les pizzas joey Messages postés : 80 jeune recrue CIA  |
Posté le 09/06/2005 22:06:22 | | Je sais que ce POV est un peu long, mais c'est à la base un challenge.
Il devait faire plus de 300 caractères, espaces non compris.
Il devait reprendre l'histoire de Alias à la fin du dernier épisode de la saison 2 , en enlevant les dernières minutes, c'est à dire celles où l'on voit sydney couchée dans les rue de Hong Kong.
Et il devait impliquer la mort d'un personnage. le texte devait être raconté à la première personne et devait retracer les pensée d'un personnage sur la situation.
Voilà voilà. BONNE LECTURE.
Toutes les douleurs
Cher journal,
Tu as devant toi un des hommes les plus malheureux de Los Angeles. Et je pèse mes mots. Je vais essayer d'écrire sur ces pages blanches quelque chose de cohérent et qui retracerait ma pensée la plus profonde.
Je n'arrive pas à dormir à cause des récents événements qui ont balayé ma vie. Il doit être aux environs de trois heures du matin et j'ai passé une bonne partie de la nuit dehors. C'est avec le plus grand désespoir que j'écris aujourd'hui. J'écris pour la première fois depuis plusieurs années, et je prend la plume du malheur qui s'est abattu brutalement sur ma vie pour le faire. C'est bête à dire, mais ce que je vais écrire n'atténuera pas ma souffrance. Je n'aurais jamais assez de mots pour tout décrire, je n'ai même pas assez de larmes pour pleurer. Malgré tout ce que je m'apprête à écrire, qui s'est bel et bien passé, je n'arrive toujours pas à croire qu'il existe des gens aussi cruels pour affliger à d'autres, des souffrances qui resteront gravées dans leur cœur à jamais.
Je n'ai jamais compris pourquoi les gens pouvaient être aussi lâches, aussi méprisants et aussi mauvais entre eux. Je suis d'une nature pacifiste, mais quand je vois ça, j'ai envie d'exploser. J'ai envie de retrouver celle qui a fait ça et de lui faire ressentir tout ce que moi je ressent. La vengeance, la haine et la colère pour ce qu'elle a fait, pour la peine qu'elle cause à trop de gens, Mike, Jack, Will, moi… Le vide, le déchirement et l'injustice que j'ai ressentit au moment où j'ai raccroché le téléphone.
C'est Mike qui m'a appelé. Je t'ai déjà décris Mike il y a plusieurs années, c'est mon meilleur ami. Aujourd'hui il a perdu sa petite amie. Et moi une amie. Même si on est habitué à voir des hommes tomber au combat, elle n'aurait pas du perdre celui-ci, ce n'est pas juste, ce n'était pas son heure. Parce que c'est Sydney. Je l'avais toujours imaginée comme une femme parfaite, sans faiblesse, belle, intelligente et perspicace, qui a de la répartie et qui sait mettre un homme au tapis. Aujourd'hui, je ne suis plus sûr de rien. Allison, l'assassin de Sydney, m'a démontré que même ce que l'on croyait inébranlable, pouvait à tout moment basculer dans le néant.
Je ne remet en cause personne dans cette histoire, je sait que Sydney a tout fait pour rester en vie et je sait qu'Allison est un monstre dans sa nature. Mais quand j'ai reçu ce coup de fil, quand j'ai entendu la voix de Mike, une voix fébrile et noyé sous un flot de larmes, j'ai tout oublié. Je ne savais plus rien. J'ai perdu mon sang froid, j'ai essayé de pleurer, mais je n'y parvenais pas, j'ai essayé de frapper quelque chose, mais ça n'apaisait pas ma douleur. Puis, quand enfin mon envie de frapper s'est dissipée, je me suis assis contre la porte, les jambes contre mon torse, et j'ai observé le silence. Un lourd silence, pesant, tout simplement parce qu'il n'y avait rien à dire devant tout ça.
Je me suis souvenu à cet instant de tous les moments passés avec elle ; même s'ils étaient rares, ils étaient uniques. C'était une femme à part, je crois que c'était un modèle pour tous, une femme irremplaçable.
Puis, je me suis levé péniblement, m'accrochant à la poignée pour soutenir mon poids, alourdi par la perte d'un être cher. J'ai pris mon manteau, les clefs de ma voiture et je me suis rendu sur les lieux du crime.
A cette heure-là, il n'y avait aucun bruit dans les rues, à part quelques âmes fêtardes et quelques chats en quête de nourriture ou de proies à chasser. A cette heure-là, les rues étaient sombres et la lune éclairait juste les fenêtres pour surveiller le monde. A cette heure-là, tout était calme et paisible, pourtant quelqu'un avait été assassiné. Dans les rues que la lune n'éclairait pas, le corps d'une femme avait été jetée parmi les poubelles, son sang se répandait en cascade jusqu'à tomber goutte à goutte sur le sol humide. A cette heure-là, une femme était morte et tout le monde la pleurait. Son tueur est allé rejoindre sa fenêtre et la lune l'avait l'éclairé, mais cette femme est toujours morte.
J'ai roulé à toute vitesse entre les voitures, je n'entendais plus les klaxons, je n'ai même pas vu que j'avais passé la maison de Sydney. J'ai essuyé mes larmes d'un revers de manche et après avoir fait un détour, je me suis garé à quelques mètres de chez elle. Voilà pourquoi je t'écris cher journal. Juste pour faire un détour sur le passé, et pour qu'enfin je prenne conscience de ce qui est arrivé.
Je pense à la lâcheté d'Allison, qui s'est évaporée après avoir tué Sydney. Elle a déposé son corps sur la poubelle au bout de la rue et a incendié sa maison. Ensuite, elle est partie, en laissant juste une rose rouge sur le corps de Sydney. En signe de victoire.
Je ne savait pas vraiment quelle heure il était, et à vrai dire je n'avais pas envie de le savoir. Pour moi, c'était l'heure la plus sombre de ma vie, l'heure clandestine qu'avait choisit un assassin pour tuer une amie. L'heure la plus longue de ma vie. J'ai passé le seuil de la porte, désormais noire, de la maison de Sydney. Tout avait brûlé, il ne restait plus que des cendres. Je me suis dirigé vers le jardin devant sa maison, des banderoles jaunes et noires entouraient les poubelles entassées au bout de la rue. Le corps de Sydney n'y était plus, mais la lune éclairait son sang. Beaucoup de sang avait coulé cette nuit, beaucoup de sang pour une femme. La police était là, à la recherche du plus petit indice qui pourrait nous apprendre comment tout avait pu se passer.
J'ai vu Mike, qui était adossé contre un mur, à l'écart. Je me suis approché de lui, et je l'ai enlacé comme un homme qui se doit de consoler son frère. Que pouvais-je faire d'autre ? Il a pleuré toutes les larmes de son corps qui compterait désormais une cicatrice de plus, mais la plus grosse de sa vie. Pour lui… je ne sait pas ce qu'il ressent, je me doute bien qu'il est profondément déchiré, je n'imagine même pas la peine qu'il ressent, elle est sûrement trop grande. Je suis sûr qu'il se dit que ça aurait dû être lui à la place de Sydney, et rien que pour ça j'ai envie qu'Allison paye ! Que fera-t-il lorsqu'il se retrouvera face à elle ? Qu'est-ce que moi je ferais ? Et Jack ?
Jack aussi est désemparé, même ça il n'arrive pas à le cacher ! Il a les larmes aux yeux, mais elles n'arrivent pas à couler. Je ne l'ai jamais vu aucune émotion sur son visage auparavant. On aurait pu voir qu'il avait des sentiments à un autre moment, plus gai. Il aurait pu s'extasier de la beauté de sa fille quand celle-ci se serait mariée… avec Mike, il aurait pu être un grand-père magnifique, un parfait Père Noël… Mais le destin en a voulu autrement, et à fait qu'il nous révèle ses sentiments le jour de la mort de sa fille. Je trouve ça encore plus triste. Pour un père, perdre sa fille, surtout d'une mort bien loin d'être naturelle, énigmatique, quoique l'énigme est proche de se résoudre… mais pour Jack, même pour lui ça doit être… je ne sais pas. Je pourrais dire que ça fait comme de recevoir un poignard en plein cœur, mais je ne suis pas sûr que ce soit assez fort !
Je devrais sûrement intérioriser tout ça, mais il y a trop de chose à dire pour qu'elles soient oubliées. Beaucoup de gens voudraient certainement comme moi, crier au monde entier leur peine, je pense à Mike, à Jack, à Will, mais je crois que personne n'y arrive. Je crois que dans ces moments là, on a peine à décrire ce que l'on ressent, justement parce que l'on ressent trop de choses. On est submergé par un flot d'émotions qui nous attire vers l'insoutenable. C'est comme ça que je ressent tout cette "affaire", comme le répétait si bien la police. Mais qui peut qualifier ce qui reste des lieux du crime, la maison de Sydney brûlée, Sydney morte, et des proches meurtris, accablés de douleur, qui peut qualifier tout ça d'affaire ?
Je suis longtemps resté sur les vestiges du thèatre de l'horreur, et bien sûr je n'y ait trouvé aucun réconfort ! Je suis juste resté pour contempler ce qui restait de toute une vie dévastée. Je me suis rendu compte, que si en un instant tout pouvait basculer, que si la vie ne tenait vraiment qu'à un fil, alors la vie était quelque chose de purement superficiel !
Et le hasard dans tout ça ? Et si le hasard n'était qu'une illusion ? Je vais faire l'effort d'imaginer que ce n'était pas le cas, même si je pense que l'hypothèse du hasard est absolument absurde ! Je vais imaginer, juste un cours instant, que le hasard ait quelque chose à voir dans tout ça, dans la mort de Sydney. Alors cela voudrait dire qu'Allison ne voulait pas tuer Sydney, du moins pas pour le moment.
Qui aurait pu croire qu'Allison était Fran ? Qui aurait pu croire que même elle, tuerait Sydney ? C'est Fran. Enfin, Fran… c'est beaucoup dire. Mais personne n'aurait pu savoir que Fran était Allison. C'est là où tout est embrouillé pour moi. Ca ne coule pas de source ! Pourquoi elle aurait fait ça ? C'est vraiment absurde… démesuré… bizarre ! Encore une énigme à résoudre, et franchement, je n'ai pas le cœur à ça.
J'admire celle qui a écrit que ce que nous ressentons n'est inscrit nulle part, parce que c'est la pure vérité. Enfin pour moi. J'ai peine à décrire ce que je ressent. Il n'y a pas de mots justes qui pourront définir ma pensée, il n'y en aura jamais assez. Moi-même je n'aurais jamais assez de courage pour tout vous raconter, je n'aurais jamais assez de quoique ce soit pour vous dire tout ce que Sydney à pu faire de bien dans sa vie. Pourtant elle en a fait énormément. Je la respectais pour ça, pour son courage, pour sa solidité face à sa situation, face au monde qui l'entourait, et qui ne l'entoure plus aujourd'hui. Dans quelques jours, ce qui l'entourera, ce seront des planches de bois clouées et vernies. Ce sera son lit, sa maison, cette boîte qui ne la quittera plus jamais. Je n'ose même pas penser au jour de l'enterrement, je n'ose même pas imaginer la douleur que je ressentirais ce jour là. Je serais devant la réalité, je ne pourrais plus fuir, il n'y aura plus d'échappatoire, pour personne.
Tout bien réfléchi, je préfère ne pas penser à tout ça, c'est trop pour moi. Je préfère me rappeler des bons moments, des rares moments que j'ai eu l'honneur de partager avec elle, ou tout simplement des rares moments auxquels j'ai pu assister.
Après mon séjour à l'hôpital, j'ai subitement réalisé que la vie était trop courte pour risquer de la gâcher. Alors j'ai encouragé la relation entre Mike et Sydney. Il y a eu ce moment assez drôle dans l'avion, Mike avait mis de l'after-shave à s'en déboucher les narines, il était jaloux ça se voyait comme le nez au milieu de la figure. Mais franchement, il n'y avait pas de quoi l'être, j'ai toujours su que Sydney n'avait d'yeux que pour lui, il n'y avait comme barrière que le protocole de la CIA. Pourtant ce protocole, je les ait incité à l'enfreindre, lors du dîner en France. J'étais tellement heureux quand Mike m'a dit qu'il avait proposé à Sydney de dîner avec lui et qu'elle avait accepter, que j'ai même fait une démonstration de danse, chose que je ne fait jamais d'habitude. J'ai tout organisé, les oreillettes, la surveillance, c'est même moi qui ait presque supplié Mike de tout déballer à Sydney. Quand j'y pense, il devait être gêné. Mais ça leur a bien réussit par la suite. Il y a aussi ce fameux moment, celui qui m'a fait me sentir l'homme le plus bête de la Terre. Le SD-6 venait d'être détruit, ça devait par conséquent être le jour le plus beau de leur vie, et je suis arrivé devant eux en leur disant gentiment que c'était fini. Mais je crois que ça ne les a pas trop perturbé…
Je crois que c'est la première fois que je ressens le besoin de coucher sur papier tous les sentiments contradictoires qui m'habitent. Longtemps ma devise était : ne pas s'attacher pour ne pas regretter. C'est ce que j'aurais du faire avec Sydney, mais comment s'y tenir ? C'était tout bonnement impossible. Je me rend compte que je n'ai jamais dit à Sydney tout le bien que je pensait d'elle. J'ai poussé Mike à lui révéler ses sentiments, mais moi je n'ai même pas été capable de lui exprimer ma gratitude, et de lui dire qu'elle pouvait compter sur moi dans les moments difficiles.
Ce que je ressens en ce moment est tellement contradictoire que je ne sais par où commencer, même si j'ai déjà écrit plusieurs pages. Il faut bien que ma colère et ma peine s'évacuent d'une façon ou d'une autre.
Quand je passerais demain matin devant le bureau de Mike, je verrais un homme malheureux, qui a perdu la seule chose qu'il aimait plus que tout. Je me répète sûrement un peu, mais c'est quelque chose d'important, quelque chose à ne pas négliger. Je suis sûr que chez lui, Mike s'attendra inconsciemment à entendre un éternuement ou un simple reniflement, un éclat de rire ou à voir un sourire d'elle. Je suis sûr que de temps en temps il croira voir son visage, il se surprendra à entendre sa voix le bercer, et peu à peu, tout cela disparaîtra. Le temps effacera les blessures, j'ose l'espérer.
C'est dur d'être subitement confronté à la réalité. Se rendre compte que tout ce qu'on verra ne sera plus comme avant, que désormais Sydney ne viendra plus à la CIA, ne participera plus aux briefing ni aux missions.
Sydney était sans conteste la femme qui m'a appris le plus de chose sur la valeur de la vie. Tout le monde n'a pas la vocation... n'avait pas la vocation d'agent double, je pense que personne y est préparé. Mais Sydney à su vivre avec, elle a su s'en tirer dans la vie… jusqu'à aujourd'hui.
Depuis ces quelques heures où Sydney nous a quitté, les sourires de Mike se font plus rares et une douloureuse tristesse s'est déposée sur ses yeux, comme un fin voilage qui assombrirait ses moindres petits instants de joie. Mais je dois bien admettre que moi aussi je ne suis certainement pas étranger à cela. Je suis un idiot, parce que j'aurais dû veiller sur elle et sur Mike. J'aurais du tenir la promesse que je m'étais faite jusqu'au bout. J'aurais du lui éviter ses souffrances. J'aurais du faire tant de chose… Je ne devrais sûrement pas m'en vouloir mais c'est plus fort que moi. Je suis encore plus idiot que je le croyais, c'est pitoyable.
La mort de Sydney m'a de nouveau ouvert les yeux. Et dire qu'il a fallut ce triste évènement pour me faire de nouveau prendre conscience que nous ne sommes pas immortels. Même à écrire c'est difficile, entrer par effraction chez Hassan le serais moins.
Que pourrais-je ajouter de plus ? Je crois avoir dit l'essentiel. Et si ce n'est pas le cas, ce sera pour une prochaine fois. Quand j'aurais digérer un minimum cette histoire, si c'est possible.
Il ne me reste plus qu'à me convaincre que pleurer le départ de Sydney ne sert à rien, au fond de nous elle ne nous a pas quitté. Elle aura changé en quelque sorte ma vision des choses, celle que j'ai sur la vie en général. Je sais que même une personne "normale" ne pourra jamais l'égaler, elle sera toujours pour moi un modèle, une femme exceptionnelle. Si elle était encore en vie, enfin je veux dire, si j'avais pu lui dire au revoir, je lui aurais fait part de toute mon amitié, même si cela n'aurait pas servit à grand chose, mais j'aurais quand même voulu qu'elle le sache. Je lui aurait dit merci d'avoir traversé ma vie, même si ce n'était que pour un bref instant.
Mais cela ne sert vraiment à rien tout ça. D'ailleurs je ne sait même pas pourquoi j'ai pris mon stylo et j'ai écrit toutes ces pages qui ne veulent rien dire. J'ai voulu décrire ce que je ressentais, mais au fond je n'ai fait que me plaindre et dire des choses qui ne pourront jamais être vraies, dans la mesure ou tout cela est tellement absurde.
On n'a pas fini de subir les conséquences de cette histoire. Mike va avoir énormément de mal à s'en remettre, Jack aussi. Comme nous tous, mais eux plus que les autres.
Je sent que le climat à la CIA sera tendu, on respirera la vengeance, la colère et la peine. Ce jour de deuil marquera un tournant dans la vie de plusieurs personnes. La mienne en fait partie. Je doute que des gens normaux, les gens que nous ne sommes pas, comprenne réellement ce qui se passe, comprenne réellement notre peine. C'est peut-être pour ça que j'ai écrit, c'est peut-être pour le témoignage, pour inscrire à jamais ce moment, car même les plus durs doivent être gardés.
Après avoir écrit tout ça, je suis sûr d'une seule chose : Sydney n'aurait pas du mourir. Ne serait-ce que parce qu'elle n'avait pas tout accomplit. Et la promesse que je fait, c'est de retrouver Allison, et le plus vite sera le mieux.
Au théâtre de l'horreur, la reine est morte, et l'assassin sera le futur esclave des chaînes que nous lui attribuerons.
|