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forum Index du forum forumFanfic forumImmortel ( fic saison 5- SPOILERS)

Auteur : Sujet: Immortel ( fic saison 5- SPOILERS)  Bas
 scg
 Messages postés : 3096
 agent triple :)
 scg
  Posté le 31/07/2005 12:52:16
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merci, ça serait gentil!!
Je vais essayer de vous poster la suite dans la journée!
Me suis lancée dans un truc déprimant! je vais arrêter et écrire cette fic plutôt!

 nininie
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 nininie
  Posté le 31/07/2005 14:08:56
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ah non, tu ne peux pas nous faire ça hein . Si tu arrêtes d'écrire, on va faiore comment nous? scg, je t'interdis de baisser les bras!

Chaque fois qu'un enfant dit : "Je ne crois pas aux fées", il y a quelque part une petite fée qui meurt.  - James Barrie, Peter Pan

Lead me not into temptation, I can find it myself.
 amazonqueen
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 agent double
 amazonqueen
  Posté le 31/07/2005 14:13:57
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Oui scg, ne déprime pas, tu sais que tu peux me parler si tu veux te confier mais n'arrête pas ta fic en si bon chemin...

je veux du se.... heu, je veux de l'action, du suspens, de l'amour, des sentiments, d'accord, un poil de déprime aussi, mais je veux la suiiiiiiiiiiiite !!!!!!

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Truth takes time...
 scg
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 agent triple :)
 scg
  Posté le 31/07/2005 14:31:42
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Citation :

amazonqueen  a dit :

Oui scg, ne déprime pas, tu sais que tu peux me parler si tu veux te confier mais n'arrête pas ta fic en si bon chemin...

je veux du se.... heu, je veux de l'action, du suspens, de l'amour, des sentiments, d'accord, un poil de déprime aussi, mais je veux la suiiiiiiiiiiiite !!!!!!  






Tu veux du se...? du quoi? du secours? tu veux que j'appelle les pompiers??? pas du sexe quand même??? non mais....

Non mais le truc déprimant, tu l'as lu  ça va aller!!

 scg
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 agent triple :)
 scg
  Posté le 31/07/2005 21:17:25
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Bon comme promis la suite...


Chap 3 :


Sydney se réveilla en sursaut et le brusque geste qu’elle fit pour se redresser lui vrilla les côtes.
Elle était en sueur et ne se rappelait plus très bien son cauchemar mais il y avait Sark. Elle commençait à se demander ce qu’il faisait dans chacun de ses rêves.
Il fallait qu’elle en parle au Dr Barnett qu’elle était allée voir d’elle même. Non pas qu’elle y trouve un soulagement quelconque mais elle pouvait lui dire plus de choses qu’à quiconque et en ce moment elle avait trop de problèmes avec le mot confiance pour supporter cela seule.
Elle retomba sur son oreiller. Dix jours que Vaughn avait disparu et aucune nouvelle ni piste. Il figurait dans la liste des agents disparus. Elle l’avait vu sur une circulaire affichée dans un couloir qu’on avait fait promptement enlever.
Elle commençait à comprendre le calvaire qu’enduraient les familles qui recherchent une personne : l’attente, insupportable et longue, sans fin envisageable, sans mort à pleurer…
Elle puisait chaque jour un peu plus dans sa réserve de foi en l’avenir et dans le lien qui l’avait toujours uni à Vaughn.
A cela s’ajoutait l’incertitude de la personne qu’elle cherchait. Qui était-il ?
Elle poursuivait une enquête discrète avec son père et Weiss à ce sujet.
Elle avait fini par rejoindre Eric un soir dans son appartement. Il lui avait ouvert la porte, pieds nus, l’œil morne et un paquet de chips à la main. Il l’avait laissé entrer sans dire un mot et elle l’avait suivi dans son salon .

- Eric, il faut que tu te reprennes. Nadia ne va pas plus mal et on va trouver un moyen de la sortir de là où elle est. Sloane veut qu’on s’y consacre et je pars en Russie pour voler un produit militaire demain, tu le sais.
- C’est bien, Sydney, mais je n’ai pas ta force. Pas cette fois.
- Tu crois que ça les aide d’être comme ça ?
- Non mais je pourrais retourner la terre entière que je ne les aiderais pas et puis, ajouta t-il l’œil mauvais, au moins, je ne jette pas le doute sur l’honneur d’un ami en supposant je ne sais quelle stupidité sur son passé !
- Tu sais bien que…
- Arrête de me parler comme un débile ! Oui, je sais, ce que vous pensez et ça me déplaît, bon dieu, ça me fait presque vomir !

Il se leva brusquement et ajouta plein d’amertume grinçante :

- Tu te rends compte ? j’ai perdu cinq kilos ! C’est la solution, mieux que tous les régimes : ta fiancée condamnée et ton ami peut être mort ou disparu et déshonoré !
- Arrête, dit-elle doucement. Elle était elle même au bord des larmes. Aide-nous plutôt. On cherche. Viens nous aider !

Il la regarda et sembla prendre conscience de son visage fatigué et triste. Il ajouta dans un soupir :

- Toi aussi, tu as beaucoup perdu.
- Non, je n’ai encore rien perdu mais c’est dur de vivre ça, c’est vrai.

Et elle lui raconta les derniers mots de Vaughn avant l’accident.
Il avait écouté, les yeux écarquillés et en secouant la tête avec désolation. Mais il avait enfin eu envie de faire autre chose que pleurer et maigrir.

Ils avaient depuis appris quelques données intéressantes sur l’enfance et le passé de Vaughn.
Il y avait même eu une pointe de légèreté dans le cœur de Sydney lorsqu’elle avait compris pourquoi Vaughn lui avait dit que ce n’était pas son nom. C’était si simple.
Quand sa mère s’était remariée, à peine six mois après la mort de Bill Vaughn, son nouveau mari, John Grainger avait entamé une procédure d’adoption du petit garçon. Cela avait été finalisé 18 mois plus tard. Le jeune Vaughn se nommait donc Mickaël Vaughn Grainger. La raison pour laquelle, il avait « perdu » une partie de son nom demeurait mystérieuse. Mais l’explication paraissait simple. Il reprenait apparemment le nom de son père à partir de son entrée dans la CIA. Son père était un agent. Il avait vite été connu comme le fils de cet agent dont beaucoup avait le souvenir encore. Il était si fier de son père. C’était logique et très rassurant comme explication. Oui, mais il n’aurait pas eu cet air grave pour lui faire cette révélation, songeait Sydney, en s’habillant. C’est pourquoi, avant de rejoindre l’agence , elle voulait rencontrer Madame Grainger. Elle ne parvenait pas à l’appeler Christine. Elle était aussi étrangement tendue. Elle avait téléphoné à son grand hôtel d’Hollywood pour obtenir ce rendez-vous deux jours auparavant et elle avait entendu une voix jeune et claire, avec un léger accent français qui lui répondait froidement. Elle n’avait émis aucune remarque lorsqu’elle avait dit son nom comme s’ il ne lui disait rien. Elle s’était sentie obligée alors de lui dire qu’elle était l’amie de son fils et la voix froide avait dit qu’elle savait.
Elle se regarda dans la glace avant de sortir. Elle portait un strict tailleur qui aurait bien convenu à une femme d’affaire et bien moins à une jeune femme en visite chez la mère de son ami mais ce n’était pas une simple visite non plus. Son hématome n’était plus qu’une pâle auréole. Le maquillage l’estompait très bien.

Elle arriva devant le building de l’hôtel et un groom empressé lui ouvrit la porte de son taxi. Elle entra dans le luxueux hall et se fit annoncer. Quelques minutes plus tard, elle pénétrait dans une étonnante suite qui dominait Los Angeles et où un véritable appartement déroulait ses 6 pièces.
Christine Vaughn Grainger se tenait droite et fine dans le salon principal, encore jeune et belle. Elle regardait Sydney sans ciller, sans sourire. Sydney chercha avidement dans ses traits une ressemblance avec son fils mais elle ne trouva rien d’autre que l’étonnante couleur verte de ses yeux. Mais ceux de Madame Grainger étaient si froids qu’elle avait du mal à retrouver les yeux de Vaughn dans ceux de sa mère. Il ne l’avait jamais regardé comme cela…
Christine Grainger souleva un sourcil parfaitement épilé et demanda :

- Mademoiselle Bristow, je présume ?

Sydney réprima un sourire. Elle avait l’impression d’une petite fille face à une grande dame. Il fallait qu’elle arrête de la regarder comme cela. Elle dit :

- Oui, bonjour Madame Grainger. Je suis enchantée de vous rencontrer.

C’était assez surréaliste. Sydney fut courtoisement invitée à s’asseoir et elle se trouva bientôt avec une tasse de thé entre les mains.
Elle avait très envie de jeter tout cela et de dire à la mère de Vaughn qu’il fallait chercher son fils et non pas soigner les apparences ainsi mais elle se contint. Inutile de se fâcher avec elle.
Il fallut plusieurs minutes d’une conversation contrainte pour qu’enfin le sujet devienne intéressant.
- Je voulais vous parler de votre fils et vous poser quelques questions, commença Sydney prudemment.
- Je sais. Allez-y. Je verrai si je peux vous aider.

Elle ne se détendait pas. Sydney se demanda si cette femme avait jamais serré dans ses bras un enfant et son fils en particulier.

- Votre fils se faisait appeler Vaughn et non Grainger son nom officiel depuis 1981. Vous le saviez ?
- Oui.

Sydney attendit mais rien ne vint. Elle insista :

- Pourquoi ?
- Il n’a jamais approuvé son adoption. Il ne s’entendait pas très bien avec mon époux. Une histoire simple et banal de mésentente entre un fils et son beau-père. Quand il est entré à la CIA, il m’a prévenu qu’il souhaitait être connu sous le nom de son père. Que pouvais-je faire ?
- Rien, je suppose.
- Cela a t-il un intérêt par rapport à sa disparition ?
- Peut être. Comment est-il entré à la CIA ?
- Et bien, comme tout le monde , je suppose. Il a toujours voulu faire le même travail que son père. Il avait une telle admiration pour Bill quand il était petit. Sa mort la encore grandit. Mon mari a laissé faire malgré son souhait de le voir reprendre ses affaires.
- A vous entendre, tout a été très simple.
- Oui, en effet, dit-elle en écartant légèrement les bras dans un signe d’ignorance. Tout le monde semble chercher dans son passé.
- Parce que nous savons, en tous cas moi je le sais qu’il y a eu quelque chose à ce moment là.
- Je ne vois pas.

Sydney sentait bien que Madame Grainger restait très vigilante sur ses réponses. Elle se demanda comment elle pouvait interpréter cette réserve. Peut être avait-elle peur de trop en dire et de nuire à son fils mais elle aurait dû faire confiance à Sydney. Elle devait pourtant bien reconnaître qu’elles ne se connaissaient pas et qu’elle même n’aurait sans doute rien dit. Elle soupira et demanda un peu au hasard :

- Quel genre d’enfant était-ce ?
- A quoi cela sert-il , mademoiselle Bristow ? Où voulez-vous en venir ?
- Je cherche ce qui l’a motivé à entrer à la CIA, quelles relations il a eues alors...
- Vous croyez comme ces types que j’ai déjà vus qu’il avait une double activité ?

Le ton était resté froid. Cela ne semblait pas l’indigner que des personnes pensent cela de son fils. Elle reprit :

- Mickaël est un homme maintenant et il ne me rend aucun compte. Je vis à l’autre bout du pays et en France. Vous perdez votre temps avec moi.

Sydney n’en était pas si sûre mais elle voyait bien que Madame Grainger ne dirait plus grand chose. Pourtant, à sa grande surprise, Madame Grainger lui demanda, alors qu’elle s’apprêtait à sortir :

- Vous le pensez en vie ?
- Oui.
- Vous en avez des preuves ?
- Non. Mais s’il avait dû mourir on l’aurait trouvé déjà.

Madame Grainger fit un petit geste de la tête. Ce fut le seul signe d’intérêt qu’elle manifesta.
L’entretien avait été court et insatisfaisant mais Sydney se doutait qu’elle reverrait cette femme.



Chaque soir, un conciliabule se faisait dans l’appartement de Sydney avec son père et Weiss. Parfois Marshall venait également. Chacun faisait son rapport. Cela s’était institué sans que personne ne le dise, sans que des rendez-vous soient fixés et Sydney trouvait ses réunions profondément réconfortantes. A l’APO, les mêmes choses étaient redites mais c’était différent.
Ce soir-là, elle raconta son entretien avec Madame Grainger. Tout le monde semblait saisi.

- Il ne disait pas grand chose sur sa famille, murmura Weiss. J’ai toujours supposé que sa mère était restée seule après la mort de son père. Mais le remariage a été rapide…
- D’après l’enquête que j’ai mené, ajouta Jack, Grainger ne pouvait pas avoir d’enfant. C’est pourquoi, il a décidé d’adopter l’enfant de sa femme pour avoir un héritier. Il a dû se passer quelque chose pour que Vaughn s’éloigne à ce point de sa famille et refuse la succession toute prête qui l’attendait. En fait, j’ai surtout travaillé sur Grainger.

Il fit passé une photo où l’on voyait un homme de 60 ou 65 ans, grand et svelte, plutôt bel homme avec un sourire large dans un visage bronzé, éclairé par des yeux azur.

- Cet homme est un génie de la finance, il est très riche et appartient à la plus haute société de la côte est.
- Comment une femme comme madame Vaughn, une simple femme d’agent de la CIA a t-elle pu rencontrer un tel homme ? demanda Weiss.

Jack le regarda et dit :

- C’est la bonne question. Et j’ai trouvé cet après midi, grâce à Sloane qui le connaît bien.

Tout le monde le regarda et Sydney, accablée, devina ce qu’il allait dire :

- Grainger est passionné par l’art italien du 15ème siècle ; C’est aussi un très bon connaisseur de la légende de Rambaldi et également un collectionneur de quelques artéfacts. Il a rencontré Sloane il y a longtemps déjà et il connaissait très bien le père de Vaughn pour toutes ces raisons là.

Un silence profond s’installa.

- Vaughn savait tout cela ? demanda Sydney d’une voix blanche.
- Aucune idée mais il est difficile de penser qu’il ne savait pas que son beau-père avec qui il a vécu collectionnait des œuvres de Rambaldi, répondit jack, neutrement.

Sydney réfléchissait et commençait à comprendre les paroles sybillines qu’il avait à peine eu le temps de prononcer.

- Il a travaillé pour Grainger, murmura t-elle.
- On ne sait pas, Syd, répliqua Weiss.
- Si, je pense qu’il a travaillé pour Grainger. Je n sais pas s’il a été contraint ou si il en était conscient mais il a dû travailler, espionner pour lui.
- Mais…
- Je crois que j’ai raison et je n’apprécie pas plus que toi ce que je dis là, coupa t-elle, la voix étouffée.

Jack reprit calmement :

- J’étais arrivée à la même conclusion. Pour le moment, cela n’a pas trop d’importance. Nous essaierons de savoir cela quand on en saura plus sur son état. Mais il faut enquêter du côté de Grainger. Cet homme doit en savoir long. Sydney a essayé la voie normale avec sa femme, mais cela ne donne rien. Ces gens-là ne diront rien. J’ai toutes les adresses de Grainger et notamment celle d’une maison en France qu’ils ont acheté dans la région maternelle de sa femme, en Normandie. C’est un haras superbe et il a installé là-bas, une sorte de musée personnel autour de Rambaldi et de ses quelques artéfacts. D’après Sloane ce sont des pièces sans grand intérêt, abîmées voire fausses mais Grainger en est très fier. Il nous les faut et nous risquons de trouver là-bas d’autres renseignements.

Sydney sentit un flot d’énergie l’envahir. Enfin agir. Elle sentait une haine très forte monter contre Grainger et sa femme. Ils étaient tous deux d’une manière ou d’une autre responsable de ce qui arrivait à Vaughn.

Jack poursuivait :

- J’ai confié à Marshall le plan de la maison. Il doit nous rejoindre et nous dire comment y pénétrer et forcer les codes d’accès de la salle du musée.

Au même moment, la sonnette se fit entendre et Weiss murmura :

- Pile à l’heure !

Marshall fit son entrée en vociférant. Il portait sous le bras une quantité de papier et un ordinateur portable. Personne ne comprit ce qu’il disait dans un premier temps mais il était rouge d’excitation. Sydney lui demanda à deux reprises de se calmer. Il finit par dire :

- J’ai deux bonnes nouvelles ! Je commence par laquelle ?
- Par celle que vous voulez Marshall , répondit jack avec un brin d’agacement.
- Et bien…Carrie et moi avons enfin réussi à tirer quelque chose des indices autour du lieu de l’accident. Nous avons identifié sans difficulté la voiture responsable, sa couleur, sa marque, et même son modèle. Un jeu d’enfant, dit-il en riant…mais cela ne nous avance pas beaucoup de savoir que le véhicule est noir…Alors j’ai mis au point un programme qui a passé en revue systématiquement les ventes et les locations de ce genre de véhicule depuis un an sur toute la côte ouest…J’avais prévu de l’étendre sur les USA mais cela n’a pas été nécessaire…Dommage d’ailleurs parce qu’avec quelques petits calculs de plus j’avais mis au point un logiciel simplissime capable d’analyser des bases de données à une rapidité…On s’arrête toujours trop tôt. Carrie ne me croyait pas mais…
- Marshall, s’il vous plaît, coupa sèchement Jack.
- Oui, alors voilà dit-il en agitant une petite feuille de papier toute chiffonnée. C’est sorti il y a  cinq minutes, enfin un peu plus, le temps que je vienne…donc…la voiture a été louée il y trois semaines à Seattle. C’est la seule qui ne soit pas rentrée encore chez le loueur et on a retrouvé une carcasse au fond d’un ravin il y a deux jours seulement dans le Colorado ! C’est cette voiture,c’est sûr !
- Intéressant ! quelqu’un a donc pris beaucoup de précautions pour qu’on en puisse pas faire le lien entre l’accident, le loueur et la carcasse, murmura Weiss.
- Voilà ! Mais Marshall était là, ricana celui-ci, triomphant.
- Oui mais qui a loué ce véhicule ? demanda Sydney.
- Une certaine…Norma Jean Baker, lut Marshall dont le sourire s’effaça rapidement.
- Marshall… c’est le pseudonyme de Marilyn Monroe ! s’esclaffa Weiss.
- Il me semblait bien que j’avais entendu ce nom quelque part, dit Marshall piteusement. Enfin, on sait que c’est une femme…
- Peut être, murmura Sydney.

La nouvelle n’était finalement pas si bonne. Marshall reprit :

- Il suffit de voir avec l’agence de location. Il doit y avoir des caméras, un employé qui se souvient…
- Espérons, dit Weiss. Bon, alors quelle est l’autre nouvelle Marshall ?
- Et bien, le haras français de monsieur Grainger est plus surveillé qu’une banque. C’est d’ailleurs étonnant parce que sa pièce pour ses collections n’est finalement peuplé que d’un ramassis de souvenirs personnels. Officiellement. J’ai tout de même trouvé les codes de sa sécurité en allant trifouiller dans l’ordinateur de la société qui lui fournit sa sécurité. C’est du classique. Haut de gamme mais classique. Donc un code que vous allez pirater à distance parce qu’il est indépendant et qu’il est dissimulé dans un mur. C’est une installation un peu compliquée et inhabituelle.

Marshall sortit d’une de ses poches un petit appareil qui ressemblait à un téléphone portable et le tendit à Sydney.

- Voilà ! Il suffit d’appuyer sur ce petit bouton en se plaçant à proximité du mur et il va se désactiver ou plutôt se brouiller pendant quelques minutes. Au delà, la société de surveillance va détecter un problème. Mais, c’est le moyen le plus simple et le plus rapide.

Sydney regarda un peu surprise .

- Je pars ? Et Sloane ?
- Il est d’accord, dit Jack. Il nous laisse carte blanche. Il est pris par de nouvelles pistes sur l’état de Nadia. Le problème est que la CIA n’approuverait certainement pas. Sloane couvrira dans la mesure de ses moyens. Alors, il faut le moins de vague possible. Sydney, tu te sens en état de partir ?
- Bien sûr !
- Je m’en doutais ! Weiss t’accompagne. Vous ne serez que deux tout simplement parce que c’est impossible d’envoyer plus de monde avec Dixon convalescent et Vaughn absent. Sloane demande des renforts et va certainement les obtenir mais en attendant, on se débrouille.

Sydney n’aimait pas entendre le rappel de l’absence d’effectif mais elle choisit de se raccrocher au tout petit espoir qui se dessinait. Elle releva la tête et acquiesça. Weiss semblait satisfait aussi.
Tout le monde se leva et se prépara à sortir. Sydney se retrouva vite seule. Elle ferma la porte derrière Weiss qui la quitta enfin avec un vrai sourire qui faisait plaisir. Elle s’appuya contre la porte de son appartement douloureusement consciente du vide de sa maison. Elle s’était refusée à cela jusqu’à maintenant mais elle en avait besoin et elle entra dans sa chambre. Leur chambre.
Ce matin, il y a dix jours, elle s’était levée avec l’impression de faire quelque chose de totalement juste et indispensable à son bonheur. Depuis la fin de leur terrible mission et la demande en mariage de Vaughn, un cap avait été franchi entre eux. Même la situation dramatique de Nadia qui l’attristait n’avait pas réussi à ternir ce qu’elle allait vivre. Elle était entrée dans une sorte de bulle de bonheur qui avait duré peu de temps mais qui laissait un souvenir de lumière et de chaleur. Une sorte d’équilibre parfait. Elle aurait dû savoir que sa vie ne tolérait pas l’équilibre.
Elle entra dans sa chambre et ouvrit les tiroirs où Vaughn rangeait ses vêtements. Ca faisait mal de voir les chemises alignées soigneusement, celles qu’il portait encore il y a si peu de temps. Mais elle avait besoin de toucher ce tissu, concret, doux et soyeux sous ses doigts parce qu’imaginer seulement Vaughn devenait insupportablement insuffisant.
Elle ne parvenait pas à lui en vouloir. Elle était en train de classer les problèmes dans sa tête. Le plus urgent était de le retrouver. Après, elle gèrerait les trahisons du passé de Vaughn. Si elles existaient.
Elle ferma doucement le tiroir, émue mais vivante.




 amazonqueen
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 amazonqueen
  Posté le 31/07/2005 22:34:42
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Bon et bien tu sais ce que je pense de ce chapitre scg, je viens de le relire et j'ai retrouvé la même émotion que la première fois. C'est même d'autant plus fort qu'avec toute cette histoire autour du probable départ de MV, tout ce que ressent Syd est encore plus vivace.

La rencontre avec la mère de Vaughn est absolument parfaite, c'est comme je l'imagine.

J'ajoute que tu as admirablement dépeint Marshall qui est criant de vérité.

Quant à Weiss, sa douleur est vraiment palpable.

C'est d'une authenticité déconcertante !!

J'ai hâte de lire la suite...

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 spydinette
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 spydinette
  Posté le 01/08/2005 09:03:07
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Idem qu'Amazonequeen... Ce que j'apprécie, c'est que tu nous force à ne ps rester dans la série. Tu respectes tout, mais tu inventes de nouvelles pistes, de nouveaux personnages, et ça nous paraît totalement naturel, comme si on les voyait à l'écran! Tu as beaucoup d'imagination, mais tu restes toujours autant dans l'esprit de la série. Le peuple (oui, enfin là, c'est juste moi, mais je parie qu'on est nombreux) salue bien bas ton génie!!!

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Saison 4 virtuelle
 nininie
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 nininie
  Posté le 01/08/2005 10:02:38
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J'appuie encore ce que dit spydinette, en te lisant scg, j'ai l'impression d'être devant ma télé, à regarder un épisode d'alias. C'est incroyable cette faculté que tu as de nous faire visualiser les scènes à ce point.

Et puis, ne l'oublions pas, parce que c'est quand même le plus important, l'écriture approche la perfection, que ce soit au niveau du style ou de l'intrigue.

Merci scg pour ces moments de bonheur, je ne me lasserai jamais de te lire. Alors surtout, n'arrête jamais d'écrire.

Chaque fois qu'un enfant dit : "Je ne crois pas aux fées", il y a quelque part une petite fée qui meurt.  - James Barrie, Peter Pan

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 aliasfan
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 aliasfan
  Posté le 01/08/2005 18:19:28
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super, c'est vraiment bon. L'inspiration ne te manque pas!

http://img368.imageshack.us/img368/3364/bansark7rt.jpg

sark forever ( clin d'oeil à raiddingue) quoi qu'il arrive!

Si la logique te dit que la vie n'a aucun sens,
ne renonce pas à la vie, renonce à la logique!
 lolo38
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 lolo38
  Posté le 01/08/2005 21:42:46
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ahhh vite la suiteuuuuuuuuuh!!

C'est toujours aussi bien, les choses bougent, va-t-on enfin revoir notre Vaughn?

On compte sur toi, continue à nous faire attendre patiemment la saison5...

http://img484.imageshack.us/img484/4203/savealias16nq.jpg
I MISS VAUGHN!
SVS POWAAAAAAAAAA
Do you feel at home baby? Yeah we feel at home!
 scg
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 scg
  Posté le 03/08/2005 12:00:26
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merci pour tous les comentaires. ca me fait toujours super plaisir et je ne le dis pas assez.
Voilà la suite et quelques révélations...

Chap 4 :


Sydney se coula contre le mur extérieur de la gigantesque villa.
Il faisait frais et il avait plu. La nuit était cependant éclairée par la lune et elle distinguait devant elle la maison ancienne superbement restaurée dans le plus pur style normand, les nombreux bâtiments autour accueillant les chevaux et diverses dépendances et au delà un jardin sombre mais dans lequel on distinguait de  grands arbres et une pièce d’eau, peut être un étang. Cette maison respirait la richesse et le raffinement français. Elle avait beaucoup de mal à l’associer à Vaughn. Pourtant, c’est là que résidaient une partie de l’année, sa mère et son beau-père.
Elle était prête. Elle tira sur sa robe longue, vérifia la tenue de sa coiffure. Elle portait une superbe perruque rousse et des lentilles qui changeaient la couleur de ses yeux. Il fallait qu’elle soit méconnaissable. Weiss lui même avait une fausse barbe et d’épaisses lunettes qui changeaient complètement sa physionomie. Elle s’empara du bras de Weiss en smoking noir et nœud papillon.
Ils allaient se présenter sans carton d’invitation à la soirée donnée par Monsieur Grainger dans sa grande maison. Il s’agissait d’une soirée donnée en l’honneur de la vente de yearlings dans les jours qui allaient suivre et Sydney avait décidé de jouer le rôle d’une amatrice éclairée venue avec son époux dépenser ses revenus dans cette activité ; Il allait juste falloir convaincre Monsieur Grainger qu’ils avaient tout à fait le droit d’être ici.
Sydney sonna elle même et un domestique en grande livrée ouvrit la porte. Il leur demanda leur nom et Sydney lança avec force : Anne Sophie et Lucien de Saint Germain. L’homme eut un regard intrigué mais eut la politesse de ne rien dire. Il les fit entrer dans un vaste salon mais comme prévu, ils furent rapidement rejoints par Monsieur Grainger lui même, discrètement alerté par le vigilant employé.
Sydney vit approcher d’elle cet homme à l’allure impressionnante. Il la salua courtoisement avant de demander :

- Je vais être d’une terrible incorrection mais avons-nous déjà eu l’honneur d’être présentés ?
- Et bien non. En fait, j’ai rencontré votre épouse lors d’un défilé à Paris cet hiver et elle m’a confié votre passion pour les chevaux. Quand j’ai su qu’elle organisait cette réception, je n’ai pas pu faire autrement que nous faire inviter.

Elle rit avec discrétion et fixa dans les yeux Grainger tandis que Weiss souriait simplement .
Grainger sembla un peu déconcerté mais enchaîna :

- Mon épouse ne m’a pas prévenu mais il faut dire que des problèmes personnels l’ont retenue aux Etats Unis et je suis au regret de vous dire que vous ne pourrez pas la rencontrer ce soir.

Sydney apprécia l’euphémisme de l’expression « problèmes personnels » se retenant de dire que les mêmes problèmes l’avaient amener là. Elle prit un air navré, manifesta son désappointement de ne pouvoir revoir cette chère Christine mais accueillit favorablement la proposition de rester malgré tout pour profiter de la soirée.

Weiss et Sydney étaient dans la place. Il fallait juste attendre que tout le monde soit occupé à consulter les documents relatifs aux chevaux mis en vente bientôt et ils gagneraient le premier étage.
Sydney en profita pour observer Grainger. Il avait beaucoup de charme, riait avec distinction et semblait veiller à tout. Il devait être un homme redoutable.
Elle passa de groupe en groupe tendant l’oreille, discutant en français brièvement avec quelques invités. Mais elle n’entendit rien de particulier.
Elle finit par parvenir dans un recoin où trônait un magnifique piano. Elle jetait un coup d’œil discret lorsque Weiss lui glissa dans l’oreille :

- Intéressant…photos de famille…

Elle regarda plus attentivement et découvrit en effet une série de photos encadrées posées sur le piano. Elle se pencha et découvrit plusieurs portraits des Grainger à des âges différents. Elle eut la confirmation que Christine Vaughn était magnifique mais déjà terriblement froide. Sur la photo, elle devait avoir une quarantaine d’années et s’appuyait contre une voiture de sport. Son regard fixait l’objectif avec une sorte de détachement glacial qui transpirait du papier glacé. Elle passa en revue au moins une dizaine de ses petits cadres avant de découvrir l’unique photo de Vaughn. Il s’agissait d’une photo ancienne. C’était alors un petit garçon de dix ans à peu près. Il avait un sourire peu naturel et portait une tenue bien trop sérieuse pour son âge. On sentait qu’on lui avait demandé de prendre la pose. Le tout était assez réussi : un blondinet très mignon sur fond de jardin fleuri pourtant Sydney distinguait la tristesse dans ce regard d’enfant et elle sentit une boule de chagrin se former dans sa gorge. Elle ignorait tant  de choses de Vaughn…
Elle se détourna vivement évitant le regard de Weiss dont les pensées rejoignaient visiblement les siennes.

- Il est temps, non ?
- Oui, confirma Weiss.

Sydney sortit de sa poche le téléphone et se rapprocha de l’escalier. Elle devait par souci de discrétion monter seule. Weiss la rejoindrait cinq minutes plus tard. Elle était alors censée avoir ouvert la porte de la salle.
Elle grimpa les quelques marches sans que personne ne la repère et se trouva bientôt devant la porte du fameux petit musée. C’était une porte blindée qui contrastait dans le cadre ancien de la maison. Elle appliqua le téléphone contre le mur censé caché le système de fermeture et entendit distinctement le système se couper et la porte s’ouvrit. Génial petit Marshall !
Elle entra dans le noir total de la pièce. Elle alluma rapidement une lampe dissimulée dans son sac et se dirigea vers les vitrines. Elle était en train de finir de découvrir les artéfacts assez misérables de Grainger lorsqu’elle entendit Weiss la rejoindre.
Ils évitèrent de se parler et commencèrent une étude rapide de tout ce qui se trouvait là. Chacun prenait des clichés rapides. Il valait mieux que Grainger ignore leur venue là. Ils auraient peut être besoin de le rencontrer plus tard. Et puis surtout Sydney sentait qu’il faudrait maintenir les liens avec son épouse.
Elle s’approcha d’un bureau encombré au fond de la pièce. Ainsi le musée était aussi une salle de travail. Visiblement, quelqu’un avait utilisé les lieux et avait laissé traîner ses papiers. Sans véritable surprise, Sydney vit plusieurs fac-simile de la fameuse page 47 de la prophétie. Grainger devait sans relâche essayer de comprendre qui était cette femme. Plusieurs autres pages trônaient toutes annotées et gribouillées. Elle fit rapidement des clichés. Pas sûr que ces propos gribouillés aient un sens et encore moins un intérêt mais rien ne devait être laissé au hasard.
Une maquette d’un des artéfacts étaient aussi en cours d’élaboration.
Pas le temps de lire ni de faire un inventaire des trouvailles. Mais Sydney sentait que cela n’avait pas grand intérêt. Pour sa part, elle nourrissait l’espoir secret que des éléments lui permettraient de savoir où était Vaughn. Mais rien ne concernait ce beau-fils si absent de cette maison. Si elle était venue là sans savoir où elle était, elle n’aurait jamais su que des membres proches de sa famille vivaient là. Si Grainger était impliqué dans a disparition, il ne devait pas avoir laissé de traces ici, pensa t-elle découragée.
Elle se dirigea vers Weiss et lui dit doucement :

- Je vais fouiller la maison.
- On n’a pas le temps, Syd !
- Tu restes ici et je fais juste le premier étage.
- Non !

Elle ne prit pas la peine de lui répondre et se dirigea vers la porte qu’elle ouvrit et après une inspection rapide du couloir vide, elle se lança dans le hall.
Elle avait quatre portes devant elle, toutes closes. Elle actionna la première sur sa droite et découvrit ce qui devait être la chambre principale. Un lit à baldaquin de proportion impressionnante trônait dans une pièce superbement décorée et très vaste. Elle fit un rapide tour remarquant que tous les accessoires qui se trouvaient là étaient masculins. Elle eut la confirmation de ce qu’elle pensait dans la chambre à côté qui était plus petite mais très visiblement occupée par une femme. Madame Grainger dormait donc dans une pièce à part ? Sa chambre était superbe dans les tons bleu et gris mais tout cela inspirait encore une fois une froideur extrême.
Elle visita les deux autres pièces, également des chambres totalement impersonnelles et qui devaient être réservées aux amis.
Aucun bureau, ni bibliothèque, ni papier qui traînait. C’était désespérant.
Elle ressortit dans le couloir, abattue. Elle se figea en entendant des pas dans l’escalier à l’autre bout du couloir. Rapidement, elle regagna le petit musée et alerta Weiss qui prenait encore quelques clichés. Ils sortirent vivement et elle actionnait son faux téléphone pour enclencher la sécurité, quand elle vit un petit groupe de personnes émerger avec à leur tête le maître de maison.
Il les regarda, un sourcil soulevé d’étonnement mais le regard mauvais.

- Madame de Saint Germain, mais que cherchez-vous donc ?
- Je passais un coup de fil, cher Monsieur, répondit Sydney avec assurance.
- Vraiment ?
- Oui, je recherchais le calme et je suis montée jusque là. Je vous prie de m’excuser mais je téléphonais à ma banque en vue de mes achats de chevaux et la réception était mauvaise…
- Votre banque ? à cette heure ?

Le regard de Grainger s’assombrit encore.

- Oui, aux îles Caïmans, affirma Sydney lui lançant son regard le plus charmeur.

Il la regarda comme incrédule puis son visage se détendit. Sydney élargit encore son sourire et dit tranquillement :

- Si vous le permettez, nous allons nous retirer. Mon mari et moi souhaitons visiter des haras dès l’aube demain…Il se fait tard.

Grainger hocha la tête en signe d’approbation et les raccompagna avec civilité jusqu’à sa porte. Il semblait avoir admis ce que lui avait dit Sydney.

A peine à l’extérieur, Weiss s’appuya contre le mur en soupirant comiquement :

- Je sais pourquoi je n’allais pas en mission seul avec toi…

Sydney sourit. Le danger n’avait pas été si grand…


Le lendemain, ils se retrouvèrent tous à l’APO. Le retour, la veille, avait été frustrant. Aucune nouvelle de Vaughn. Un jour de plus… Sydney ne pouvait plus s’empêcher d’imaginer ce qu’on lui faisait subir et refusait d’envisager qu’il soit mort. Pourtant chaque jour sans nouvelle était inquiétant, de plus en plus inquiétant.
La réunion de ce matin devait absolument déboucher sur quelque chose de concret. Elle en avait besoin. Elle eut un petit espoir en apercevant Marshall dont le sourire éclatant révélait une excellente humeur souvent signe de trouvailles. Il demanda à Sloane la permission de commencer. Celui lui laissa la parole avec un petit geste las de la main. Il était durement éprouvé lui aussi. Sydney était passée juste avant voir Nadia sur son lit, toujours plongée dans un coma artificiel mais les commentaires des médecins avaient été assez pessimistes. Non seulement, le poison ne refluait pas en elle mais il semblait toucher des parties de son cerveau qui l’enfonçait dans un coma naturel. Si une solution n’était pas trouvée rapidement, elle finirait par avoir des séquelles durables et irréversibles. Or, chaque démarche avait échoué à ce jour. Sydney avait frissonné d’angoisse en voyant la frêle silhouette de sa sœur sur son lit blanc. Ses mains posées le long se son corps étaient presque froides et sa pâleur évoquait presque la mort. Elle ressemblait à une madone endormie : trop blanche, trop brune, trop inerte.
Il fallait une lutte de tous les instants pour ne pas perdre courage.

Marshall commença après s’être gratté la gorge :

- Alors…plusieurs choses…D’abord, j’ai percé le secret de Norma Jean Baker ! Nous avons obtenu dès hier les enregistrements du loueur de Seattle. Et je pense avoir identifié la personne.

Il enclencha un bouton et l’écran devant chacun d’eux s’alluma. Sydney observa avec attention la scène assez confuse qui se déroulait devant ses yeux. On apercevait le guichet d’une compagnie de location avec les employés massés derrière. Une femme très blonde apparaissait dans le champ de la caméra, dissimulant son visage cependant. La personne qui avait fait cela avait poussé l’humour jusqu’à se mettre une perruque digne de Marilyn Monroe. Elle devait être méconnaissable. L’image d’après montrait la même personne monter dans un gros véhicule noir. Sydney l’observa désespérant de n’en avoir aucun souvenir. Elle n’avait même pas dû le voir venir. A un bref moment, le visage de la personne fut visible de trois quart. Marshall stoppa la bande et ils aperçurent les traits peu clairs d’une jeune femme.

- C’est elle ! dit-il triomphalement.
- Mais qui est-ce ? demanda Weiss.
- Et bien, c’est là que ça devient fort ! Nous avons rentré ses caractéristiques morphologiques dans l’ordinateur afin de voir si elle figurait dans un dossier quelconque. Et, nous avons identifié … Greta Bunder. C’est une ex-terrorriste, spécialiste des explosifs, évadée de prison depuis 2003. Elle était détenue en Lituanie, lieu de ses derniers exploits.
- Bien joué, Marshall, dit simplement Sloane en lui souriant.

Marshall se rengorgea et ajouta :

- Evidemment, tous les services sont avertis et la recherchent.
- C’est elle qui conduisait ? demanda Sydney, l’œil fixé sur l’image anthropométrique de la police lituanienne représentant Greta Bunden, une fort jolie brune en réalité.
- Peut être. En tous cas, elle a joué un rôle.

Jack fronçait les sourcils sans rien dire. Sydney le regarda le regard interrogateur. Il finit par dire, hésitant :

- Cette fille a  déjà figurer dans nos dossiers, non ? Depuis combien de temps est-elle en prison ?
- Depuis 1998. Elle y était entrée pour vol d’explosifs dans une ex base soviétique.
- Voilà, dit Jack avec satisfaction.
- Ces explosifs ont été revendus à Sark !
- Sark ? s’écria Sydney.

Sark, à qui elle ne cessait de penser ces derniers temps, qui réapparaissait dans son esprit lorsqu’elle s’y attendait le moins.

- Voilà une information très intéressante et au moins une piste, reprit Sloane. Sark pourrait jouer un rôle dans tout cela. Il a un conflit personnel avec Vaughn en plus….
- Mais que chercherait-il ? demanda Weiss.
- Ca, on ne sait pas encore mais il serait derrière tout cela que ça ne m’étonnerait pas, murmura Sloane, pensif.

Sydney se mordait les lèvres de frustration. Elle cherchait désespérément pourquoi Sark lui semblait à elle aussi jouer une rôle important. Elle voulait que ce soit lui. Elle voulait le pourchasser, le traquer et exploser sa petite tête suffisante de ses propres mains et si jamais il avait fait du mal à Vaughn…
Elle s’aperçut que tout le monde la regardait intrigué. Elle devait avoir un air féroce parce que Marshall semblait vaguement effrayé.
Elle se détendit un peu.

La suite de la réunion permit de commencer à analyser les informations prélevées chez Grainger. Sydney en attendait peu de chose mais Marshall poussa soudain une exclamation étouffée.

- Ah mais c’est le compte à rebours de Rambaldi ce truc là, dit-il en regardant Sloane.

Celui-ci regarda avec plus d’attention l’image d’un des artéfacts que Sydney avait photographié. Il lui avait semblé plutôt mal en point. Sloane confirma :

- Intéressant, en effet, c’est bien lui. Il était censé avoir été détruit il y au moins 20 ans. Nous avions tenté de le reconstituer à partir de simples descrïptions et de quelques fragments de plan au SD 6.
- Oui, dit avec excitation Marshall déjà debout.
- Marshall, rasseyez-vous, demanda sèchement Sloane. Je vous rappelle que tout a été détruit après notre arrestation…
- Euh… en effet… marmotta Marshall embarrassé .

Il leur jeta à tous des regards hésitants et finit par dire avec les yeux baissés :

- En fait j’ai conservé tous les résultats de nos expériences. Personne n’a pu trouvé cela dans mon disque dur. C’est une question de codage…
- Marshall, c’est vrai ? demanda Sloane.
- Oui…je m’excuse, Monsieur Sloane. Mais je voulais juste voir si les experts de la CIA savaient…
- Peu importe, Marshall. Vous pouvez trouver cela rapidement ?
- En cinq minutes, dit tranquillement Marshall. Il suffit que j’aille ouvrir mon dossier dans mon bureau et je vous transfère tout cela ici.

Il attendit tranquillement assis. Jack lança brusquement :

- Qu’est-ce que vous attendez ?
- Ah…et bien, je cours, je vole…

Marshall sortit précipitamment et heurta le coin de la porte en étouffant un cri de douleur.
Sydney réprima une envie de rire totalement déplacée. Elle avait soudain l’impression que les choses avançaient. Enfin, le voile allait se lever…
Marshall revint bientôt. En quelques clics, il leur plaça une masse d’informations très importantes sur le compte à rebours de Rambaldi. Il s’agissait d’un objet de bois assez compliqué avec un système d’engrenage qui permettait de décompter le temps. Le système était assez anodin dans l’ensemble des œuvres de Rambaldi mais il avait révélé une autre de ses propriétés. Par une simple bascule d’une pièce on pouvait obtenir des données chiffrées correspondant à des dates. Une sorte de cloche se déclenchait à chaque date anniversaire de ces chiffres.
Les études des ingénieurs du SD6 n’avaient pas été plus loin. Ils avaient identifié une de ses dates : le 4 juillet 1547 qui correspondait à la mort de Rambaldi. Chaque 4 juillet, la cloche sonnait ou devait sonner. Sloane soudain très concentré dit avec animation :

- Nous avions plusieurs autres dates en notre possession, très intéressantes puisque correspondant à des évènements contemporains. Il avait ainsi un sytème prévoyant la date de la seconde guerre mondiale. C’était fascinant. Et puis des événements futurs aussi…Inutile de dire que c’étaient ceux qui nous captivaient le plus. Quand nous avons réussi à faire fonctionner notre reconstitution,nous en avons obtenu deux dont nous n’avons pas percé le secret.
- Quelles sont ces dates ? demanda Jack lui aussi très intéressé.
- Attendez, dit Marshall en cliquant frénétiquement sur son ordinateur.

Sydney se sentait dans un état curieux entre l’indifférence et l’attente. Elle avait, comme pris du recul et regardait tout le monde s’agiter. Elle savait qu’elle allait apprendre quelque chose.

Marshall poussa un cri de triomphe et lança :

- Voilà… Ca a été dur parce qu’on n’avait oublié que Rambaldi comptait le début de l’année à partir de mars comme les anciens mais nous avons changé le calcul et…voilà…le 1 octobre 2001. Ca c’est la première.

Il ajouta, un peu gêné :

- Bon, évidemment le monde ne s’est pas arrêté de tourner ce jour là mais Rambaldi avait prévu un truc…

Non, le monde n’avait pas arrêté de tourner ce jour là mais une montre, si.
Sydney pour la première fois de sa vie crut qu’elle allait s’évanouir. Pendant quelques secondes, la table tourna devant ses yeux et un kaléidoscope de couleurs modifia ses perspectives. Elle inspira profondément deux fois et tout se stabilisa. Son père la regardait avec inquiétude :

- Ca va Sydney ?
- Oui, ça va.

Quelques secondes passèrent puis elle dit :

- Je sais ce qui est arrivé ce jour là.

Tous les regards convergèrent de nouveau vers elle.

- J’ai rencontré Vaughn, pour la première fois, ce jour précis.

Weiss la regarda et ses yeux agrandis de surprise montrèrent qu’il n’y avait pas pensé mais qu’il se souvenait. Il était là, lui aussi.

- Alors, tout était écrit…

Vaughn avait dit cela lui aussi ou quelque chose d’approchant…
Sydney d’une voix blanche demanda :

- Et l’autre date ?

Des idées tourbillonnaient dans sa tête, celle de l’accident, celle de la mort de Vaughn… Elle se sentait de nouveau plutôt mal et s’agrippa à la table.

- L’autre date ? répéta stupidement Marshall. Oh…attendez…c’est le …7 avril 2006. Alors, celle là est encore devant nous…c’est dans à peu près 9 mois….


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 amazonqueen
  Posté le 03/08/2005 12:40:53
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La mission de Syd est vraiment d'un réalisme saisissant comme je te l'ai déjà dit... Quant à la fin... vous ne serez pas déçus de la suite, j'en salive encore !!

Excellent boulot comme toujours !

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Truth takes time...
 spydinette
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 spydinette
  Posté le 03/08/2005 16:40:20
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Tu sais ce qui est pénible SCG? C'est d'arriver à la fin de tes chapitres! Tu vas me vider au niveau compliments, là, tu sais?

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Saison 4 virtuelle
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  Posté le 05/08/2005 12:22:30
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Alors voici la suite!!merci encore, c'est toujours très gentil vos coms!


Chap 5 :



Sydney se hâta autant qu’elle le put pour éviter la pluie. Elle n’arrivait même pas à courir vraiment. Cela devenait catastrophique mais tellement bon!
C’était inhabituel et comme une aventure. Elle explorait ses ressources intérieures et se découvraient une sensibilité et des sensations inédites.
Elle s’appuya contre le mur à l’abri de la pluie sous un auvent de boutique et attendit que l’averse brutale se calme.
Elle était enceinte de près de six mois déjà et avait l’impression lentement mais sûrement  de se transformer en ballon. Un joli ballon tout doux et chaud mais un ballon quand même !

Tout aurait pu être si bien… Il n’y avait que ce minuscule détail…Le père du bébé…

Elle mit à profit ce moment de répit dans sa vie toujours active pour se remémorer les circonstances exceptionnelles de la conception de cet enfant. C’était si simple, si élémentaire et si compliqué à la fois.
Elle se revit près de six mois plus tôt dans la salle de réunion écoutant Marshall lancer négligemment : 7 avril 2006, dans neuf mois et elle se souvint les regards qui convergeaient lentement vers elle. Elle avait battu des cils, abasourdie.

- Ne me regardez pas comme ça ! Cette date ne peut pas correspondre à moi ! Je ne suis pas…

Et elle s’était arrêtée là. Si, elle pouvait.
Evidemment, depuis près de quinze jours, elle n’avait pas eu le temps de penser à cela. Si cet accident n’avait pas ruiné sa vie en deux secondes, elle y aurait pensé beaucoup plus.
Elle aurait peut être même attendu anxieusement que les jours passent. Ou peut être pas parce que tout avait été comme un jeu délicieux.
La veille de l’accident, Vaughn et elle avaient eu une de ses discussions totalement niaises pour ceux qui sont extérieurs à un couple amoureux. Ils avaient fait des projets d’avenir et d’ailleurs y penser était toujours pour elle intensément douloureux parce que cette vie là lui semblait si loin maintenant alors qu’à l’époque cela semblait être à la portée de la main.
Ils étaient assis par terre dans le salon sur un tapis à moitié couchés et elle avait la première, dit, sans réfléchir :

- Je voudrais des enfants. J’aimerais qu’ils aient tout ce que je n’ai pas eu, une maison stable, des parents unis…

Elle s’était tue parce que Vaughn, qui était contre elle, dans son dos, s’était raidi. Elle comprenait mieux alors ce qui avait pu le surprendre ou le choquer. Il avait dit prudemment :

- Un bébé ? Mais, tu m’avais dit déjà que tu ne savais pas si tu en voulais, ni même si tu pourrais depuis les manipulations du Covenant…
- Il semble qu’il n’y ait pas tant de problème que cela…d’après un médecin que j’ai vu il y a peu…

Elle avait attendu mais il n’avait rien dit de  plus. Alors, elle avait juste ajouter avec une fausse légèreté :
- D’ailleurs, comme nous ne voulons pas  d’enfant tout de suite, ni même ne savons si nous en aurons un jour, il faudrait être plus prudents que nous ne le sommes…

Le silence une fois de plus lui avait répondu et Vaughn  s’était relevé pour aller lui chercher à boire. Quand il était revenu, la conversation était partie sur autre chose.
Mais, il avait sans doute préféré se taire parce que plus tard dans la soirée, alors qu’ils faisaient l’amour, il s’était immobilisé le souffle court, contre son oreille et il avait murmuré :

- Je pourrais te le faire, ce bébé…

Elle avait mis quelques secondes à comprendre tout le sens de ses mots. Elle en avait été perturbée. Elle avait tenté d’éluder la question sous entendue :

- Je n’ai pas vraiment envie de me lancer dans une grande conversation…

Un sourire dans son cou, comme une caresse.

- Moi non plus…

Elle avait pourtant compris qu’à sa façon, il ne céderait pas . Avait commencé un petit jeu sensuel où elle cherchait à laisser la situation se décider toute seule en bougeant contre lui. Et lui tentait de lui arracher un consentement.
Ils avaient gagné tous les deux. Elle avait obtenu ce qu’elle voulait mais en murmurant juste : « oui, faisons-le ».

Et puis le lendemain, le monde éclatait et ses projets et ses espoirs avaient été relégués loin d’elle, très loin.
Et là devant ses amis et collègues, elle se disait que peut être elle avait été exaucée au delà de ses espérances.
Elle avait rougi. Marshall avait toussé nerveusement et son père avait préféré lever la séance alors que Sloane la regardait d’un œil scrutateur.
Elle était sortie complètement bouleversée jonglant mentalement avec les dates sans arriver à éclaircir quoi que ce soit.
Mais il y avait eu le verdict médical dès le lendemain et un premier sourire lorsqu’elle avait dit au médecin qui essayait de trouver la date de l’accouchement : ce sera le 7 avril…
Celui-ci avait pris un air dédaigneux et fait un long cours sur l’imprévisibilité des naissances mais elle savait bien que pour elle ce ne serait pas si indécis.

Et puis, elle avait un gouffre à ses pieds à ce moment précis : un enfant sans père, pire un enfant dont le père était finalement un inconnu pour elle, un enfant téléguidé apparemment par une prophétie vieille de 500 ans.
Elle allait devenir folle.
Il lui avait fallu pratiquement une semaine pour obtenir une certitude, une seule : elle voulait cet enfant envers et contre tout. Même si une once de vérité résidait dans la prophétie de ce vieux fou , même si son père était le pire menteur de la création.
Une semaine passée chez elle entre larmes et sourires béats, la main sur son ventre encore plat.
Puis elle était sortie de sa retraite et avait été voir Jack et l’avait informé de ce qu’elle voulait . Il avait incliné simplement la tête et dit doucement : « je t’aiderai ».
Cela lui avait fait du bien.

Elle était devenue la femme enceinte la plus surveillée de la CIA et certainement de la Terre.
Son état la rendait bien plus vulnérable et il avait bien fallu envisager que cet enfant pouvait représenter un intérêt pour les personnes qui détenaient peut être encore Vaughn. Il était alors encore introuvable. Mais, si personne n’avait donné un signe de vie, Sydney savait qu’il était en vie . Pour la première fois, elle pouvait affirmer qu’elle le sentait aux tréfonds d’elle même. C’était impossible qu’il ne le fût pas, c’est tout. Elle savait que beaucoup commençaient à en douter mais l’avenir lui avait donné raison.

Elle attendait regardant la pluie tomber, hésitant à prendre encore un peu de temps ou se lancer malgré tout sous l’averse. Il fallait qu’elle aille le voir à l’hôpital.
Tout avait avancé soudain très vite. Une semaine à peu près après la découverte de sa grossesse alors qu’elle sortait à peine de sa stupeur, Sloane les avait convoqués à l’APO et la première chose qu’elle avait vu sur les écrans était le visage de la jeune terroriste allemande qui avait loué le 4x4 qui les avait emboutis.
Sloane avait commencé d’une voix monocorde :

- Voilà une de nos connaissances à Saint Petersbourg et probablement pas pour découvrir les beautés de la ville. Elle est en train de négocier avec des Tchétchènes de la mafia locale. Elle fait son marché : achat d’explosif et d’armes pour un intermédiaire. Evidemment nous allons nous interposer et devenir ces fournisseurs. Il faut aller là bas.

Sydney avait immédiatement commencé à se redresser sur son siège mais Sloane en la regardant avait lancé :

- Sydney, tu restes ici. Tu as de nouvelles fonctions à assurer, rappelle-toi.

Sydney l’avait regardé avec stupéfaction :

- J’ai bien le temps de rencontrer ces gamins. Je pars là bas.
- Ah oui ? et que se passe t-il en cas de problème lié à ton état ?

Sydney sentit une vague de colère monter lentement mais sûrement :

- Je suis censée commencer à rester assise toute la journée ? Je veux y aller, c’est sans négociation possible. Cette fille sait des choses sur ce qui nous est arrivé et je veux le faire moi même. J’ai le droit de le faire et surtout ma santé et celle de cet enfant ne concerne que moi.

Sloane la regarda, imperturbable et se tourna vers Jack en quête d’un soutien quelconque mais n’en obtint pas. Il acquiesça alors.

- Bien, tu pars mais il faudra que l’on se mette d’accord sur les prochaines missions. La vie de ceux qui partent avec toi est en jeu aussi si tu es moins performante.

Elle ne répliqua pas. Elle l’avait mérité. Mais elle ne ferait pas prendre de risque à qui que ce soir cette fois. Pas au bébé non plus.

Le départ fut organisé pour le lendemain. Elle partait avec Weiss et son père. Ils devaient juste rencontrer Greta dans un cabaret assez glauque d’un quartier mal famé de Saint Petersbourg. Sydney jouerait le rôle de l’intermédiaire. Weiss serait son garde du corps et son père veillerait au reste.
Le voyage fut fatigant dans un avion spécialement affrété où les turbulences les secouaient brutalement.

Sydney était pourtant en forme quelques heures plus tard, habillée dans une tenue passe partout dans le milieu où ils allaient se couler. Elle portait des vêtements informes, un jean , un pull noir et un bonnet enfoncé sur les sourcils. Cela lui éviterait au moins la perruque. Le plan était simple. Il fallait s’emparer d’elle et la faire parler. Négociation si elle voulait et bien sûr, plus si nécessaire.

Elle prit une dernière inspiration et entra escorté d’un Weiss qui l’avait fait éclater de rire lorsqu’elle l’avait vu grimacer devant un miroir pour avoir la moue la plus menaçante possible. Il était très dans son rôle, avec ses lunettes noires et son arme qui gonflait le coté de son blouson de façon ostensible.
Elle entra dans une atmosphère enfumée et bruyante. Des hommes étaient assis à des tables crasseuses. Beaucoup étaient des marins. Le port était très proche . Le lieu avait dû être choisi entre autres pour ça. Il permettait un départ très rapide par la mer. C’était une de leur voie de repli.
Elle repéra la jeune femme, habillée plus ou moins comme elle à une table près d’une porte. Elle s’approcha et se tint debout devant la table. Le regard de Greta la balaya avant de revenir sur elle avec une lueur d’étonnement. Elle ne s’attendait pas à une femme et pour cause.

- Les oies sauvages ne sont pas encore revenues sur la Neva, dit-elle.
- L’hiver a été trop rude pour ça, répondit Greta en lui désignant la place en face d’elle.

Sydney s’assit en se demandant depuis quand les criminels tchétchènes étaient des poètes. Elle avait trouvé ces phrases particulièrement stupides. Elle resta face à la jeune femme la fixant durement.

- Je vous emmène pour voir le matériel ?
- Ce n’était pas prévu, dit Greta sur la défensive.
- En effet. Kondratiev ne vous a pas prévenue, il me l’a dit.
- Et pourquoi ?
- Il n’avait plus confiance dans la liaison.

C’était précisément cette liaison qui les avait si bien renseigné.

- D’habitude, il utilise alors un autre biais.

Ca, Sydney ne le savait pas. Elle regarda Greta et lança avec assurance :

- Pas le temps. Je suis là, le matériel attend. C’est maintenant ou pas du tout. A vous de voir !

Elle s’appuya contre le dossier de sa chaise avec une feinte décontraction. Si Greta se levait et partait ça compliquerait leur mission. Celle-ci finit par opiner lentement de la tête et se leva. Elle n’avait pas une confiance excessive visiblement.
Sydney fit un signe à Weiss qui emboîta le pas à la jeune femme tandis que Sydney la précédait. Il ne fallait plus que la conduire dans un entrepôt voisin et passer à l’interrogatoire.

Greta était une jeune femme plutôt frêle vue de près avec de grands yeux sombres angéliques. Sydney lui aurait donné le bon dieu sans confession. Mais les criminels ne sont pas tous aussi laids que leur âme, elle le savait bien.
Ils entrèrent quelques minutes plus tard dans l’entrepôt . La porte refermée lui fit du bien. Elle n’avait pas été très tranquille durant tout ce temps de marche à l’extérieur.

Jack se détacha d’un coin sombre de la pièce et s’approcha. Greta lui jeta un regard effrayé et plongea la main dans sa poche. Weiss se glissa derrière elle et l’immobilisa rapidement :

- On ne bouge plus, Greta. Nous n’avons que quelques questions à vous poser.

Elle ne dit rien les observant tous, tour à tour, l’œil mauvais.

- Quelle police ? demanda-t-elle .
- Quelle importance ? répondit Sydney.
- Aucune, je suppose. Mais je veux savoir comment on va me faire parler.
- Ca dépend de vous. Vous répondez tout de suite et vous sortez ici dans 30 minutes au plus. Vos activités ne nous plaisent pas du tout mais ne sont pas notre objectif actuellement, articula lentement Jack.
- Je vois. Je risque d’être grillée auprès de mes contacts.
- Pour le moment, personne ne vous sait ici. Ca peut durer. Plus vite vous sortez, plus vite vous retrouvez vos...contacts.

Elle sembla réfléchir et demanda :

- Quelle garantie j’ai ?
- Aucune. Ma parole, c’est tout, dit Jack platement.

Elle eut un gloussement cynique.

- Je ne sais pas ce qu’elle vaut.
- Vous allez le découvrir. De toute façon, vous n’avez pas trop le choix.

Elle hocha la tête et dit :

- Ok !  Allez-y.

Sydney se sentit soudain sur les charbons ardents et s’avança :

- Vous vous souvenez d’avoir loué un 4x4 à Seattle, il y a quelques temps ?

Elle sembla très surprise soudain. Elle ne s’attendait pas à cela visiblement.

- Euh… Oui.
- Pour qui ?
- Pour moi.
- Ne perdons pas de temps !
- Je voulais savoir, dit-elle moqueuse, ce que je pouvais dire. De toute façon, ce petit enfoiré m’a trahi alors je ne vais certainement pas le défendre.
- Sark ?
- Oui, comment le savez-vous ? et surtout pourquoi vous me le demandez si vous le savez déjà ?
- Confirmation, marmotta Sydney. Dans quel but ?
- Il voulait cette voiture pour un coup à lui. Je n’ai aucune idée de ce qu’il en a fait et je ne veux pas le savoir. Ce type est tordu.

Elle avait l’air vraiment en colère.

- Qu’est-ce qu’il vous a fait ?
- Il m’a menée en bateau ! Je devais faire une affaire avec lui et je me suis retrouvée loueuse de voiture. Il m’a juste dit après qu’il garderait contact avec moi . Qu’ il aurait peut être besoin de mes services. Mais j’ai perdu du temps et de l’argent.
- Je vois. Et comment est-il supposé vous trouver ?
- Il a mes coordonnées, dit en souriant largement Greta.

Sydney commençait à la trouver un peu agaçante.

- Et vous ?
- C’est là le problème ! je n’ai pas les siennes mais …
- Mais quoi ?
- Je peux le contacter si je veux.
- Comment ?
- Et bien…

Greta commença à la regarder avec un petit sourire rusé qui énerva passablement  Sydney.

- N’y pensez même pas, lui dit-elle.
- Comment ça ?
- Vous n’obtiendrez rien. Vous donnez votre moyen de le contacter et on vous oublie.
- Vous avez l’air d’y tenir à ce type…
- Plus que vous croyez, lança Sydney ironiquement. Mais pas pour les raisons que vous pensez.
- Mouais. Bon…Je peux le trouver sans problème parce que j’ai laissé un traceur sur lui.
- Un traceur sur lui ?
- Oui je me méfiais. Je pensais que je n’aurais jamais mon fric donc quand il dormait je lui ai placé un traceur sous la peau près de l’oreille. Aucune douleur. Aucun moyen de le repérer. Technologie coréenne exceptionnelle.
- En effet. Et où est le moyen de le trouver ? demanda calmement Sydney alors qu’elle bouillait d’impatience.
- Dans ma poche.

Sydney fit un geste mais malgré ses liens, la jeune femme se recula et lança :

- Ne me touchez pas.

Elle se toisèrent et Sydney se fit plus menaçante :

- Ne me tentez pas, j’ai envie de vous taper dessus depuis tout à l’heure !
- Parce que j’ai couché avec lui ?
- Oh non !
- C’est dans ma poche. Un écran assez petit. Il faut un code, je vous le donnerai.

Sydney sentit que la jeune femme avait cédé . Elle ne comprenait pas trop pourquoi mais peu importait. L’opération ne prit que quelques minutes. Jack s’activa silencieusement tandis que Sydney attendait près de Greta qui regardait ailleurs, dans le vague. Sark avait dû vraiment aller trop loin avec elle et pas simplement pour le boulot.
Jack lui fit un petit signe et Weiss la rejoignit pour jeter un coup d’œil sur le petit écran. Un point minuscule bougeait très lentement et des chiffres étaient marqués sur le coté.

- Ses coordonnées, dit simplement Jack.

Il calcula rapidement et dit simplement :

- France. Normandie.

Bien sûr.

- Vaughn serait là ?
- Peut être…
- Quel nom avez-vous dit ? demanda Greta soudain.

Effrayée, Sydney fit volte face. Elle avait parlé trop fort. Il ne fallait pas que cette fille en sache trop. Elle avança, menaçante, vers elle.

- Non, non, dit celle -ci avec de l’urgence dans la voix. J’ai entendu ce nom dans la bouche de Sark.

Sydney s’interrompit et la regarda :

- Quand ?
- Une nuit, j’étais près de lui, il croyait que je dormais. Il a dit ce nom et un autre. Je n’y pensais plus mais en vous entendant je m’en suis souvenue.
- Et alors, il disait quoi ?
- Attendez…Je n’ai pas tout compris… Il a dit que ce que ce cher Vaughn allait découvrir ce que souffrir voulait dire… Ca ne m’a pas étonné…que Lauren serait vengée…je crois que c’est le nom qu’il a dit… Qu’il n’était pas question qu’un enfant naisse de cette union…et il a dit que la cache était prête chez Domenico.

Sydney prit une grande inspiration. Un nom…C’était inespéré.
Greta avait été d’une aide précieuse. Elle éprouvait comme une sorte de soulagement intense qui lui coupait les jambes. Une cache…c’était pour un homme vivant…mais dont on voulait tirer quelque chose…quoi ?
Elle regarda son père qui méthodiquement déliait les mains de Greta. Celle-ci se releva en se frottant les poignets et se tourna vers Sydney. Celle-ci jeta un coup d’œil à son père et avant même qu’elle eut pu ouvrir la bouche, elle lui balança le revers de sa main si violemment  dans le visage qu’elle bascula en poussant un petit cri. Ca, c’était pour avoir servi de prête nom à Sark. Elle avait visiblement déjà regretté leur alliance alors ça suffirait.


Sydney regarda le ciel qui s’éclaircissait et se détacha du mur qui la protégeait. Elle pouvait reprendre son chemin vers l’hôpital.
Elle se retourna et regarda la vitrine qu’elle n’avait même pas vu avant et découvrit un magasin de jouet. Un minuscule chat bleu ciel aux yeux implorants semblaient la regarder. Elle allait l’adopter jusqu’à ce que son bébé soit là, et puis elle lui donnerait. Ce serait son premier jouet.

 hitgirl
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 hitgirl
  Posté le 05/08/2005 19:24:13
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I love this story so far!!!! nan serieux c'est bien écrit et c'est un fait qu'on se croirait dans un épisode...Au cas où la saison 5 tourne mal (ca arrive même aux meilleurs) pense à te faire embaucher. Puis je suis sur que ca rapporte ce boulot...

http://img98.exs.cx/img98/2382/aliasban1.gif
 aliasfan
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 aliasfan
  Posté le 05/08/2005 21:34:43
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C'est incroyablement bon! J'adoooooore! Vraiment! Duel sark et vaughn, ça promet!

--Message edité par aliasfan le 2005-08-05 21:35:03--

http://img368.imageshack.us/img368/3364/bansark7rt.jpg

sark forever ( clin d'oeil à raiddingue) quoi qu'il arrive!

Si la logique te dit que la vie n'a aucun sens,
ne renonce pas à la vie, renonce à la logique!
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 lolo38
  Posté le 05/08/2005 23:28:21
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Un épisode tout en émotion, un peu plus court que les précédents mais rapide  

Vraiment j'ai hâte de savoir où tu va conduire cette histoire.

Vite la SUITEUUUUUH

http://img484.imageshack.us/img484/4203/savealias16nq.jpg
I MISS VAUGHN!
SVS POWAAAAAAAAAA
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 scg
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 agent triple :)
 scg
  Posté le 09/08/2005 18:50:45
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Merci pour tout comme à chaque fois! voici la suite!

Chap 6 :

Le coma est un état mystérieux entre la vie et la mort. Le corps est plongé dans une sorte de sommeil profond dans lequel certains éléments de la vie environnante pénètrent. Sinon , c’est une sorte de flottement somme toute confortable surtout si le monde extérieur n’a pas toujours été tendre. C’est surtout le cas si vous êtes dans un coma peu profond, de stade 1 ou 2. C’était la situation de l’agent Vaughn . Un coma réversible. Mais dont la réversibilité se faisait insupportablement attendre.
Il n’avait jamais ni froid, ni faim et parfois, rarement , il percevait quelques petites choses infimes, précieuses, attendues. A ce moment précis, il était si proche de l’éveil qu’il sentait une main sur la sienne. Il avait mis du temps à identifier où se situait son corps mais maintenant il le voyait très bien flottant parfois au dessus. La main caressait la sienne, la soulevait, étirait les doigts. C’était un réel soulagement parce qu’il était incapable de le faire lui même et quand il avait cet état de presque conscience, il sentait la lourdeur et la faiblesse de ses membres trop longtemps inactifs.
Une voix parlait aussi, doucement, en chuchotant ou en parlant doucement avec parfois un petit rire. C’était sans aucun doute le moment le plus agréable.
Puis inexorablement il s’enfonçait dans un coton blanc et doux. Il hésitait un moment puis se laissait aller parce que cette lente descente était apaisante et facile, bien plus que l’attention qu’il devait fournir pour rester avec la voix ou la main, surtout que parfois, il n’avait pas ce son ni cette caresse.
Pourtant cette voix lui disait des choses intéressantes. Il le supposait parce qu’il ne comprenait pas bien. Des mots seulement parvenaient jusqu’à lui. Certains étaient très agréables, d’autres moins et ils n’avaient pas de sens isolément.
Depuis un temps dont il ne connaissait pas la durée, il avait lutté pour comprendre et pour la première fois, il avait imprimé mentalement une phrase : le bébé va bien…
Il avait eu envie de rire. Cette voix lui parlait de bébé, à lui ! Il n’avait pas de bébé dans son entourage ! Il avait très envie de lui dire qu’elle devait se tromper de comateux ! Mais il ne pouvait pas parler et il sentait que bientôt le coton allait l’absorber. Pour la première fois, cela lui semblait vraiment gênant. Alors, il lutta, il se concentra sur la voix et essaya d’oublier l’attraction du coton.
Et ça marcha plutôt bien.
Il vit de la lumière, entendit un cri perçant et des sons discordants et se demanda pendant quelques secondes ce qui lui avait pris de revenir dans cette réalité. Il tourna la tête et murmura : « mon dieu, fermez-la ! »


Syd