 10:36:30
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pinaise c'est trop génial !! J'aime bien le fait que tu raconte par flash back, on est un peu perdu dans le chronologie mais c'est ce qui fait tout le charme de la série. Vraiment j'ai hate de lire la suite.

fan de ma choupi, de ma wonder myki et de mes légumes que j'aimeu !!
http://rambaldiexpo.skyblog.com/pics/476342553.jpg
mon blog de wall sur alias
 scg
 Messages postés : 3096
 agent triple :)
 scg
  Posté le 14/08/2005 20:26:15
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Oui ce chapitre était un peu compliqué avec ces histoires de changement de période. Moi je m'y retrouve mais il ne faut pas que je sème les autres!!
Bopn le chapitre suivant est plus statique et moins "sautillant" dans le temps!
Merci pour tous ces comentaires!


Chap 7


Le répit de Vaughn dura une semaine et même moins si on considérait les quelques questions que lui posa Sydney.
Il dormit deux jours complet se demandant d’ailleurs en quoi le coma différait de cette fatigue extrême qu’il ressentait. Mais il était conscient et il y avait toujours quelqu’un près de lui, souvent Sydney. Mais la spontanéité du début avait laissé la place à une tension presque palpable. Ils avaient été séparés longtemps et ils se retrouvaient dans des circonstances très différentes. Syd arborait un ventre rond qui le fascinait. Il ne parvenait pas cependant à faire le lien entre son état et lui. Il savait qu’il était le père de cet enfant. Mais il y avait une sorte de miracle dans son apparition.
Et puis il y avait tout ce qu’il savait…Cet enfant était un bonheur mais compliquait déjà tout.
La tâche à accomplir lui parut gigantesque : reprendre des forces parce qu’il en aurait besoin, essayer de recoller les morceaux de sa vie personnelle, élucider définitivement ce que Sark voulait de lui, composer avec sa mère.
Elle était réapparue finalement.
Sydney presque négligemment avait dit le troisième jour :

- Ta mère a été avertie de ton réveil. Elle souhaiterait te voir.

Il avait eu un choc. Il ne s’y attendait pas mais elle ne pouvait pas faire moins que venir le voir. Il fallait sauver les apparences et cacher les secrets aussi. Il avait hoché la tête en signe d’accord. Sydney lui demandait son avis en réalité.
Elle était venue l’après midi même et Sydney avait quitté la pièce par souci de discrétion.
La rencontre avait été glaciale. Elle avait déposé un baiser sur sa joue cependant. Il ne se souvenait pas en avoir reçu un depuis très longtemps mais il n’en avait pas été ému. Il y a avait longtemps qu’il avait fait son deuil de tout cela avec sa mère et il y a avait eu trop de choses dans leur vie à tous deux.
Elle était partie assez vite, dieu merci. Sydney avait reparu le visage fermé et triste. Il lui devait des explications, celles qu’il n’avait pas pu fournir. Il avait commencé, péniblement. C’était lourd.

- Je n’ai plus de relation avec ma mère depuis que j’ai 16 ans environ. Je suis entré dans une pension huppée à LA mais cela faisait déjà longtemps que ça n’allait pas entre nous. Après j’ai poursuivi mes études, je suis entré à la CIA et je l’ai définitivement déçue.

Il eut un petit rire amer.

- Elle voulait que je reprenne les affaires de son mari. Quelle merveilleuse idée !

Sydney tenta une petite diversion en disant :

- Tu aurais mené une vie plus aisée et moins dangereuse.
- Oui, mais je ne voulais rien avoir à faire avec mon beau-père. C’est très ironique d’ailleurs puisque apparemment la seule chose qui l’intéressait au début c’est moi et mon père !
- Que veux tu dire ?
- Ce que tu as compris. Il est arrivé dans la vie de mes parents avant la mort de mon père avec sa passion pour Rambaldi. Il savait le rôle que mon père y jouait et celui de ta mère d’ailleurs. Il a dû juger que tu serais entre de bonnes mains ou alors il a eu une opportunité inespérée avec la mort de mon père mais il a décidé que se marier avec ma mère était une bonne idée pour approcher les documents de mon père. Et moi.
- Mais pourquoi toi ?
- Et bien il a déduit que rien n’arrivait par hasard dans les affaires de Rambaldi et que mon père ne pouvait pas avoir un rôle aussi important sans que moi j’en ai un.

Sydney fronçait les sourcils d’incompréhension. Elle avait eu l’intention de limiter ses confessions, elle ne voulait pas qu’il se fatigue mais ce qu’elle apprenait allait bien au delà de la simple vie d’un petit garçon malheureux dans sa nouvelle famille. Il poursuivait le regard fixé devant lui, les points crispés sur le drap.

- Il a établi je ne sais pas comment que je devais être celui qui devrait rencontrer l’Elue.

En parlant, il se tourna vers elle et la fixa. Elle sentit une interrogation dans le regard, celle de quelqu’un qui a très peur des conséquences de ses propos. Elle était trop étonnée pour dire quoi que ce soit. Elle attendit.

- J’ai accepté de faire ça. Je dois le dire. J’ai accepté de jouer ce rôle.

Il avait la voix cassée en disant ça.

- J’ai fait pire.

Sydney se demanda si elle n’allait pas l’interrompre. Elle se tassait lentement dans son fauteuil attendant la phrase suivante comme le coup de grâce. Elle savait qu’elle avait volontairement mobilisé son énergie sur la survie de Vaughn pour ne pas penser à ce qu’il avait pu lui cacher. Les autres membres de l’équipe avaient, de façon tacite, pas vraiment chercher à éclaircir ce qui était trouble. Si Vaughn mourait, personne ne voulait salir inutilement sa mémoire. Mais il allait vivre et tout allait surgir. Il allait falloir composer avec le scandale éventuel mais aussi avec son propre sentiment de trahison. Et elle ne trouvait pas pour le moment d’explication à son silence. Pourquoi, alors qu’ils étaient si proches, ne lui avait-il rien dit ? Pourquoi avait-il attendu le dernier moment ?
Elle se tut pourtant. Elle laissa Vaughn réunir ses pensées et lui exposer la suite.

- J’ai fait pire . J’ai accepté de lui donner des renseignements sur la prophétie. J’ai toujours suivi les activités de Sloane et je connaissais ce qu’on voulait bien me dire de cette prophétie. En étant à la CIA j’avais accès à certains dossiers très sensibles et aux recherches déjà faites sur la question, notamment celles de ton père après la mort supposée de ta mère. Grainger a su s’y prendre. Je le haïssais. Il est entré dans la vie de ma mère et l’a subjugué par son argent et son pouvoir. Elle a oublié mon père en quelques soirées et avec quelques bijoux. Je n’ai jamais pu lui pardonner. Elle a beaucoup changé après. Je pense qu’elle a compris trop tard que Grainger n’avait pas vraiment envie de vivre avec elle. Depuis, elle s’est murée dans cet argent et plus rien ne l’atteint. Grainger m’a adopté. Je sais qu’il avait alors l’ambition de se placer dans la hiérarchie des personnes importantes de la prophétie. J’étais l’enfant qui en grandissant allait devenir une clé, il a pris soin de faire de moi un fils accompli. J’ai été formé pour ça. Je le sais. Je connais très bien le cas des enfants comme Allison, les enfants des projets les plus fous qui étaient à la mode durant la guerre froide. J’ai suivi quelques formations… expérimentales.

Elle frissonna. Elle avait ramené ses jambes sous elle et prenait une position fœtale recourbée sur son bébé. Elle était glacée d’effroi, de peine et d’horreur. Il avait été un enfant largement aussi solitaire qu’elle. Elle n’en avait jamais eu le moindre soupçon parce qu’il rayonnait de chaleur et d’attention comme si il avait reçu tant d’amour qu’il le restituait aux autres.
La voix maintenant assez monocorde poursuivait :

- Ce n’était pas si terrible …juste bizarre. Des sortes de colonies de vacances particulières avec des jeux vidéos haut de gamme pour l’époque. On bénéficiait des programmes militaires alors évidemment…J’ai grandi entre la froideur de ma mère, elle n’arrivait plus à me regarder en face, l’ambition de Grainger et mes propres souvenirs embellis, ceux de mon père…Logiquement, j’ai voulu faire comme lui. Ca semblait déranger Grainger au départ donc raison de plus de le faire. Contre l’avis de tous, j’ai cru imposer ma volonté !

Il eut de nouveau un rire amer.

- Ma mère n’appréciait pas mais Grainger si ! Même le fait que je reprenne le nom de mon père dès la porte de la CIA franchie ! Je devenais alors le fils Vaughn. Mon père était un homme apprécié et j’ai bénéficié de la sympathie qu’il avait suscitée.
- Mais jusqu’où es-tu allé ?
- Très loin. J’ai travaillé en couverture très jeune dans des groupes divers. Je croyais avoir alors un dossier tellement bon que j’étais l’agent le plus doué de ma génération. Mais je n’étais que le pion de Grainger. Il faisait en sorte de me mettre sur des dossiers bien supérieurs à mon grade et mon expérience. Il avait alors plusieurs amis bien placés pour cela et sans doute des alliés directs dans la place. J’ai donc travaillé pour lui . J’ai même fini par le savoir. Un jour, sur une mission, un agent, Haladki, tu te souviens ? m’a dit que je ne devrais pas me trouver là. J’étais juste le fils d’un type important. J’ai débarqué chez Grainger le lendemain. Il n’a même pas nié. J’ai voulu arrêter. Si je servais la CIA, je servais surtout ses intérêts. Mais j’ai continué tout de même parce que je profitais de ma place pour me renseigner sur mon père. J’ai été naïf et orgueilleux. Et puis tout a changé.

Le silence s’installa brutalement dans la pièce. Depuis, le début de ses aveux, il la regarda vraiment. Il avait les yeux fatigués, cernés de noir, et la partie amoureuse d’elle même eut envie de se lever et d’aller apaiser ses craintes et sa lassitude. Mais une autre partie dont elle ne savait pas le nom résista et elle le regarda. Elle savait qu’il avait encore beaucoup à dire. Il reprit en l’observant cette fois :

- E t puis, il y a eu toi. Un soir que je rentrais d’une mission compliquée. Je n’étais pas officiellement un agent de terrain donc je devais à chaque fois assurer mes missions dans mes loisirs , mes congés ou lors de faux voyages. Tu as connu ça… Grainger m’a appelé et m’a dit qu’une formidable opportunité s’ouvrait à nous. J’ai adoré le « nous » ! Il m’a dit qu’un agent central du SD6 de son grand ami mais aussi concurrent Sloane était sur le point de trahir.
- Comment ont-ils su cela sans que je le sache moi même ? s’exclama Sydney.
- Ils avaient suivi ton voyage et ce que tu faisais à l’étranger après la mort de Danny. Ils ont deviné…enfin , je suppose… J’ai reçu ce soir là ton dossier. Ils m’ont dit que tu allais débarquer à la CIA et qu’il faudrait que je convainque tout le monde que tu étais sérieuse, que je te mette en confiance et que je devienne ton agent de liaison. Je me souviens avoir éclaté de rire. Je ne voyais même pas comment j’allais faire. Il fallait que je dupe tout le monde… Et puis j’ai ouvert le dossier et j’ai vu ta photo. Je me suis dit que la mission était sympathique…

Sydney le regarda, pas très sûre d’apprécier le compliment déguisé. Il poursuivit :

- Ils m’ont dit que tu allais venir le lendemain ou le surlendemain et que je devais me tenir prêt. Ca me laissait peu de temps pour trouver une stratégie. Ils m’ont également dit que j’arrêtais toute autre mission définitivement. Je devais me consacrer à toi. J’ai donc rompu les liens avec ma partenaire de l’époque.

Sydney releva la tête brusquement. De qui parlait-il ?

- Et le lendemain tu étais là. Mon dieu, je crois que ç’a été le choc le plus fort de ma vie. Je me suis arrangé pour surveiller les lignes des principaux directeurs pour savoir qui te recevrait. Quand je l’ai su, je me suis proposé pour te recevoir. Weiss est venu avec moi. Le directeur n’a même pas sourcillé, il croyait à un canular au départ. Tu avais un visage et un regard extraordinaires. Je n’avais jamais vu de femme aussi belle que toi avec tes contusions, tes cheveux rouges et le feu dans tes yeux. Je me suis demandé dans quoi il me lançait. Mais je voulais le faire. Et là tout est devenu compliqué.
- Désolée, d’avoir dérangé ta petite vie d’agent double, railla Sydney sans joie.
- Sydney, ce n’est pas ce que je veux dire ! J’ai juste oublié pour quoi je faisais ça. J’ai voulu rester vers toi. J’ai voulu devenir ton agent traitant, j’ai voulu t’aider à lutter contre le SD6. C’était facile en plus. Grainger et ses amis me laissaient tranquilles. J’ai juste dit que je commençais les missions et que je les tiendrais au courant mais je ne l’ai jamais fait. Je te le jure, dit-il anxieusement en la regardant.

Elle ne savait plus quoi penser. Mais elle avait envie de le croire. Il n’avait pas pu feindre tout ce qu’il y avait eu. Il avait réellement pris des risques pour elle qui dépassaient toute mission.

- Un jour, évidemment , j’ai été rappelé à l’ordre alors j’ai menacé Grainger. Je lui ai dit que si jamais il continuait à me harceler et à me forcer à collaborer je le ferais sauter avec moi. Je me fichais de payer moi-même si je pouvais le faire exécuter pour crime de haute trahison. Je serais mort avec lui probablement. Il le savait mais il avait tout de même beaucoup à perdre. Il y a eu une explication terrible chez eux à New York. Ma mère me regardait comme si j’étais un serpent. A quoi s’attendait-elle ? Grainger a cédé. Je crois qu’il a à ce moment là fait le pari qu’il remettrait la main sur moi d’une façon différente mais ça je l’ignorais. Il a commencé ses recherches sur la prophétie directement. Finalement , l’Elue était toujours à sa portée puisque nous travaillions ensemble.

Il se tut littéralement épuisé cette fois ; Il ferma les yeux et ajouta simplement :

- Je voulais que tu saches tout, juste avant le mariage. Je n’ai pas voulu te mentir, j’ai juste eu peur des conséquences de mes actes sur notre relation. Je ne pensais pas que tu supporterais ces révélations avec ton passé, celui de ton père et de ta mère. Mais je voulais que tu saches qui tu épousais ce jour là parce que je t’aime. Je ne veux pas que tu me dises quoi que ce soit maintenant. Tu sais l’essentiel, réfléchis à tout cela et reviens me dire si tu veux encore que je joue un rôle dans ta vie.

Voilà. Pieds et poings liés. Il venait de faire ce qu’il avait prévu de faire six mois auparavant et il eut l’impression de poser son fardeau. Mais il n’avait plus, de nouveau, sa destinée en main. Sydney pouvait le renvoyer dans des limbes pire que celles d’où il venait. Mais il pensait que c’était juste.
Il entendit Sydney bouger dans son siège sans parler. Elle ne semblait pas vouloir partir tout de suite. Il ouvrit les yeux et vit les siens pleins de larmes fixés sur lui. Elle dit doucement :

- Je ne suis plus vraiment seule à décider. Il y a aussi un enfant entre nous.
- Oui, mais il ne peut rien dire.
- Non, mais je dois en tenir compte.

Il le pensait aussi mais il ne savait pas du tout si c’était un point positif pour lui. Il attendit. Elle demanda encore :

- Pourquoi ils t’ont gardé ?
- Je ne sais pas. Je n’ai jamais repris connaissance ou je ne m’en souviens pas. Je ne sais pas où j’étais ni avec qui. Sark est dans le coup mais je crois qu’il s’associerait avec le diable pour pouvoir me nuire et pour de l’argent. Ce que je ne comprends pas c’est que Grainger n’était pas au courant sinon ma mère aurait été plus discrète. D’après Weiss, elle a remué ciel et terre…

C’était un peu excessif. Elle avait peut être finalement joué la comédie pour ne pas attirer l’attention mais Sydney ne dit rien. Vaughn ajouta :

- Je suppose que c’est en lien aussi avec le bébé.
- Mais, je ne savais pas et toi non plus que j’étais enceinte au moment de l’accident.
- Non, c’est vrai mais sa date de naissance est prévue par Rambaldi, tu es l’Elue et Grainger a toujours pensé que j’étais comme mon père lié à tout cela. Je ne sais pas ce qu’ils voulaient mais ils ont renoncé à me tuer et  ça n’a aucun sens.
- Sauf si tu dois encore accomplir une mission selon eux.

Il se tut encore plus las. Cela ne finirait donc jamais…

Sydney le regarda et constata qu’il s’était endormi. Il avait le visage creusé et elle eut une bouffée de tendresse involontaire en regardant ses bras amaigris par l’inactivité. Il avait été traumatisé par sa faiblesse, la veille, quand des médecins l’avait aidé à s’asseoir dans son lit. Il était comme un nouveau-né, avait-il dit. Les médecins avaient assuré qu’il récupérerait vite. Il était d’ailleurs plus tonique aujourd’hui.
Elle se leva et caressa sa joue avant de quitter la pièce. Il avait raison, il fallait qu’elle réfléchisse à tout ça et pas à côté de lui. Même inconscient et endormi, il avait un effet bizarre sur elle et elle devait prendre une décision sans être sous influence. La seule chose dont elle était sûre c’est que la CIA n’aurait aucune information d’elle sur le passé de Vaughn.



Vaughn se réveilla une semaine plus tard seul dans sa chambre. C’était la première fois qu’il n’y avait ni Weiss ni quiconque de sa connaissance. Sydney avait pris des nouvelles mais n’était pas revenue. Il se sentait profondément seul et il ne pouvaitt s’empêcher de penser que cela était de bien mauvais augure pour lui. L’infirmière habituelle vint et elle fit les frais de sa mauvaise humeur. Puis ce fut le défilé des enquêteurs. Des types, tous les mêmes, en costume noir avec un attaché-case issus de toute sorte d’agence venaient le questionner. Cela faisait deux jours que cela avait commencé. Tant que les médecins avaient interdits toute visite hormis celle de ses proches , il avait été à l’abri, mais depuis leur feu vert, une vraie meute de chiens de chasse soupçonneux lui tournait autour et il doutait de s’en sortir sans problème. Il ne savait pourtant rien mais tout le monde fouillait dans son passé et il y avait une bonne chance qu’un jour ou l’autre, ils découvrent ses liens avec Sophie.Ca faisait des années qu’il ne l’avait pas vue et il ne savait même pas si elle était en vie et franchement elle pouvait bien pourrir au fond d’un trou obscur il ne s’en préoccuperait pas. Elle avait été la pire chose qui avait existé dans sa vie.
La journée fut éprouvante. Il n’eut pas une seconde de répit. Seul un employé de l’hôpital sensé lui faire faire des exercices physiques réussis à chasser temporairement les enquêteurs de sa chambre.
Il se sentait beaucoup mieux pourtant, moins faible.
Il s’assit sur son lit et il était tellement occupé à faire fonctionner ses membres qu’il n’entendit pas la porte s’ouvrir.
Quand il entendit un petit bruit il fit volte face et se retrouva face à Sydney. Il eut un petit choc au creux de l’estomac, sensation familière mais qu’il avait comme oubliée.
Il se redressa et un silence gêné s’installa que Sydney rompit enfin :

- Bonsoir ! Je vois que tu es beaucoup mieux.
- Oui, merci. J’ai beaucoup récupéré. Enfin, je peux faire au moins trois couloirs d’affilée maintenant sans tomber !
- Ca me fait plaisir.

Il attendait aussi mal à l’aise que lors d’un premier rendez-vous. Même adolescent il n’avait pas eu des rigoles de sueur dans le dos en invitant sa première copine à sortir avec lui. Il avait envie de lui poser la seule question intéressante : « est-ce qu’il y a une petite chance que tu me pardonnes et que nous cherchions ensemble dans quoi je me suis fourré ? »
Sydney le regardait toujours les mains dans le dos. Cela mettait en évidence son ventre et il se dit qu’il n’avait jamais pensé qu’une femme enceinte pouvait être aussi jolie et sexy. Il avait eu le temps de méditer sur cette nouvelle vie qu’il avait contribué à faire vivre et il avait une envie folle de lui poser des questions , de satisfaire sa curiosité sur cet enfant. Il devait bouger, elle devait vivre des sensations époustouflantes et il n’avait même pas pu échanger deux mots avec elle à ce sujet. Peut être se serait-il alors senti moins seul.
Sydney le regarda et après une dernière hésitation commença :

- Je voulais aussi te parler de tout ce que tu m’as dit…Tout d’abord, je commence à enquêter de mon côté sur ton passé. Il faut qu’on sache tout avant les imbéciles qui ont été mis sur le dossier. On essaye de les tenir à distance, on va trouver quelque chose mais moi je veux savoir. Tu peux comprendre, je suppose ?

Il fit un signe de tête mais il n’eut pas le courage de lui demander de faire cette enquête en commun.

- Je suis installée chez mon père.

Il entendit la phrase et refusa de l’analyser durant dix secondes. Il savait qu’il n’aimerait pas.
- Tu n’es pas à la maison ?
- Non . C’est mieux pour le moment, je suppose.

Elle eut un rire gêné.

- Il a très peur que je m’éternise. Il ne le dit pas mais il ne veut pas être là pour l’accouchement. Je crois qu’il panique comme un fou.

Il se demanda pendant quelques secondes s’il rêvait et dit la voix hésitante :

- Tu penses que Jack va jouer son rôle de grand père comme ça ? Mais cet enfant a un père !
- Oui. Je ne t’ai pas caché cela.
- Oui, tu aurais pu, c’est vrai, dit-il contrôlant difficilement la colère dans sa voix.
- Tu n’as pas été aussi franc avec moi.
- Je sais mais je t’ai expliqué…
- Oui mais c’est difficile de savoir que tu as été en service commandé avec moi dès le début. Je me sens …c’est comme si tu avais installé des micros chez moi, des caméras et jeté aux yeux du monde mon intimité. Je t’ai tout dit, Vaughn . j’avais une confiance aveugle. Je n’ai jamais accordé cela à personne. Tu as eu cela et je me demande si tu en étais digne.

Il eut un haut le corps mais ne dit rien. Il la regarda. L’incertitude était finie.

- Donc, je disparais de ta vie ?
- Non, c’est impossible, dit-elle tristement.
- Désolé que ce ne soit pas si facile, dit-il ironiquement.
- Il y a mon bébé dont tu es le père.
- Mon bébé ?
- Le mien. Tu en es le père mais je ne sais pas si je veux que tu joues un rôle dans sa vie. Je ne veux pas le priver de toi mais je ne veux pas non plus que…
- Je ne te laisserai pas me tenir à l’écart.
- Tu n’as aucun droit sur lui. Nous ne sommes pas mariés, tu ne peux rien faire pour le moment.

Il préféra se taire. Il  avait la gorge serrée et se demanda soudain s’il n’allait pas tout simplement avouer tout ce que ces gens voulaient l’entendre dire. Mais ce serait trop facile. Sydney le regardait avec de la tristesse dans les yeux. Ce qu’elle disait ne semblait pas la réjouir outre mesure.
Il s’approcha d’elle et s’arrêta juste devant elle.

- Je ne pense pas que ça nous séparera. Rien n’y est parvenu.
- Je ne sais pas Vaughn, je ne sais pas.

Il ne la regarda pas partir mais entendit la porte se refermer doucement.


 aliasfan
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 aliasfan
  Posté le 14/08/2005 21:25:03
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Wow! Vraiemnt touchant! J'adore surtout la dernière phrase. Il me semble que j'entend la porte se refermer.  

http://img368.imageshack.us/img368/3364/bansark7rt.jpg

sark forever ( clin d'oeil à raiddingue) quoi qu'il arrive!

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 hitgirl
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 préparteur du café de Syd
 hitgirl
  Posté le 14/08/2005 21:38:06
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franchement y'a pas à dire...je suis fan! On aura le droit à une happy end?

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 PititeCarotte
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 PititeCarotte
  Posté le 15/08/2005 16:46:33
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J'ADORE ! Il est super ton fics y aura t'il une suite ?

Méga fan de ma patate, de mon chou fleur, de ma Syd d'amour, de ma karibou et de titi !!! J'vs aimmmmeeeeeee bicoup

MV is SO hot !!!!!!!!!!!!!
 PaupoAlias
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 jeune recrue CIA
 PaupoAlias
  Posté le 15/08/2005 17:11:00
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Oui continue parce qu'elle est vraiment bien. tu sais très bien entretenir le suspense !!!

 sydney..alias lody
 Messages postés : 627
 agent simple
 sydney..alias lody
  Posté le 16/08/2005 21:48:27
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tu veux me tuer scg?..captivant vraiment passionant ...c'est extraordinaire comment tu peux exactement explqué et detaillé tsou leurs sentiements et tout ce qu'ils ressentent..c'est tout a fait ce que j'imaginais..merci pour tout.....

http://scolaicite.free.fr/Silence/images/1saison3.jpg
 spydinette
 Messages postés : 726
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 spydinette
  Posté le 17/08/2005 07:50:09
Send a private message to spydinette
Ce qu'il y a de chouette, c'est que tu te places de manière égale du point de vue de l'un et de l'autre... Tu as une manière de faire des transitions, un peu à la manière d'une caméra. On voit Sydney, tu te mets à sa place, on trouve Vaughn, tu te mets alors à la place de Vaughn, en te concentrant davantage sur lui... C'est génial!

http://aycu15.webshots.com/image/28414/2001187556516847847_rs.jpg

Saison 4 virtuelle
 scg
 Messages postés : 3096
 agent triple :)
 scg
  Posté le 17/08/2005 19:47:39
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Bon allons-y chapitre suivant et sa liste de révélations...
Merci de lire et de commenter toujours gentiment!!


Chap 8 :


Vaughn entra dans la salle de réunion de l’APO avec un sentiment de malaise qu’il n’avait pas éprouvé depuis des années, il ne savait même plus à quelle occasion.
Il était en retard ou plutôt il sut qu’on avait fait en sorte qu’il le soit. Il lança un coup d’œil à Sloane et le regard que celui-ci lui lança ne trompait pas. Cela voulait à la fois dire : « bienvenue au club des parias ! » et aussi «  tu vas payer , et cher ! ».
Tout le monde était assis et hormis Weiss, qui le regardait , tous les autres évitaient son regard. Syd avait les mains croisés devant elle et contemplait l’ongle de son pouce avec une attention suspecte mais ses jointures blanches en disaient longs sur sa tension nerveuse. Jack lisait un dossier, très absorbé. Marshall se leva puis se rassit, tenta de le saluer puis se leva de nouveau. Il fallut que Jack lui pose une main apaisante sur l ‘épaule pour qu’il cesse de s’agiter. Une jeune femme blonde qu’il n’avait pas vu au départ le regardait pourtant. Elle tenait un mug de café debout accoudé à un meuble et s’approcha de la table et s’assit près de Sydney. Elle était jeune et jolie et en passant près de lui le toisa avec dédain. Il la regarda et lui rendit son regard hostile. Il allait passer un sale quart d’heure, il le savait . La notion de quart d’heure était d’ailleurs très faible. Pour tout dire, il avait de fortes chances de  ne plus travailler avec ces gens là. Il refusait d’envisager cette possibilité. Mais il n’allait pas se laisser traîner dans la boue par une gamine.
Sloane parla le premier :

- Monsieur Vaughn…enfin...asseyez-vous…Nous vous attendions.

Vaughn évita de préciser qu’on lui avait communiqué visiblement une mauvaise heure de rendez-vous. Il s’assit à la seule place disponible loin de Sydney, près de Marshall et de Weiss. Il sentait qu’on le mettait en condition. Il soupira et attendit. Il savait qu’il aurait droit à un accueil pénible.

Il était sorti de l’hôpital il y avait une semaine. Il avait globalement récupéré. Sydney était venu le chercher mais elle l’avait déposé chez eux avant de s’éclipser rapidement. Elle vivait chez son père ce qui lui était rarement arrivé depuis son enfance. Il avait éprouvé une sensation d’échec cuisant. Elle lui avait juste dit que l’APO ne dirait rien, qu’on le couvrait. Les enquêteurs allaient trouver une explication toute prête pour cet accident et il ne serait pas inquiété. Mais, il devrait coopérer avec eux. Vaughn se demandait exactement en quoi allait consister cette coopération.
Il avait errer dans cet appartement qui sentait le renfermé sortant uniquement pour s’alimenter. Il ne savait pas quoi faire. Il voulait dire à Sydney que rien n’avait changé pour lui. Il l’aimait. Peut être qu’elle aussi. Mais elle n’avait plus confiance et elle le tenait à distance par une froideur qu’il ne lui avait jamais connue. Elle avait soigneusement choisi ses mots pour lui parler ce soir là dans l’entrée de leur propre appartement :

- Je vais bientôt arrêter de travailler pour le bébé. Enfin, je resterai à la maison…Je veux bien que tu viennes me voir  et que tu m’accompagnes à une visite chez le médecin. Quand le bébé sera né, nous aviserons.
- Aviser quoi ? avait-il répliqué la voix tendue.
- Si tu le verras…
- Si ?
- Et bien…
- Je le verrai parce que je suis son père.
- Beaucoup d’enfants ne voient jamais leur père, avait-elle répliqué , cinglante.
- Tu crois que c’est le mieux pour cet enfant ?
- J’aurais préféré que tu te demandes si tu avais bien fait de me trahir durant des années et après tu n’aurais peut être pas demandé pourquoi j’hésitais à te donner un droit de visite.
- Je ne t’ai pas trahi au sens où tu l’entends.
- Peu importe.
- Si ça importe !Tu es en train de faire comme si nous divorcions alors que nous ne sommes même pas mariés et que le bébé n’est même pas là !
- Tu as raison, nous ne sommes pas mariés.

Il avait passé une main rageuse dans ses cheveux en essayant de se calmer. Tout lui avait échappé en une fraction de seconde. S’il avait eu, ne serait-ce qu’une minute de plus avant l’accident, il aurait pu préparer Sydney. Mais elle avait appris tellement sans lui pour lui expliquer. Il avait préféré se taire.
Et maintenant, il avait l’impression de s’asseoir sur la chaise électrique. Sloane allait peut être pressé un bouton quelque part. Il chassa ses idées saugrenues et essaya de se préparer à ce qui allait suivre.
Sloane poursuivait :

- Mademoiselle Callie Spencer, une recrue qui travaille avec sydney. Une coopération fructueuse à ce jour.

La jeune femme blonde sourit visiblement satisfaite et Sydney approuva de la tête en souriant elle aussi. Elle avait l’air d’apprécier sa recrue.

- Les autres, vous les connaissez. Tout d’abord, nous voulons vous dire à quel point nous sommes ravis de vous revoir parmi nous.

Vaughn dut se contenir pour ne pas répliquer ironiquement.

- Mais, nous avons la charge assez désagréable de comprendre pourquoi vous avez été percuté volontairement par un véhicule, enlevé et puis rendu librement par vos ravisseurs ; pour le moment, nous ne disposons que d’informations éparses.

L’heure suivante fut un long rappel de l’accident et des personnes impliquées. Sloane parlait sur un ton monocorde et assénait régulièrement des coups qui secouaient Vaughn. Il entendit ainsi que sa mère et son beau-père devaient avoir un lien avec tout cela puisque Sark avait traîné en Normandie. Il comprit que tout le monde le soupçonnait d’avoir commis des actes si graves que ses complices avaient cherché à le récupérer pour l’empêcher de parler. Mais de quoi ? Lui même ne le voyait pas. Mais quand il le dit, il vit bien qu’on ne le croyait pas vraiment.
Il allait répliquer quand Sydney dit d’une voix contrôlée qu’il connaissait et n’aimait pas :

- Tu dis ignorer tout de ceux qui ont fait ça mais tu as exercé longtemps des activités parallèles. Ces personnes ont peut être voulu t’empêcher de me parler d’eux.
- Possible. Mais je n’avais plus de contact ni ne travaillais plus pour eux depuis de longues années.

Il avait parlé pour répondre bien sûr mais aussi pour plaider sa cause encore une fois auprès de Sydney.

- On ne peut être sur de rien.
- On pourrait au moins apprendre que ce ne sont pas eux, dit doucement Jack.
- Que voulez-vous dire ? demanda Vaughn.
- Rentrons en contact avec eux et vérifions qu’ils n’ont rien à voir avec tout cela. Ou plutôt rentrez en contact avec eux.
- Non.

La réponse avait jailli avec force. Vaughn se rendit compte au même moment qu’on pouvait y voir un empressement à ne pas vérifier cette possibilité. Il n’avait pourtant qu’un seul désir : se tenir éloigner d’eux.

- Pourquoi ? demanda, Sloane, doucereux.

Vaughn soupira et dit :

- Ok. Comment faire ?
- C’est à vous de nous le dire.
- Je n’ai gardé aucun contact avec qui que ce soit.
- Pas même avec Sophie ? demanda Sydney.

Vaughn la regarda. Il y a avait peu de temps, en tous cas pour lui, qui avait été absent de la vie pendant si longtemps, cette femme allait l’épouser et en rayonnait de joie. Maintenant, elle faisait partie de ceux qui doutaient de lui.

- Pas même Sophie.

Sophie encore moins que les autres, aurait-il dû dire. Il en avait un souvenir infernal. Oui, c’était le mot. Un souvenir de feu et sang.

- Bon. Inutile d’essayer de la contacter directement, elle se méfiera, il faut lui tendre un piège. Le problème est que nous n’avons rien sur cette Sophie. D’ailleurs est-ce son vrai nom ? La seule et unique fois où elle semble apparaître c’est dans une affaire de vente d’armes, il y au moins cinq ans. Le prénom est cité au milieu d’autres. C’est un des agents du groupe qui achète et elle a l’air de s’y connaître puisque c’était elle qui réceptionnait la marchandise. Ca vous dit quelque chose ,Vaughn ? demanda Sloane
- Oui.

Il se souvenait très bien. Sophie, la chaleur moite de Kuala Lumpur, les hommes au mine patibulaire qui montent la garde auprès d’un malais, baron de la drogue et de toutes sortes de trafic. Ils étaient là pour lui, pour le tuer. A l’époque, il s’illusionnait encore : au moins, ce type mourrait et il y aurait une ordure de moins sur la planète. Il refusait de voir que ceux pour lesquels il faisait cela, allaient prendre la place. Depuis, il avait pris beaucoup de distance par rapport à cette période de sa vie. Il avait laissé Sophie tirer. Elle lui avait coller une balle dans le ventre et avait juste dit en s’approchant de lui qu’il mettrait une vingtaine de minutes à mourir, c’est le tarif avec une balle dans le foie. Elle avait obtenu ce que lui, était venu chercher pour la CIA : des renseignements, des noms de contacts, de complices…
L’odeur du sang dans la salle sombre et moite lui avait soulevé le cœur.
Sophie avait souri et avait dit avec la surprenante douceur qu’elle avait avec lui : « tu n’es pas fait pour ça. »
Mais pour quoi était-il fait alors ?
Sophie était faite pour ça par contre. Pour vivre vite et dans la violence. Elle était joyeuse souvent et apparemment parfaitement bien dans sa peau. Pour lui, c’était devenu totalement répugnant cette absolue ignorance du bien et du mal et il avait fini par l’assimiler à la monstruosité.
Quand il avait rompu avec cette partie de sa vie, il avait aussi fait le choix de ne pas devenir un monstre.
Il ne pouvait expliquer ça à personne en ce jour. Personne ne pouvait comprendre ce qu’il avait accepté de faire dans la confusion de son travail d’agent double. C’est pour cela qu’il avait compris Sydney si bien. Sa solitude, sa confusion, son absence de repère, son besoin d’ami et de confident. Il avait été pour elle ce que personne n’avait été pour lui.
Tout le monde le fixait. Weiss avait une sorte de regard médusé qui lui donnait presque envie de rire. Il ne croyait pas ce qu’il entendait.
Il finit par dire :

- Je ne sais pas quel est son vrai nom, je ne l’ai connu que sous celui de Sophie. J’ai travaillé trois ans avec elle. C’est une fille très douée et très dangereuse. C’est une tueuse au départ. Mais elle a des compétences multiples notamment dans les explosifs et les incendies ; Elle peut détruire n’importe quoi en un temps minimum. Je me souviens d’une affaire dans laquelle elle a travaillé : l’explosion de l’usine d’Addis Abeba en 1998.
- L’enquête avait révélé l’utilisation d’explosifs nouveaux en effet… murmura Jack.
- Oui, une nouvelle façon d’optimiser de bons vieux produits anciens. C’est elle. Donc, la traquer sera difficile et surtout vous ne saurez sans doute pas grand chose.
- Mais nous n’avons pas le choix. La livrer sera déjà une bonne manière de donner des réponses à tous ceux qui voudraient bien vous voir assis sur une chaise électrique, dit froidement Sloane. J’ai l’intime conviction que vos anciens amis dont cette charmante jeune femme ont soudain voulu vous avoir près d’eux.

Vaughn y avait pensé. Il ne pouvait même pas nier tout ça.

- Le plan est simple. Nous avons lancé une annonce par le biais habituel comme quoi nous cherchions une gâchette. C’est Callie qui va rencontrer votre amie.
- Ce n’est pas mon amie ! nous ne l’avons jamais été, grogna Vaughn excédé.
- Oui, bien sûr, sourit Sloane.
- Vous êtes sûr que mettre Callie sur ce coup est une bonne idée ? demanda encore Vaughn.

La jeune femme lui lança un coup d’œil furieux. Il se rendit compte qu’elle non plus ne serait pas son amie. Ce fut Sydney qui lui répondit avec cette voix neutre qui l’horripilait :

- Callie est parfaitement au point pour ce genre de rencontre. Je peux le certifier. Je serai de plus en contact permanent avec elle depuis mon bureau. Sur place, il y aura aussi du renfort dont toi, Weiss et d’autres encore. Toute une équipe.

Vaughn inclina la tête. Il n’avait pas envie de discuter des compétences de chacun. Si Sydney disait que Callie pouvait y aller il lui faisait confiance et surtout il fallait qu’elle reste tranquille. Il préférait cent fois qu’elle soit tranquillement aux Etats Unis.

- Vous, Vaughn, vous restez hors de vue mais vous serez sur place. Si jamais, elle est difficile à manœuvrer, on brusquera les choses et vous interviendrez. Le but est de la ramener ici pour savoir ce qu’elle sait .

Vaughn fronça les sourcils. Il suffisait de la faire parler sur place mais il préféra se taire une nouvelle fois.

- Vous avez déjà établi un contact avec elle ? demanda Vaughn.
- Oui. Callie va se présenter à elle sous le nom de notre terroriste allemande, Greta.

Vaughn ne comprit pas très bien de qui il s’agissait mais les autres avaient l’air de le savoir.

- Le rendez vous est à Paris ce week-end, c’est à dire dans 36 heures. Vous allez donc partir très vite. Si vous avez le moindre doute sur votre aptitude physique ou autre à remplir cette mission, Vaughn, dites-le.
- Aucun problème.

Il avait répondu très vite. Il n’avait pas de problème en effet même si revoir Sophie était la plus mauvaise nouvelle dans l’océan de celles qu’il avait depuis un moment. Mais il voulait être là. Il ne voulait pas que cette entrevue se termine par la mort de Callie. Syd ne le supporterait pas. Or, il avait un mauvais pressentiment ; il sentait qu’ils sous-estimaient tous Sophie. Il ne voulait même pas le dire. Ca ne servirait à rien. Il fallait qu’il regagne d’abord leur confiance professionnelle. Ca, il pouvait le faire vite.
Il se leva le premier n’écoutant même pas Marshall qui se lançait dans une des ses explications embrouillées sur une arme de défense minuscule en forme de stylo, dissimulable dans la manche de la robe de la jeune femme.
Il sortit et entendit des pas pressés dans son dos. Il s’arrêta sans se retourner. Il avait reconnu les bottes de Sydney qui martelaient le sol.

- Vaughn..
- Oui ?

Elle restait derrière lui attendant qu’il se retourne. Il résista à la tentation. Il n’avait pas envie de voir sa silhouette alourdie qui l’émouvait, ni son visage , ni ses yeux. Il cherchait dedans ce qu’il se souvenait y voir avant…et c’était extrêmement pénible.

- Je voulais te dire que Callie est fiable…tu peux compter sur elle.
- Je n’en doute pas.
- Mais tu avais l’air…
- J’ai compris quand tu as parlé que je me trompais. C’est tout ?
- Non. Fais attention à toi !
- Mais je ne risque rien. Je laisse Callie faire le boulot et je rentre avec elles ! Et puis ça simplifierait peut être les choses si je prenais une balle perdue.
- Ne sois pas mélodramatique, s’il te plaît. Personne ne souhaite cela bien au contraire et tu le sais.

Il se retourna et la regarda enfin. Elle avait les yeux brillants de larmes.

- Même pas toi ?
- Non, surtout pas moi. Ca me détruirait encore plus que tout ce que je découvre sur toi .
- Je vois. Il y a mieux comme déclaration d’amour.
- Je sais mais je ne peux pas faire mieux aujourd’hui.

Il soupira, s’appuyant le mur derrière lui, les mains enfouis dans ses poches, la tête renversée en arrière.

- Nous étions si proche cette fois…
- Oui, mais nous sommes toujours là tous les deux…
- Tous les trois…
- C’est vrai, dit-elle en souriant légèrement.

Il eut une petite bouffée d’euphorie mêlée à ce qui devait être de l’orgueil paternel, déjà. Personne ne pourrait lui retirer cela. Et jamais elle ne pourrait occulter le fait qu’il était le père de son enfant.
Il préféra s’éloigner sur cette note douce-amère.



Ils arrivèrent à Paris par une froide matinée de décembre. Il adorait cette vile qu’il connaissait pourtant mal. Il y était venu plus souvent en mission qu’en villégiature.
Callie était aussi froide que la température dans les rues de Paris. Elle ne l’appréciait pas et ne le cachait pas. elle avait l’air intelligente et intrépide. Elle était pleine de foi et de conviction. Il aurait aimé travailler avec elle dans d’autres circonstances. Les choses auraient été plus simples. Pour une raison qu’il ne s’expliquait pas, elle avait l’air de penser qu’il était une sorte de vieil agent dépassé et incompétent ; elle lui expliquait des procédures comme s’il n’avait jamais entendu parler de matériel moderne. Il luttait pour garder son calme.

Il prit position dans la camion qui allait rester devant l’appartement parisien dans lequel devait se passer la rencontre. Callie finissait de se préparer , se maquillant et se coiffant comme Greta pour pouvoir se faire passer pour elle. La transformation était satisfaisante quand on regardait les photos fournies par l’Agence. Vaughn écoutait Sydney donner des recommandations à Callie. Il ne disait rien et se sentait inutile. Weiss était dans l’appartement voisin loué pour l’occasion. Mais lui avait été tenu de rester discret. Sophie ne devait pas le voir.
L’attente dura peu. Quelques minutes plus tard, en avance par rapport à l’horaire convenu, Sophie avança sur le trottoir. Il la reconnut tout de suite. Elle avait une démarche de chat. Elle était d’une légèreté frappante. Sinon, toute son allure avait changé. Elle avait une coupe de cheveux différente, un style vestimentaire qu’il ne lui connaissait pas, très élégant. Elle avait maigri aussi. Elle portait des lunettes sombres qui contrastaient avec le temps neigeux de Paris. Elle dépassa l’entrée de l’appartement et tourna au coin de la rue avant de revenir brutalement sur ses pas. Il connaissait ses procédures maintes fois répétées pour vérifier si on était suivi ou pas, si l’appartement était surveillé ou non.
Il se sentait nerveux. Pas ému, ni bouleversé. Nerveux seulement.
Sophie était française. Il n’était sûr de rien à son propos sauf de cela. Il connaissait trop bien cet accent que sa propre mère conservait. Elle était dans son élément. Elle était seule sans doute puisqu’elle n’avait travaillé qu’avec un seul partenaire, selon elle : lui. Et elle avait juré qu’elle ne recommencerait plus d’ailleurs.
Elle s’engouffra rapidement dans l’entrée après avoir composé le code. La porte se referma et il se tourna vers Callie qui avait observé la scène.

- C’est elle. Vas-y !
- Ok.

Elle confirma son départ à Sydney et il se crispa sur l’écouteur. Il retrouvait cette sensation déplaisante d’être loin de l’action et de s’inquiéter pour ce qui se passait ailleurs.

Il entendit Callie entrer et se présenter à Sophie. Elles avaient choisi de parler en français. Callie ne parlant pas assez bien allemand pour se faire passer pour une Allemande.
La conversation commença. Callie devait trouver un moyen de faire sortir Sophie de l’appartement. Au bas de l’immeuble, Weiss cueillerait avec son équipe les deux jeunes femmes. Si jamais Callie ne parvenait pas à ses fins, il faudrait aller les déloger, c’était bien plus risqué.
Callie se débrouillait bien. Elle discutait âprement les prix et étalait une connaissance toute récente pourtant des explosifs. Sophie ne paraissait pas méfiante plus que de coutume. Quand Callie lui proposa au bout d’une heure d’aller vérifier les transferts de fonds qui allait rémunérer Sophie pour tuer un homme, elle ne sourcilla pas.
Vaughn se tendit. Il coupa la communication avec Callie mais dit à Sydney :

- Attention, elle a accepté trop facilement ; Elle n’a même pas demandé où se trouvait la banque. Elle ne descendrait pas comme ça.
- J’avais remarqué.

Il écoutait en même temps la scène entre Callie et Sophie. Tout semblait aller pour le mieux. Il commença à se détendre. Sydney devait avoir prévenue Callie.
Elle sortaient de l’appartement. Il commença à se préparer à se retrouver face à Sophie.
Il ne ressentait rien de particulier mais il était curieux de voir son regard quand elle l’apercevrait.
Au moment, où il se posait cette question, la porte de l’immeuble s’ouvrit. Les deux jeunes femmes sortaient l’une derrière l’autre. Il était en train se dire que Sophie ne quittait jamais à deux un lieu où elle était entrée seule quand tout bascula.
Sophie qui était devant se retourna et fit face un couteau apparu presque magiquement entre les mains. Il ne l’avait jamais vu avec une telle arme. Elle allait s’emparer de Callie quand celle-ci évita souplement le coup. Elle tira son arme de sa poche. Sur les charbons ardents, Vaughn commença à sortir surveillant la scène. Callie semblait capable de reprendre le dessus. Ils étaient dans une rue discrète et le froid avait vidé les alentours. Les risques collatéraux étaient donc minimes.
Les deux jeunes femme luttaient pour se dominer. Le couteau de Sophie virevoltait et Vaughn comprit que Callie semblait incapable de faire feu. Il jura, sauta hors de la camionnette et courut en direction des deux jeunes femmes en criant à Weiss d’intervenir dans son micro. Il entendait aussi Sydney qui lançait un ordre similaire.
En quelques secondes la situation devint confuse : des hommes en noir sortirent de l’immeuble et l’un d’eux devait être Weiss. Ils encerclèrent les jeunes femmes et allaient mettre la main sur Sophie quand des coups de feu éclatèrent. Tout le monde plongea au sol ou trouva refuge près des voitures garées.

Vaughn, au sol, essaya d’évaluer la situation. Deux hommes étaient arrivés au bout de la rue étroite et protégeait la retraite de Sophie. Dans quelques secondes, elle serait à sa hauteur. Il se tourna sur le dos et tira. Il abattit l’un des hommes et le deuxième tomba probablement sous les balles de l’équipe de Weiss. Il roula sur lui même et se releva d’un geste, heureux de sentir son corps réagir, parfaitement affûté pour la mission. Il pointa son arme en direction de Sophie et lui hurla de s’arrêter.
Elle avait l’air stupéfaite. Il le supposait parce que Sophie avait toujours un air moqueur ou souriant jamais cette expression étonnée.
Il la désarma sans difficulté et la confia un homme des renforts.  Callie arrivait vers lui au petit trot et elle le regarda avec un reste de colère :

- Elle est maligne…
- Je sais, dit-il simplement.

Il souffla. Dans son écouteur, il entendit la voix anxieuse de Sydney qui demandait depuis au moins trente secondes si tout allait bien.

- Ca va, Sydney, ça va…dit-il.

Il balaya la rue du regard et vit alors deux corps étendus . Un des deux tentait de se relever avec l’aide d’un de ses camarades mais le second ne bougeait pas et déjà plusieurs de ses compagnons le soulevaient pour une évacuation rapide. Les coups de feu avaient secoué la rue et les fenêtres s’ouvraient ; une sirène se faisait déjà entendre.
Vaughn s’apprêtait à signaler le fait lorsqu’il aperçut le visage de la deuxième victime. Il n’eut pas le courage de dire à Sydney que Weiss était blessé et probablement grièvement si on se fiait au sang qui dégoulinait de sa tête.


 nininie
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 nininie
  Posté le 17/08/2005 20:35:32
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et un de plus! décidément scg, tu m'épateras toujours. Surtout, continue comme ça, j'adore. D'ailleurs, je ne suis visiblement pas la seule... Autant de fans ne peuvent se méprendre!

Chaque fois qu'un enfant dit : "Je ne crois pas aux fées", il y a quelque part une petite fée qui meurt.  - James Barrie, Peter Pan

Lead me not into temptation, I can find it myself.
 sydney..alias lody
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 sydney..alias lody
  Posté le 18/08/2005 01:03:59
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pationnant epatant captivant.......heu ? encore!  

http://scolaicite.free.fr/Silence/images/1saison3.jpg
 lolo38
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 agent d information
 lolo38
  Posté le 18/08/2005 13:37:14
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quel chapitre !!!!! smile/eek.gif

Encore une fois, parfaitement écrit avec une aisance déconcertante  

Franchement j'ai beaucoup aimé cet épisode (comme tous les autres !) mais lui il m'a mit les larmes aux yeux je ne sais aps pourquoi, peut etre le fait de voir Vaughn dépassait face aux agissements de Syd.

Vite un autre

http://img484.imageshack.us/img484/4203/savealias16nq.jpg
I MISS VAUGHN!
SVS POWAAAAAAAAAA
Do you feel at home baby? Yeah we feel at home!
 clairette
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 clairette
  Posté le 20/08/2005 12:49:43
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j'ai vu la scène défiller devant mes yeux tellement c'est bien écrit. Vraiment scg, tu m'épates à chaque chapitre ! vivement la suite...

fan de ma choupi, de ma wonder myki et de mes légumes que j'aimeu !!
http://rambaldiexpo.skyblog.com/pics/476342553.jpg
mon blog de wall sur alias
 scg
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 agent triple :)
 scg
  Posté le 21/08/2005 18:39:21
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Merci ça fait très plaisir ce que vous dites!

Allez la suite...


Chap 9 :


Encore l’hôpital. Sydney avait la nausée à force de sentir ces odeurs de désinfectants et de malades. Elle avait l’impression qu’elle n’avait plus de maison mais qu’elle vivait là depuis six mois. Mais cette fois, tout était pourtant différent. Vaughn était à côté d’elle et non pas allongé, et il n’y avait plus de patient à visiter.
Eric Weiss, vous savez ? comme le magicien ! venait de disparaître et ce n’était pas un tour à sa façon.
Sydney n’avait plus envie de bouger, plus envie de lutter. Elle contemplait le monde autour d’elle comme la seule survivante après un bombardement dévastateur.
Ils étaient si mal, Vaughn et elle qu’ils ne parvenaient pas à se réconforter mutuellement. A moins que ce ne soit cette sensation d’étrangeté qui ne la quittait plus quand il était près d’elle.
Ils avaient eu des curieux moments tous les deux mais jamais cette méfiance glacée qui avait lentement envahi tout son esprit.
On ne se jetait pas dans les bras d’un étranger douteux pour pleurer sur son épaule. On ne posait pas sa main sur la sienne pour lui dire que son meilleur ami serait toujours vivant dans sa mémoire.
Non, on ne faisait pas cela même si ce même homme était tout autre chose avant.
Vaughn ne disait rien. Il était affreusement pâle, presque gris. Il était fatigué et elle le sentait en colère, furieux, rageur. Pour tout dire, elle ne l’avait presque jamais vu comme ça. Une fois, peut être, face à Lauren, il avait eu cette violence douloureuse. Il était dans le même état, les yeux fermés sur des images sans doute horribles et les poings serrés.
Il ne lui avait rien dit depuis qu’il était de retour. Il n’avait pas ouvert la bouche pour parler à quiconque.
Ils s’étaient retrouvés naturellement à l’hôpital où le corps du pauvre Weiss avait été ramené dans un coma profond et qu’on savait irréversible.
Personne n’avait voulu qu’il meurt loin de son pays. Alors, il était arrivé la tête bandée et le visage si semblable à l’habitude. Mais il avait deux balles dans la tête. Mort cérébrale.

Sydney sursauta en sentant Vaughn se lever près d’elle.

- Où vas-tu ?
- Ailleurs.
- Où ?
- Quel est ce nouvel intérêt ? demanda t-il la voix coupante.
- Vaughn…
- J’ai dépassé le stade de la politesse et des échanges raisonnables. Il vaut mieux que je m’éloigne.
- Qu’est-ce que tu veux faire ? Tu ne vas pas aller la voir tout de suite ? demanda t-elle presque suppliante.
- Pourquoi pas ? Je voudrais bien savoir pourquoi elle a suivi docilement Callie et si elle savait qu’il y avait un comité d’accueil dans cette rue. Je voudrais bien savoir ce que cette fille a encore fait pour pourrir la vie de mon entourage et la mienne. Je voudrais bien savoir pourquoi cela a coûté la sienne à Weiss…

Il s’arrêta brusquement et commença à s’éloigner. Sydney hésita avant de se rasseoir. Elle ne savait plus très bien ce qu’il fallait faire.



Vaughn marcha comme un automate jusqu’à sa voiture et roula plusieurs kilomètres tellement plongé dans ses pensées qu’il fut surpris d’être déjà arrivé à bon port. Il était devant les bureaux de la CIA à Los Angeles et Sophie avait été amenée là selon Jack. Il allait vérifier cela tout de suite.
Il se sentait étrangement détaché presque indifférent maintenant. Quand il pénétra dans le couloir où s’ouvraient chaque cellule, il était très calme. Il l’était encore plus quand il s’arrêta devant la petite salle dans laquelle il avait demandé qu’on installe la jeune femme.
Elle était assise, la tête baissée toujours vêtue de sont tailleur élégant si inhabituel pour elle. Cela lui allait bien. Elle leva la tête en l’entendant ouvrir la porte et le regarda avec une lueur indéfinissable dans les yeux. Un mélange de joie et de menace assez typique de sa personnalité. Cela semblait dire : «  Viens que je te tue… ».
Il s’assit silencieusement face à elle et attendit. Il avait tout son temps. Il n’y avait rien ni personne dans sa vie qui l’attendait à ce moment précis. Et ça le rendait suprêmement fort. Elle le regardait avec un peu de curiosité maintenant. Elle craqua la première :

- Je ne pensais pas que je te reverrais un jour…
- Tu fais un métier bien trop aventureux pour dire « jamais ».
- C’est vrai. Ca ne cadre pas très bien avec les circonstances mais je suis heureuse que tu ailles bien et de te voir. Tu as changé…
- Toi aussi.
- Oui sans doute mais tu es si…différent.
- Moins naïf peut être ? demanda t-il ironiquement.
- Certainement, répondit-elle, tout aussi ironique et il reconnut ce ton chez elle. Mais je crois que tu le resteras toujours un peu.
- En fait la façon dont tu me vois n’a aucun intérêt. Je veux juste savoir ce qui s’est passé là bas.
- Tu y étais. Tu en sais autant que moi.
- Non. Tu as agi de manière inhabituelle. J’y étais en effet et j’ai très bien remarqué tout cela. Tu savais que c’était un piège. Tu as obéi comme un toutou à notre agent. Pourquoi ?
- Et bien je négociais…comme d’habitude…
- Sophie, tu me fais perdre mon temps…Ce n’est pas très important mais je voudrais avoir des réponses parce que je veux pouvoir à l’enterrement de mon ami, prononcer des paroles sincères et surtout savoir pourquoi il est mort.
- Je suis désolée pour lui. Il a mal réagi.

Il éclata d’un rire sans joie.

- Il a commis l’erreur de mourir en effet.

Il se leva et fit le tour de la table. Il saisit ses cheveux à pleine main et tira. Elle grimaça sous la douleur, et essaya d’alléger la pression en se soulevant légèrement mais elle était attachée à la table. Il sentait son parfum dont il se souvenait parfaitement bien. Il tira encore. Elle gémit puis dit :

- Tu ne penses pas sérieusement que tu vas me faire parler en me tirant les cheveux ?
- Je sais ce que tu es en train de faire, répondit-il tranquillement. Je t’ai déjà vu pousser à bout des hommes, je connais tes méthodes mais là, ça tombe mal, parce que je suis déjà à bout et je n’ai absolument pas envie de me retenir.

Il la lâcha et elle retomba sur le siège. Il profita de son moment d’inattention pour la gifler violemment deux fois. La tête bascula à droite puis à gauche et il sentit sa main le brûler. Il ne sentait pas mieux, dommage.
Elle le regarda et ajouta la voix plus tremblante :

- Ca non plus ça ne marchera pas.
- Je sais. J’ai mieux.
- Ah oui ?
- Oh oui. J’ai la justice américaine qui a une folle envie de juger des terroristes et en plus, tu es française. Je te donne à mes supérieurs. J’en sais assez et j’ai les moyens de trouver assez de preuves pour que tu aies l’exécution la plus rapide du monde.
- Si tu fais ça, je ne pourrai plus rien te dire.
- Oui mais je serai débarrassée d’un témoin gênant de mon passé. C’est bien pour moi, bien mieux que de te garder en vie.
- Et si je dis ce que je sais sur toi ?
- Je suis dehors et tu es en détention. Au secret. Qui saura ce que tu as à dire sur moi ? Quelle preuve pourras tu produire ?

Elle le regarda, circonspecte.

- Tu veux quoi ?
- Ce que tu sais sur tout ça, l’affaire à Paris, mon enlèvement…Pourquoi tout cela remonte maintenant.
- C’est de ta faute si ça remonte maintenant. Moi aussi, j’aurais préféré que ça reste bien enfoui. J’étais passée à autre chose. De toute façon, je m’en fiche de cette histoire, je veux juste repartir d’ici au plus vite, j’ai des affaires à mener.
- Je n’aime mieux pas savoir lesquelles.
- Toujours un petit reste de gentil chevalier, lança t-elle ironiquement.
- Que veux tu, on ne change jamais complètement. Tu restes une définitive garce.

Elle eut un petit balancement de la tête et un sourire apparut sur ses lèvres.

- Tu sais que tu me plais presque plus comme ça ?
- Ce n’est pas le but.
- J’ai su que tu avais disparu de la circulation à cause de cette fille…Sydney Machin…

Il ne répondit pas. Elle continua :

- Tu es tombé amoureux d’elle…Pas très professionnel, Monsieur Grainger. Ca ne t’a pas étonné qu’on te laisse faire comme ça ?
- Je suppose qu’ils y avaient un intérêt.
- Sans doute mais là, ils en ont un autre et ils tirent sur ta laisse.
- Que veux tu dire ?
- Et bien tu as parlé à ta…quoi au fait ? fiancée ? copine ? concubine ? ex ? quel mot dois-je employer ? pas épouse ça, je sais que ça n’a pas eu le temps de se faire…

Vaughn sentit son indifférence forcée s’écailler un peu et la rage qui couvait remonter comme la lave d’un volcan. Il ne dit rien, serra un peu les dents. Elle ne faisait que souligner une réalité bien plus consternante et triste que ces quelques mots.

- Je t’ai connue plus percutante.
- Oui, tu as raison. Enfin, bref, tu as parlé ou tu allais le faire et ça c’était très embêtant.
- Pourquoi ?
- Je veux un texte garantissant que je serai libre quand tu sauras ce que je sais.
- Non.
- Alors je ne dirai rien. Tu peux appeler qui tu veux ou m’envoyer à Guantanamo, je ne dirai rien.
- Tu n’as pas peur de mourir ?
- Oh non…

Elle avait eu un petit rire. Il savait qu’elle était sincère. C’était sa force. Elle ne craignait pas la mort et pas vraiment la douleur.
Il s’approcha d’elle et dit doucement penché vers son oreille, presque à toucher les petits cheveux qui voletaient.

- Parce que tu n’imagines pas ce que c’est de la sentir venir…


Sydney rentra chez son père quelques temps après le départ de Vaughn. Elle était restée plusieurs minutes à se demander ce qu’il fallait qu’elle fasse. Prévenir tout le monde qu’il allait rencontrer Sophie ou le laisser faire. Elle détestait l’idée qu’il soit seul avec elle. Il y avait trop de risques et il n’était pas en état de faire face à cette fille : trop triste, trop violent, trop perturbé. Mais elle hésitait tout de même et elle ne savait pas pourquoi. Elle détestait cette Sophie qui était passé à côté d’elle dans les locaux de la CIA plus tôt . Elle s’était attendue à une personne violente, froide et elle avait croisé une jeune femme fluette, mince, et aux yeux un peu rieurs. Elle semblait bien inoffensive au premier regard. Elle savait au plus profond d’elle même que Vaughn avait couché avec elle. Elle n’était pas jalouse. Ce n’était même pas cela. Elle savait bien que Vaughn avait tourné une page et qu’il avait pour elle des sentiments réels. Mais elle acceptait mal que cette fille soit plus au courant qu’ele du passé de Vaughn, qu’elle ait travaillé avec lui, qu’elle ait partagé ce qu’elle même avait partagé…Elle devait être un peu jalouse tout de même…

Elle entra et vit approcher son père. Il avait enlevé sa veste  et la regarda se déchausser et se laisser tomber dans un canapé. Ils ne s’étaient presque pas parlés depuis la mission et ils avaient entendu tous les deux en même temps, la voix de Vaughn qui disait dans le micro : « c’est Weiss…c’est Weiss… ». Jack attendait vers elle. Il s’assit lui aussi et l’enlaça. Cela lui fit beaucoup de bien. Elle se sentit moins seule soudain. Elle murmura le nez dans sa chemise :

- Il est là bas…
- Qui est où ?

Il avait compris mais elle répéta :

- Vaughn…il est vers elle…
- Et alors ?
- Je ne sais pas si c’est bien.
- Ca ne l’est certainement pas. Il risque de perturber les interrogatoires officiels voire de faire un vice de procédure.
- Il est si…

Jack se redressa. Ils avaient un désaccord sur ce point. Jack ne disait rien mais depuis le retour de Vaughn et la totalité de ses aveux, il était furieux. Il avait l’impression lui aussi d’avoir été berné. Il avait un telle détestation pour le mensonge dans son entourage, qu’il ne tolérait pas la trahison de Vaughn vis à vis d’elle. Elle savait qu’il se remémorait la situation avec Irina et qu’il détestait ce rappel permanent. Elle n’y pouvait rien et elle était bien plus partagée que lui sur la place de Vaughn dans sa vie privée. Il lui avait laissé longtemps le bénéfice du doute maintenant elle craignait que s’ils se trouvaient tous les deux dans une pièce, ils en viennent aux mains.

- Il est malheureux ? Nous le sommes aussi. Nous venons de perdre un ami.
- C’était son meilleur ami, papa.
- A qui il a menti aussi très longtemps.

Elle soupira. C’était cela le problème. Personne ne pouvait faire abstraction de cela.

- Mais il est là-bas…Qu’est-ce que tu ferais, toi ?
- Je la tuerais.

Sydney se retourna les yeux agrandis.

- Mais…
- Elle peut parler et je n’aurais pas envie qu’elle dise ce que je ne veux pas. Elle est responsable de la mort de mon ami d’une manière ou d’une autre et de l’effondrement de ma vie privée.

L’emploi de la première personne la choqua. Son père comprenait mieux Vaughn qu’elle même peut être. Mais, il lui avait fait vraiment peur.
Jack continuait doucement :

- Mais je la ferais parler avant…

Il était entrain de dire tout ce qu’elle pensait sans oser y croire. Elle faillit crier et le regarda en secouant la tête. Jack soupira :

- Je suppose que tu veux y aller ?
- Oui.
- Allons-y.

Elle ne prit pas la peine de le remercier mais ils quittèrent tous deux rapidement l’appartement de Jack. Celui-ci la rassura en disant qu’il avait contacté la prison et que Vaughn y était toujours. Il ne pouvait faire n’importe quoi alors que ce lieu était couvert de caméras de surveillance. Mais elle était toujours angoissée. Elle doutait que ça l’arrête vraiment et surtout elle pensait qu’il n’en avait plus grand chose à faire. Sa réputation d’agent sans tâche avait déjà volé en éclat.
Ils furent sur place en un temps record. Sydney jaillit de la voiture consciente qu’elle ne pouvait plus se déplacer comme avant. Elle eut une pensée pour son enfant encore à l’abri et se demanda si elle avait bien fait de le faire naître dans ce monde.

Ils passèrent les barrières de sécurité à toute vitesse grâce à Jack et en quelques minutes ils étaient devant la cellule de Sophie. C’était le milieu de la nuit et Sydney était épuisée mais ce qu’elle vit lui fit dresser les cheveux sur la tête.

Vaughn tenait Sophie par le cou. Il avait déjà commencé à serrer, tellement fort qu’elle était pourpre et virait au violet. Il lui parlait doucement en même temps et elle vit qu’il ne faisait que la priver lentement, très lentement de son oxygène. Elle faisait des mouvements instinctifs pour se défendre. Elle était méconnaissable mais en colère, furieuse et Vaughn était glaçant.
Elle entra doucement Jack sur les talons. Il n’avait pas l’air surpris du tout pour sa part.
Sydney appela doucement :

- Vaughn..

Il se tourna vers elle sans surprise et répondit calmement :

- Elle va parler. Elle a compris.
- Elle a compris quoi ?
- Que ce n’est pas de mourir qu’il faut avoir peur mais de la manière dont on meurt.

Sydney ne sut pas répondre. Elle était très triste. Vaughn relâchait la pression et elle vit Sophie reprendre une couleur plus normale alors quelle reprenait douloureusement de l’air dans ses poumons. Elle était furieuse mais vaincue. Ca se voyait. Elle jeta un œil brûlant de haine à Sydney.
Vaughn reprenait tranquillement sa place plus loin. Il était toujours très pâle. Il avait les mains tremblantes et Sydney lui fut reconnaissante d’avoir un peu d’émotion. Il se plaça devant Sophie et demanda en français :

- Alors ?
- Je dois parler devant eux ? articula t-elle d’une voix rauque.
- Ils savent tout ce que je sais.
- Pas malin, ça.
- Peut être. Alors ?
- Ton ami est mort à cause de moi.
- Je le savais ça, dit-il s’approchant de nouveau menaçant.
- Oui mais je voulais dire qu’il avait pris une balle qui m’était destinée. Il a vu le tireur je suppose et a voulu me mettre hors du champ mais il a pris la balle.

Un silence consterné plana.

- Qui tirait ?
- Je ne sais pas. Enfin, pas vraiment… J’étais suivie depuis un moment. J’ai donc été à mon rendez vous et j’ai décidé de leur régler leur compte en sortant.
- Pas malin, ça.
- Je sais mais je n’avais pas le choix. Je connaissais la rue, je savais qu’ils auraient peu de chance de m’échapper mais je ne pensais pas qu’ils avaient placé des tireurs. Ils ne voulaient pas me rater.
- Qui ?
- Peut être nos employeurs.

Un nouveau silence pensif flotta.

- Pourquoi ?
- Pour la même raison que toi je suppose. On en sait trop.
- Oui mais moi je suis dehors et vivant. Ils m’ont relâché.
- Parce que je pense que tu as un rôle à jouer. Que tu as peut être déjà commencé à jouer.

Elle regarda avec un air entendu le ventre de Sydney. Celle-ci tressaillit.

- Moi je ne sers plus à rien pour eux. J’ai déjà eu des ennuis il y a trois mois et il y a deux semaines. Ca devient répétitif et pressant.

Malgré sa voix cassée et ses marques sur le cou, elle semblait reprendre de l’audace et les regardait tous avec un petit sourire. Elle ajouta presque malicieuse :

- Alors tu vois, tu as bien fait de ne pas me tuer, parce que je ne pourrais plus t’aider.
- Tu peux m’aider ?
- Et bien disons que j’ai commencé à me renseigner sur ceux qui voulaient me faire rejoindre mes ancêtres très vite. Et que je commençais à me douter que c’était lié à notre passé commun. J’ai tendance aussi à penser que c’est lié au petit bout qui va naître.

Sydney frissonna de nouveau. Ni Jack ni elle n’avaient esquissé un geste ni parlé. Ils laissaient faire Vaughn. Sophie poursuivit en regardant Sydney :

- Alors c’est vous l’Unique ?
- L’Unique ?
- Oui, ils vous appelaient ainsi quand Mickaël est parti. Ce n’était pas très gentil d’ailleurs je crois. Je n’étais pas ravie non plus parce que j’ai perdu mon boulot à cause de ça et j’y avais pris goût.

Son aspect faussement débonnaire de bonne fille commençait à irriter Sydney.

- Enfin, voilà, on se retrouve. Et je suis désolée de briser vos espo