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forum Index du forum forumLe coin du roman et des nouvelles forumL'ile de maya (fin)

Auteur : Sujet: L'ile de maya (fin)  Bas
 andréa
 Messages postés : 66
 tout beau tout nouveau!
  Posté le 28/11/2008 09:51:32
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08


J’ai découvert la réalité sordide d'une île qui n'a rien de commun avec la "patrie perdue"
À l’abandon.
Ses lieux de mémoire se livrent lentement à l’oubli.

Cette nuit-là, j’ai compris que l’inaccessible est parfois plus loin qu’une coulée de larmes.
Inutile de se le cacher :
Le coeur devine
La douleur est trop crue
Mais l’espoir en nous se nourrit d’une eau bénie tombée du ciel.
On  va régner un jour sur la vermine pour toujours.
Pour l’heure, on attend, sinon rien.
On pleure tant qu’on peut, l’île n’est plus à nous -les quelques déracinés  qui  ressentent  toujours la nostalgie de l’avant- mais à eux.
Dommage,  le souverain mégalomane  Bascom a laissé derrière lui ses héritiers partout,
La flamme à la main.

Ils n’ont jamais essayé de se civiliser pour avoir un drapeau, un nom politique, un rang parmi les autres nations indépendantes.
Et la cruche va à l’eau
Oh Dieu ! Je t’en prie arrête ça !
                         ***
09  
Je suis l’amérindienne  type : une pas grand-chose, issue d’une longue lignée   de  paysans  qui  ont laissé  des traces et des portraits de toutes dimensions.
Cela est beau, une fierté.
Aujourd’hui.
Quelques gens de ma race, me boudent et me montrent du doigt.

Ils disent dans mon dos :
- Cette imbécile a une haute idée de sa descendance.
Cela pèse sur mon moral de troubadour et je ne sais pas résister.
J’en suis bien incapable.
Ce soir qui se fait noir encore, la vie fragile me parait  insignifiante, plus rien en moi ne s’oppose à la mort et j'aimerais  m'en débarrasser.
Couper court.

Et pourtant je ne me suis appuyée sur personne, pour vivre royale.
Je me sens forte.
De la sagesse et du courage.
Je suis née pleine
Elles dirigent mieux que le  reste mon existence.
On ne me les a pas offerts gratuitement.
La grande loi de l’être humain qui nous  perfectionne, je l’apprends, chaque jour, sur les trottoirs comme une anecdote
Dans une ville ou je ne suis pas née.
Qui résume le monde pour moi.
Quelques braves gens bienveillants avec qui je suis liée facilement, dans l’immeuble depuis trente cinq ans  m'ont fait don de fraternité indicible.
Je les ai aimés, tous, avec ceux ici, sans partage.    

Je ne m’inquiète de temps en temps que pour rappeler aux miens que je vais bien, qu’ils n’ont pas à se lamenter.
Il y a aussi les lettres que je leur envoie, j'ignore si elles arrivent à destination.
                         

                        ***
10

Dans l’heure claire de cette nuit, chaque seconde est un beau temps qui incite à la rêverie.
L’île est devenue élastique et m’entoure de ses bras.
Je me laisse aller, heureuse je bois à son écume, le long du sable les vagues imitent les livres et l’ombre à tous les angles des rochers sursaute et tremble très lente comme en riant.  
Je me revois enfant, heureuse de courir avec mes sœurs, sur la route de pierres qui conduit à la maison que j’aime.
A cet instant précis, je me sens vraiment rentrée chez moi.  
Vingt ans après.
Je  ne me sens que de passage.
En effet je ne suis  pas  assez éloignée de ce lieu où bat le coeur, le seul qui m’émeut.

                             ***
11

Loin du tumulte, je me tiens debout, derrière ma fenêtre qui donne sur la plage, entre une  heure du matin et le temps ou quelque chose  de merveilleux va arriver.
Mon rêve va s’ouvrir.  
D’une main divine  va jaillir l’île majestueuse
Tout près, juste en face comme une perle que je peux caresser  du  doigt et de la main.
Cela  prend du temps mais la mer est calme et généreuse, elle-même assiste  au spectacle.
Tout est visible et en équilibre
L’île m’attend, quelques  goulées d’air et je suis aux quais d’embarcations  avec des pêcheurs.
Toute radieuse.
Je pense aussi à toi, là-bas à Paris,
Dans ton  palais
Confiné au milieu d’un tas de livres éparpillés
Tu écris une ligne droite où les obstacles disparaissaient devant moi
J’observe  jusqu’à plus soif  ton visage

-Merci de  cette chance.
-Ca fait plaisir

– Vous êtes sur un nouveau livre ?
– Non.
– Qu’attendez-vous ?
– Ça fait un bon bout de temps  que vous n’avez pas publié.


                 ***


 

L’air  est saturé de silence.
Dans les dernières minutes  il y a eu cette  image de  brume ; c'est à peine si je distingue quelque chose à travers la vitre.
Je comprends le ciel quand l’aube commence à poindre. Doucement  je me suis éveillée. Devant moi flottent de minuscules insectes de poussière.
.L’air  de sel   donne un goût de sang dans la bouche.
Le visage plein de larmes, et la tête pleine de bruits je soupire, assise dans mon fauteuil.
Ma douleur  sur les genoux comme un bébé qui pleure.
Un moment je vole du temps  au sommeil, néglige mon visage qui se ride prématurément.

Si tu étais là et tu essayais de passer tes bras autour de mes épaules je t’aurais repoussé. Je ne veux pas être consolé je suis angoissée,   mon film s'est coupé de lui-même, sans moi.  Laissant les autres m’abandonner.

Peut-être même que la liaison ne se rétablira  jamais et que je  ne me promènerais  plus autour de l’île qui restera toujours sous la dictature.

Pour éviter d’incessants va-et-vient,  je  vais y retourner une dernière fois et prendre des photos de tous les monuments et même des gens, mais pas de cet homme, qui, peut-être, en ce moment, est le seul homme faux sur cette île perdue

Lorsque tu recevras ces pages, je souhaite que tu puisses  me sentir passer par ta vie, comme un rai de soleil en plein minuit, car je ne peux  te croire pour jamais disparu ou perdu. J’ai capitulé, face au regret
Je ne te raconte pas grand-chose mais celle qui aime raconte toujours comme ça pour noyer un moment son chagrin.

La veritable intelligence avance dans la lumiere!
 Louz
 Administrateur
 Messages postés : 1120
  Posté le 28/11/2008 20:47:01
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fabuleux.



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 Louz
 Administrateur
 Messages postés : 1120
  Posté le 28/11/2008 21:04:03
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..



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 Louz
 Administrateur
 Messages postés : 1120
  Posté le 29/11/2008 18:00:13
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Ton histoire est magnifique, andréa. Merci



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