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forum Index du forum forumFanfic forumau bout de la vérité (fic:suite de traitres intimes)

Auteur : Sujet: au bout de la vérité (fic:suite de traitres intimes)  Bas
 scg
 Messages postés : 3096
 agent triple :)
 scg
  Posté le 06/02/2005 22:17:30
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Et bien voilà le premier chapitre de la suite de l'aventure.
Pour le moment il n'y a pas de spoilers de la saison 4. Si ça devait se produire je le mettrai clairement quelque part. Je suis mon idée de départ. Alors , comme avant, je le fais surtout pour m'amuser, j'espère donc que vous reprendrez le cours ce l'histoire. Tous ceux que j'aime sont là dans ce chapitre...

Bonne lecture!


Chap 1 :





Vaughn prenait le soleil dans une chaise longue devant la piscine. Lentement il laissait une douce torpeur l’envahir. Il faisait chaud juste ce qu’il faut. Un soleil qui réchauffe mais ne brûle pas. Il était arrivé chez Sydney quelques minutes auparavant et l’avait entendue dans la salle de bain. Il avait traversé les pièces, jeté sur le lit un tee shirt qu’elle avait oublié chez lui et posé sa propre valise. Ils devaient partir chacun de leur côté dans quelques heures et avaient décidé de s’accorder une pause.
Il soupira et un sourire flotta sur ses lèvres. Il avait l’impression de vivre une situation parfaite depuis quelques temps, une harmonie avec Sydney qu’ils n’avaient même jamais connue. Il était heureux et il pensait qu’elle l’était aussi.
Il avait attendu au moins quinze minutes et comme Sydney ne sortait pas , il avait décidé de profiter du soleil dans le jardin de la résidence , près de la piscine. L’appartement de Sydney donnait directement dessus et il pouvait la voir aller et venir.
Il sourit encore, impatient de la voir arriver. Il avait pour sa part déjà retiré l’essentiel…
Il voyageait encore entre le sommeil et la veille quand il sentit une ombre entre le soleil et lui et une main fraîche courir le long de son torse ; il soupira d’aise sans ouvrir les yeux et suivant les mouvements de la main, bientôt rejointe par une autre,  se laissa glisser puis retourner sur le bain de soleil.
Il murmura :

- Hmmm ! tu devrais aller chercher de la lotion solaire , j’adorerais que tu me couvres de crème…

Seul le silence lui répondit et la main disparut à son grand déplaisir. Il attendit quelques secondes et ne sentant rien venir, lança un coup d’œil par dessus son épaule. Il ne put s’empêcher alors de pousser un petit cri et il faillit basculer de sa chaise longue en se redressant précipitamment. Un charmant jeune homme se tenait près de lui.
Il dit en maugréant :

- Ce n’est pas le déguisement que je préfère.
- Je me doute ! mais au moins tu ne regretteras pas de ne pas m’accompagner. C’est réussi, hein ? tu t’es laissé prendre ?
- Oui, malheureusement ! Mais  il m’en faut bien plus que ça, dit-il en l’attirant lentement vers lui.

Elle éclata de rire luttant mollement pour ne pas qu’il s’empare de sa bouche. Elle lui dit à l’oreille, la voix rieuse :

- Si quelqu’un nous voit…ta réputation est foutue !
- Aucune importance, dit-il en continuant.

Il la lâcha cependant peu après et ils retournèrent dans la pénombre fraîche de l’appartement.
Sydney chantonnait en finissant de se préparer ; Elle était magnifique, ainsi bronzée et gaie. Il regrettait en effet de la laisser partir en mission avec Cavanaugh et son père. Mais il devait recevoir de jeunes recrues. Il avait pris du galon et devait maintenant assurer la prise en charge une fois par mois de jeunes recrues de la CIA. Il n’aimait pas particulièrement ça mais l’expérience était stimulante.
Sydney ne devait pas initialement se joindre aux deux hommes car l’infiltration qu’ils s’apprêtaient à faire nécessitait d’être exclusivement de sexe masculin. En effet, ils devaient entrer dans une loge maçonnique très conservatrice du nord est des Etats-Unis où il était totalement incongru de voir assister une femme à une réunion .
Trois agents infiltrés étaient une opération difficile mais la réunion était d’importance. Ils devaient s’y trouver un sénateur corrompu qui servait les intérêts d’un groupe terroriste international.

Vaughn attendait patiemment que Sydney termine mais elle se laissa tomber sur le lit avec un dossier dans les mains qu’elle se mit à étudier avec attention. Il la connaissait trop pour ne pas se douter que quelque chose la gênait. Il s’approcha et regarda par dessus son épaule :

- Un problème ?
- Pas vraiment mais il va falloir jouer fin. La réunion dure trois heures à Boston. Le sénateur Barber va arriver très tard et repartir aussitôt. Il dirige une commission à Washington le lendemain à la première heure. Nous devons donc surprendre l’échange d’argent qu’il va faire avec son contact terroriste. Nous devons à la fois savoir qui est ce contact dont nous ne savons rien, saisir les documents qu’il livre et tout cela sans pour autant se faire repérer.
- Oui, je sais tout ça. Quel est le problème ?
- Mon père pense que nous devons absolument pas nous faire repérer. Il faut que le sénateur croit que tout est normal parce qu’il va nous servir encore pour apprendre des renseignements sur ceux qu’il sert. Tout le jeu consistera alors à le faire jouer le rôle de faux informateur. C’est délicat.
- Oui, je vois…et puis il y a Cavanaugh avec vous…

Sydney se retourna vers lui en souriant :

- Ne me dis pas que tu es toujours agacé par Liam ?
- Si. Ce type est un crétin.
- Mais non. Il est très sympa et très fiable, il ne s’énerve jamais, il est toujours d’excellente humeur et puis il est plutôt pas mal…
- Ca va, ça va…j’ai compris…

Sydney éclata de rire et se coula contre lui.

- Mais tu es cent fois mieux… en tout…

Vaughn sourit. Il savait qu’elle jouait mais il adorait ça. Entendre dire des choses de ce genre lui faisait plaisir malgré tout. Il était totalement idiot dès qu’il était question de Sydney. C’est ce que sa mère disait en le regardant les yeux pleins de perplexité quand il lui parlait d’elle. Mais il n’avait pas d’excellentes relations avec sa mère depuis longtemps…Ils ne s’étaient plus vraiment compris depuis son entrée à la CIA.

Sydney se tourna vers lui et le regarda avec une lueur dans les yeux qu’il aimait particulièrement. Elle balança le dossier qui tomba au pied du lit et attendit. Il l’attira dans ses bras en murmurant qu’elle allait abîmer son admirable déguisement mais elle répondit qu’elle s’en moquait. Ils avaient deux heures. C’était beaucoup, c’était trop court.



Sydney était assise à côté de son père dans l’avion mais ils n’échangeaient pas une parole. Liam, pour plus de discrétion, était assis quelques sièges plus loin. Sydney avait encore du mal à réagir quand on l’appelait monsieur mais cela semblait marcher. Elle ressemblait à un tout jeune homme, ce qui correspondait bien à son rôle de fils de son père. Expérience troublante pour elle. Elle se demanda si Jack ressentait la même chose mais il était totalement muet depuis le début du voyage et lisait avec attention des documents arides sur les finances du groupe qu’ils allaient infiltrer.
Elle était donc Charles J. Burford, fils de John W. Burford, son voisin, tous deux issus de la haute société de Chicago et reçu à titre exceptionnel dans la loge avec le parrainage d’un des membres. Celui-ci, un vieil homme malade serait certainement surpris de savoir que trois personnes, les Burford et Cavanaugh, alias Thomas Grant allaient être introduits en son nom. Ils allaient assister à une communication exceptionnelle sur l’histoire de la société.
Jack lui jeta un bref coup d’œil mais détourna, si vite la tête que Sydney comprit qu’il n’avait pas envie de lui parler. Ils n’avaient pas grand chose à se dire depuis des mois. Sydney regardait avec scepticisme les actions de son père. Il sortait avec Linda Grafton. Elle avait fini par admettre qu’il devait y avoir une part de sincérité dans cette relation parce qu’elle ne voyait pas du tout l’intérêt que pouvait susciter Linda. Celle -ci avait obtenu un poste très élevé dans la CIA et poursuivait une carrière très réussie déjà. Elle n’avait plus du tout affaire aux agents de terrain et l’affaire Rambaldi avait officiellement été enterrée en même temps que Nadia. Mais cette liaison et tout le passé qu’il y avait entre eux avait rendu difficile tout échange entre eux. Il n’y avait plus rien de naturel. Sydney se sentit seule, soudain et étrangement en insécurité. Elle avait souvent des missions avec Penny et Weiss mais ils étaient en voyage. Elle partait très souvent avec Vaughn aussi. Elle avait perdu l’habitude des tête à têtes avec Jack.

L’avion amorça la descente et elle se reprit. Les affaires commençaient sérieusement dès l’atterrissage. Une limousine devait les conduire jusqu’au lieu de la réunion tenu secret. Ils vérifièrent leurs moyens de communication avec l’équipe au sol qui devait assurer leur départ dans quelques heures et avec LA. C’était leur nouveau patron en personne qui se trouvait à l’écoute. Ricci était un homme austère et froid qui impressionnait un peu Sydney. Il était scrupuleux et peu imaginatif mais il était très pugnace et surtout d’une grande sévérité. Elle ne comprenait pas tellement son mode de fonctionnement mais devait reconnaître que l’équipe tournait rond sous ses ordres et qu’il était juste.
Vaughn lui manquait un peu. Elle songea que depuis des années, il était toujours là au moins dans son oreille.

Ils arrivèrent dans une grande salle majestueuse décorée de boiseries sombres et où se trouvaient une centaine de fauteuils vert bouteille organisés en demi cercle face à une estrade. Le bureau de bois sombre sur l’estrade trônait de façon impressionnante et ceux qui devaient prendre place derrière devaient prendre une autorité naturelle immédiate.
Sydney suivit une sorte d’appariteur vêtu d’un costume de majordome. Ils s’installèrent avec son père dans leur siège raide et inconfortable. Une sensation d’étrangeté tenaillait Sydney face à ce décor volontairement solennel et pompeux. Le reste fut encore pire. Des hommes vêtus de toge prirent place sur l’estrade et l’ensemble des participants présents dans la salle fit silence. La mission allait commencer aussitôt le discours de bienvenue terminé par le président.
Après un moment qui parut très long à Sydney, il passa la parole au principal orateur de la soirée qui commença une lecture monotone d’un texte qui semblait tenir sur au moins cinquante feuillets et qui avait de bonne chance d’endormir rapidement les participants. Toute la difficulté consistait à agir sans se faire remarquer dans un silence de cathédrale.

Barber était assis, comme prévu, deux rangs devant eux. Sydney distinguait la crinière blanche de sa chevelure qu’elle avait vu en photo. Il semblait profondément absorbé à moins qu’il ne dormit déjà. A ses pieds il y avait une serviette en cuir magnifique visiblement ancien. C’était la seule chose qui pouvait contenir les documents qu’ils recherchaient. Barber était de la vieille école et ne communiquait que par papier. C’était particulièrement peu discret.
La première partie de la mission consistait à changer les documents de la serviette, véritable tour de passe-passe que Cavanaugh avait certifié pouvoir réaliser ce qui justifiait sa présence ici. Il était assis juste derrière Barber et Sydney le vit se pencher ostensiblement pour ramasser un crayon. Plusieurs participants tournèrent la tête dans sa direction. Il profita de la situation pour changer la serviette avec une autre semblable. La partie délicate semblait réalisée. Il avait été impossible de trouver une serviette identique à celle de Barber. C’était un véritable objet de collection. Pendant que les documents changeaient de mains, il fallait que Barber puisse trouver sa serviette à côté de lui. Cavanaugh replacerait la bonne dûment remplie après. Mais il fallait faire vite.

Cavanaugh posa les documents par terre et les fit coulisser vers Jack qui s’en empara. Il commença immédiatement à les scanner grâce à son ordinateur portable ouvert comme ceux de plusieurs participants qui prenaient des notes. Les données probablement codées seraient ensuite transmis dès que possible au QG et traités.

L’ennuyeux monologue s’acheva alors que Cavanaugh replaçait les documents. Ces gestes avaient été rapides et efficaces comme prévus et Sydney qui avait douté de lui se dit qu’il avait été tout à fait à la hauteur. Son voisin, un vieux monsieur obèse et peu aimable lui lança un regard furibond quand il s’installa au fond de son fauteuil alors que tout le monde se levait pour se dégourdir les jambes.

Sydney se leva et commença à se déplacer dans la salle en déambulant sans but précis. Elle cherchait vers qui se dirigeait le sénateur. Il saluait à droite et à gauche des amis et Sydney saisissait des bribes de conversation sans suite qui tournaient toutes autour de la joie de se réunir. Barber semblait détendu et n’attendre personne en particulier. Sydney se déplaçait toujours évitant de s’arrêter pour discuter parce que sa voix l’aurait trahie. Elle remarquait cependant la surprise de certains qui l’observaient et dont les regards interrogateurs montraient bien qu’ils ne la reconnaissaient pas. Elle souhaita que le prochain discours commence et que la salle s’obscurcisse à nouveau.
Barber venait de quitter la salle en direction des toilettes avec sa serviette sous le bras. Sydney lui emboîta le pas en priant pour qu’elle ne doive pas entrer à sa suite. Mais Barber bifurqua dans un couloir avant d’atteindre les toilettes et ouvrit une porte en trompe l’œil . Sydney eut le temps de voir qu’il s’agissait d’un placard sans issue. Elle se tapit dans un coin sombre et attendit. Rapidement une silhouette apparut dans le couloir. La forme était fluette et portait une curieuse tenue qui évoquait plutôt le rat d’hôtel et quand elle fut proche de Sydney, elle vit qu’il s’agissait sans aucun doute d’une femme. Le visage demeurait dans l’ombre cependant et elle ne vit qu’un lumineux regard sombre apparaître. Tout cela était terriblement fugitif mais son cœur se mit à battre et elle s’en voulut aussitôt. Chaque fois que sur le terrain, elle croisait un agent femme elle se demandait s’il ne s’agissait pas de Nadia.
Que ça soit sur n’importe quel terrain d’action , que ce soit un agent ami ou ennemi, elle croyait voir Nadia.
Elle était d’autant plus obsédée par elle, qu’elle n’avait rien dit sauf à Vaughn qui avait entendu en direct sa réaction lors de la mission où elle l’avait vu vivante. Elle n’avait pas le temps de penser à cette émotion qui l’avait saisie en l’apercevant, en pleine scène de séduction avec un sourire qu’elle ne lui avait jamais vu en réalité. Nadia faisait exactement ce qu’elle avait prévu alors Sydney avait paniqué et pour la première fois depuis qu’elle faisait ce métier , elle avait abandonné le terrain sans danger immédiat et sans lutter.
Elle avait dit à Vaughn dans le micro de prévenir les autres et notamment Penny et elle avait fui. Elle avait mis plusieurs jours à encaisser le choc et à déterminer la conduite à tenir. Elle avait opté pour le silence. Vaughn n’approuvait pas mais il avait lui aussi gardé le silence et depuis ils n’en parlaient plus.

Elle inspira plusieurs fois pour chasser l’émotion et se concentrer. Elle vit la mince silhouette se tapir dans l’exact opposé de son propre coin et attendre que la porte s’ouvre. Quand enfin, Barber réapparut sa serviette à la main, la personne ne bougea pas mais se coula dans le placard dès que Barber fut loin. Sydney s’apprêtait à suivre le même chemin quand un homme assez âgé tourna le couloir et s’exclama :

- Ah ! jeune homme ! je suis bien content de trouver quelqu’un de l’assemblée, je ne trouve plus l’entrée de la salle de réunion. Je ne vois plus très bien depuis un accident…

Il se lança dans une explication embrouillée et très longue qui stressa beaucoup Sydney. Elle hochait la tête poliment et prenait le bras de son interlocuteur pour l’écarter. Ils se trouvaient tous deux devant la porte du placard empêchant la sortie de l’agent qui y était entré mais elle prenait le risque d’attirer l’attention sur elle.
Elle dut attendre encore de longues minutes que le vieil homme se décide à se taire et à se laisser guider. Elle surveillait du coin de l’œil la porte du placard qui s’ouvrit dès qu’ils se furent éloignés. Sydney confia précipitamment le vieil homme à un des majordomes sinistres et fila derrière la personne qui fuyait. Elle courut à pas léger mais le petit rat d’hôtel était rapide et elle dut accélérer  sensiblement.
Une poursuite compliquée commença. Sydney s’efforçait de suivre sans se faire repérer mais l’agilité de son adversaire était impressionnante. Elle se demanda brièvement si Barber était ressorti et entra en communication avec Cavanaugh pour lui indiquer ce qu’elle faisait.
Elle suivait la forme fuyante devant elle avec la certitude qu’il ne s’agissait pas de Nadia. Elle ne reconnaissait pas la silhouette. Cavanaugh, dans son oreille, lança sur le ton rigolard qui le caractérisait :

- Le sénateur vient de se rasseoir et tu vas manquer le début de la seconde partie si tu ne réapparaît pas rapidement.

Elle ne répondit pas, vaguement irritée. A sa grande surprise, quand elle déboucha au bout du couloir qui faisait un angle brutal, elle ne vit plus personne. Pourtant seul un escalier de service se trouvait là et de toute évidence, personne n’était monté ni descendu. Elle hésita un quart de seconde avant de réaliser que le rat d’hôtel devait être dans son dos. Elle n’eut pas le temps de faire un geste. Un violent coup sur l’arrière du crane la jeta au sol et elle sentit s’écrouler sur elle, un corps juvénile et incontestablement féminin qui l’immobilisa dans une étreinte de fer. Elle fut surprise de la tonicité et de la vigueur de la poigne pour une silhouette qui paraissait aussi fluette.
Le combat s’engagea assez silencieux mais violent. Sydney, plus grande et plus forte réussit à se dégager et lança un pied qui toucha lourdement son adversaire au menton. Elle crut que cela avait suffi à étourdir le rat qui ne bougeait plus et restait les bras ballants mais alors qu’elle se relevait prestement pour la saisir, la fine silhouette bondit dans les escaliers et les dévala.
Sydney allait lui emboîter le pas, quand elle aperçut des hommes de la sécurité qui montaient l’escalier alertés sans doute par la lutte. Elle hésita puis décida de rebrousser chemin. Elle n’avait pas intérêt de prendre le risque de se faire repérer.

Elle entra quelques  secondes plus tard dans la salle déjà silencieuse et où un appariteur l’œil furibond la conduisit à son siège. Jack lui jeta un regard et elle secoua seulement la tête. Cavanaugh avait vu lui aussi. Il ne restait plus qu’à s’éclipser rapidement. Le temps parut terriblement long à Sydney qui se sentait mal dans cette atmosphère trop solennelle. Elle repensait au semi échec de la mission : ils n’avaient pas identifié qui payait pour avoir les infos du sénateur. Et il était fort probable que le sénateur ne serait plus approché de sitôt maintenant qu’elle avait été repérée.

Quelques heures plus tard, elle était de retour à LA, maussade et avec le goût amer de la défaite. Elle rentra dans son appartement silencieux qui sentait le renfermé. D’habitude, elle ne rentrait pas seule ici…Mais Vaughn ne revenait que le soir même.
Elle allait profiter de ce moment de répit pour rédiger son rapport. Cela lui arracha une grimace, la même que ferait sans doute Ricci.

Elle s’attela à sa tâche avec mauvaise grâce. Trop souvent son esprit s’égarait. Elle revoyait la fine silhouette. Non, ce ne pouvait pas être Nadia. Elle n’avait pourtant pas rêvé il y avait quelques mois. Mais le doute persistait et elle se demandait combien de temps elle supporterait cette incertitude avant de se lancer à sa recherche.

 maria
 Messages postés : 1248
 agent double
 maria
  Posté le 06/02/2005 22:39:52
Send a private message to maria
 
Cette nouvelle saison commence drôlement bien!!!
Plein d'humour, encore les problèmes Syd/Jack, la relation S/V!!!
Et puis on ne sait toujours pas ce qui se passe avec Nadia!!
On attent la suite avec impatience!!

--Message edité par Maria le 2005-02-06 22:40:15--


En cure de déNETification
 leitmotiv
 Messages postés : 1415
 agent double
 leitmotiv
  Posté le 07/02/2005 01:20:48
Send a private message to leitmotiv
chapitre génial, evidemment, bourré de tension et d'humour, comme d'habitude...
mission super efficace, couple installé et heureux (mais jusqu'à quand? avec toi je m'attends à tout!), le problème nadia est toujours là...
bref c'est du scg comme on l'aime!

continue vite!

Tu rêvais d'être libre et je te continue.

Et par le pouvoir d'un mot Je recommence ma vie. Je suis né pour te connaitre Pour te nommer ; Liberté.

-vive la country ; bimbo attitude ; vive le champagne fraise-
 choupi
 Messages postés : 748
 agent simple
 choupi
  Posté le 07/02/2005 13:57:25
Send a private message to choupi
Franchement super!!!

on attendait impatiemment une suite et là tu nous cloue le bec, comme d'hab.

J'ai juste l'impression que tu as un peu changé le style, mais ça passe sans problème.

Alors vite la suite!!!!

http://monsite.wanadoo.fr/aliaschoupi/images/2-picture3.gif?0.09069074638639618
Le coeur a ses raisons que la raison ignore.

Admiratrice de sarkounette, de chou fleur et bien évidemment de mon unique ptite patate!
Je vous aime les filles!!
 Mousetick
 Messages postés : 5580
 ...la machine il dire...
 Mousetick
  Posté le 07/02/2005 15:45:58
Send a private message to Mousetick
cette fic est vraiment géniale, scg en pleine forme et ça se voit !

http://ballmeyer2.free.fr/share/Ragondin.jpg
In my opinion, we don't devote nearly enough scientific research to finding a cure for jerks
 vaught38
 Messages postés : 120
 petit frère de Marshall
 vaught38
  Posté le 07/02/2005 21:00:30
Send a private message to vaught38
     
super, comme d'hab!!!
j'imagine bien syd déguisé en jeune homme lol
encore du "clif", mais qui est donc cette agent??????????????????

vite la suite!!!!!!!!!


may the force be wtih you!!!!
 lolo38
 Messages postés : 495
 agent d information
 lolo38
  Posté le 07/02/2005 22:06:11
Send a private message to lolo38
vite la suiiiiiiiiiiiiiiiiite !!!!!

Ah bah ca reprend sur les chapeaux de roues, j'aime bien le fait que ca se déroule quelques mois aprés la saison précédente.

Action ,amour, aventure étaient au rendez-vous de ce chapitre, c'était vraiment génial

http://img484.imageshack.us/img484/4203/savealias16nq.jpg
I MISS VAUGHN!
SVS POWAAAAAAAAAA
Do you feel at home baby? Yeah we feel at home!
 misara
 Messages postés : 3622
 agent triple :)
 misara
  Posté le 07/02/2005 23:31:49
Send a private message to misara
Je viens de realiser un truc : tu ne serais pas la miss Chocolat du site 'In the moonlight"? lol

Reine des bourdes
Petits Rebelleux
http://img59.imageshack.us/img59/9710/swomen7zs.gif
 patounette
 Messages postés : 1386
 agent double
 patounette
  Posté le 08/02/2005 07:13:45
Send a private message to patounette
wahou
tu crois que scg serais accro au chocolat  

laisse tomber le masque, et bat toi, miss chocolat
oups!!!!
c'est pas cela qu'il faut dire
brava scg ou bien miss chocolat
   





Patounette la poulette qui ce la pète "la margoulette"

http://img25.imageshack.us/img25/7277/SydVaughnGOTH.gif
 scg
 Messages postés : 3096
 agent triple :)
 scg
  Posté le 08/02/2005 12:05:16
Send a private message to scg
mdr Misara!!! tu serais pas de la CIA toi par hasard???
t'es trop forte mais tu viens de me griller ma couverture lol!!
et oui j'avoue, Chocolat c'est moi! pseudo choisi après quelques délires bien sûr et qui malheureusement pour moi est bien en rapport avec un de mes vices (c'est pas le pire!)
A part ça! je suis contente de réécrire et merci de toutes vos gentillesses!

La suite bientôt!

 Mousetick
 Messages postés : 5580
 ...la machine il dire...
 Mousetick
  Posté le 08/02/2005 12:09:16
Send a private message to Mousetick
On est tous et toutes supers impatients, la suite, la suite !    

http://ballmeyer2.free.fr/share/Ragondin.jpg
In my opinion, we don't devote nearly enough scientific research to finding a cure for jerks
 canette
 Messages postés : 2469
 agent triple :)
 canette
  Posté le 09/02/2005 15:21:45
Send a private message to canette
Génial!!!
J'adore et je suis contente que tu reprenne la plume..je pensais que tu nous aurais fais attendre plus que ca!!!!
Bravo et la suite vite!!!

Tite Canette

http://aucoindufeu.hostonet.org/index.php
 scg
 Messages postés : 3096
 agent triple :)
 scg
  Posté le 14/02/2005 18:38:42
Send a private message to scg
Suite de l'histoire...évidemment ça va moins bien..
Bonne lecture!



Chap 2 :




Elle finit de taper son rapport vers 21 heures . Elle avait mis beaucoup trop de temps. Elle l’envoya par mail sécurisé à Ricci. S’il était au bureau, il aurait de la lecture pour la soirée.
Elle se leva en s’étirant , les membres ankylosés. Elle était en train de s’étonner de l ‘absence de Vaughn quand la sonnerie de son portable se déclencha. Elle saisit le téléphone , le sourire aux lèvres. Elle avait besoin de l’entendre.

- Allo ? tu as été retardé ?
- Non. Pas vraiment. Mais je suis rentré chez moi.

Elle ouvrit la bouche sur le point de protester mais elle ne dit rien, vexée.

- Merci de me prévenir.
- C’est normal. Comment s’est passée ta mission ?
- Très moyennement mais ça va . A demain !
- Attends ! tu as l’air pressée !
- Non mais je suis fatiguée. C’est très bien que tu sois allé chez toi.
- Ok. Bonne nuit !

Elle resta le téléphone à la main, hésitant entre la colère et la déception. Elle choisit la rage. Elle balança le combiné sur le divan avec une force tout à fait inutile qui le fit basculer dans le vide et elle l’entendit tomber en se démontant. Elle n’en éprouva aucun soulagement. Elle regrettait déjà de ne pas avoir dit à Vaughn de venir. Mais elle savait que cette situation découlait de leur obstination à tous deux à ne pas vivre ensemble. Ils étaient  incapables de passer ce cap. Quand l’un faisait un pas, l’autre temporisait. Sydney avait tendance à y voir une situation normale étant donné les évènements passés mais cela devenait peut être plus un problème que prévu. Elle soupira en se disant que dormir seule était la dernière chose dont elle avait besoin .

Elle croisa Vaughn le lendemain dans les couloirs de l’agence. Elle se rendait au débriefing sur la mission de Boston et lui allait rendre compte de son accueil des jeunes recrues. Il paraissait en forme et totalement à l’aise. Il la saisit par le bras et rapidement il l’embrassa au milieu du couloir. Elle avait horreur de ça et il adorait la mettre mal à l’aise en le faisant. Il ne relâcha pas vite son étreinte ce qui la rassura un peu. Elle en avait besoin. Elle se surprit même à en profiter un peu en glissant les mains sous sa veste dans son dos. Elle sentit combien il appréciait son geste et sourit. La seconde d’après , il anéantissait son triomphe en disant avec un air triste qui lui sembla très faux qu’il repartait tout de suite à Langley pour superviser la formation des fameuses recrues.
Elle cligna des yeux plusieurs fois en maudissant son émotivité et lança désinvolte et assez fière de son ton :

- Et tu reviens quand ?
- Dans deux ou trois jours…Tu vas me manquer !

Elle n’avait pas vraiment entendu la fin. Elle eut envie de lui hurler dessus en lui disant qu’elle avait besoin de lui mais elle ne le fit évidemment pas. Elle déposa un baiser au coin de ses lèvres et jeta un « bye » distrait avant de s’éloigner à grands pas. Elle entra ainsi dans la salle de réunion l’esprit préoccupé et fut brutalement rappelée à l’ordre par le visage sinistre de Ricci.
C’était un homme plutôt petit et gros. Il n’avait absolument pas l’air de ce qu’il était c’est à dire un héros qui avait accompli des exploits pendant la guerre froide en s’infiltrant dans la Stasi. Des légendes couraient sur son compte et sur le fait qu’il avait perdu beaucoup dans ces missions. La patrie lui devait beaucoup. Il avait quitté le terrain tardivement et aurait pu prétendre à un poste gratifiant et très tranquille à Langley mais il aimait trop le travail de terrain pour s’en éloigner vraiment.
Il avait toujours l’air sinistre ou d’être sur le point d’exploser de colère. A ce moment, il semblait avoir réussi à réunir les deux sentiments.
Sydney le respectait mais n’aimait pas son attention maladive au  protocole. Elle comprenait son souci de réussir les missions mais s’étonnait quand il se fâchait à propos d’un rapport mal rédigé ou d’un ordre pas contresigné. Il était en tous cas d’une équité parfaite entre les agents ce qui changeait beaucoup de Grafton.
Elle s’assit à côté de Marshall qui lui lança un regard de pitié. Tout le monde était là et elle savait pourquoi elle était en retard. Elle rougit légèrement et s’excusa.
La réunion fut une longue série de reproches. Le seul point positif était d’avoir mis la main sur les documents de Barber sans qu’il le sache.
Ces documents portaient sur un dossier que traitait Barber. C’est Marshall qui dit triomphalement :

- Ce sont des plans détaillés des canaux d’irrigation d’une république du sud de la Russie : le Tadjikistan.

Sydney avait déjà vu beaucoup de documents étranges mais q’un sénateur se compromette pour transmettre des plans sans doute pas complètement secrets d’une république aux confins de la Russie la stupéfia.

- Mais… comment se fait-il qu’il était en possession de ces plans et ce n’est pas plus simples d’aller les chercher sur place ?
- Non. Barber encadre un programme d’aide internationale de rénovation de l’irrigation. Ces plans viennent de sortir du bureau des ingénieurs. Ils font appel à de nouvelles techniques qu’on pense utiliser ailleurs.
- Ah… je vois. Ils veulent avoir des détails techniques. Mais…
- Oui, c’est bien ce que tu penses. Si un groupe de méchants s’empare de ces plans, ils peuvent envisager de les pirater et de faire passer dans l’eau n’importe quoi et ainsi empoisonner terre, eau, et populations.

Sydney secoua la tête. Les moyens que l’homme imaginait pour détruire d’autres hommes lui paraissaient sans limite. Ricci s’était renfrogné encore plus.

- Vous imaginez comme il était important qu’on sache qui était derrière tout ça ?
- Oui.

Sydney ne répliqua pas mais sentit la colère monter en elle. Elle n’avait pas vraiment commis d’erreur. Il aurait fallu que les couloirs soient surveillés pendant l’opération. Personne n’y avait pensé et puis ça aurait été sans doute difficile. Mais elle n’avait rien dit malgré ses doutes sauf à Vaughn mais il n’était pas avec elle ce jour là.
Elle sentit au fond d’elle poindre une angoisse qu’elle avait refoulée depuis son entretien avec Vaughn. Il allait encore être absent sur la prochaine mission selon toute probabilité et elle regrettait profondément qu’il ne fut pas là. Elle avait une communication si naturelle et instinctive avec lui qu’elle se sentait totalement détendue. Il lui était plus facile d’improviser avec quelqu’un qui la comprenait à demi-mot. Il semblait enchanter de ses nouvelles attributions et il était difficile de lui en vouloir. Elle se demanda s’il regrettait comme elle de ne pas travailler avec elle. Pas sûr…

Ricci, d’un ton sec, reprenait :

- Pour le moment, ils sont repartis avec les documents mais Jack a eu l’idée de les rendre illisible en modifiant quelques données rapidement. Rien qui ne soit totalement incompréhensible nous le craignons. Mais nous devons savoir qui est le contact de Barber absolument . Sydney a repéré une femme petite et fluette. Un agent sans doute mais de qui et de quoi ?
- Le Covenant ?
- Aucun signe du Covenant depuis plusieurs mois. En fait, il a beaucoup souffert de l’arrestation des membres qui ont été réalisées après la tentative de Sloane de découvrir la prophétie. La plupart ont été filmés à la sortie de la villa de LA et retrouvés après. Bourne a été tué peu après. Probablement par ses complices. Il avait fait échouer l’intégralité de la mission portant sur la prophétie surtout après la mort de Nadia et l’arrestation de Sloane. Non, le Covenant n’est plus ou alors il a changé et s’est reconstitué.

Sydney sentait le regard de son père qui la brûlait littéralement. Elle s’efforçait de garder un regard neutre, de ne pas bouger un muscle de son visage et même de contrôler les battements de son coeur que l’allusion à Nadia avait suscité. Jack se doutait-il de quelque chose ? Elle ne put résister à la tentation et croisa son regard. Elle ne put rien y lire. Cela augmenta sa colère. Elle n’avait jamais su anticiper ses actes ou ses réactions.

- Donc, pour identifier les personnes qui ont contactées le sénateur nous allons le faire suivre. Aussi longtemps qu’il faudra, acheva Ricci en tapant de la main sur la table faisant sursauter Marshall qui bricolait dans son ordinateur portable.

Sydney avait vu la main partir et ne broncha pas. Ricci enchaîna en la regardant :

- Dès qu’il y a du nouveau nous pourrons aller de l’avant. Pour le moment, on attend.
- On attend…comme ça ? demanda Sydney, interloquée.
- Nous n’avons pas assez d’éléments pour aller plus loin. Par contre, nous allons essayer d’identifier l’agent qui était avec vous sur place. C’est un gabarit inhabituel. On devrait pouvoir en tirer quelque chose. Rejoignez les analystes et les profileurs. On finira peut être pas repérer quelqu’un.

Sydney rassembla ses affaires hésitant entre le soulagement de ne pas parti en mission et la sensation de perdre son temps.



Vaughn  avait pris l’avion à l’heure dite. Il s’affaissa sur son siège et mit la main devant ses yeux dans un geste de grande lassitude. L’hôtesse passa près de lui  et lui demanda s’il avait besoin de quelque chose. Il secoua la tête simplement. Il était bien trop préoccupé. Ce qu’il était en train de faire le dégoûtait. Il se remémora la dernière entrevue avec Sydney et sentit ses mains se crisper de frustration. Elle avait sembler choquée dans un premier temps puis elle avait repris son air habituel. Il avait beau se dire qu’il valait mieux qu’elle ne sût rien, il aurait voulu qu’elle le regarde avec plus d’attention tout à l’heure et qu’elle vît à quel point il était mal à l’aise.

Il regarda sa montre, c’était l’heure. Il ouvrit son téléphone portable et composa un numéro. Son interlocuteur décrocha à la deuxième sonnerie.

- Et maintenant ? demanda Vaughn.
- A l’aéroport, vous allez à la porte C, on vous y attendra.

La communication coupa sur le champ  et il fixa le téléphone maintenant silencieux ; il ne savait pas s’il faisait le bon choix mais il avait pris cette décision après de longues réflexions .

Il fit semblant de somnoler tout le temps que dura le vol pour décourager sa voisine qui semblait avoir envie de faire connaissance.

A l’aéroport de Taïpei, il se rendit à la porte indiquée et attendit. Les minutes s’écoulaient. Il s’impatienta très vite. Le jeu de piste durait depuis plusieurs jours maintenant et il était fatigué. Il avait dû remplir ses obligations professionnelles et suivre les explications compliquées de ses interlocuteurs. Il eut la surprise de sentir son bras happé soudain. En se retournant, il constata qu’une toute jeune fille le tenait d’une main de fer. Elle était asiatique et le regardait sans ciller, le visage fermé et dur. Il fut impressionné par son impassibilité.

La jeune fille le conduisit jusqu’à une limousine. La porte s’ouvrit et il se trouva face à Irina Derevko. Le premier mouvement fut le recul mais pas la surprise. L’étrangeté et la complexité de la mise en scène lui semblait depuis le début assez familière. Il sourit à la mère de Sydney avec ironie :

- Si je pensais vous revoir dans ses conditions…

Elle lui sourit également.

- Vous vous doutiez bien que je réapparaîtrais une fois cette histoire de prophétie un peu calmée.
- Oui. Mais je ne pensais pas être la personne que vous vous convoqueriez.
- Je ne vous ai pas convoqué, Monsieur Vaughn, j’ai utilisé un protocole qui assure ma protection depuis trois ans.
- Je vois. Alors, que me voulez-vous ? Je cours un risque énorme à tout point de vue en vous rencontrant ici.
- Je sais. Mais vous êtes venu.
- Je suis très curieux de nature.

Irina fit la moue et sourit finement en disant :

- Comment aviez-vous dit la dernière fois ? « je ne fais pas ça pour vous », oui c’est ça….

L’ombre de Sydney flotta entre eux. Vaughn en fut terriblement mal à l’aise.

- Je risque de perdre Sydney. Si elle sait que je suis là…
- Vous ne lui avez rien dit ?
- Non.
- Hum…trois ans dont deux de séparation mais je vois que personne n’est parvenue à vous détacher d’elle.

Il ne répondit pas. Il sentait son irritation monter comme à chaque fois que cette femme était en sa présence. Il ne savait plus si elle lui en voulait de la mort de son père. Il avait tellement vécu de choses avec Sydney depuis quelques temps, qu’il pensait à  Irina seulement comme à la mère de Sydney. Il en concevait une certaine honte, comme s’il portait une ombre sur la mémoire de son père. Mais il ne pouvait changer les choses. Irina demeurait cependant haïssable pour lui. Elle était capable de tout. Comme Jack. Mais lui aimait sa fille avant tout, il n’était pas sûr qu’Irina ne fasse pas passer beaucoup de choses avant.

Il était monté près d’elle dans le véhicule et se tenait loin d’elle. Toute de noir vêtue, elle était comme une chatte sur son coussin ; les yeux mi-clos le fixaient. Il détourna le regard et lança de nouveau :

- Alors, que fais-je ici ?
- Je dois vous informer de certaines…choses.
- Pourquoi moi ?
- Ai-je besoin de le dire ? vous êtes l’homme le plus proche de ma fille et vous lui serez fidèle jusqu’à la mort. Ca me suffit.

Il hocha la tête. Il aurait voulu la contredire mais il ne trouva aucun argument.

- Je voudrais que vous parliez à Sydney et que vous soyez au courant de certaines choses. Tout d’abord, dites-lui de ne pas rechercher sa sœur.

Vaughn resta impassible. Sa première réaction avait été de nier ou de balancer un mot qui la déstabilise mais il se retint à temps. Elle attendait et finit par dire avec un léger sourire :

- Vous avez changé, Monsieur Vaughn. Vous me faîtes de plus en plus penser à votre père…si efficace, si professionnel…

Il sourit à son tour devant la grossièreté de la provocation. Ils se mesurèrent du regard et sans doute ce que vit Irina lui plut. Elle se tourna encore plus vers lui alors que la voiture continuait à rouler sur une autoroute entre deux rangées d’immeubles étincelants dans le soleil couchant. Il se demanda où la voiture allait les conduire mais la conversation le happa de nouveau :

- Nadia et Sydney ne doivent plus se voir. Elles sont un danger l’une pour l’autre et elles n’auraient jamais dû se rencontrer.
- Sydney ne suit pas les conseils. Pas même les miens. Je ne sais même pas ce qu’elle sait de sa sœur.
- Mais vous êtes le seul à savoir, avec Sydney,  qu’elle n’est pas morte.

Vaughn s’efforça de cacher son étonnement devant l’étendue des connaissances d’Irina et préféra supposer qu’elle bluffait.

- Si une rencontre doit avoir lieu, ce sera dans des conditions bien précises. Pour le moment, Sydney doit oublier sa sœur. Cela fait trois fois qu’elles se rencontrent accidentellement et malgré nos efforts. Cette fois-ci, nous avons commis l’erreur de laisser Nadia reprendre ses activités d’agent mais maintenant, Sydney ne la rencontrera plus.

Vaughn réfléchissait à toute vitesse. Irina avait dit trois fois…Il avait beau faire des efforts de mémoire, il ne voyait que deux rencontres fortuites. Celle qui avait eu lieu après la supposée mort de Nadia et celle qui avait été le résultat des confidences de ce moine…Irina le regardait avec un air entendu qui l’alerta. Elle enchaîna doucement :

- Et oui… trois fois… dont une fois que Sydney ne peut pas se rappeler….

Vaughn retint de nouveau sa surprise. Il se contenta de lever un sourcil en regardant Irina :

- Je vois…et vous me faites traverser la planète pour une simple mise en garde ?
- Oui. Et puis, c’est une prise de contact. Nous devrions être appelés à nous revoir. Le protocole sera toujours le même. Je suis contente que vous ayez fait connaissance avec Lin Yu.

La voiture venait de s’arrêter et la portière de s’ouvrir. La jeune asiatique était là, lui tendant une main que Vaughn saisit avec précaution. Il sentait bien que le geste n’était ni amical ni courtois.

- Lin Yu se fera connaître de vous quand nous aurons besoin de discuter.

Il se retrouva sur le trottoir devant l’aéroport avec la jeune fille qui tenait une pochette qu’elle lui fourra dans les mains. Avant même qu’il en découvre le contenu, elle avait disparu. Il frissonna en la regardant s’éloigner avec fluidité. Il n’était pas sûr que seule la fraîcheur du soir fut responsable.


Sydney affalée sur un bureau, un mug de café à la main, regardait, d’un œil distrait, défiler sur l’écran, les visages de toute une série d’espions, terroristes et  membres d’agences ennemies dont le seul point commun était leur petite taille. Elle avait commencé avec un agent analyste depuis au moins trois heures cet exercice pénible. Au départ, les critères semblaient précis et donc étaient censés réduire les possibilités mais en fait, les agents petits et fluets étaient assez nombreux. Elle n’avait d’ailleurs presque rien vu de la personne et après avoir sursauté plusieurs fois au début du visionnage, elle était totalement imperturbable, sûre de ne reconnaître personne.
Elle bailla ostensiblement. Son esprit s’évadait. Elle avait envie d’une douche et de réfléchir à tout ça. soudain, une vague silhouette dans son champ de vison la surprit et elle lança instinctivement un « stop » à l’agent qui mit un certain temps à réagir. Il revint alors en arrière sur la fine personne qui figurait sur l’écran.
Il s’agissait d’une jeune asiatique qui avait plusieurs identités dont une américaine : Megan Church. Mais le document de la CIA disait que l’identité qu’on lui connaissait surtout était  Stella Yu, une jeune sino-américaine. Elle avait en effet dix sept ans. Elle avait été identifiée six moi auparavant dans une attaque d’un laboratoire secret appartenant à un certain Georg Steiner, trafiquant d’armes.




 maria
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 agent double
 maria
  Posté le 14/02/2005 19:00:06
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Ba encore une fois bravo!!!!
Par contre Vaughn qui cache des choses à Sydney...c'est pas top!!
Et le retour de Irina!!!! franchement continues comme ça!!!

--Message edité par maria le 2005-02-14 19:00:36--


En cure de déNETification
 choupi
 Messages postés : 748
 agent simple
 choupi
  Posté le 15/02/2005 09:51:11
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Alors là, c'est top!

Le retour d'Irina en grande pompe, le mécontentement de Syd face à Vaughn et Vaughn qui fait des cachotteries à Sydney...

Franchement ce chapitre c'est de la bombe...

J'ai comme l'impression qu'il va y avoir de l'eau dans le gaz entre Syd et Vaughn... mais c'est tout ce qu'on aime...

Bravo scg, on attend vite la suite!!!

http://monsite.wanadoo.fr/aliaschoupi/images/2-picture3.gif?0.09069074638639618
Le coeur a ses raisons que la raison ignore.

Admiratrice de sarkounette, de chou fleur et bien évidemment de mon unique ptite patate!
Je vous aime les filles!!
 lolo38
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 agent d information
 lolo38
  Posté le 15/02/2005 19:05:49
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Comme d'habitude c'était vraiment trop bien, j'ai adoré ce chapitre, mensonge, trahison, cliff...GENIAL!

Vivement le prochain, je suis pas sure de pouvoir patienter aussi longtemps que la dernière fois  

http://img484.imageshack.us/img484/4203/savealias16nq.jpg
I MISS VAUGHN!
SVS POWAAAAAAAAAA
Do you feel at home baby? Yeah we feel at home!
 Mousetick
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 ...la machine il dire...
 Mousetick
  Posté le 15/02/2005 20:36:13
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bravo bravo, bis bis bis !!!!!
chapitre génial, ne faisant qu'immiter tout les autres dans la perfection, bravo !
la suitttttte

http://ballmeyer2.free.fr/share/Ragondin.jpg
In my opinion, we don't devote nearly enough scientific research to finding a cure for jerks
 Butterfly
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 ...la machine il dire...
 Butterfly
  Posté le 15/02/2005 21:41:20
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Bravo Scg
C'est génial, le titre colle vraiment bien à l'histoire.

La sagesse, c'est d'avoir des rêves suffisament grands pour ne pas les perdre de vue lorsqu'on les poursuit - Le seul moyen de de se délivrer de la tentation, c'est d'y céder - Oscar Wilde
 scg
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 agent triple :)
 scg
  Posté le 18/02/2005 17:21:46
Send a private message to scg
Chap 3!!!
en route! ça bouge je trouve dans celui là!
Bonne lecture et merci pour les messages comme d'hab! Ca me emt la pression mais c'est super sympa!

Chap 3


Sydney rentra chez elle, très agitée. Elle avait transmis sa découverte à Ricci sans pour autant lui communiquer trop de détails. Il savait que cette jeune fille était liée à une affaire où Sydney se trouvait déjà quelques temps auparavant . Mais il ignorait que c’était à cette occasion qu’elle avait revu sa sœur vivante. Depuis, elle attendait avant de rentrer chez elle pour essayer de trouver un sens à tout cela.
L’identification de Stella avait en tous cas permis de chercher  quel groupe était derrière l’action de Boston. Des analystes cherchaient à faire le lien entre les différents contacts de Stella et ses opérations, Boston et le juge Barber. Elle avait enfin réussi à quitter les lieux quand Jack l’avait arrêtée dans le couloir en se matérialisant soudain devant elle. Elle était si pressée et si absorbée dans ses réflexions qu’elle avait failli le heurter.

- Tu as l’air d’avoir une urgence ? lança Jack.
- Peut être, répondit-elle, peu empressée à lui parler et déjà passablement agacée.
- Tu rejoins Vaughn ?

Elle hésita une seconde avant de hocher la tête ce qui suffit à Jack pour voir qu’elle mentait. Elle le sut tout de suite se mordit les lèvres de rage devant sa naïveté. Il ajouta doucement :

- Il est toujours à Langley ?
- Je suppose que tu connais la réponse à la question. Pourquoi me la poses-tu alors ?

Elle n’avait pas vraiment envie de jouer au chat et à la souris à cet instant. Jack comprit et dit :

- Il n’a pas accompagné les recrues à Langley.

Elle ne s’attendait pas à cela du tout et ne put réprimer un hoquet de surprise. Jack la fixait sans pitié et elle paniqua se demandant ce qu’il savait et craignant terriblement ce qu’il allait lui dire :

- Je ne sais pas où il est parti mais il n’est pas parti avec les recrues à Langley. Il vient de les rejoindre en fait avec 12 heures de retard.
- Et alors ? Il a dû avoir une mission quelconque et tu n’es pas au courant.
- Toi non plus apparemment.

Sydney se tut. Elle savait cela et ne trouvait d’ailleurs aucune explication. Sa peur réflexe de la trahison rôdait aux limites de sa conscience et elle fit un gros effort pour faire bonne figure et lancer :

- Tu ne sais rien de ce je sais . Tu n’as rien d’autre à me dire que les résultats de tes espionnages paranoïaques ?

Jack ne dit rien et enchaîna enfin :

- Je m’étonne de ton empressement et de ta préoccupation ce soir.
- Tu devrais m’oublier un peu. Tu me surveilles. Tu surveilles Vaughn. Tu dois aussi espionner Linda. Comment fais-tu pour vivre avec cette suspicion permanente sur les personnes qui t’entourent ?
- Je ne suspecte pas. Quand j’apprends un fait important, je conserve l’information, c’est tout.
- Bonsoir Jack, dit alors Sydney en essayant de le contourner.

Il fit alors un geste qu’il faisait rarement : il saisit son bras au passage, avec vigueur même. Elle regarda la main dont les jointures blanchissaient tellement il serrait les poings, puis le visage de Jack. Elle secoua ensuite son bras avec force pour lui échapper et le toisa avant de s’éloigner.

Elle s’engouffra peu après dans son appartement silencieux avec bonheur. Elle se débarrassa de ses vêtements trop formels de la journée et en jogging et en chaussettes, elle s’installa devant son ordinateur en cherchant dans sa base personnelle les informations qu’elles stockaient depuis quelques temps.
Elle avait commencé à faire cette sélection personnelle peu après avoir appris la survie de Nadia. Elle avait toujours su que cette opération et les personnes qui y avaient participé lui permettrait de remonter jusqu’à Nadia. Elle n’avait rien tenté jusqu’à maintenant comme si tout était en attente du bon moment. Et ce moment était là.
Elle était plongée dans des notes assez complexes depuis un temps qui lui sembla court lorsque le téléphone sonna la faisant sursauter. Elle lut avec une certaine appréhension le nom de Vaughn qui s’inscrivait. Les propos fielleux de Jack lui revinrent en mémoire :

- Sydney ? Excuse-moi de te joindre si tard mais j’ai dû bosser et je viens de finir.

Elle l’entendit gémir au bout du fil en ajoutant :

- Bon sang ! il faut que je sois debout dans trois heures.

Elle regarda sa montre et constata qu’il était minuit. Elle travaillait depuis quatre longues heures en fait et Vaughn allait, sur la côte est, se coucher à trois heures du matin. Elle lança, un peu tendue :

- Tu avais du boulot en retard ? tu as été retenu aujourd’hui ?

Etait-ce son imagination ou Vaughn avait marqué un temps d’arrêt ?

- Non. Mais tu sais c’est la folie tout ce qu’il faut mettre en place.

Il ne lui parlait pas des heures de retard. Sydney regarda droit devant elle et écourta la conversation. Elle attendit ensuite le contre coup et sentit comme détachée d’elle même, un profond vide en elle.



Vaughn avait raccroché avec un sentiment affreux, celui que Sydney n’écoutait rien de ce qu’il lui disait. Il se demanda si elle savait quelque chose avant de se reprendre. Il avait été discret et seul un observateur très fin aurait pu repérer son absence pendant douze heures. Il n’était pas censé arriver le matin à Langley. Il n’avait donc pas pu être signalé manquant ; Elle ne pouvait rien savoir si vite. Mais il se coucha avec un profond malaise et s’il sombra si vite dans le sommeil c’est parce que l’aller retour à Taïpeh avait été désagréable et épuisant.



Sydney se rendit à l’agence avec un sentiment de dégoût qu’elle avait eu quelques fois dans sa vie d’espionne. Quand elle devait sans cesse mentir à tout son entourage et lorsque la prophétie avait envahi sa vie quelques mois plus tôt.
Elle avait passé presque toute la nuit à chercher des renseignements sur cette Stella Yu. En vain. Elle avait été identifiée lors de la rencontre avec Steiner mais depuis personne n’avait pu dire où elle se trouvait ni pour qui elle travaillait. Il semblait que ce jour là elle ne servait pas Steiner. Alors qui ?
Elle avait de plus ressasser l’absence de Vaughn et ce qui pouvait justifier ses cachotteries et elle savait bien que son imagination ne lui jouait aucun tour cette fois. Elle avait eu du mal à rejoindre son lit ce soir-là parce que Vaughn n’y était pas. Elle avait remarqué qu’elle avait froid maintenant couchée seule. Ce constat lui avait été particulièrement pénible dans les circonstances qu’elle vivait. Elle n’avait pu empêcher une remarque ironique de poindre dans son esprit : « tu ferais mieux de t’habituer très vite au grand lit froid »
Elle avait donc à peine fermer l’œil et elle entra à l’agence avec le pas lourd et sans entrain.
Ricci avait la même tête déprimante de la veille. Il fit asseoir tout le monde avant de balancer :

- Le sénateur a été prévenu qu’il était repéré et a paniqué. Il s’est suicidé cette nuit.

Il ajouta d’une voix lugubre :

- Nous perdons un moyen d’identifier nos ennemis. Cet homme paye cher et de façon totalement inutile pour nous sa trahison. Je n’ai pas vraiment été félicité par mes supérieurs. Quelques informations sur la jeune Stella Yu que Sydney a fini par identifier. Elle serait bien dans le pays à l’heure actuelle mais nous recoupons nos informations puisqu’elle a une sœur jumelle qui, elle, était il y a deux jours à Taïpeh. Nous fouillons de ce côté aussi. Pour le moment, nous en restons là pour cette affaire. Dès qu’il y a du nouveau je vous préviens.

Un lourd silence planait. Depuis la nomination de Ricci, l’équipe avait été un modèle d’efficacité et tout tournait pour le mieux. Cette affaire était le premier vrai échec.

- Nous avons du travail ailleurs de toute façon. Weiss et Penny sont en Australie pour une mission d’infiltration depuis deux semaines.

Sydney leva la tête avec soudaineté. Elle était persuadée que ses amis étaient en vacances. Elle jeta un coup d’œil soupçonneux à Ricci qui confirma :

- Ils avaient ordre de ne pas communiquer avec les autres membres de l’équipe. Ils sont dans une mission longue ou qui semblait l’être mais ils ont bien travaillé et  on va aller leur donner un coup de main en Australie. Ils sont en plein désert et ont rencontré un trafiquant d’opale qui fournit toute l’Asie du sud -est. Ce monsieur est entré en possession d’un produit hyper dangereux qui a été volé au Japon dans un laboratoire de recherche. Il s’agit d’une arme d’un nouveau type qui peut être pulvérisée et qui a la propriété de s’attaquer qu’au composant du carbone c’est à dire entre autres aux tissus humains. Quand on a su que notre homme s’apprêtait à se faire payer avec cette arme nous sommes intervenus. Il n’y a plus qu’à intercepter l’arme et arrêter tout le monde. Weiss et Penny ont toutes les preuves.

Pendant qu’il parlait, il avait distribué les dossiers de chacun avec les instructions et fait défiler sur les moniteurs le visage du trafiquant et de quelques-uns de ses hommes. Sydney vit qu’elle partait avec Cavanaugh et sourit, pleine d’une joie mauvaise. Vaughn ne serait pas content qu’elle parte à l’autre bout de la planète avec ce type. Elle lui jeta un regard et il lui lança un de ces célèbres sourires éclatant de blancheur qui la surprenait à chaque fois. Elle se détourna vaguement écoeurée par une bonne humeur aussi immuable.
Ils devaient jouer le rôle d’un couple d’Américains riches qui voulaient acheter une opale qui sortait de l’ordinaire et qui étaient près à prendre des risques pour ça.  Elle imaginait très bien Liam avec une chemise ample ouverte sur son torse lisse et bronzé, mâchant un chewing gum et portant des lunettes de soleil miroir. Elle même allait se confectionner une coiffure élaborée tout en boucles et adopter le look le plus proche de Bob, son mari.


Ils débarquèrent à Brisbane dans une chaleur de four. Ils devaient rejoindre Penny et Weiss directement dans le désert pour rencontrer Tom Lipski le fameux trafiquant. Eux mêmes se faisaient passer pour des revendeurs depuis le début et avaient approché avec prudence Lipski. Celui-ci était une montagne de muscles de près de deux mètres qui portaient une longue barbe qui se terminait sur sa poitrine. Il avait tout de l’homme préhistorique, se déplaçait lentement et jetait autour de lui des regards fixes et peu communicatifs. Mais toutes les informations conseillaient de se méfier de cet air lent et laborieux.
Sydney avait travaillé pendant le vol et avait eu fort à faire avec Cavanaugh qui n’avait pas cessé de bavarder avec entrain et de rire bruyamment. Elle le trouvait particulièrement insupportable. Il ne perdait de plus pas une occasion de poser ses mains sur elle, ce qui lui avait valu quelques remarques bien senties mais il semblait absolument imperméable à toute honte. Il avait fini par lui dire :

- Tu es de mauvaise humeur aujourd’hui, ma grande ?
- Je déteste qu’on m’appelle, ma grande !
- Oui, tu es de mauvaise humeur indéniablement ! C’est parce que tu n’es pas partie avec ton chouchou ?

Sydney l’avait regardé en se demandant si un violent coup de coude dans le nez le calmerait mais ils étaient dans un avion de ligne et les hôtesses apprécieraient modérément un pugilat en vol. Elle se promit de lui faire comprendre son point de vue le plus rapidement possible cependant, en se contentant pour le moment d’un regard glacial.

Revoir Weiss et Penny lui fit du bien. Les effusions furent courtes. Les hommes de Lipski étaient  sur le point d’arriver, il n’était pas question de s’attarder mais Penny prit la peine de la serrer dans ses bras. Cette étreinte chaleureuse lui fit beaucoup de bien.
Puis chacun entra dans son rôle. Les liaisons avec LA étaient coupées. Lipski était méfiant et utilisait des brouilleurs d’émission dès qu’il était quelque part. Ils étaient dons quatre agents qui devaient se débrouiller seuls et rejoindre Brisbane par leurs propres moyens dans quelques heures à peine.

Lipski arriva, cerné de deux hommes qui auraient pu être ses frères tellement leur physique était semblable. D’autres se tenaient dans un van un peu plus loin.
Cavanaugh commença son show et se présenta de façon bruyante. Lipski très méfiant fit une remarque acerbe à Weiss qui avait cru bon de lui amener ces gens sur place. Mais, il était très intéressé par les dollars que semblait avoir à profusion le fameux Bob. Celui-ci en faisait beaucoup dans le style texan enrichi. Sydney et Cavanaugh finirent par être emmenés à l’écart pour préparer leur transaction.
Penny et Weiss achetaient de leur côté leur propre cargaison à revendre. Les négociations s‘éternisaient mettant au supplice Lipski qui visiblement avait autre chose à faire. D’après les informations, son contact devait l’attendre à vingt kilomètres de là. Cavanaugh et Sydney n’attendaient plus qu’une  transmission de Marshall communiquant ses coordonnées géographiques précises pour le cueillir et Weiss et Penny en profiteraient pour arrêter Lipski.

Sydney essuya la sueur qui coulait sur son front et humidifiait le bord de ses yeux. La transmission était imminente, il fallait qu’elle le soit !
Lipski devenait nerveux et était sur le point de tout interrompre, elle le sentait.
Soudain, le message apparut enfin sur sa montre qui était un appareil de transmission qui permettait d’éviter le brouillage de Lipski. Elle fit un signe à Cavanaugh qui, immédiatement chercha à couper court à la conversation en acceptant une somme qu’il refusait depuis au moins quinze minutes. Sydney, avec un certain malaise, vit Lipski froncer les sourcils. Le revirement était un peu brutal. Mais, il était sans doute trop pressé lui même et il hocha la tête sèchement en signe d’accord. Cavanaugh poussa quelques cris de joie encore et ils s’apprêtèrent à monter dans leur voiture ; Sydney avait déjà le doigt sur le GPS qui allait leur permettre de trouver l’endroit avec une totale précision.
Mais Lipski restait près de leur véhicule. Il regardait de loin aussi Penny et Weiss qui négociaient avec un de ses assistants et qui temporisaient eux aussi pour attendre le départ de Cavanaugh et Syd. La tension de Sydney monta encore d’un cran. Son instinct lui disait que Lipski se doutait de quelque chose.
Elle embrassa la scène du regard pour bien se repérer. A 20 mètres, Weiss et Penny parlaient avec un homme seul. Lipski était juste devant leur propre voiture avec deux de ces hommes. Trois autres étaient descendus de leur van et maniaient avec lenteur des armes de gros calibres. Cavanaugh se trouvait entre Lipski et ses autres hommes. Elle le regarda, tentant de lui faire comprendre que la situation était assez tendue sans qu’il ne s’expose en plus. Mais, il semblait tranquille et peu conscient de sa position à risque.
Et puis, il fut trop tard. Elle vit Lipski sortir une arme de sous son bras et tous ces hommes en faire autant. Chacun tenait en respect les quatre agents de la CIA. Sydney fut la première à réagir. Elle plongea derrière la portière ouverte du 4.4 alors qu’une balle partait déjà dans sa direction. Elle sortit l’arme qu’elle avait dissimulée dans une pochette et se mit à riposter avec force. Elle vit en tirant que chacun avait trouvé un abri mais Cavanaugh était invisible.
La fusillade dura quelques minutes mais fut très intense. Sydney appela Penny en lui demandant de la couvrir et se jeta dans le champ de tir. Elle voulait atteindre le van des hommes de main de Lipski. Ils étaient quatre à se tenir derrière. Il fallait qu’elle atteigne le réservoir. Ses propres alliés en étaient suffisamment éloignés du moins le supposa t-elle puisque Cavanaugh était introuvable. Weiss qui avait vu sa manoeuvre lui fit un signe lui faisant comprendre que l’idée était bonne. Elle trouva enfin un angle correct, visa et tira deux fois dans le réservoir. Deux secondes plus tard, l’explosion se produisait la rendant sourde pendant quelques temps et faisant monter la température de quelques dizaines de degrés encore.
Quand, elle put regarder, elle vit quatre corps étendus et Lipski qui filait vers une autre voiture avec son dernier homme. Penny et Weiss les interceptèrent.
Le calme était de nouveau impressionnant dans ce coin de désert et elle vit un oiseau de proie qui planait haut dans le ciel d’un bleu limpide. Au même moment, Cavanaugh sortit de derrière un buisson d’épineux qui lui avait griffé le visage et ébouriffé les cheveux de façon comique. Une absurde envie de rire la saisit devant son air déconfit. Mais elle n’avait pas le temps de lui demander ce qu’il faisait, dissimulé dans un fourré comme un gamin. Elle lui fit signe et sauta dans le 4.4 apparemment intact.
La mission était de voir le contact de Lipski . Elle prit le volant et avant de démarrer, elle entra les coordonnées GPS. Cavanaugh courait vers elle encore. Elle se demanda si le matériel de brouillage était comme elle le pensait dans le van qui avait sauté et essaya d’entrer en communication avec LA.
Elle entendit avec plaisir la voix visiblement inquiète de Ricci.

- Equipe 2, annonça t-elle. Intervention plus complexe que prévue et encore en cours. Fonçons sur l’objectif. Pouvez-vous vérifier que l’oiseau est toujours là ?
- Bien reçu, équipe 2.

Le silence se fit et elle démarra en trombe avec Cavanaugh qui n’avait pas eu le temps de boucler sa ceinture ni même de fermer la porte et qui glissa au premier virage à moitié hors du véhicule. Il jura et lui lança un regard furibond qui la satisfit pleinement. Elle le regarda sans la moindre pitié. Il avait compris.
Elle éprouva une joie sauvage à rouler à tombeau ouvert sur une piste orange sous un soleil implacable dans un paysage d’aube des temps. Elle sentait l’adrénaline monter dans ses veines et innerver tous ses membres. Elle était bien dans cette action là, elle le savait.
Elle déchanta quelques minutes plus tard quand en arrivant sur le point repéré, elle ne vit qu’un nuage de poussière qui s’éloignait au loin.
La transmission avec LA était difficile et elle reçut le message de confirmation du départ du correspondant alors même qu’elle freinait brutalement. Elle regarda Cavanaugh , le visage fermé pour une fois, et les lèvres closes dissimulant ses dents éclatantes.

- Tu as une idée ?
- Pas la moindre. De toute façon, il a de l’avance et Weiss et Penny peuvent avoir besoin de nous.
- Oui mais ce type a encore le produit. Il nous le faut. Je ne rentre pas à LA sans avoir cette potion magique sinon Ricci va nous tuer.
- On a fait de notre mieux étant donné les circonstances.
- Ca ne suffit pas comme argument, Cavanaugh !
- Oui, peut être ! mais qu’est-ce que tu veux faire ? cria t-il, excédé.

Elle frappa le volant de rage. Au même moment, elle entendit une voix qui lui fit un bien fou :

- Equipe 2 ? ça va ?
- Oui. Mais il nous faut un moyen de suivre ce type et d’identifier son parcours. Si on devine sa destination, on peut lui couper la route mais il faut me guider.
- J’y ai pensé. Le satellite est à nous pendant une heure encore. On a le temps. Je pense qu’il va vers une petite ville à trente kilomètres de ton emplacement. Il y a un hélicoptère qui doit l’attendre. Je fais ce pari en tous cas. Tu peux le rattraper si tu quittes la piste. Tu vas devoir traverser un ruisseau à gué mais il est quasi à sec en ce moment et lui doit prendre un pont un peu plus loin étant donné sa direction. Fonce et tu passes devant lui !
- Pas mal, dit-elle, en enclenchant la première vitesse et en démarrant. Tu as trouvé ça en combien de temps ?
- Et bien, je me suis surpassé ! je suis rentré depuis 10 minutes et j’ai vu que tu avais besoin d’aide….

Sydney sourit vaguement. Elle mourait d’envie de crier qu’il lui avait encore menti mais devait reconnaître qu’il était d’une efficacité sans faille avec elle. Cavanaugh semblait tétanisé par la surprise. Il lança, collé au fond de son siège par le démarrage canon de Sydney :

- C’est Vaughn ? mais il est revenu ?
- Oui, il est de retour apparemment et ça tombe bien parce qu’on avait besoin de lui, répondit Sydney avant d’enfoncer son pied sur la pédale de l’accélérateur.


Elle doubla la voiture de l’homme assez vite. Elle rejoignit sur les conseils de Vaughn le fameux pont qu’il devait emprunter. Cavanaugh ne disait rien. Il avait assister avec une stupéfaction presque comique à la course hors piste dans le désert de Sydney qui réagissait aux moindres instructions d’un copilote à l’autre bout du monde.

Sydney descendit et s’appuya contre le capot brûlant de sa voiture et attendit les bras croisés. Liam la rejoingnit et s’appuya à côté d’elle. Elle le regarda et lui prit ses lunettes. Elle n’avait plus les siennes pour quelque mystérieuse raison. Il ne dit rien mais elle sentit que la démonstration l’avait à la fois secoué et vexé.

La voiture se profila dans un nuage rouge dans les minutes qui suivirent. Elle stoppa à quelques centaines de mètres d’eux et s’apprêtait à faire demi tour quand Sydney se planta sur ses deux jambes et sortit son arme. Elle la pointa juste sur l’emplacement du conducteur et hurla en même temps « stop ». L’effet devait être assez impressionnant d’autant que Cavanaugh l’avait imitée. La voiture stoppa et il en sortit un homme déjà âgé qui approcha avec crainte. La suite fut plus simple. L’homme se laissa arrêter mais refusa de donner le moindre renseignement sur son identité.
Sydney contacta les autorités de Brisbane qui envoyèrent des renforts pour procéder à l’arrestation de l’homme. Les policiers envoyés observèrent d’un œil incrédule les deux agents américains et le ridicule flacon qui contenait l’arme redoutable. Sydney ne pouvait plus rien faire.
Elle alla s’appuyer contre la voiture et laissa enfin ses nerfs se relâcher. La communication grésilla dans le 4.4 et elle entendit la voix de Vaughn qui appelait :

- Syd ? Tu es là ?
- Oui, dit-il en se penchant à l’intérieur du véhicule.
- Ca va ?
- Pas de problème.

Elle avait retrouvé le ton concis et sec qui avait été celui de leurs dernières communications. Vaughn fronça les sourcils et se tut, incapable d’interpréter ce ton. Il continua :

- Je t’attends chez toi à ton retour ?
- Euh…oui.

Il posa son casque et se frotta les yeux avec lassitude. Il sentit que le temps serait long avant le retour de Sydney. Il avait hâte maintenant de lui parler de tout ce qu’il savait.