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Auteur : Sujet: Si…  Bas
 Louz
 Administrateur
 Messages postés : 1120
  Posté le 28/03/2009 14:15:24
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Si je n’avais pas ce doute, cet affreux doute, je pourrais... Si je n’avais pas physiquement fauté, si je n’avais pas conscience d’avoir trahi, inconscient mais consciemment, à un moment de notre histoire, je pourrais peut-être... Si je ne portais pas le poids insupportable, en sus de sa perte, de la culpabilité et de la honte qui me ronge, j’arriverais sans doute à libérer les larmes de mon esprit prisonnier du remord. Mais je n’y arrive pas. Je ne peux pas... J’ai peur de lui avoir fait du mal, d’avoir été à l’origine du mutisme, d’avoir blessé sa vie, en étant avec elle. Car je crois que je l’ai mal aimée. C’est ce que je crois. Je lui ai menti, en croyant que lui dire tout ce que je pensais était une voie juste. J’aurais pu simplement lui dire qu’elle me plaisait bien, comme c’était. Et penser à elle, non pas à l’idée que je me faisais d’elle... Nous aurions mieux su qui nous étions l’un pour l’autre, nous aurions pu nous voir tels que nous étions. Nous aurions vu quoi faire de nous ensemble. Et non pas nous accompagner faiblement avec nos voix d’alors, si faibles, non pas partager notre impuissance à exister ensemble dans ce monde, qui semblait manifestement nous refuser. Si... S’il n’y avait pas eu la maladie, entre nous. La sienne, la mienne. La maladie psychique. Nous aurions pu garder les bons moments que nous avons partagé et ne pas subir la confusion de nos sentiments que nous éprouvions l’un pour l’autre. Si la vie avait été un peu plus clémente... La vie matérielle, et relationnelle. Etait-ce ma faute ? Si je vivais dans 17 mètre carrés, si je passais mon temps entre les souterrains et les magasins à livres, avec si peu de lumière pour éclaircir le quotidien, et si peu de douceur, de compassion, de compréhension, de vérité de la part de l'entourage, pour donner un peu de courage ? Mais j’avais choisi. J’avais choisi d’y aller, choisi de partir. Choisi d’essayer de vivre. Etait-ce son choix, à elle aussi, de lutter pour son existence ? Nous étions en couple, séparés. Chaque fois c’était difficile de nous retrouver. Le cocon bienveillant était loin, à présent. D’un coup, nous retrouvions face à nous-mêmes, de façon brusque, et non pas progressive. Rien ne nous était donné d’avance, pour nous aider, aucune chance, au préalable. Nous n’étions pourtant pas guéris. Mais soudain nous n’avions plus de protection aucune, au contraire. C’était le grand saut dans l’appréhension, sans accompagnement.

à suivre...



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 Louz
 Administrateur
 Messages postés : 1120
  Posté le 28/03/2009 15:07:44
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Si je n’avais pas ce doute, cet affreux doute, je pourrais... Si je n’avais pas physiquement fauté, si je n’avais pas conscience d’avoir trahi, inconscient mais consciemment, à un moment de notre histoire, je pourrais peut-être... Si je ne portais pas le poids insupportable, en sus de sa perte, de la culpabilité et de la honte qui me ronge, j’arriverais sans doute à libérer les larmes de mon esprit prisonnier du remord. Mais je n’y arrive pas. Je ne peux pas... J’ai peur de lui avoir fait du mal, d’avoir été à l’origine du mutisme, d’avoir blessé sa vie, en étant avec elle. Car je crois que je l’ai mal aimée. C’est ce que je crois. Je lui ai menti, en croyant que lui dire tout ce que je pensais était une voie juste. J’aurais pu simplement lui dire qu’elle me plaisait bien, comme c’était. Et penser à elle, non pas à l’idée que je me faisais d’elle... Nous aurions mieux su qui nous étions l’un pour l’autre, nous aurions pu nous voir tels que nous étions. Nous aurions vu quoi faire de nous ensemble. Et non pas nous accompagner faiblement avec nos voix d’alors, si faibles, non pas partager notre impuissance à exister ensemble dans ce monde qui semblait, manifestement, nous refuser. Si... S’il n’y avait pas eu la maladie, entre nous. La sienne, la mienne. La maladie psychique. Nous aurions pu garder les bons moments que nous avions partagé et ne pas subir la confusion de nos sentiments éprouvés l’un pour l’autre, emmêlés. Si la vie avait été un peu plus clémente... La vie matérielle, et relationnelle. Etait-ce ma faute ? Si je vivais dans 17 mètre carrés, si je passais la plupart de mon temps entre les souterrains et les magasins à livres, avec si peu de lumière pour éclaircir le quotidien, et si peu de douceur, de compassion, de compréhension, de vérité de la part de l'entourage, pour donner un peu de courage ? Mais j’avais choisi. J’avais choisi d’y aller, choisi de partir. Choisi d’essayer de vivre. Etait-ce son choix, à elle aussi, de lutter pour son existence ? Nous étions en couple, séparés. Chaque fois c’était difficile et compliqué de nous retrouver. Le cocon bienveillant était loin, à présent. D’un coup, nous retrouvions face à nous-mêmes, de façon brusque, et non pas progressivement, par étape... Rien ne nous était donné d’avance, pour nous aider, aucune chance, au préalable. Nous n’étions pourtant pas guéris. Mais soudain nous n’avions plus de protection aucune, bien au contraire. Soudain c’était le grand saut dans l’appréhension, sans accompagnement. Avec l’angoisse des lendemains qui nous serrait au ventre... Je parle surtout de ma situation. Sa situation à elle était différente… Elle retournait dans le giron familial. Un nouveau cocon, l’ancien ? Elle retrouvait sa situation antérieure, deux ans après. Sa chambre, ses habitudes. Où était sa place, à présent, parmi les siens ? On s’efforçait de se convaincre que la page était tournée, alors que le chapitre continuait de s’écrire. D’ailleurs, le diplôme depuis obtenu n’attestait-il pas de ses capacités ? C’était vrai, elle en était dotée. On voulait de toutes forces oublier cette vilaine histoire. C’est tout à fait naturel, et tellement compréhensible. A quoi bon remuer les vieux démons, à quoi bon remuer le passé, alors les souvenirs ne sont pas que bons ? On pourrait ne garder que le meilleurs, voire quelques images, quelques clichés, ce serait tellement plus simple, et plus commode. Mais par contre, pour trouver un sens au sol, avec ça… Je ne leur en veux pas, je ne leur en veux plus. Je sais qu’elle les aimait, et je sais qu’ils l’aimaient. Et qu’ils n’y pouvaient rien, qu’ils ne pouvaient pas faire autrement, qu'ils ont fait ce qu'ils pouvaient. Parce que la vie de tous les jours le commande, et qu’il n’y a pas beaucoup de place pour les questions qui la dérangent. C’est ainsi, aujourd’hui, la plupart du temps, chez un peu tout le monde. Et on n'y peut pas toujours quelque chose.

(...)



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 Louz
 Administrateur
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  Posté le 28/03/2009 20:29:06
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J'y suis allé en voiture, avec la vieille polo. Je l'ai garée près de chez eux. Et puis j'ai pris le téléphone, j'avais déjà composé le numéro. Pour ne pas avoir à le faire ensuite, je ne voulais pas trop y penser. J'ai mis un bout de temps avant d'y arriver, sur la route j'écoutais des poèmes de Prévert mis en chanson. Ca ne passait pas bien. Je veux dire, dans ma tête. Les voitures roulaient et je les suivais, comme j'aurais suivi un fleuve, d'eau marécageuse. Les panneaux défilaient, il me fallait prêter attention, rester aux aguets. Je songeais, je ne songeais précisément à rien. Sur l'autoroute. J'ai laissé les voitures me doubler, sans effet.
Je suis arrivé dans cet état, nulle part précisément, mais à l'endroit qu’il fallait. Ma tête à l’envers, retourné.
On m'a répondu. Il était là. Son père. J'ai dit que j'étais pas loin, en fait j'étais garé à côté du lycée, de son lycée. Comme j'aurais pu l'attendre à la sortie du lycée, en d'autres circonstances. Il m'a dit de passer. Je n'avais pas très envie de les voir, mais j'y suis allé. Et j'ai croisé sa femme, sa mère. Elle revenait d'une partie de golf.
Ils habitent quelque part dans les Yvelines, quelque part dans une ville, la ville fait partie d'une ville, leur rue fait partie de ce morceau de rue. Ils ont la même maison que celles de leurs voisins.
On s'est salué. Sa mère m'a souri, d’un sourire se forçant à sourire, et je lui ai renvoyé mon propre sourire, comme une grimace. Elle m'a fait entrer. Son père est descendu, on s'est simplement serré la main. Je n'aurais peut-être pas du venir. Malgré tout, on a parlé sur la vie et autre chose. Ils ont des amis qui habitent le même immeuble que nous, à Paris. Ca l'a fait un peu rire, cette coïncidence. Pas moi, je préférais être tranquille. Mais c'est moi qui suis venu. Je ne sais pas trop pourquoi. Pour retrouver quelque chose, peut-être, mais je ne sais trop quoi. Quelqu’un, mais il est trop tard. Pas osé, pas trouvé, ni où. On a parlé sans vraiment dire. Un peu pour meubler le vide. Sans se toucher tout à fait...
Ils ont insisté pour qu'on aille ensemble la « voir ». Je n'ai rien pu ajouter. Je préfèrerais peut-être y aller seul. Leur chien a vieilli... Il se traîne, il a l'air un peu triste maintenant. Leurs filles sont parties de la maison, à présent.  
Je n'avais même pas de fleur. Ils m'ont proposé les leurs, mais j’aurais préféré les miennes. J’ai acquiescé. Au cimetière, ils ont attaché le chien et on est allé par l'allée. Je disais des choses. J'aurais aimé laisser venir mes paroles. Mais non. On a posé les fleurs. J'ai vu que l'elfe, le petit bijou que j'avais déposé était toujours là, accroché à un autre petit objet, déposé par son autre compagnon, son dernier. J'ai été rassuré par sa présence. En souvenir de nous, de notre complicité. J'ai pu me recueillir, un peu. J'aivais les yeux mouillés, mais je n'ai pas pu pleurer vraiment, je veux dire... Eclater en sanglots, me noyer sous un torrent de larmes. Ils ne m'avaient pas proposé de venir à l'enterrement quand elle est morte. Je leur en veux, c'est plus fort que moi.
Mais au fond je ne peux pas réellement leur en vouloir, et ils n’y sont pour rien à ce que je ressens.
On se tient encore quelques instants. On repart lentement. Sur le retour, je pense à la mort. Après la mort, où elle est maintenant ? Je voudrais ne plus y penser, mais j’y pense pourtant, tout le temps j'ai l'impression.
On se dit au revoir. On se quitte.
Je regagne la voiture. Puis je redémarre, sous le choc, je me sens sonné.

--Message edité par kelig le 2010-01-22 19:38:25--



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 Louz
 Administrateur
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  Posté le 28/03/2009 20:50:42
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J'y suis allé en voiture, avec la polo. Je l'ai garée près de chez eux. Et puis j'ai pris le téléphone, j'avais déjà composé le numéro. Pour ne pas avoir à le faire ensuite, je ne voulais pas y penser de trop. J'ai mis un bout de temps avant d'y arriver, sur la route j'écoutais des poèmes de Prévert mis en chanson. Ca ne passait pas. Les voitures roulaient et je les suivais, comme j'aurais suivi un fleuve d'eau marécageuse. Les panneaux défilaient, il me fallait prêter attention, rester aux aguets. Je songeais, je songeais à pas grand chose. Sur l'autoroute. J'ai laissé les voitures me doubler.
Je suis arrivé dans cet état, nulle part précisément, mais à un endroit j’ai arrêté. Ma tête à l’envers, retourné.
On m'a répondu. Il était là. "Son père". J'ai dit que j'étais pas loin. En fait j'étais garé à côté du lycée, de "son" lycée. Comme j'aurais pu l'attendre à la sortie du lycée, en d'autres circonstances. Il m'a dit de passer. Je n'avais pas trop envie, j'y suis allé, quand même. Là j'ai croisé "sa mère".
Ils habitent quelque part dans les Yvelines, quelque part dans une ville, la ville fait partie d'une ville, leur rue fait partie de ce morceau de rue. Ils ont la même maison que celles de leurs voisins, dans une résidence.
On s'est salué. Sa mère m'a souri, d’un sourire se forçant à sourire, et je lui ai renvoyé un sourire, comme une grimace. Elle m'a fait entrer. Son père est descendu, on s'est simplement serré la main. Je n'aurais peut-être pas du venir. Malgré tout, on a parlé de la vie et autre chose. Ils ont des amis qui habitent le même immeuble que nous, à Paris. Ca l'a fait un peu rire, cette coïncidence. Moi, pas trop. En même temps…
C'est moi qui suis venu. Je ne sais pas trop pourquoi. Pour retrouver quelque chose, peut-être, mais je ne sais trop quoi, de perdu. Quelqu’un, mais il est trop tard, elle n’est plus. Pas osé, pas trouvé, où. On a parlé sans vraiment nous dire... Un peu pour meubler le vide, le silence... Avec peine...
Ils ont insisté pour qu'on aille ensemble la « voir ». Je n'ai rien ajouté. J’aurais peut-être préféré y aller seul. Leur chien a vieilli… Il se traîne, il a l'air un peu triste maintenant. Leurs filles sont parties de la maison, à présent.  
Je n'avais même pas de fleur. Ils m'ont proposé les leurs, mais j’aurais préféré les miennes. J’ai acquiescé. Au cimetière, ils ont attaché le chien et on est allé par l'allée. Je disais des choses. J'aurais aimé laisser venir mes paroles intérieures. Mais non, elles n’arrivaient à sortir. On a posé les fleurs. J'ai vu que l'"elfe", le petit bijou que j'avais déposé était toujours là, accroché à un autre petit objet, déposé par son dernier compagnon. J'ai été un peu rassuré par sa présence. En souvenir de "nous", de notre complicité, je me suis recueilli, un peu. Les yeux mouillés, mais sans larmes.
Ils ne m'avaient pas proposé de venir à l'enterrement quand "elle" est morte. Je me rends compte que je leur en veux, malgré moi. Mais je ne peux pas réellement leur en vouloir, ils n’y sont pour rien à ce que je ressens.
On se tient là encore quelques instants, Puis on repart lentement. Sur le retour, je pense à la mort. Après la mort, où est elle maintenant ? Je voudrais ne plus y penser, mais j’y pense pourtant tout le temps, je crois.
On se au revoir, en se quittant.
Je regagne la voiture. Puis je démarre, toujours sous le choc, sonné.



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 Louz
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  Posté le 28/03/2009 21:19:27
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Marie, je l’ai rencontrée il y a plusieurs années. Je venais d’arriver à la clinique Georges Dumas, à Grenoble. Auparavant, j’avais du atterrir, par force. Je veux dire, on m’avait forcé. J’étais mal, j’avais mal, je me trouvais mal. Psychologiquement je me sentais détruit. J’avais passé l’été chez mes parents, pendant lequel j’avais effectué quelques travaux avec mon père. C’était un moyen d’éviter les grands creux. Ca ne s’était pas bien passé. On avait quand même posé le lambris et mis du plâtre aux murs. Mais ma situation était trop difficile à supporter, pour tout le monde. Quand j’avais quitté Brest dans un état de catastrophe suicidaire, et que j’étais arrivé à l’hôpital de Pont Horson, là bas, j’avais au moins eu des soins, même si j’étais perché. Mais ma mère qui me poussait à partir, je crois. Elle avait pensé qu’il fallait que je sorte de là bas, il me semble, sortir de cet endroit foutu (de foutus ?). Je ne suis pas si sûr que c’était une bonne chose, à présent. Je n’aurais peut-être jamais dû quitter Pont Horson jusqu’à ce que je m’en sorte. Avec le recul, aurait-ce été plus difficile ? Pas si sûr.

Par la suite, j’avais passé plusieurs mois avec des jeunes plus ou moins de mon âge dans une clinique, aux Pins aux Mauges. On avait fait des psychothérapies, mais je n’y avais rien appris. Je me sentais vidé, et mal. C’était comme un creux. Il y avait eu un suicide dans le groupe qui m’avait mis en état de choc. A noël, je m'étais fait enfermé, à ma demande. Et puis j'étais sorti à minuit, pour danser avec les filles. On peinait à sentir les choses, comme si on était au milieu des limbes, sous traitement. J'étais resté bloqué toute la période, dès le départ. Et puis, voilà. Maintenant, j’entrai à la clinique Georges Dumas. Pas mieux, peut-être même pire.

C’était un peu comme si je rentrais en nouvelle année à la fac. Il faut dire qu’on était là pour suivre des cours, et je m’inscrivis en Licence de chimie à la faculté. Naturellement. Puisque j’étais arrivé jusque là. Ben voyons... J’avais terriblement honte de moi, en tentant de suivre quelques cours... Je ne peux pas l’expliquer. Ma honte se situait à différents niveaux. D’abord, le fait que j'étais malade. Je vivais cet état de façon insupportable. C’est comme si quelque chose était cassé, comme le ressort vital, et qu’il fallait faire comme si c’était... Normal. J’avais honte quand je repensais à Brest, et l’état dans lequel j’étais à présent, en comparaison, honte de mon état, de ma condition.  J’avais honte sexuellement, aussi. Je me pensais impuissant. Tout cela était sans doute lié, en définitive, et ce n’était peut-être pas si anodin au fait que je me retrouve ici, assigné à résilience.



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