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forum Index du forum forumLe coin du roman et des nouvelles forumCiel mon amour

Auteur : Sujet: Ciel mon amour  Bas
 Louz
 Administrateur
 Messages postés : 1120
  Posté le 09/09/2007 10:29:01
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Sur chaque planète où la vie s’anime, où la conscience a surgi, on chante leurs louanges, on les décrit sublimes, on les porte aux nues. Puisqu’ils seraient à l'origine, puisqu’ils seraient les créateurs.
Lui, elle, immensité de l’univers.
Mais il est loin, cet instant 0 origine du monde. La belle étoile étendue de désir avec qui, voici des lustres, il avait fait l’amour... Où est-elle ? Qu’est elle devenue ?

Cinq milliards d’années de mémoire ancestrale, flash back...
Passant à travers l’oracle, transcendant l’appel divin à l’harmonie, ils s’aimèrent avec fougue et génie. Dans un acte entier, d'amour, ils créèrent un grand tout à partir d’un petit rien. La vie née de cette rencontre totale de lui-même et du O féminin donna naissance cette étendue sauvage, infinie, où lui-même se confondit se mêlant à elle en d’ineffables moments longs, furtifs, fugaces, puissants passages de bonheur indicible.
Cependant, celui qui possède, dit-on, le don d’ubiquité, celui d’omniscience. Celui qu’on louange, qu’on célèbre, que partout on chérit, qu’on adore, qu’on adule parait-il. Cependant, même dieu (surtout dieu) a des soucis, des tracas, des doutes profonds, des trous noirs qui se perpétuent d’années en années lumière…

Dans l’ombre et la solitude dieu a choisi de se perdre en solitaire, inusable, à la recherche de sa voie sans fin, en quête d’une nouvelle découverte bouleversante, afin d’impulser l’univers encore et toujours. Cherchant sa muse, finalement, son éternelle, afin de regagner sous la colombe du temps la clémence de son amour pacifié... A retrouver l’amour pur dont il conserve les lucioles de nostalgie...  
Les mots s’inventent et jaillissent pour décrire les tourments qui traversent dieu à travers ces temps difficile, les blessures faites en chemin, les failles et les abîmes creusés par l’épreuve sidérale.
On dit de lui qu’il est le plus grand des puissants, mais dieu n’est-il le plus miséreux des misérables ?

Perdu quelque part, en quelque ingrate galaxie dénuée de vie, comme suspendu sur un hamac épineux d’espace temps, il sent le frôler plusieurs astéroïdes nus comme des rocs. Qui le percutent. Qui le traversent. Qui le transpercent. Qu’importe, il ressuscite, se répercute. Mais il est mal au milieu de la création, plongé dans un mortel ennui...
Tantôt pris d’espoir, fou, ou de tendresse, douce, il se trouve bousculé... Il pense à un péché qu’il aurait commis "Mais qu'ai-je donc fait ?"  
Les hommes sont perpétuellement là pour le rappeler à sa propre naissance. Ailleurs, d’autres hommes partout disséminés dans l’univers lui crient sans cesse dans les oreilles d’accourir. Ils l’implorent, le supplient. Lui aussi voudrait parfois pouvoir se plaindre... Mais il ne peut pas. Il lui est interdit de gémir par les lois de l'union céleste célébrée sous le divin firmament et ce, jusqu’à la fin des temps. Leurs voix mêlées communes sont impénétrables...
Seul, en ce moment, tel un fou somnambule il déambule.
Dieu, souverain déchu, depuis qu’il existe, se dit-il, depuis le grand chambardement. Tombé de là haut où il régnait sur le grain du tout. Il ne se souvient plus avant, avant le début de l’histoire... Il lui semble de toute façon qu’il s’ennuyait ferme et qu’il n’existait pas. Et s’il existait, il est mort autrefois, il est devenu autre. Il lui manquait sûrement quelque chose, impossible, sinon il ne serait pas jeté de là haut, l'insensé ! Jeté avec l’inconnue, dans l’aventure tel un illuminé.

Des siècles et des siècles déjà qu’elle s’est tue. Peut-être ces silences sont-ils aussi autant de reproches qui lui sont adressés ? Se dit-il, triste, un peu romantique. Il pensait qu’il n'était pas à la hauteur. Du coup il a voulu tout dominer, méchant ! Se fait-il, tourmenté. Il était malheureux... Il ne savait pas...
O, qu’elle lui pardonne. Il l’implore. O, qu’elle l’entende... il l’aime tant.
Ou bien, peut-être, a-t-il abusé d’elle ? Le doute le taraude, le reprend. Où est elle, nom d’une pipe ? Que dit-elle, que pense-t- elle ? (Soupir)... Ancestrale pacifique, mer calme et limpide, azurée, vermeil, merveilleuse, tel le vide si plein de l’attente de lui-même, que certains s’obstinent à nommer dieu sans discernement, en surface. Un grand dé, un grand dé et un zeste de hasard jeté au plus profond des mystères, dans la profondeur des temps immémoriaux et... Troué en toutes parts. Voilà la seule clé des champs cellestes, rouillée.

Elle... Il se dit bien qu’elle n’est plus que chaos, beauté faramineuse. Elle lui semble inaccessible. Lui-même est devenu le pauvre hère, le triste naufragé des temps perdus, tantôt élastique, tantôt rassemblé sur lui-même, aussi petit qu’un point. Aussi puissant que l’éternité à chaque instant t. Est-il ainsi condamné à errer tel un fou dans le désert, à travers le fruit de leur plaisir consommé à l‘acte du commencement ? Il est tel un soleil noir, consumé, il s’est arrêté pensant rester là à brûler, à souffrir pour l’éternité, tel Prométhée enchaîné. On parle du diable, par là-bas. Mais quelle sottise ! C’est lui qui est terriblement mauvais !

Il songe par moment à se suicider. Mais il porte la lourde responsabilité de l’univers. S’il commettait l’irréparable il mettrait fin à lui-même, l’univers se refermerait sur le vide comme une coquille écrasée et il ne resterait rien. Ni elle, ni personne. Ni histoire... Il ne peut pas anéantir.
Il croit l'entendre qui pleure, il devine ses yeux emplis de compassion, d’amour... Il s'était s’aliéné à ses propres esclaves, à ses autres lui-même. Mais il s’en est libéré,  il leur a ôté leurs chaînes, il leur a donné le feu ! Ils sont libres, à présent... Si le mal est fait, il n'y peut plus rien...

Les tourments de dieu sont incommensurables... Il est le ténébreux, le veuf, l’inconsolé. El desdichado.

Il lui dit qu’il l’aime. Elle l’entend, espère-t-il. Ses silences sont autant de réponses qu’il devine à travers les signes des cieux, qui le touchent par ondes stellaires... Un jour, elle lui répondra à nouveau, bientôt. Il relâche la gravitation.

Son plaisir s’est amenuisé, puis effacé, par la nuit des temps... Il tombe maintenant tout au fond d’un puit, n’en finit pas de s’enfoncer. Au noir le plus profond. Dans le vide intersidéral. Il tombe là, pesamment, il n’a plus aucune peur, plus aucune appréhension, plus aucun regret, plus aucun reproche, plus aucune envie, plus aucun besoin, plus rien d’un homme, tout d’un humain.
Il sent l’apesanteur se faire de plus en plus dense. Il quitte l’insoutenable légèreté de l’être. Il descend au fond de lui-même, au fond des âges, au fond de la nuit, de plus en plus lentement... Il est comme la neige qui s’amoncelle doucement... Il est éternel... Il imagine... Il sourit... Voilà qu'il la voit.


Elle est, majestueuse, avec ce si beau regard d’antan qui a traversé les âges, avec quelque chose d'un peu plus mûr en même temps, d’indicible, au retour, qui le transcende. Mon dieu qu'elle est belle ! Elle lui dit aussi qu’il est si beau... Leurs yeux sont humides, ils scintillent. Ils se répondent, par doux et longs éclairs. Les yeux émus se sourient, complices. Se désirent...

Elle était immense, au loin, elle est toute frêle, tout près. Il lui donne un baiser... Qu'il est doux. On dirait de la la neige mais c’est chaud. Ils se désirent ils s’attirent, soudain se mêlent la sensation de fondre, de mourir, de vivre, d’oublier, de croître, de rapetisser, plus rien, tout, ainsi de suite... Enfin !

Mon Dieu ! Je suis vivant ! Réalise dieu, dans son fort intérieur.

Et ils s’en retournent tous deux, allègres et célestes, animés d’une pleine énergie libre, tandis que les feux de leur amour fécond s'allument à travers la voie lactée.



http://petissillon.hautetfort.com/

http://poemesenfleche.canalblog.com/
 Louz
 Administrateur
 Messages postés : 1120
  Posté le 12/10/2007 13:05:54
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Sur chaque planète où la vie s’anime, où la conscience a surgi, on leur chante des louanges, on les dit sublimes, on les porte aux nues. A l'origine de la création.
Lui, elle, immensité de l’univers.

Mais il est loin, l'instant 0rigine du monde. A la belle étoile étendue de désir, voici des lustres, ils avaient fait l’amour... Où est-elle devenue ?

Cinq milliards d’années de mémoire ancestrale, flash back...
Passant à travers l’oracle, transcendant l’appel divin d'une mélodie, ils s’aimèrent avec fougue et génie. Dans un acte entier, d'amour, ils créèrent un grand tout à partir d’un petit rien.
La vie née de cette rencontre totale de lui-même et du O féminin donna naissance à l'étendue sauvage, infinie, où lui-même se confondit se mêlant à elle en d’ineffables moments longs, furtifs, fugaces et puissants passages de bonheur indicible.
Cependant, celui qui possède, dit-on, le don d’ubiquité, celui d’omniscience. Celui qu’on célèbre, que partout on chérit, qu’on adore, qu’on adule parait-il. Cependant, même dieu (surtout dieu) a des soucis, des tracas, des doutes profonds, des trous noirs qui se perpétuent d’années en années lumière...

Dans l’ombre et la solitude dieu a choisi de se perdre en solitaire, inusable, à la recherche de sa voie sans fin, en quête d’une nouvelle découverte bouleversante, afin d’impulser l’univers encore et toujours. Cherchant sa muse, finalement, son éternelle, afin de regagner sous la colombe du temps la clémence de son amour pacifié... A retrouver l’amour pur dont il conserve des lucioles de nostalgie...  
Les mots s’inventent et jaillissent pour décrire les tourments qui traversent dieu à travers ces temps difficile, les blessures faites en chemin, les failles et les abîmes creusés par l’épreuve sidérale, l'ébranlement du monde.
On dit de lui qu’il est le plus grand des puissants, mais dieu n’est-il le plus miséreux des misérables ?

Perdu quelque part, en quelque ingrate galaxie dénuée de vie, comme suspendu sur un hamac épineux d’espace temps, il sent le frôler plusieurs astéroïdes nus comme des rocs. Qui le percutent. Qui le traversent. Qui le transpercent. Qu’importe, il ressuscite, se répercute. Mais il est mal au milieu de la création, plongé dans un mortel ennui...
Tantôt pris d’espoir, fou, ou de tendresse, douce, il se trouve bousculé... Il songe à un péché qu’il aurait commis "Mais qu'ai-je donc fait ?"  
Les hommes sont perpétuellement là pour le rappeler à sa propre naissance. Ailleurs, d’autres hommes partout disséminés dans l’univers lui crient sans cesse d’accourir. Ils l’implorent, le supplient d'intervenir. Lui aussi voudrait parfois pouvoir se plaindre... Mais il ne peut pas. Il lui est interdit de gémir par les lois de l'union céleste célébrée sous le divin firmament et ce, jusqu’à la fin des temps. Leurs voix mêlées communes sont impénétrables...
Seul, en ce moment, tel un fou somnambule il déambule.
Dieu, souverain déchu, depuis qu’il existe, se dit-il, depuis le grand chambardement. Tombé de là haut où il régnait sur le grain du tout. Il ne se souvient plus avant, avant le début de l’histoire... Il lui semble de toute façon qu’il s’ennuyait ferme et qu’il n’existait pas. Et s’il existait, il est mort autrefois, il est devenu autre. Il lui manquait sûrement quelque chose, impossible, sinon il ne serait pas jeté de là haut, l'insensé ! Jeté avec l’inconnue, dans l’aventure tel un illuminé.

Des siècles et des siècles déjà qu’elle s’est tue. Peut-être ces silences sont-ils aussi autant de reproches qui lui sont adressés ? Se dit-il, triste, un peu romantique. Il pensait qu’il n'était pas à la hauteur. Du coup il a voulu tout dominer, méchant ! Se fait-il, tourmenté. Il était malheureux... Il ne savait pas...
O, qu’elle lui pardonne. Il l’implore. O, qu’elle l’entende... il l’aime tant.
Ou bien, peut-être, a-t-il abusé d’elle ? Le doute le taraude, le reprend. Où est elle, nom d’une pipe ? Que dit-elle, que pense-t- elle ? (Soupir)... Ancestrale pacifique, mer calme et limpide, azurée, vermeil, merveilleuse, tel le vide si plein de l’attente de lui-même, que certains s’obstinent à nommer dieu sans discernement, en surface. Un grand dé, un grand dé et un zeste de hasard jeté au plus profond des mystères, dans la profondeur des temps immémoriaux et... Troué en toutes parts. Voilà la seule clé des champs cellestes, elle est rouillée.

Elle... Il se dit bien qu’elle n’est plus que chaos, beauté faramineuse. Elle lui semble inaccessible. Lui-même est devenu le pauvre hère, le triste naufragé des temps perdus, tantôt élastique, tantôt rassemblé sur lui-même, aussi petit qu’un point. Aussi puissant que l’éternité à chaque instant t. Est-il ainsi condamné à errer tel un fou dans le désert, à travers le fruit de leur plaisir consommé à l‘acte du commencement ? Il est tel un soleil noir, consumé, il s’est arrêté pensant rester là à brûler, à souffrir pour l’éternité, tel Prométhée enchaîné. On parle du diable, par là-bas. Mais quelle sottise ! C’est lui qui est terriblement mauvais !

Il songe à se suicider. Mais il porte la lourde responsabilité de l’univers. S’il commettait l’irréparable il mettrait fin à lui-même, l’univers se refermerait sur le vide comme une coquille écrasée et il ne resterait rien. Ni elle, ni personne. Ni histoire... Il ne peut pas anéantir.
Il croit l'entendre qui pleure, il devine ses yeux emplis de compassion, d’amour... Il s'était s’aliéné à ses propres esclaves, à ses autres lui-même. Mais il s’en est libéré,  il leur a ôté leurs chaînes, il leur a donné le feu ! Ils sont libres, à présent... Si le mal est fait, il n'y peut plus rien...

Les tourments de dieu sont incommensurables... Il est le ténébreux, le veuf, l’inconsolé. El desdichado.

Il lui dit qu’il l’aime. Elle l’entend, espère-t-il. Ses silences sont autant de réponses qu’il devine à travers les signes des cieux, qui le touchent par ondes stellaires... Un jour, elle lui répondra à nouveau, bientôt. Il relâche la gravitation.

Son plaisir s’est amenuisé, puis effacé, par la nuit des temps... Il tombe maintenant tout au fond d’un puit, n’en finit pas de s’enfoncer. Au noir le plus profond. Dans le vide intersidéral. Il tombe là, pesamment, il n’a plus aucune peur, plus aucune appréhension, plus aucun regret, plus aucun reproche, plus aucune envie, plus aucun besoin, plus rien d’un homme, tout d’un humain.
Il sent l’apesanteur se faire de plus en plus dense. Il quitte l’insoutenable légèreté de l’être. Il descend au fond de lui-même, au fond des âges, au fond de la nuit, de plus en plus lentement... Il est comme la neige qui s’amoncelle doucement... Il est éternel... Il imagine... Il sourit... Voilà qu'il la voit.


Elle est, majestueuse, avec ce si beau regard d’antan qui a traversé les âges, avec quelque chose d'un peu plus mûr en même temps, d’indicible, au retour, qui le transcende. Mon dieu qu'elle est belle ! Elle lui dit aussi qu’il est si beau... Leurs yeux sont humides, ils scintillent. Ils se répondent, par doux et longs éclairs. Les yeux émus se sourient, complices. Se désirent...

Elle était immense, au loin, elle est toute frêle, tout près. Il lui donne un baiser... Qu'il est doux. On dirait de la la neige mais c’est chaud. Ils se désirent ils s’attirent, soudain se mêlent la sensation de fondre, de mourir, de vivre, d’oublier, de croître, de rapetisser, plus rien, tout, ainsi de suite... Enfin !

Mon Dieu ! Je suis vivant ! Réalise dieu, dans son fort intérieur.

Et ils s’en retournent tous deux, allègres et célestes, animés d’une pleine énergie libre, tandis que les feux de leur amour fécond s'allument à travers la voie lactée. Ils fondent sur nous, en imagination.



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 Louz
 Administrateur
 Messages postés : 1120
  Posté le 12/10/2007 13:16:36
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Sur chaque planète où la vie s’anime, où la conscience a surgi, on leur chante des louanges, on les dit sublimes, on les porte aux nues. A l'origine de la création.
Lui, elle, immensité de l’univers.

Mais il est loin, l'instant 0rigine du monde. A la belle étoile étendue de désir, voici des lustres, ils avaient fait l’amour... Où est-elle devenue ?


Cinq milliards d’années de mémoire ancestrale, flash back...
Passant à travers l’oracle, transcendant l’appel divin d'une mélodie, ils s’aimèrent avec fougue et génie. Dans un acte entier, d'amour, ils créèrent un grand tout à partir d’un petit rien.
La vie née de cette rencontre totale de lui-même et du O féminin donna naissance à l'étendue sauvage, infinie, où lui-même se confondit se mêlant à elle en d’ineffables moments longs, furtifs, fugaces et puissants passages de bonheur indicible.
Cependant, celui qui possède, dit-on, le don d’ubiquité, celui d’omniscience. Celui qu’on célèbre, que partout on chérit, qu’on adore, qu’on adule parait-il. Cependant, même dieu a des soucis, des tracas, des doutes profonds, des trous noirs qui se perpétuent d’années en années lumière...


Dans l’ombre et la solitude dieu a choisi de se perdre en solitaire, inusable, à la recherche de sa voie sans fin, en quête d’une nouvelle découverte bouleversante, afin d’impulser l’univers encore et toujours. Cherchant sa muse, finalement, son éternelle, afin de regagner sous la colombe du temps la clémence de son amour pacifié... A retrouver l’amour pur dont il conserve des lucioles de nostalgie...  
Les mots s’inventent et jaillissent pour décrire les tourments qui traversent dieu à travers ces temps difficile, les blessures faites en chemin, les failles et les abîmes creusés par l’épreuve sidérale, l'ébranlement du monde.
On dit de lui qu’il est le plus grand des puissants, mais dieu n’est-il le plus miséreux des misérables ?


Perdu quelque part, en quelque ingrate galaxie dénuée de vie, comme suspendu sur un hamac épineux d’espace temps, il sent le frôler plusieurs astéroïdes nus comme des rocs. Qui le percutent. Qui le traversent. Qui le transpercent. Qu’importe, il ressuscite, se répercute. Mais il est mal au milieu de la création, plongé dans un mortel ennui...
Tantôt pris d’espoir, fou, ou de tendresse, douce, il se trouve bousculé... Il songe à un péché qu’il aurait commis "Mais qu'ai-je donc fait ?"  
Les hommes sont perpétuellement là pour le rappeler à sa propre naissance. Ailleurs, d’autres hommes partout disséminés dans l’univers lui crient sans cesse d’accourir. Ils l’implorent, le supplient d'intervenir. Lui aussi voudrait parfois pouvoir se plaindre... Mais il ne peut pas. Il lui est interdit de gémir par les lois de l'union céleste célébrée sous le divin firmament et ce, jusqu’à la fin des temps. Leurs voix mêlées communes sont impénétrables...
Seul, en ce moment, tel un fou somnambule il déambule.
Dieu, souverain déchu, depuis qu’il existe, se dit-il, depuis le grand chambardement. Tombé de là haut où il régnait sur le grain du tout. Il ne se souvient plus avant, avant le début de l’histoire... Il lui semble de toute façon qu’il s’ennuyait ferme et qu’il n’existait pas. Et s’il existait, il est mort autrefois, il est devenu autre. Il lui manquait sûrement quelque chose, impossible, sinon il ne serait pas jeté de là haut, l'insensé ! Jeté avec l’inconnue, dans l’aventure tel un illuminé.

Des siècles et des siècles déjà qu’elle s’est tue. Peut-être ces silences sont-ils aussi autant de reproches qui lui sont adressés ? Se dit-il, triste, un peu romantique. Il pensait qu’il n'était pas à la hauteur. Du coup il a voulu tout dominer, méchant ! Se fait-il, tourmenté. Il était malheureux... Il ne savait pas...
O, qu’elle lui pardonne. Il l’implore. O, qu’elle l’entende... il l’aime tant.
Ou bien, peut-être, a-t-il abusé d’elle ? Le doute le taraude, le reprend. Où est elle, nom d’une pipe ? Que dit-elle, que pense-t- elle ? (Soupir)... Ancestrale pacifique, mer calme et limpide, azurée, vermeil, merveilleuse, tel le vide si plein de l’attente de lui-même, que certains s’obstinent à nommer dieu sans discernement, en surface. Un grand dé, un grand dé et un zeste de hasard jeté au plus profond des mystères, dans la profondeur des temps immémoriaux et... Troué en toutes parts. Voilà la clé des champs célestes, elle est rouillée.

Elle... Il se dit bien qu’elle n’est plus que chaos, beauté faramineuse. Elle lui semble inaccessible. Lui-même est devenu le pauvre hère, le triste naufragé des temps perdus, tantôt élastique, tantôt rassemblé sur lui-même, aussi petit qu’un point. Aussi puissant que l’éternité à chaque instant t. Est-il ainsi condamné à errer tel un fou dans le désert, à travers le fruit de leur plaisir consommé à l‘acte du commencement ? Il est tel un soleil noir, consumé, il s’est arrêté pensant rester là à brûler, à souffrir pour l’éternité, tel Prométhée enchaîné. On parle du diable, par là-bas. Mais quelle sottise ! C’est lui qui est terriblement mauvais !

Il songe par moment à se suicider. Mais il porte la lourde responsabilité de l’univers. S’il commettait l’irréparable il mettrait fin à lui-même, l’univers se refermerait sur le vide comme une coquille écrasée et il ne resterait rien. Ni elle, ni personne. Ni histoire... Il ne peut pas anéantir.
Il croit l'entendre qui pleure, il devine ses yeux emplis de compassion, d’amour... Il s'était s’aliéné à ses propres esclaves, à ses autres lui-même. Mais il s’en est libéré,  il leur a ôté leurs chaînes, il leur a donné le feu ! Ils sont libres, à présent... Si le mal est fait, il n'y peut plus rien...

Les tourments de dieu sont incommensurables... Il est le ténébreux, le veuf, l’inconsolé. El desdichado.

Il lui dit qu’il l’aime. Elle l’entend, espère-t-il. Ses silences sont autant de réponses qu’il devine à travers les signes des cieux, qui le touchent par ondes stellaires... Un jour, elle lui répondra à nouveau, bientôt. Il relâche la gravitation.

Son plaisir s’est amenuisé, puis effacé, par la nuit des temps... Il tombe maintenant tout au fond d’un puit, n’en finit pas de s’enfoncer. Au noir le plus profond. Dans le vide intersidéral. Il tombe là, pesamment, il n’a plus aucune peur, plus aucune appréhension, plus aucun regret, plus aucun reproche, plus aucune envie, plus aucun besoin, plus rien d’un homme, tout d’un humain.
Il sent l’apesanteur se faire de plus en plus dense. Il quitte l’insoutenable légèreté de l’être. Il descend au fond de lui-même, au fond des âges, au fond de la nuit, de plus en plus lentement... Il est comme la neige qui s’amoncelle doucement... Il est éternel... Il imagine... Il sourit... Voilà qu'il la voit.


Elle est, majestueuse, avec ce si beau regard d’antan qui a traversé les âges, avec quelque chose d'un peu plus mûr en même temps, d’indicible, au retour, qui le transcende. Mon dieu qu'elle est belle ! Elle lui dit aussi qu’il est si beau... Leurs yeux sont humides, ils scintillent. Ils se répondent, par doux et longs éclairs. Les yeux émus se sourient, complices. Se désirent...

Elle était immense, au loin, elle est toute frêle, tout près. Il lui donne un baiser... Qu'il est doux. On dirait de la la neige mais c’est chaud. Ils se désirent ils s’attirent, soudain se mêlent la sensation de fondre, de mourir, de vivre, d’oublier, de croître, de rapetisser, plus rien, tout, ainsi de suite... Enfin !

Mon Dieu ! Je suis vivant ! Réalise dieu, dans son fort intérieur.

Et ils s’en retournent tous deux, allègres et célestes, animés d’une pleine énergie libre, tandis que les feux de tendresse de leur amour fécond s'allument à travers la voie lactée. Ils fondent sur nous, en imagination.



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