J’avais assez bien connu Catherine qui était la femme d’un associé de mon mari. Ils dînaient chez nous de temps en temps sans être des amis intimes.
Son apparence physique me fascinait. Née d’une mère iranienne et d’un normand grand et blond elle me faisait penser à ces petites chèvres à poils ras qu’on voit juchées, le jarret fin et tendu sur les talus de nos campagnes….mince, brune, droite, habillée avec cette élégance coûteuse qu’on ne remarque même pas ; le plus souvent, un tailleur haute couture et un bijou d’un modèle unique sans être précieux….Deux yeux noirs dévoraient le visage de cette jolie personne…. Elle avait un très léger trouble de l’élocution et restait fort discrète pendant nos soirées….
Les années passent et je la retrouve avec une grande surprise quelques années plus tard. Elle était depuis longtemps la présidente du groupe d’SOS Amitiés à l’époque où je devins moi même écoutante…. Anonymat et discrétion avait été parfaitement respectés !
La suite, c’est elle même qui me l’a raconté.
- « je suis allée à Paris la semaine dernière pour la réunion annuelle des présidents de groupe et la séance de travail habituelle. Nous étions convoqués à huit heures et demie, si bien que j’ai demandé à mon beau-père, veuf et parisien de m’héberger depuis mon arrivée du Havre la veille au soir. Il est seul dans un appartement confortable et il a dit oui immédiatement….Dans le train qui m’emportait vers Paris, je pensai que je devais comme toujours préserver mon anonymat…mais je trouvais aussi que c’était ridicule, à mon âge, de fomenter un bobard pour cacher le véritable but de ce déplacement….je décidai de ne rien décider…
- Nous passâmes une soirée charmante….il avait réservé une table dans un restaurant sympathique et prévu deux places au théâtre pour un succès bien parisien….ce fut une soirée très marrante, en copains d’un vieux monsieur distingué heureux de sortir sa petite belle fille préférée…
- Avant de m’embrasser et de se retirer pour la nuit, il me prévint qu’il se lèverait tard le lendemain matin, que je ne le reverrais sans doute pas, et que je trouverais dans la salle de bains et la cuisine tout ce qu’il me fallait.
- SI bien que , le lendemain, je m’habillai et sortis sans bruit de l’appartement, après avoir posé un mot de remerciement auprès du téléphone…Une grande journée de travail m’attendait à l’autre bout de Paris…Je sautai dans un taxi…. »
- - Mais, dis moi, Catherine….est ce que je dois comprendre…. ????
- Oui….tu as compris….A aucun moment mon Beau Père ne m’a demandé ce que je venais faire à Paris !!!!!
Aglaé
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