andréa Messages postés : 66 tout beau tout nouveau! |
Posté le 27/11/2008 11:20:37 | | 06
C’est un temps à nuages où la nuit de noir vêtue me rend humble et démunie.
Les prémices de la peur renaissent et se cristallisent en visages brumeux.
Le vent, comme un fauve, frappe en rafales sur l’île
Les branches des arbres se déchirent et tombent dans les flaques
Des ombres pataugent jusqu’à l’asphyxie.
Avec la hâte de l’élan, les bêtes affolées galopent.
Derrière ce triste décor ou il fait trop froid, il n’y a rien de ce qui fut : l’île, elle-même est surprise de s’être laissée abuser de la sorte.
Je ne crois pas qu’il y a une vie là.
Sous le ciel bas et lourd, tout incite à la fuite.
Je me tiens à l’écart, je ne sais pourquoi le lait s'écoule spontané¬ment de mes seins.
07
Ma rage s’est réveillée, en une matière électrique que je maîtrise sitôt que née.
Fleur d’un marécage ancien.
Qui m’a rappelé, quand j'avais seize ans, cette année-là, à la suite d'un coup d'Etat contre le roi, mon père, monarchiste, fut emprisonné.
Et depuis, je me suis tenue bouche cousue
Où l’ombre mange la tendresse des mains.
Il le fallait.
Mais pas par conviction.
C'est terrible, de courber l’échine ne cessait-il de me dire à la fin de sa vie.
Je regarde l’homme, étonné de ma réaction à ses propos.
J’ai beaucoup à dire mais je me tais
Une paresse qui me fait aimer le silence.
Puis avec une pointe d’ironie j’ai souri un peu de son allusion comme une mouette déçue en me pliant avec sang-froid à la consigne.
Sans savoir, je réagis mal par ce vieux réflexe de terrienne qui veut changer d’air.
Au lieu de placer deux mots, j’ai pivoté sur mes talons avec la grâce d’une danseuse et reprit ma route cahin-caha lentement, douloureusement... provisoirement, quelque part dans la solitude qui est mon chemin.
Je ne me retournai pas mais agitai ma main dans un vague geste d’adieu ; le cœur bien loin…d’être désespérée
Comment revenir après cela ?
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