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Auteur : Sujet: Nuages noirs  Bas
 Louz
 Administrateur
 Messages postés : 1120
  Posté le 01/09/2007 13:10:51
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Jim fonçait à deux cents sur l’asphalte, se dérobant à lui-même. Il aurait voulu quitter la route, fuir ces maudites bandes blanches...

Cinq ans que Jim vivait dans un appartement sans appartenance, banlieue sud. Son quotidien moyen sans argent, avec boulot sans intérêt, ne lui apportait pas grand-chose. Il supportait les gens avec peine, du bout des lèvres, préférant l’éclipse solitaire à l’éclairage artificiel des lampadaires. Sa situation d’évitement en partie due à une timidité maladive, à la mine grise que lui évoquait son environnement et ses habitants. Il les percevait si ternes sous leur apparence coloriée.

Il y avait Julie. Julie sa petite amie. Elle partageait avec lui la rencontre de leurs doutes. Julie, la béquille sur laquelle il s’appuyait, tandis qu’elle, s’appuyait sur la sienne. Julie n’était pas aidée non plus, même moins que lui. Jim avait au moins la force du caractère forgé par la douleur, de ceux qui savent qu’ils ont subi, qui ont pris conscience d'injustices infligées sans raison. Elle, se laissait porter, ne voulant pas affronter. Ses forces tombaient, se retournaient contre elle, elle avait toutes les peines du monde à avancer contre le vent créé par sa propre dépression. Elle vivait chez ses parents, sans peine de confort. Ils vivaient une relation inconfortable...

Ils s’écartèrent brusquement l’un de l’autre, tant ils étaient éloignés, divisés. Quand Julie dégringola, Jim, terriblement meurtri, se sentit écartelé.

Un jour de printemps, méchante ironie, il reçut une funeste nouvelle. Il la pressentait. Tout se disloquait autour autour de lui, la société tombait en lambeaux. Dans la tourmente, il apprit son suicide comme tombe une évidence. Et l'orage n'éclata pas.



http://petissillon.hautetfort.com/

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 Louz
 Administrateur
 Messages postés : 1120
  Posté le 01/09/2007 13:39:08
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Jim fonçait à deux cents sur l’asphalte, se dérobant à lui-même. Il aurait voulu quitter la route, fuir ces maudites bandes blanches...

Cinq ans que Jim vivait dans un appartement sans appartenance, banlieue sud. Son quotidien moyen sans argent, avec boulot sans intérêt, ne lui apportait pas grand-chose. Il supportait les gens avec peine, du bout des lèvres, préférant l’éclipse solitaire à l’éclairage artificiel des lampadaires. Sa situation d’évitement en partie due à une timidité maladive, à la mine grise que lui évoquait son environnement et ses habitants. Il les percevait si ternes sous leur apparence coloriée.

Il y avait Julie. Julie sa petite amie. Ils partageait ensemble la rencontre de leurs faiblesses. Julie, la béquille sur laquelle il s’appuyait, tandis qu’elle s’appuyait sur la sienne. Julie n’était pas aidée par la vie, même moins que lui. Jim avait au moins la force du caractère forgé par la douleur, de ceux qui savent qu’ils ont subi, qui ont pris conscience d'injustices infligées sans raison. Elle, se laissait porter, ne voulant pas affronter la réalité. Ses forces retombaient, se retournaient contre elle, ayant toutes les peines du monde à avancer contre le vent créé par sa propre dépression. Elle vivait chez ses parents, sans peine de confort. Mais tous deux vivaient une relation inconfortable...

Ils s’écartèrent brusquement l’un de l’autre, tant ils étaient divisés. Quand Julie dégringola, Jim, terriblement meurtri, se sentit écartelé.

Un jour de printemps, méchante ironie, il reçut la funeste nouvelle. Il la pressentait. Tout se disloquait autour autour de lui, la société tombait en lambeaux. Dans la tourmente, il apprit son suicide comme tombe une évidence. Et l'orage n'éclata pas.



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