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forum Index du forum forumLes résistances à Napoléon forumFrédéric Staps

Auteur : Sujet: Frédéric Staps  Bas
 François
 Messages postés : 99
  Posté le 04/03/2003 19:35:10
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C'est Pozzo di Borgo je crois [mais je n'aurai guère le temps ce midi de chercher la référence exacte, je le cite donc de mémoire,] qui écrira, peu de temps après 1815, que quiconque s'essayera à raconter et à expliquer Napoléon se diminuera fatalement lui-même par comparaison...  Pourtant Pozzo n'était guère un admirateur! En ce sens, Hypolite n'a pas tort.

Ceci dit, cela ne signifie pas, bien évidemment, que l'historien ne puisse «s'attaquer» au sujet, si je puis dire. L'histoire est maintenant une science, avec méthodes et protocole de recherche. Malgré tout, l'histoire restera toujours un savoir construit, nécessairement par le cerveau de celui ou celle qui l'écrit, dans le temps et l'époque qui sont les siens.

Le cerveau humain est toujours tenté par la simplification et par la certitude. Il serait si facile de «savoir» que Napoléon fut mauvais, ou bon, totalement, sans restriction aucune. Aucun personnage de l'histoire, je crois, ou que ce soit dans le monde, n'a suscité tant de passions réductrices que lui. Et lui, parce qu'il évolue sans cesse, qu'il n'est jamais réductible à une idée, une fonction, un rôle, une place, échappe sans cesse à ces tentatives de le cerner...  D'une certaine manière reste-t-il, devant tout homme qui tente de l'analyser et de le comprendre, l'admirable stratège qu'il fut toujours, insaisissable. Nous sommes tous des Blucher devant lui...!  

 Frédéric Staps
 Messages postés : 1391
 Frédéric Staps
  Posté le 05/03/2003 10:56:23
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Depuis Pozzo di Borgo, les études historiques ont bien changé, mais le genre biographique qui est loin d'être le plus intéressant après un bref passage au purgatoire connaît un regain de faveur auprès des éditeurs en quête de best-sellers.  Le souci de la rentabilité à tout prix les amène à miser sur les valeurs sûres et à réduire les publications jugées moins porteuses.  La recherche historique n'en sort certainement pas gagnante.

--Message edité par frédéric staps--

 Hypolite
 Messages postés : 780
 Hypolite
  Posté le 05/03/2003 11:48:09
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[#007f7f]Je reconnais le droit aux historiens d'analyser les faits historiques, mais pas la psychologie de l'Empereur ! [/#007f7f]

VIVE L'EMPEREUR !!!
 Marie Walewska
 Messages postés : 41
 Marie Walewska
  Posté le 05/03/2003 19:28:24
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[cit]Hypolite  a dit :

L'étude de la psychologie de l'Empereur serait sans doute passionnante, mais certainement bien difficile car, comme tout homme de Génie, son Cerveau nous dépasse de plusieurs toises !

Citation :

Je reconnais le droit aux historiens d'analyser les faits historiques, mais pas la psychologie de l'Empereur !  [size=5]



Hypolite, vous connaissez toute ma tendre préférence pour votre personne   mais là, faudrait tout de même vous décider!

--Message edité par marie walewska--

"Quel roman que ma vie" - Napoléon
 François
 Messages postés : 99
  Posté le 06/03/2003 05:56:13
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Frédéric, vous songez à quoi, lorsque vous écrivez les lignes plus haut, concernant les choix douteux des éditeurs? On veut des noms! Des accusations...!  ;)

 Hypolite
 Messages postés : 780
 Hypolite
  Posté le 06/03/2003 14:13:01
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[#009b63]Ou en est la température chez vous chere Maria ? [/#009b63]

VIVE L'EMPEREUR !!!
 Frédéric Staps
 Messages postés : 1391
 Frédéric Staps
  Posté le 09/03/2003 20:36:33
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A propos de Frédéric Staps, il est intéressant de lire le récit dans le Mémorial :

Citation :

Le fanatique de Schoenbrunn, disait l'Empereur, était le fils d'un ministre protestant d'Erfurt, qui, vers le temps de la bataille de Wagram, résolut d'assassiner Napoléon en pleine parade. Déjà il était venu à bout de percer l'enceinte de soldats qui retenait la foule éloignée de la personne de l'Empereur; déjà il en avait été repoussé deux ou trois fois, quand le général Rapp, voulant de nouveau l'éloigner de la main, rencontra quelque chose sous son habit; c'était un couteau d'un pied et demi de long, pointu et tranchant des deux côtés. « J'en ai frémi en le considérant, disait l'Empereur, il n'était enveloppé que d'une simple gazette! »

Napoléon se fit amener l'assassin dans son cabinet : il appela Corvisart, et lui ordonna de tâter le pouls au criminel, tandis qu'il lui adressait la parole. L'assassin demeura constamment sans émotion, avouant son acte d'une voix ferme et citant souvent la Bible.

« Que me vouliez-vous? lui dit l'Empereur. - Vous tuer. - Que vous ai-je fait? Qui vous a établi mon juge ici-bas? - Je voulais terminer la guerre. - Et que ne vous adressiez-vous à l'empereur François? - Lui! Et à quoi bon! Il est si nul! disait l'assassin. Et puis, lui mort, un autre lui succéderait, au lieu qu'après vous les Français disparaîtraient aussitôt de toute l'Allemagne. »

Vainement l'Empereur chercha à l'émouvoir. « Vous repentez-vous? lui dit-il. - Non. - Le feriez-vous encore? - Oui. - Mais si je vous faisais grâce? » Ici pourtant, disait Napoléon, la nature reprit un instant ses droits; la figure, la voix de l'homme s'altérèrent momentanément. « Alors, dit-il, je croirais que Dieu ne le veut plus. » Mais bientôt il reprit toute sa férocité. On le garda à l'écart plus de vingt-quatre heures sans manger; le médecin l'examina encore; on le questionna de nouveau; tout fut inutile, il resta toujours le même homme, ou pour mieux dire une véritable bête féroce et on l'abandonna à son sort.




Si on le compare avec ce que l'on sait par ailleurs de l'affaire, on peut voir la manière dont Napoléon n'hésitait pas à travestir les faits et les événements pour se donner le beau rôle.
Ainsi, Napoléon déforme quelque peu les intentions de Staps.  Au lieu de signaler que le jeune homme comptait d'abord l'interroger sur sa volonté de faire la paix avant de recourir à
l'assassinat en cas de réponse négative, Napoléon présente cet assassinat comme déjà décidé.
De la même façon, il s'abstient de signaler que cette "bête féroce" n'est jamais qu'un jeune homme à peine âgé de 17 ans.  Il se garde également de rappeler ses craintes que Staps ne soit
que le bras armé d'un complot organisé par les souverains allemands, craintes qui motivèrent les longs interrogatoires que subit Frédéric Staps et qui s'avérèrent dépourvues de tout
fondement.
Napoléon profite également de ce récit pour mettre dans la bouche de Frédéric Staps une opinion qui est probablement la sienne.  Staps a-t-il vraiment dit à propos de l'empereur
François d'Autriche : "il est si nul" ? Peut-être, mais la question de Napoléon ("Que ne vous adressiez-vous à l'empereur François ?") n'était pas d'une totale honnêteté et si Napoléon
pouvait au moment où il l'a posée ne pas en avoir claire conscience, au moment où il la rapporte à Sainte-Hélène, il savait très bien que la paix qu'il a conclue quelques jours après la tentative de Staps dépendait essentiellement de son bon-vouloir et non de celui de l'empereur François et qu'il la faisait traîner avec l'intention d'imposer des conditions très dures auxquelles il a en partie renoncé pour écourter brutalement son séjour à Schoenbrunn qui lui est apparu tout soudain rempli de dangers.
Quant à la formule finale "on l'abandonna à son sort", elle masque complètement les ordres donnés par Napoléon au conseil de guerre qui jugea Staps afin de ne pas ébruiter cette tentative
d'assassinat.  L'exécution de Staps n'était nullement une fatalité contre laquelle Napoléon ne pouvait rien faire.

 Jean-Yves
 Messages postés : 378
 Vive l'Empereur
  Posté le 24/04/2003 13:11:21
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Vous pouvez dire ce que vous voulez, mon cher frédéric, le fait est que votre homonyme, qui désirait tant s'entretenir avec l'Empereur avait un poignard sur lui dont il comptait se servir. Si, franchement, il n'avait d'abord voulu qu'un simple entretien
il eut mieux valu pour lui venir sans armes, quitte si le "tête à tête" avec l'Empereur avait échoué, revenir le lendemain pour cette fois tenter de le tuer. Mais là, il est évident que, il y avait intention de tuer l'Empereur. Ce dernier, on le sait, tenta de ramener le jeune homme à la raison, il ne le put, et dut donc le faire exécuter. Je me permets donc de vous poser cette question, cher Frédéric, qu'eussiez-vous fait à la place de Napoléon Ier ?    

Rejoignez les Amis du Patrimoine Napoléonien,  6, avenue de la Chênaie, 94350 Villiers Sur Marne
 Frédéric Staps
 Messages postés : 1391
 Frédéric Staps
  Posté le 24/04/2003 17:55:25
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Citation :

Jean-Yves  a dit :

qu'eussiez-vous fait à la place de Napoléon Ier ?  



Il est peu probable que je me serais retrouvé à la place de Napoléon, mais par contre, si je m'étais trouvé à la place de Didier Decoin à devoir réécrire la légende napoléonienne pour la rendre plus politiquement correcte au public de France 2, j'aurais pu écrire la scène de deux manières différentes.
1° Version Napoléon pacifiste :
Napoléon : - Alors, jeune homme, il paraît que vous vouliez me tuer ?
Staps :  - Non, je voulais juste savoir si vous alliez faire la paix et je ne vous aurais tué que si vous ne vouliez pas.
Napoléon : - Mais mon jeune ami, vous me connaissez bien mal.  Moi, je ne demande qu'à vivre en paix, mais ce sont ces monarques bornés qui ne cessent de me faire la guerre.
Staps : - Ah ? Heu... Je ne savais pas.
Napoléon : - Oui, je sais, je suis un grand incompris.  Les gens se font sur moi un tas d'idées fausses.
Staps : - Quelle erreur j'ai commise ! Quelle grandeur d'âme que la vôtre !
Napoléon : - Mais non, vous êtes jeune.  Moi aussi, à votre âge, j'étais bouillant et impulsif.
Staps : - Je mérite un terrible châtiment.
Napoléon : - Rentrez chez vous, jeune homme, allez retrouver la jeune fille qui vous aime, mariez-vous, faites de beaux enfants, vivez heureux et faites savoir autour de vous qui est vraiment Napoléon Bonaparte.  Tenez d'ailleurs, voici une bourse pour vous permettre de vous établir à votre aise.

2° Napoléon, vrai disciple de Machiavel :
Napoléon : - Rapp, emmenez-moi ce gaillard chez les dingues.  Qu'il y reste quelques temps jusqu'à ce qu'il se calme.
Rapp : - Bien, Sire, mais ne faudrait-il pas l'enchaîner pour le transport ?
Napoléon : - Surtout pas.  Depuis que le bon docteur Pinel a libéré les fous de leurs chaînes, il faut les traiter convenablement.  Je ne voudrais pas qu'on puisse me reprocher de maltraiter les malades mentaux.
Rapp : - Bien Sire, autre chose ?
Napoléon : - Oui, faites cela discrètement pour le bien de ce jeune homme.  Il ne faudrait pas que cet événement qui n'est dû qu'à une crise passagère ne s'ébruite et que cela compromette son avenir.

 Jean-Yves
 Messages postés : 378
 Vive l'Empereur
  Posté le 24/04/2003 23:07:30
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"Il est peu probable, dites-vous, que je me serais retrouvé à la place de Napoléon !" Très bien, alors, oublions Didier Decoin un instant et ses affabulations, et dîtes-moi ce que vous eussiez-fait, si chef de l'Etat, on vous amenait devant vous un jeune homme sur lequel on aurait trouvé un poignard et affiramnt qu'il s'apprêtait à s'en servir contre vous, et réitérant sans cesse
que si vous le libérez, il tenterait à nouveau de vous assassiner ? Que faire de ce jeune homme ? L'envoyer chez les dingues ? Mais où, chez les dingues ? Vous êtes en pays étranger, c'est-à-dire peu sûr. La nouvelle de l'arrestation et du transfert de ce jeune fou dans un asile autrichien risque fort de s'ébruiter, quoique vous fassiez. D'autres jeunes esprits
bouillants risquent de vouloir le délivrer , soit en cours de route, soit une fois sur place. Quand bien même, ils ne le feraient pas, une fois le transfert fait, quelle confiance pouvez-vous accorder aux gardiens, natifs de ce pays ? Combien de temps pensez-vous que le jeune Staps resterait vraiment prisonnier dans cet asile ? Ne croyez-vous qu'il serait très vite libre de recommencer à attenter à votre vie ? Peut-être même, devenu populaire, prendrait-il la tête d'une révolte contre vous ? Y tenez-vous rééllement ? Tenez-vous si peu que celà à la vie ? Pensez-bien que, même si à vos yeux votre vie n'est rien, pour votre peuple et votre armée elle est tout. A l'annonce de votre mort, l'armée serait désemparée, à Paris, la bourse chuterait et l'ennemi, vaincu jusqu'alors, redresserait
la tête très vite. Tout ce que vous avez bâti s'écroulerait comme un château de carte et les Bourbons reviendraient, avec eux l'ancien régime et tout ce que celà comporte. Si au moins, pour éviter celà, vous aviez un héritier....Alors, vous n'avez pas changé d'avis ?    

Rejoignez les Amis du Patrimoine Napoléonien,  6, avenue de la Chênaie, 94350 Villiers Sur Marne
 Frédéric Staps
 Messages postés : 1391
 Frédéric Staps
  Posté le 25/04/2003 09:13:39
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Sur ce coup-là, Napoléon s'est montré très peu à la hauteur de sa réputation de "génie universel".  Il semble même qu'il ait un peu paniqué.
Il s'est aussi cru très malin.  Il a voulu jouer au grand manipulateur.  Il a donc demandé à parler lui-même au jeune homme et a cru qu'il pourrait le déstabiliser en se donnant les airs d'un souverain magnanime.  Il a cru qu'en brandissant devant les yeux de Staps l'épouvantail de la peine de mort, celui-ci s'effondrerait et supplierait pour obtenir la grâce qu'il était tout prêt à lui accorder.  Mais les choses ne se sont pas passées comme il s'y attendait.  Ce gamin, qui avait si mal préparé son attentat, s'est soudain révélé d'un courage peu commun face aux sordides menaces de l'homme le plus puissant du monde.  En voyant que ses mots n'avaient pas de prise sur un jeune homme en apparence fragile, Napoléon s'est vexé et cela a certainement été déterminant pour l'issue finale.  
Par ailleurs, Napoléon s'est piégé lui-même.  En utilisant des menaces de mort pour dramatiser la situation, il a fixé d'avance la sentence.  Il ne pouvait plus reculer par la suite, surtout que le jeune homme avait repoussé avec panache ses offres généreuses.  Le simulacre de tribunal mis en place pour le procès ne pouvait pas non plus condamner Staps à une peine inférieure à celle que l'empereur avait déjà fixée, sous peine d'encourir la fureur impériale, comme lors du jugement du général Moreau.
Napoléon n'a enfin rien compris à la situation.  Il n'a pas perçu quel était le danger réel qui le menaçait.  Au lieu de voir dans cette tentative le signe de l'émergence d'un sentiment national allemand exacerbé par une occupation française qui commençait à devenir trop lourde, il a juste perçu les conséquences personnelles que cet attentat aurait pu avoir s'il avait réussi.  Il a donc hâté la signature de la paix pour pouvoir déguerpir au plus vite de cette ville qui lui semblait soudain menaçante et a pressé les démarches en vue de son remariage pour assurer une héritier à sa dynastie, au lieu de chercher les moyens d'enfin parvenir à une paix durable qui aurait pu assurer la stabilisation de son pouvoir.

Dans l'affaire La Sahla, quelques années plus tard, les choses se passeront différemment.  Sans doute en partie parce que Napoléon ne s'en mèlera pas personnellement.  C'est la police et l'appareil judiciaire qui se chargeront du traitement du dossier.  Il est surprenant que l'inspirateur du Code civil n'ait pas compris plus tôt l'intérêt de laisser les institutions fonctionner normalement sans ses interventions intempestives.

 Frédéric Staps
 Messages postés : 1391
 Frédéric Staps
  Posté le 04/09/2003 13:32:08
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Lettre de Napoléon à Fouché, de Schönbrunn, le 12 octobre 1809.

Citation :

Une jeune homme de dix-sept ans, fils d'un ministre luthérien d'Erfurt, a cherché, à la parade d'aujourd'hui, à s'approcher de moi.  Il a été arrêté par les officiers; et comme on a remarqué du trouble dans ce petit homme, cela a excité des soupçons; on l'a fouillé et on lui a trouvé un poignard.
Je l'ai fait venir, et ce petit misérable, qui m'a paru assez instruit, m'a dit qu'il voulait m'assassiner pour délivrer l'Autriche de la présence des Français.  Je n'ai démêlé en lui ni fanatisme religieux ni fanatisme politique.  Il ne m'a pas paru bien savoir ce que c'était que Brutus.  La fièvre d'exaltation où il était a empêché d'en savoir davantage.
On l'interrogera lorsqu'il sera refroidi et à jeun.  Il serait possible que ce ne fût rien.  Il sera traduit devant une commission militaire.
J'ai voulu vous informer de cet événement, afin qu'on ne le fasse pas plus considérable qu'il ne paraît l'être.  J'espère qu'il ne pénétrera pas; s'il en était question, il faudrait faire passer cet individu pour fou.
Gardez cela pour vous secrètement, si l'on n'en parle pas.  Cela n'a fait à la parade aucun esclandre; moi-même je ne m'en suis pas aperçu.
P.S. Je vous répète de nouveau et vous comprenez bien qu'il faut qu'il ne soit aucune question de ce fait.



Cité d'après Correspondance de Napoléon.  Six cents lettres de travail (1806-1810), présentées et annotées par Maximilien Vox, Gallimard, 9e édition, 1943.

En note, Maximilien Vox indique à propos des termes "à jeun" :

Citation :

La police de l'Empire n'ignorait aucun des moyens de "faciliter" les aveux.  Staps resta quatre jours sans manger.



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