FORUM, Forum Discussion, Forum Gratuit, Nom de domaine, Nom de domaine gratuit, Redirection gratuite,

Forum Alias par fil2001 Administrateurs :fil2001
Forum Alias par fil2001
Non connecté | Se connecter
en ligne : Il y a 5 connectés. Cliquez pour voir la liste
Inscription Inscription | Profil Profil | Messages Privés Messages Privés | Recherche Recherche | Online Online | Aide Aide | Créer un blog gratuit

forum Index du forum forumFanfic forumfanfiction¨: RIP (saison 3 )

Auteur : Sujet: fanfiction¨: RIP (saison 3 )  Bas
 scg
 Messages postés : 3096
 agent triple :)
 scg
  Posté le 07/12/2004 23:50:06
Send a private message to scg
l'envie m'a pris d'écrire autre chose, alors je me permets de vous en faire part.
C'est pas trop long et ça n'ira peut être pas plus loin. Je devais être assez déprimée quand j'ai écrit ça...si vous n'avez pas trop le moral ça ne vous le remontera pas. Ca se passe au moment des funérailles de Syd alors évidemment ça explique le titre: RIP c'est à dire repose en paix en latin.
Merci de lire et de commenter éventuellement!



Chap 1 :


Il arriva le premier sur la plage. Il se gara lentement juste sur le talus qui dominait l’étendue de sable et il descendit en aspirant tout l’air qu’il put. Il manquait terriblement de vie en ce moment. Respirer à fond lui permit de sentir qu’il était encore vivant. L’air était vivifiant. Il se demanda quand il avait plu parce que le sable était détrempé et que ses chaussures noires s’enfonçaient dedans. Sa mère lui aurait dit de faire attention. Il savait bien pourquoi il pensait sans cesse à sa mère aujourd’hui.
Il avait quelques instants de répit avant que reprenne cette torture qui avait commencé quelques heures plus tôt. Il déconnectait son esprit de la douleur à ce moment précis pour essayer de goûter un peu de paix dans ce paysage vierge de toute marques humaines. Le sable, la mer, les oiseaux, c’était tout et c’était merveilleusement apaisant pour lui , comme une caresse sur une brûlure. La brûlure…le feu…la mort de Sydney.

Depuis le matin, on enterrait Sydney et il était épuisé. La longue cérémonie à l’agence avec des hautes autorités de Langley et les mots creux que l’on entend invariablement lors de ce genre d’occasion : agent exceptionnel…contribution rare à la défense de la patrie…investissement et fidélité sans faille… reconnaissance éternelle du pays…médaille posthume…Jack avait remercié, avec dignité et concision.
Ils devaient être tous rentrés chez eux maintenant et devaient prévoir le week- end suivant, ou commencer leur séance chez le psy ou encore rigolaient à une bonne blague d’un collègue. Il le savait bien. Il avait tellement représenté le service lors de funérailles qu’il était bien placé pour savoir qu’en remontant dans sa voiture, il avait déjà oublié le nom de la femme et des enfants du collègue qu’on enterrait.
Mais lui commençait à peine sa descente aux enfers et cette journée n’avait pas de fin.

Il y avait eu ensuite l’intimité de la crémation du corps. Brûler le corps supplicié de Sydney avait été difficile à admettre. Il avait dû faire appel à toute sa raison pour ne pas protester énergiquement mais que faire d’un corps déjà presque totalement carbonisé ?
La pensée de ce qu’il avait vu il y a quelques jours à peine dans l’appartement de Sydney lui fit dresser les cheveux sur la nuque. Il était pris d’une véritable terreur quand il y repensait.

Ils étaient en comité réduit alors. Les mêmes que ceux qui étaient sur le point de le rejoindre. Les proches, les intimes…si peu nombreux et que des hommes.
Elle n’était pas faite pour ce monde malgré ses étonnantes aptitudes, elle était faite pour une vie épanouissante, avec des amies, de l’amour, des livres, de la sérénité , des enfants…Celui qui l’avait amené à cela était un véritable criminel.
Il n’avait pas de colère ni de haine, il était au delà de ça.

Il avait compris ce que voulait dire perdre quelqu’un et que jamais plus il ne la verrait quand une employée du crématorium fort embarrassée lui avait déposé l’urne dans les mains.
La jeune femme avait regardé autour d’elle mais personne n’avait fait un geste. Certains parce qu’ils ne se sentaient pas assez proches et Jack parce qu’il n’avait jamais su montrer ses émotions. Tout le monde l’avait regardé et la jeune employée mal à l’aise devant l’atmosphère plombée avait vite tendue son fardeau vers lui. Il l’avait pris. Il assumait. Il avait toujours assumé depuis tout petit, depuis que la mort de son père avait fait de lui l’homme de la maison comme lui avait dit le prêtre à l’époque. Une formule qui l’avait beaucoup marqué.
Cette urne lui faisait horreur. C’était si petit et tiède, faussement tiède de vie alors que tout était mort dedans , inéluctablement mort.

Il avait déposé l’urne à côté de lui sur le siège passager dans la voiture. Tout cela lui paraissait surréaliste.

Les autres arrivaient. Il entendait, malgré le vent, des véhicules qui se garaient . Il se retourna  et vit le pasteur qui approchait, plié dans le vent, sur son livre de prières. Suivaient en file indienne les hommes de la vie de Sydney. Son père, ses quelques amis, bien peu de monde. Will était à l’hôpital et Fran était morte. Les plus proches n’étaient donc même plus là.
En passant près de lui, Weiss lui pressa l ‘épaule. Il avait envie de faire plus, il le sentit mais il se raidit. Il ne supporterait pas un geste d’affection maintenant. Tout à l’heure peut être mais là il fallait tenir. Seul, il avait une chance d’y parvenir.
Il avait déjà fait ça des années plus tôt à l’enterrement de son père. Alors que sa mère pleuraient à flots continus comme si le chagrin débordait de ses yeux, il était resté digne et fort…l’homme de la maison. Les adultes lui avaient dit à quel point il était courageux. Il ne savait pas pourquoi il n’avait pas pleuré mais certainement pas par courage. Il n’avait pas trouvé le chemin vers les larmes, celles qui soulagent, qui apaisent. Il avait tout garder en lui. Il voulait faire pareil pour Sydney. Ne pas pleurer, rester fort, pour elle. Parce que son chagrin, il voulait le garder pour lui, pour eux.

Jack, près de lui, respirait fort. Malgré les embruns, il l’entendait reprendre péniblement son souffle. La boule dans la gorge, celle qui étouffe, celle qui pousse aux larmes. Jack devait lutter lui aussi.

Le pasteur commença la brève cérémonie. Vaughn n’écoutait pas. Il n’avait que faire des paroles de réconfort  de la religion. La mort qu ‘avait connu Sydney n’était pas une forme d’apaisement loin de là. Il se concentrait sur sa tâche à venir. Prendre encore une fois cette urne et l’ouvrir sur l’océan.
Il y a quelques jours Jack était venu le voir. C’était le lendemain du drame et Vaughn était comme endormi ; il n’avait pas réalisé que Sydney était morte, pas encore. Jack lui avait simplement demandé s’il savait ce qu’elle aurait voulu pour sa mort parce que lui ne savait pas. Vaughn l’avait regardé comme si Jack était devenu fou.
La mort, ils vivaient avec. Il aurait été stupide d’ignorer les risques qu’ils encouraient tous les jours. Mais, les agents ne parlaient pas de leur mort entre eux. Ils laissait souvent des papiers pour leurs derniers instants. On leur conseillait même à Langley lors de la formation. Vaughn l’avait fait et modifié déjà deux fois. Il avait déjà voulu  être dispersé lui aussi par deux jeunes femmes qui seraient fort embarrassées si on leur demandait quelque chose aujourd’hui.
Mais avec Sydney, ils n’avaient pas parlé de mort alors même qu’il la craignait pour elle à chaque instant ; il avait voulu conjurer le sort certainement.
Jack et lui avaient donc cherché pendant de longues minutes ce qui pouvait plaire à sydney. Curieuse formule…  « Quel enterrement te plairait Sydney » ?
Ils étaient tombés d’accord sur le fait qu’il fallait quelque chose de simple et de conforme à Sydney. L’océan et la liberté qui caractérisait Sydney allaient bien ensemble. L’idée lui avait plu. L’eau contre le feu. Essayer de la sauver de sa fin au delà de la mort. C’était ridicule et irrationnel mais il y a longtemps qu’il avait admis que l’irrationnel pouvait faire partie de sa vie et de celle de Sydney.
Il avait cependant refuser de parler, de lire un poème de Milton comme lui demandait Jack. Il avait même refusé de savoir lequel. Il n’était pas capable de lire des mots qui l’auraient trop touché.

Il avait l’esprit ailleurs durant cette cérémonie. Il regardait les visages tendus de tristesse en ayant envie de crier qu’ils n’avaient pas aussi mal que lui. Elle était tout pour lui. Il était en train de le découvrir. A son grand effroi, il réalisait qu’il ne le savait que maintenant. Il allait vraiment savoir dans quelques heures ce qu’était la solitude.
Le prêtre s’était interrompu et le regardait, les yeux interrogateurs.
Il comprit qu’il était temps pour lui d’en finir ; il se rapprocha de l’eau laissant les vagues venir lécher ses chaussures et le bas de son costume. Il ouvrit lentement l’urne et il lança les cendres dans l’air. Une poudre argenté aussi grise que le ciel s’envola dans le vent et retomba sur les vagues, flottant pendant quelques secondes à peine avant de se mélanger à l’eau.
C’était très simple en fait, trop simple. Il redouta alors que tout soit déjà fini.

Ils se retournèrent lentement et marchèrent lentement vers leur voiture respective. Ils étaient venus séparément et repartiraient chacun de leurs côtés. C’était peut être ça que Sydney aurait voulu…une union autour d’elle…Mais , ce ne serait pas possible. Jack était inaccessible. Les autres n’étaient pas des proches. Seul, Weiss le suivait de près. Il était plein de compassion et d’attention. Cela avait un effet réconfortant mais il souffrait tellement qu’il avait l’impression que rien ne comblerait le vide en lui.

Il était près de sa voiture et chercha la clé . Sa main tremblait tellement qu’il crut qu’il ne pourrait pas la sortir de sa poche et encore moins la faire pénétrer dans la serrure. Il stoppa un bref instant pour se concentrer sur ses gestes. Weiss manqua buter contre lui.
Vaughn aperçut furtivement une camionnette bariolée garée près de sa voiture. Elle ressemblait aux voitures de surfers qui hantaient la côte depuis toujours ; l’océan avait la réputation dans cette zone d’apporter de bonnes sensations. Mais, à cette heure, l’océan était vide et la camionnette ne portait aucune planche qui aurait confirmé son intuition.
Il se demandait quand elle était arrivée parce qu’il était sûr qu’elle n’était pas là avant.
Il était près de sa voiture enfin et réussit à ouvrir sa portière.

Weiss l’enlaça alors, lui apportant le réconfort de sa chaleur. Cela faillit avoir raison de lui. Il serra les paupières très fort et respira profondément pour avaler les sanglots qui obstruaient sa gorge. Il ne voulait pas se libérer ici. Weiss l’encouragea cependant. Il tapota son épaule doucement en lui murmurant :

- Laisse-toi aller, mon vieux, laisse-toi aller. Je suis là, compte sur moi !

Il lutta et le remercia d’un regard. Il lança juste un dernier regard furtif à la plage, le temps de voir les autres s’éloigner. Jack, seul, la tête baissée et les mains dans les poches. Dixon et Marshall discutaient ensemble, le visage grave. Il regarda l’océan qui ne gardait aucune trace de la cérémonie qui venait de se dérouler. La plage était retournée au calme, au vent et aux oiseaux. Sydney y reposerait en paix, peut être. Seules les traces de leurs pas marquaient encore le sable mais pour combien de temps ?
Un peu de sable piétiné et c’est tout.
Il s’engouffra dans sa voiture. La portière refermée, le calme et le silence s’abattirent sur lui comme une chape de plomb.

Il prit une nouvelle inspiration et se prépara à démarrer en jetant un dernier coup d’œil sur la camionnette tout près de sa voiture. Il ne distingua rien à l’intérieur. Ses propriétaires avaient fait poser un film adhésif totalement opaque qui leur permettaient sans doute de voir mais ne faisait que refléter le ciel gris et pommelé.


Le retour à son appartement se fit dans cette absence bienfaisante de sensations qu’il éprouvait depuis la disparition de Sydney jusqu’à ce qu’un mot, une pensée, un objet…tellement de choses lui fassent penser à elle.
Il effectua des tâches mécaniques toute la soirée. Celles qu’il faisait chaque soir. Il était épuisé comme jamais il ne l’avait été. Le téléphone sonna plusieurs fois mais il ne décrocha pas même quand il entendit la voix de Weiss qui le suppliait de décrocher ; il espéra seulement que cela ne le pousserait pas à lui rendre visite ; il était incapable de recevoir quelqu’un en ce moment. Il voulait être seul et remâcher son chagrin, s’apitoyer enfin sur lui même, s’autoriser les larmes. Mais elles ne venaient pas. Ses yeux restaient secs alors que les images de la soirée terrible de la mort de Sydney repassaient devant ses yeux.

Il finit par s’endormir devant la télévision et un film en noir et blanc avec Lauren Baccall et Humphrey Bogart. Il ne savait même pas de quel film il s’agissait mais le mal être des personnages coïncidait avec sa tristesse.
Il fit sans doute un rêve mais il ne s’en rappela pas. Il se réveilla pourtant les joues baignées de larmes et étreint d’une douleur terrible impossible à apaiser mais aussi avec une image devant les yeux qui ne s’effaçait pas.
Celle du sable immaculé autour de la camionnette sur la plage, un sable vierge de toute trace de pas comme si personne n’était descendu de ce véhicule.

 Mousetick
 Messages postés : 5580
 ...la machine il dire...
 Mousetick
  Posté le 08/12/2004 14:20:32
Send a private message to Mousetick
   
c'est trop triste !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
je suis supere zémouvissue !
c'est super bien écrit, bravo bravo bravo et encore bravo !!!

http://ballmeyer2.free.fr/share/Ragondin.jpg
In my opinion, we don't devote nearly enough scientific research to finding a cure for jerks
 Linoa
 Messages postés : 443
 agent d information
  Posté le 08/12/2004 15:45:29
Send a private message to Linoa
oh!!! Que c'était bien décrit et que c'est émouvant!!!!!!!!! C'est magnifique , bvo!! J'avais envie de pleurer en lisant ton chapitre!  

 Boite-à-musique
 Messages postés : 1522
 agent double
 Boite-à-musique
  Posté le 08/12/2004 19:29:05
Send a private message to Boite-à-musique
oh là je suis sous le choc , j'ai ue boule dans l'estomac, tu écris vachement superbement bien, j'ai adoré, tu décris ts les sentiments à merveille, on les ressent qd on les lit ! Bravo et merci !

Elle n’était pas digne de toi
Faut surtout pas que tu la regrettes
En plus elle te trompait
On le sait on se l’est tous faite
Vraiment tu mérites mieux
Elle ressemble à Jean Gabin
Nous remercie pas mon vieux
C’est fait pour ça les copains
 Butterfly
 Modérateur
 Messages postés : 7194
 ...la machine il dire...
 Butterfly
  Posté le 08/12/2004 21:31:56
Send a private message to Butterfly
C'est magnifique mais super triste aussi. J'avais prévu des mouchoirs, heureusement.


La sagesse, c'est d'avoir des rêves suffisament grands pour ne pas les perdre de vue lorsqu'on les poursuit - Le seul moyen de de se délivrer de la tentation, c'est d'y céder - Oscar Wilde
 saralias
 Messages postés : 2355
 agent triple :)
 saralias
  Posté le 11/12/2004 15:11:32
Send a private message to saralias
C'était tres émouvant, pauvre Vaughn.

Et c'était tres tres bien écrit comme toujours  

--Message edité par saralias le 2004-12-11 15:11:44--

http://img278.imageshack.us/img278/432/1miabann2jg.jpg
 karine*21
 Messages postés : 1768
 agent double
 karine*21
  Posté le 12/06/2005 15:40:38
Send a private message to karine*21
très bien, heureusement que les mouchoirs sont pas loin.



Pourquoi tout remettre au lendemain si on est même pas sur qu'il existera??
L'italie championne du monde et c'est tant mieux.

 amazonqueen
 Messages postés : 1734
 agent double
 amazonqueen
  Posté le 23/06/2005 21:07:26
Send a private message to amazonqueen
Particulièrement réaliste !! J'ai adoré, c'est vraiment très bien écrit, très sobre mais particulièrement profond. La douleur est tellement palpable que j'ai eu l'impression de sentir la fraicheur des embruns sur mon visage en lisant ton texte.

C'est tout à fait ce que j'aime, tu vois csg, c'est ce genre de narration qui me fait vibrer à l'infini.  ;)

http://www.hopeleslie.com/Avatar/Alias.gif
Truth takes time...

forum Index du forum forumFanfic forumfanfiction¨: RIP (saison 3 )
Haut
Aller à :
  Ajouter une réponse rapide

Ajouter une réponse rapide