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Administrateurs :laglande, Alex | |
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| Auteur : | Sujet: Non à la constitution européenne!! | Bas |
| Lord Mahammer Messages postés : 710 Nanar et Bibine, les ingredients légendaires... |
Bah pareil... | |||
| "J'ai fait Louvetaux...Essayez de passer Scout, ça c'est fortiche !" Mosquito... |
| manu Messages postés : 16 Un imbécile peut poser à lui seul dix fois plus de questions que dix sages ensemble ne pourraient en résoudre. (Lénine) |
Moi c'est pareil et ce pour plusieurs raisons : 1, quand je vois sarko et hollande sur le meme bord main dans la main, je me méfie et je les pousse a l'eau, 2, ca grave dans le marbre le libéralisme et ce pour les 50 ans à venir, 3, c'est une escroquerie notamment cette histoire des droits fondamentaux | |||
| Les philosophes n'ont fait qu'interpréter le monde de différentes manières; mais ce qui importe, c'est de le transformer. (Karl MARX) |
| PikXel Messages postés : 12 |
boaf..comme d'hab j'irais pas voter. J'y comprend rien ( qui peut décoder ce truc ). Et pis le truc s'est vite transformé en une guerre capitaliste\anticapitaliste. Si qqun veut me faire un résumé du texte clair et objectif, jveu bien y réfléchir. |
| Lord Mahammer Messages postés : 710 Nanar et Bibine, les ingredients légendaires... |
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| "J'ai fait Louvetaux...Essayez de passer Scout, ça c'est fortiche !" Mosquito... |
| PikXel Messages postés : 12 |
Poua...j'ai eu 10 sur 25. C'est pas terrible. Mais j'ai appris quelques trucs. |
| Antti Messages postés : 206 Parempi myöhään kuin ei milloinkaan. |
Oulalalalalalalala Je vais signer mon retour sur la glande parce message de revolte !!! BIEN SUR IL FAUT VOTER OUI A LA CONSTITUTION EUROPEENNE !!!!!!!! Mon pauvre manu redescent sur terre !!! Quand au sondage de Lord Mahammer, laisse moi rire ! C est completement de parti pris alors forcement on ne peut accorder aucun credit a ce test !! Pour en revenir a la constitution en elle meme je voudrais savoir si vous l avez lue avant de juger au moins ?? L europe qui a ete construite jusqu a present est une europe economique et c est tout en gros. La constitution va donner a l europe une dimension politique. La partie liberale du traitee ne comprend que les traites anterieurs. Donc meme si on vote non ca changera pas le cote liberal de l europe, ce sera meme la seule partie qui restera. Et puis les petits jeunes, c est pas une question nationale mais europeenne qu on nous pose ici !! C est pour ca qu on peut voir des gens de gauches comme de droite pour le oui. Il faut pas oublier cette dimension !!! On vous demande pas si vous etes pour ou contre le gouvernement et ceux qui voteront dans ce sens sont completement debiles ! Moi je veux que vous m expliquiez ce que vous allez dire aux italiens, aux espagnols, aux hongrois qui ont deja valide le traite ?? Qu ils sont debiles ? Qu ils n ont rien compris ? Avez vous au moins lu le preambule ?? En validant la constitution, on est sur le point de faire de l europe le plus grand espace de paix du monde apres tous ces siecles de guerre qui ont ravage l europe. Bien sur je m attends pas de la part d alex de faire preuve d ouverture d esprit et j attends de sa part de bien basses critiques. Mais il faut se rappeler qu il y a 50 ans seulement, nos grand parents vivaient avec l idee qu ils vivaient dans un monde ou a tout moment ils pouvaient entrer en guerre ! C est un progres tellement enorme, ne manquons pas le coche. Meme si il y a des points critiquables sur la constitution ce texte amene plus de bien que de mal ... Votez OUI ! | |||
| Dans la nature, la glande est un des points communs à de nombreuses créatures ... Laissons nous aller à nos instincts bestiaux ! |
| Lord Mahammer Messages postés : 710 Nanar et Bibine, les ingredients légendaires... |
L'Europe est deja le plus grand espace de paix du monde... Ce ne serait surement pas le cas si nous avions du aller en Irak... Et oui, cette Constitution stipule que nous devrons nous placer sous l'Egide de l'OTAN en matiere militaire... Et puis, a quoi sert il d'etre en paix avec les autres pays si on subit une guerre civile interne a cause de trop grandes inégalités sociales ? A la question avez vous lu le preambule ? Je reponds oui, et comme j'ai poussé un peu plus loin, je reponds que j'ai aussi lu les parties 2 et 3 et qu'il est irresponsable de voter OUI quand tu vois toutes les portes ouvertes au recul social (interdiction de financer les services publics, non reconnaissance de l'avortement, "Droit de travailler" au lieu de "Droit au Travail"...) Et puis voter Oui, c'est dire qu'on modifiera apres ce qui ne va pas...Et sachant qu'on ne pourra revenir en arriere qu'a l'unanimité des membres, je ne voudrais pas faire une erreur... De plus, pour proposer une loi (disons sur l'avortement) il faudra une pétition d'au moins un million de personnes, dans un echantillon de pays JUGE représentatif, avec un echantillon de personnes JUGE representatif pour une revendication JUGEE représentative... Les commissions non elues qui dirigent l'Europe pourront alors juger en 10 secondes qu'une pétition n'est pas fondée, et ne pas le proposer au vote... Faut pas faire n'importe quoi... Le vote NON n'est pas une vote raciste comme voudrait nous le faire gober Pernault, et si on vote NON, la Terre n'implosera pas, un Tsunami geant ne devastera pas la France, et la station ISS ne tombera pas sur Paris... Voter NON, c'est le dernier espoir de changer les choses avant d'institutionaliser pour 1000 ans une Europe libérale antisociale... | |||
| "J'ai fait Louvetaux...Essayez de passer Scout, ça c'est fortiche !" Mosquito... |
| Alex Administrateur Messages postés : 952 J'aime glander |
Oui, enfin pas tout parce que ça fait 800 pages quand même... Je pense avoir lu les points les plus importants.
Parce que l'économie est en dehors de la politique sans doute?
Ce qui n'est pas une raison pour l'approuver, cette partie III... Puisqu'on nous demande notre avis sur ce texte, je dis clairement qu'il est mauvais et particulièrement la partie III (mais pas seulement).
Tu nages dans quel genre de délires là? Dire que c'est grâce à l'UE qu'il n'y a pas eu de guerres depuis 50 ans, c'est très abusif. Rien ne permet vraiment d'affirmer cela. Qui plus est voter non ne déclenchera pas de guerre. Et puis n'oublions pas que le traité institue une dépendance vis à vis e l'OTAN, une organisation qui n'est pas franchement spécialiste de la paix... (en gros on pourrait résumer ça comme ça: "la paix chez nous, ailleurs on s'en fout")
Cette pseudo constitution est très mauvaise tant dans la forme que dans le fond. D'abord elle continue à organiser les institutions de manière non démocratique (le parlement n'a toujours pas l'initiative des lois, en clair la séparation des pouvoirs n'existe pas au niveau européen...) et ensuite elle pose toujours comme politiques économiques des principes et des régles libérales qui vont à l'encontre des intérêts du peuple. Elle institue une concurrence entre travailleurs au niveau européen tout en empêchant toute harmonisation sociale. La conséquence directe de cela est une montée de la xénophobie qu'on peut déjà observer dans tous les pays européens. Quant aux droits sociaux, ils n'ont aucune force juridique et sont en deçà de toutes les chartes existantes aujourd'hui.
Eh attends, j'ai rien fait! | |||||||||
| "Vous êtes tous bêtes comme des belettes!" David Dominguez |
| manu Messages postés : 16 Un imbécile peut poser à lui seul dix fois plus de questions que dix sages ensemble ne pourraient en résoudre. (Lénine) |
20 raisons argumentées de voter NON Par Tony ANDREANI, Professeur émérite Sciences Politiques 1° Le Traité est supérieur à la Constitution française Voici le plus important de tout. Juridiquement ce texte ne devrait être qu’un traité inter-étatique, et ne pas prétendre à autre chose, puisqu’il n’y pas eu d’Assemblée constituante et qu’il n’existe pas de peuple européen pour en décider souverainement. Tout se joue dans l’article I-6 : "La Constitution et le droit adoptés, par les institutions de l’Union, dans l’exercice des compétences qui sont attribuées à celles-ci, priment le droit des Etats membres". Cela signifie que les 800 pages du Traité deviendront désormais la Loi suprême, qui s’imposera à tous les Etats, sous le seul contrôle de la Cour de justice de l’Union européenne. Le Parlement français (ses deux Chambres), réuni à Versailles, a voté le 28 février dernier, à une large majorité, un article 1, qui se présente comme un simple alinéa à l’article 88-1 de notre Constitution, mais qui la fait imploser : “ Elle [La République française] peut participer à l’Union européenne dans les conditions prévues par le Traité établissant une Constitution pour l’Europe . ” Ne restera valide de la Constitution française que ce qui n’est pas en contradiction avec le Traité. Les députés et sénateurs français ont ainsi anticipé sur le résultat du référendum - sans raison juridique évidente. On peut très bien penser qu’une Constitution européenne serait une bonne chose, mais pas celle-là, pour les raisons ci-après. 2° Le Traité est bien plus large et contraignant que n’importe quelle Constitution Ce Traité est quelque chose d’exorbitant, d’inouï, car toutes les Constitutions dans le monde se bornent à poser des principes généraux et à définir les institutions politiques sous lesquelles des peuples acceptent de vivre en commun. Elles font dans les trente ou quarante pages. Elles laissent ouvertes, au moins en principe, toutes sortes de politiques, de droite comme de gauche, en matière sociale et économique. Or les trois quarts des articles de cette Constitution définissent des politiques en tout domaine, avec un grand luxe de dispositions et un mot d’ordre qui revient comme un leitmotiv : "la concurrence libre et non faussée" (on trouve dans le projet de traité 88 fois le mot "marché", 174 fois le mot "concurrence", 23 fois le mot "capitaux", tous mots absents du texte de notre Constitution). Aucune Constitution, même dans les pays ex-socialistes ou socialistes, n’a jamais verrouillé à ce point les choix collectifs concernant les orientations. C’est pourquoi on a raison de dire que ce texte est ultra-libéral : d’une part il scelle une orientation politique axée sur le libéralisme économique, d’autre part il entend réduire au maximum le champ de la démocratie et des pouvoirs public. 3° Le Traité est plus inébranlable qu’une Constitution Il ne dépend que d’un peuple souverain (généralement à l’initiative de ses représentants, mais pas toujours) de réviser une Constitution ou d’en changer. Il peut le faire à tout moment. Or dans le Traité cela va dépendre maintenant de l’accord unanime de 25 chefs d’État, puis de 25 peuples, qui auront à ratifier cet accord (article IV-443). Autant dire que c’est pratiquement impossible, car l’un d’eux peut suffire à faire capoter un processus qui serait au demeurant extrêmement long. Cela ressemble à une peine de trente ans incompressible, pour ne pas dire plus. Les rédacteurs du projet en ont eu tellement conscience qu’ils ont prévu une procédure de "révision simplifiée". Mais un seul Parlement national ou un seul chef d’Etat peut y mettre son veto. Le Traité est donc une hyper-Constitution, qui nous engage pour des générations. On dira certes que tout cela est fait pour préserver les souverainetés nationales ; mais le Traité les a déjà vidées de l’intérieur. 4° Les compétences de l’Union dépassent de beaucoup celles des États Union douanière, politique monétaire unique (dans la zone euro, appelée à s’étendre) sont de la compétence exclusive de l’Union et en font, à cet égard, un seul Etat. On peut admettre que ce sont là des conditions pour une Union, quelle que soit sa forme. Mais tout se joue au niveau des compétences dites "partagées" entre l’Union et les Etats membres. Il ne faut pas se laisser abuser par cette dernière expression. C’est là que devrait s’appliquer tout particulièrement le principe de subsidiarité, selon lequel "l’Union intervient seulement si, et dans la mesure où les objectifs de l’action envisagée ne peuvent être atteints de manière suffisante par les Etats membres" (article I-11). Or l’Union garde en réalité la primauté, puisque “ les Etats membres exercent leur compétence dans la mesure où l’Union n’a pas exercé la sienne ou a décidé de cesser de l’exercer ” (article I-12, § 2). Cette primauté est manifeste dans le cas du marché intérieur (européen). Car la définition des règles de la concurrence (tout ce qui concerne la concurrence entre les entreprises et les aides d’Etat) fait partie des compétences exclusives (de l’Union). Or ce sont elles bien évidemment qui vont modeler le marché intérieur (qui est dit relever des “ compétences partagées ”). Les conséquences sont innombrables (on en verra quelques-unes par la suite). Quant aux domaines qui restent du ressort des Etats, ils sont purement sectoriels (industrie, culture, tourisme etc.). Tout cela signifie que le Traité instaure un système partiellement fédéral, où les Etats ont un peu plus de pouvoir qu’un Conseil régional ou qu’un Land (l’un des Etats de la République fédérale allemande), mais sans les institutions démocratiques qui vont de pair avec un tel système, par exemple un Sénat à l’américaine ou un Bundesrat à l’allemande (la Chambre des Etats de l’Allemagne fédérale). 5° Les institutions européennes ne répondent pas aux critères élémentaires de la démocratie Une démocratie, c’est un Parlement, un exécutif, un système judiciaire indépendant, donc une certaine séparation des pouvoirs. Ici les pouvoirs sont plus ou moins confondus et répartis tout autrement. La Commission devient, avec le Traité, une sorte de mini-gouvernement fédéral. Son Président et ses 24 autres membres (soit 1 par Etat dans un premier temps) sont proposés par les chefs de gouvernement des 25 pays de l’Union. Le Président est élu (c’est nouveau) par le Parlement européen, et l’ensemble du collège des commissaires doit être approuvé par ce dernier. La Commission est également responsable devant le Parlement (seulement pour sa « gestion ») : il peut voter contre elle une motion de censure, qui l’oblige à démissionner collectivement. Mais elle n’est pas un gouvernement dans la mesure où elle ne peut prendre aucun règlement ni aucune décision, sauf délégation (articles I-35 et 36), un tel pouvoir étant réservé au Conseil européen (qui réunit les chefs de gouvernement) et au Conseil (qui réunit les ministres, par exemple tous les ministres de l’Economie des 25 Etats). Le pouvoir de la Commission est ailleurs : elle a le monopole de l’initiative législative : "Un acte législatif ne peut être adopté que sur proposition de la Commission, sauf dans les cas où la Constitution en dispose autrement" (article I-26). Le Parlement européen et le Conseil peuvent tout au plus lui demander de soumettre une proposition de loi. C’est une situation inédite en démocratie (même dans notre Ve République les députés peuvent faire des propositions de loi). Les lois sont adoptées par le Conseil, c’est-à-dire par des ministres qui représentent des exécutifs des Etats membres, et par le Parlement européen, selon une procédure de décision extrêmement longue (deux "lectures", une "conciliation", une troisième "lecture éventuelle", article III-396). Les Parlements nationaux sont hors jeu. Le fonctionnement concret de ces institutions montre que l’essentiel des décisions se joue entre le Conseil (et son Comité des représentants permanents) et la Commission, le Parlement jouant un peu le rôle de notre Sénat, donc entre des exécutifs, au plus loin des peuples concernés. Quant à la Cour de justice de l’Union européenne, elle remplit la fonction d’une Cour suprême. Son pouvoir d’interprétation de la loi est tel que c’est elle qui la fait dans une large mesure. Certains "arrêts" de la Cour sont ainsi devenus célèbres. 6° Des "avancées démocratiques" insignifiantes Elles se résument essentiellement à ceci : 1. Le Conseil siège en public lorsqu’il délibère et vote (article I-50). Mais on ne sait rien des débats internes qui ont précédé (à la différence de nos débats parlementaires). 2° Les domaines de co-décision avec le Parlement européen sont plus nombreux, mais les domaines clés restent exclus de cette procédure. 2. Un million de ressortissants européens, appartenant à un nombre minimum d’Etats membres, peuvent inviter la Commission à soumettre une proposition quand ils estiment qu’elle est "nécessaire aux fins de l’application de la Constitution" (article-47). Ce n’est donc pas de là que peut venir la moindre initiative de révision. Et la Commission n’est nullement tenue d’accepter de soumettre la proposition. 3. Les Parlements nationaux veillent au respect du principe de subsidiarité (article I-11). Ils ont donc un droit de remontrance, mais sans grande portée concrète, du fait de l’article I-12, et d’autres dispositions (il faut réunir 1/3 de l’ensemble des voix attribuées aux Parlements nationaux des Etats membres pour obtenir un réexamen d’une proposition. “ La Commission peut décider alors soit de maintenir sa proposition, soit de la modifier, soit de la retirer ”). 7° La laïcité menacée Le Traité proclame "la liberté de manifester sa religion ou sa conviction individuellement ou collectivement, en public et en privé, par le culte, l’enseignement, les pratiques et l’accomplissement des rites" (article II-71). Il est donc licite d’afficher des signes ostensibles en tout lieu, ce qui contredit la récente loi française. Le Conseil constitutionnel a dit ne pas s’en inquiéter, persuadé qu’une interprétation "raisonnable", tenant compte des traditions nationales, prévaudra sur cette question comme sur d’autres. Mais rien n’assure que la Cour européenne de justice, où il n’y aura que quelques magistrats français, le suivra. Et son arrêt, ici comme dans d’autres domaines, s’imposera, en vertu de la primauté du droit européen. 8° Les coopérations renforcées seront difficiles ou inopérantes On entend souvent dire que le Traité permettra aux Etats qui le souhaitent de mener des politiques concertées. Pour d’autres, il faut refuser le Traité justement pour pouvoir le faire. Et l’on cite toujours les réussites de l’Europe, qui n’ont été possibles que parce que quelques Etats ont mis leurs efforts en commun : la fusée Ariane et le programme spatial, Airbus, le système Galileo. En fait les coopérations renforcées seront très difficiles à mettre en œuvre. D’abord elles sont interdites dans le champ des compétences exclusives. Il est exclu qu’un groupe de pays se dote de règles de la concurrence différentes (par exemple s’agissant des aides d’Etat) de celles des autres. Répétons-le : à cet égard l’Union est un seul pays (c’est vrai par exemple pour les "services d’intérêt économique général", qui seront tous soumis aux mêmes règles de la concurrence). Ensuite une coopération renforcée doit recevoir l’accord de la Commission et être approuvée par le Parlement européen. Enfin elle n’est autorisée que si elle réunit au moins 1/3 des Etats membres, soit 9 Etats, et que s’il existe une majorité qualifiée dans le Conseil, soit "55% des membres du Conseil représentant les Etats membres participants, réunissant au moins 65% de la population de ces Etats" (article I-44), les conditions étant plus strictes encore si l’initiative ne vient pas de la Commission (il faut alors 72% des membres du Conseil). Tout cela, fait pour éviter une "Europe à géométrie variable", a toutes les chances de conduire à une Europe sans géométrie du tout, sans aucun centre qui puisse impulser des projets. Des coopérations renforcées dans le domaine social ou dans le domaine fiscal, allant dans le sens d’une harmonisation entre un certain nombre d’Etats, sont impossibles, parce que la règle de l’unanimité, énoncée en la matière dans d’autres articles, les interdit de fait. Il faut préciser maintenant à l’intention de ceux qui disent Non au Traité pour pouvoir mettre en œuvre de telles coopérations, qu’ils doivent nécessairement remettre en cause aussi le marché intérieur européen. Car, si les marchandises, les services et les capitaux, circulent librement, les pays qui ne participeront pas à une coopération en matière sociale ou en matière fiscale pourront inonder les autres de marchandises et de services à plus bas prix : le dumping se sera seulement déplacé. Il ne pourrait en aller autrement que s’ils étaient tenus par des règles de convergence (en échange d’aides régionales importantes). 9° On ne pourra faciliter la création de "champions européens" L’ouverture totale sur le marché international des capitaux (au lieu de la mise en œuvre d’une préférence communautaire) et l’interprétation intégriste du principe de la "concurrence non faussée" s’y opposent. Selon la doctrine, c’est le marché qui fera la sélection entre les entreprises, et que rien ne doit empêcher cette sélection de s’effectuer. Les articles III-161 et 162 interdisent en effet tout accord et toute entente entre entreprises (sauf exceptions) et tout abus de position dominante sur le marché intérieur européen. Il faut sans doute empêcher les positions de monopole, mais ces articles ouvrent un champ infini aux plaintes des entreprises et à celles des Etats membres (c’est ainsi par exemple qu’une banque espagnole a attaqué récemment la réglementation française sur les banques, et obtenu gain de cause). Or c’est la Commission et elle seule qui est chargée d’instruire ces plaintes (article III-165), ce qui court-circuite tout accord entre Etats (il ne reste plus que le recours devant la Cour européenne de justice - qui a du reste plusieurs fois désavoué la Commission). Mais surtout c’est négliger le fait que les entreprises sont de plus en plus en concurrence sur le marché international. Et par là c’est se tirer une balle dans le pied, car les autres grands Etats dans le monde ne veillent pas aussi jalousement sur la concurrence interne et ne se privent pas de soutenir, de diverses façons, leurs "champions". Un exemple, parmi tant d’autres. La Direction de la concurrence de la Commission européenne (la direction la plus puissante, avec un millier de fonctionnaires) s’est opposée à un mariage entre l’entreprise canadienne Alcan, l’entreprise française Péchiney (une entreprise ayant 120 ans d’histoire industrielle et qui fut un temps nationalisée) et l’entreprise suisse Alusuisse, sous prétexte que cette alliance aurait conduit à un abus de position dominante et pour renforcer la concurrence intra-européenne, mais elle a autorisé le rachat de Péchiney par Alcan, sans même procéder à une "enquête longue", sous réserve de la vente d’une partie des actifs (qui n’a pas eu lieu). Résultat : Alcan est en train de liquider tout ce qui ne l’intéresse pas dans les sites européens de Péchiney (c’est une vente à la découpe, qui concerne plus de 5 000 emplois, la moitié environ en France), alors qu’aucun concurrent européen n’est disposé à les racheter. On le voit, la Commission, dans un domaine où elle est maîtresse (sauf recours devant la justice européenne), a torpillé la possibilité même de maintenir un partenaire européen de poids dans un grand groupe multinational. Un autre exemple frappant fut l’interdiction de la fusion Schneider-Legrand. Dans ces conditions, on comprend que les Etats préfèrent, s’ils le peuvent, constituer leurs propres champions (cf. en France la fusion Sanofi-Aventis). 10° Les politiques économiques seront complètement bridées Une politique économique devrait être la conjonction d’une politique monétaire, d’une politique de change, d’une politique budgétaire (dont la politique fiscale). Or dans le Traité la politique monétaire (au sein de la zone euro) est isolée des autres. Elle est confiée à une Banque centrale européenne, qui a comme "objectif principal" la stabilité des prix. Cette Banque est "indépendante dans l’exercice de ses pouvoirs et dans la gestion de ses finances" (article I-30). Elle ne peut recevoir aucune instruction du Conseil, ni d’aucune autre instance. C’est une situation unique au monde, si extraordinaire qu’il faut s’en demander les raisons. La première est qu’on veut assurer sa crédibilité par rapport aux marchés financiers, qui ne pourront plus soupçonner tel ou tel Etat de faire pression sur elle dans un sens ou un autre. Or ce qui intéresse les marchés financiers (et les rentiers qu’ils visent à satisfaire), c’est d’abord l’inflation (pour qu’elle ne dévalorise pas les rentes). La seconde raison est que c’est le seul terrain d’entente des Etats, qui veulent garder leurs marges de manœuvre en matière budgétaire (sous réserve du fameux plafond des 3% du PIB de déficit) et de dette publique (sous réserve du plafond des 60% du PIB). On pourra assouplir ces dernières contraintes, mais l’essentiel n’est pas là. La politique monétaire devenue indépendante ligote les politiques budgétaires de l’ensemble des Etats (elles restent de leur ressort) et la politique de change de l’ensemble de la zone euro. Quant au budget européen - très faible -, il ne peut être révisé qu’à l’unanimité. La finance, qui a trouvé son relais dans la BCE, n’a nulle part au monde autant de pouvoir, et elle paralyse la politique économique. Les résultats sont sous nos yeux : une croissance faible, un euro fort qui handicape les exportations, une part des salaires dans la valeur ajoutée qui stagne plus que dans les autres pays (même si d’autres facteurs jouent), une consommation "morose", une épargne surabondante qui va s’investir aux Etats-Unis (où la croissance est plus forte). Le traité pérennise un état de fait qui contribuera à mener l’Europe au déclin. 11° Le Traité ne permet pas d’agir contre le chômage Ce n’est pas par hasard que l’emploi ne fait pas partie des compétences partagées (à la différence de la politique sociale) : en le laissant à la seule discrétion des Etats et de leur éventuelle coordination, on sait que l’on n’obtiendra guère de résultats concrets. Même si les gouvernements se coordonnaient et s’ils avaient la sincère volonté de réduire le taux de chômage, ils ne pourraient pas faire grand chose, car ils seraient liés par la politique économique dont il vient d’être question. En effet cette politique économique, étant axée sur la lutte contre l’inflation, ne permet pas de relance volontariste de l’activité, via la baisse des taux d’intérêt, les dépenses publiques, l’élévation des salaires, pour stimuler la consommation populaire. Le non-dit de cette politique, en dehors de cercles fermés, est qu’il faut maintenir un "taux de chômage naturel", c’est-à-dire un taux qui exerce une telle pression sur les salaires qu’ils ne puissent générer de l’inflation. Dans ces conditions, les "remèdes" au chômage sont ceux que nous connaissons : l’austérité salariale, la réduction des allocations chômage pour forcer les salariés à accepter des emplois mal payés, la baisse des charges sociales pour inciter à la création de tels emplois, la flexibilité pour désagréger les collectifs de travail. D’autres mesures sont carrément hostiles à l’emploi, telles que l’allongement du temps de travail et la hausse de l’âge de départ à la retraite. Bref il s’agit de tout faire pour pénaliser le travail et accroître les profits - dont une grande partie ne sert qu’à distribuer des dividendes et à engraisser la sphère financière, comme le montre la stagnation de l’investissement. Et l’on connaît les résultats : malgré les proclamations rituelles lors de chaque sommet, depuis deux décennies, l’Europe de la zone euro a le plus fort taux de chômage (8,9%) parmi les principaux pays développés. Le Traité empêchera que cela change. 12° On ne pourra mener de politiques industrielles Ici encore c’est le marché qui tient lieu de politique, toute intervention des Etats étant jugée, en général, nuisible. Qu’est-ce qu’une politique "industrielle" ? C’est, au sens large, une politique favorable à l’environnement des entreprises (éducation, recherche, infrastructures matérielles, etc.) et un ensemble de politiques sectorielles (par exemple dans les transports ou dans certaines technologies de pointe). Ses outils sont : des aides publiques, des institutions publiques, des conditions de passation de marchés publics. Or ; 1° les aides publiques sont prohibées, sauf dérogations limitées ; 2° les institutions publiques restent presque toutes du ressort des Etats ; 3° les marchés publics sont ouverts à la concurrence, y compris extra-communautaire, selon des règles qui ne concernent que les prix. Exemple. Il y a conflit, au sein de l’actuelle Commission, entre le commissaire allemand, Günter Verheugen, qui souhaiterait une politique industrielle, et la commissaire néerlandaise à la concurrence, Neelie Kroes, qui s’y oppose. Cette dernière pourra toujours s’appuyer sur l’article III-279 du Traité qui dit que les Etats devraient se consulter et que la Commission peut les aider à se coordonner, mais que toute mesure, législative ou autre, ne peut se prendre qu’"à l’exclusion de toute harmonisation des dispositions législatives ou réglementaires des Etats membres" et qu’elle ne doit en aucun cas "entraîner des distorsions de concurrence ou comporter des dispositions fiscales ou relatives aux droits et intérêts des travailleurs salariés". Voilà donc le comble de l’absurdité : les Etats sont sanctionnés s’ils ne jouent pas le jeu de la concurrence européenne entre entreprises, mais ils ne peuvent pour autant agir de concert puisque les règles nationales doivent rester différentes, ce qui renforce la concurrence inter-étatique. Tout cela est aberrant. Depuis l’Acte unique l’Europe prend du retard en tous les domaines, faute de politique industrielle digne de ce nom. Tous les pays, sans exception, qui se sont développés dans l’histoire, l’ont fait avec le soutien de l’Etat, et c’est vrai aussi des Etats-Unis, où les commandes publiques et le partenariat entre les universités et les entreprises sont très importants. Les grandes entreprises européennes se plaignent elles-mêmes de l’absence d’une politique industrielle, et les PME encore plus (alors qu’il existe une loi aux Etats-Unis qui oriente en partie les marchés publics vers elles). 13° Une harmonisation sociale vers le haut sera à peu près impossible L’Europe a été construite sur la base du grand marché. Mais jusqu’à la fin des années 70, l’Europe sociale était considérée comme un objectif non moins important. Témoin cette déclaration des chefs de gouvernement lors d’un sommet de 1971 : "Une action vigoureuse dans le domaine social revêt la même importance que la réalisation de l’union économique et monétaire". Et le moyen d’y parvenir était une "harmonisation" vers le haut des systèmes sociaux (l’uniformisation étant impossible du fait de leurs différences, résultats d’histoires politiques variées, et du reste non souhaitable, si les pays voulaient garder quelque chose de leur diversité). Or non seulement le droit social européen est resté dans les limbes, mais encore l’instrument de l’harmonisation a été de moins en moins utilisé. On parle encore d’harmonisation, mais pour ajouter que l’Union et les Etats membres "estiment qu’une telle évolution résultera tant du fonctionnement du marché intérieur, qui favorisera l’harmonisation des systèmes sociaux, que des procédures prévues par la Constitution" (article III, 209). Or le marché intérieur tire vers le bas les conditions sociales, puisqu’il attire les capitaux vers les pays du "moins-disant" social (par exemple la Grande-Bretagne ou les pays de l’Est). Que fait l’Union ? Elle encourage, conseille etc., en matière de conditions de travail, de sécurité sociale, de protection des travailleurs licenciés, de représentation des travailleurs... mais la législation européenne en la matière "exclut toute harmonisation des dispositions législatives et réglementaires des Etats membres" (article III-210). Elle peut seulement "établir des prescrïptions minimales applicables progressivement" (§2, point . Par "dérogation", le Conseil peut légiférer au-delà, mais seulement à l’unanimité des Etats membres. Enfin l’Union ne peut intervenir d’aucune façon en matière de "rémunérations, de droit d’association, de droit de grève et de droit de lock-out" (point 6). Toutes les précautions sont donc prises pour qu’une harmonisation vers le haut soit de facto impossible, pour éviter qu’un socle commun soit mis en place (assorti d’un principe de non régression) . Il n’y aura pas de salaire minimum (modulable en fonction du produit intérieur brut par tête), pas de standards sociaux de base en matière de protection sociale, de durée du travail, de revenu minimum garanti (modulables selon les pays, avec calendrier d’application), pas de règles générales concernant les contrats de travail, l’inspection du travail, etc. Exit l’Europe sociale, bonjour le "dumping" social. Et l’on aura beau lire et relire la partie sociale de la Charte des droits fondamentaux, on n’y trouvera aucune "avancée", mais seulement des retraits par rapport à des conventions internationales existantes, telles que celle de l’Organisation internationale du travail ou celle du Conseil de l’Europe, auxquelles de nombreux Etats membres ne satisfont pas. 14° Les délocalisations iront bon train Il y a deux sortes de délocalisations : à l’étranger (notamment vers l’Asie du Sud-Est) et à l’intérieur de l’Union (surtout depuis l’entrée des 10 nouveaux membres de l’Est européen). Elles ne sont pas dommageables pour un pays, si celui-ci accroît ses exportations et reçoit des investissements directs étrangers (donc des usines, des bureaux, des emplois) en retour. Elles sont toujours douloureuses pour les travailleurs, mais le sont beaucoup moins si elles sont anticipées et si d’autres occasions d’emploi leur sont offertes. Le Traité est totalement muet sur les principes qui guideraient l’établissement d’un tarif extérieur commun et l’action de l’Union dans le cadre de l’OMC. Ce n’est pas par hasard : il s’agit de mettre le moins de conditions possibles au libre-échangisme, comme le souhaitent les entreprises transnationales. Quant aux délocalisations au sein de l’Europe, elles seront facilitées non seulement par le "moins-disant" social, mais aussi par le "moins-disant fiscal". C’est ce qui se passe déjà. De grandes entreprises françaises comme Renault ou Dexia, ou européennes, comme EADS ou Arcelor, ont délocalisé leur siège social aux Pays-Bas, en Belgique ou au Luxembourg, de manière à payer moins d’impôts. Les délocalisations vers les pays de l’Est européen se multiplient depuis l’élargissement. 15° La porte ouverte aux concurrents européens viendra saper les réglementations nationales C’est ce qui résulte du principe de "la liberté d’établissement". L’article III-137 interdit de mettre quelque restriction que ce soit à la création d’entreprises, d’agences, de succursales et de filiales dans un pays par un autre pays. Et cela touche également les activités non salariées (artisanat, professions libérales). On ne critiquera pas ici le fait que des ressortissants d’un autre pays européen viennent s’installer en France. Tout dépend à quelles conditions. La désormais fameuse directive Bolkestein, élaborée par la précédente Commission (la commission Prodi), a poussé la libéralisation jusqu’à poser le “ principe du pays d’origine ”, ce qui revient à dire que ces ressortissants n’obéiront qu’aux lois et règlements du pays d’où ils viennent. Par exemple, une entreprise polonaise pourrait faire travailler ses employés en France selon la législation polonaise concernant le droit du travail, les charges sociales, etc. Il faut noter que les gouvernements n’ont rien trouvé à y redire,et que le Parlement européen l’a même chaudement approuvée, allant jusqu’à presser même la Commission à aller le plus loin possible dans cette voie (ce qui rend les protestations d’aujourd’hui parfaitement hypocrites). La directive Bolkestein n’a avancé qu’à petits pas dans cette direction (elle ne concerne que les prestations temporaires de services dans certains secteurs, et elle n’atteint pour le moment que les pays, comme l’Allemagne ou la Suède, où le droit du travail relève surtout des conventions collectives, et non de la législation), mais c’est sa logique qui est en cause. On ne peut incriminer, à première vue, le Traité sur cette question, car il ne retient pas le principe du pays d’origine. Bien au contraire il précise que la liberté d’établissement devra s’exercer “ dans les conditions prévues par la législation du pays d’établissement ” (et non du pays d’origine. Article III-137). Il en va de même pour les prestations de services dans un Etat membre non à titre permanent, mais à titre temporaire : elles seront fournies “ dans les mêmes conditions que celles que cet Etat membre impose à ses ressortissants ” (article III-145). La directive, dans son esprit sinon dans sa lettre, viole donc le Traité, dont le texte était connu depuis l’été 2003 - ce qui en dit long sur l’ultra-libéralisme dominant dans les instances européennes. Et le Traité semble bien respecter ici le principe de subsidiarité. Néanmoins les effets pervers et les dangers ne sont pas écartés par le Traité. Car celui-là n’évoque que “ la législation ”. Par ailleurs il prévoit des lois-cadres pour “éliminer celles des procédures et pratiques administratives découlant soit de la législation interne, soit d’accords conclus antérieurement entre les Etats membres, dont le maintien ferait obstacle à la liberté d’établissement ” (article III-138). Prenons par exemple les règles de sécurité sur les chantiers de construction, qui ne relèvent pas de la loi nationale, mais d’arrêtés ou de circulaires administratives : l’entreprise polonaise en question ne serait pas tenue de les respecter. Par ailleurs la législation française s’assortit de règlements concernant, par exemple, des normes d’implantation pour les officines pharmaceutiques, les charges notariales, le grand commerce etc., à des fins diverses, dont un aménagement équilibré du territoire. Ce sont de telles politiques publiques qui pourraient voler en éclats avec la “simplification ” des règles administratives. Mais le pire concerne les effets de la “ liberté d’établissement ” et de “ prestation de services ” sur les services publics. 16° La fin de notre conception des services publics La Constitution, affirment les laudateurs du Traité, reconnaîtrait enfin la spécificité des services publics. C’est faux. Voici ce que dit l’unique article (II-96) qui leur est directement consacré : “ L’Union reconnaît et respecte l’accès aux services d’intérêt économique général tel qu’il est prévu par les législations et pratiques nationales, conformément à la Constitution, afin de promouvoir la cohésion sociale et territoriale de l’Union ”. Cette notion d’intérêt économique général est ancienne (on la trouve déjà dans le Traité d’Amsterdam) et a fort peu à voir avec la notion de service public. Elle est, comme son nom l’indique, purement économique, alors que la notion de service public, quelle que soit son côté équivoque, a une signification politique : tout ce qui donne une assise à la citoyenneté, tout ce qui apporte au citoyen les moyens d’exercer ses droits politiques (éducation, santé, information, communication), de “ faire nation ” (un certain nombre de biens de civilisation qui définissent un mode de vie collectif : eau, électricité, routes, jardins publics, etc.) et d’assurer l’indépendance nationale, comme le dit notre Constitution. Or le citoyen de notre “ Déclaration des droits de l’homme et du citoyen ” a disparu du Traité (ou plus exactement, il ne reste que le “ citoyen européen ”), quand il n’est pas remplacé par “ la personne ” ou le “ consommateur ”. Quant aux fonctions essentielles de l’Etat, elles sont “notamment celles qui ont pour objet d’assurer son intégrité territoriale, de maintenir l’ordre public et de sauvegarder la sécurité nationale ” (article I-5). En dehors de ce périmètre restreint de l’Etat sécuritaire, que l’Union respecte, le reste est affaire d’économie. On peut toujours proclamer que l’on respectera la diversité des cultures et des traditions des peuples d’Europe (préambule de la Charte), on ne vise en fait que la diversité des institutions proprement politiques. Les services d’intérêt économique général, dès lors qu’ils sont payants, ou tant soit peu payants, deviennent des marchandises comme les autres, qui répondront seulement au critère d’égalité d’accès (par exemple une couverture téléphonique de tout le territoire) ou peut-être d’égalité de prix pour un service de base (la lettre de tant de grammes). 17° Le Traité consacre la disparition des établissements publics et des entreprises publiques de services C’est ici que l’on retrouve d’abord la “ liberté d’établissement ”, qui empêche de fixer toute limite au développement des cliniques privées, du secteur libéral non conventionné, des écoles privées, des services sociaux privés, etc. Le tollé a fini par être tel contre cette libéralisation que, aux dernières nouvelles, la Commission serait prête à exclure la santé et les services d’intérêt économique général du champ de la directive sur les services (les services représentent, il est bon de le savoir, 70% du produit intérieur brut de l’Union). Quant aux entreprises publiques - ces établissements publics à vocation industrielle et commerciale qui, dans notre tradition, fournissaient de l’électricité, du gaz, du transport public, etc. - elles ne sont pas interdites, mais devront, comme n’importe quelle entreprise, être soumises “ aux règles de la concurrence, dans la mesure où l’application de ces dispositions ne fait pas échec à l’accomplissement en droit ou en fait de la mission particulière qui leur a été impartie ” (article III-166). Cela signifie qu’elles seront des entreprises comme les autres, ne pouvant bénéficier d’aucun soutien particulier de l’Etat. Cela sous-entend aussi que les entreprises privées étant considérées comme bien plus performantes pour le consommateur que les entreprises publiques, celles-ci seront partiellement puis totalement privatisées, l’Etat gardant au mieux une part significative du capital - même si le bilan général des privatisations en ce domaine est totalement négatif (l’espace manque ici pour en fournir des preuves). Quant à la surveillance de l’accomplissement d’une mission, il ne relèvera plus de l’Etat, mais d’une instance de régulation “ indépendante ”, qui en fait veillera surtout au renforcement de la concurrence. Rien de plus facile alors que de revoir les missions à la baisse, et rien de plus aisé pour les entreprises que de s’y soustraire ou de les contourner (l’exemple de la distribution d’électricité, qui devrait au moins satisfaire à la continuité de fourniture et à la stabilité du prix, est particulièrement éloquent). 18° Toute nationalisation, même partielle, sera de facto exclue Le préambule de notre Constitution prévoit la nationalisation dans les situations de monopole ou quand “ l’exploitation d’un bien ou d’une entreprise a ou acquiert les caractères d’un service public national ”. Un de ses articles rend possible aussi bien la nationalisation que la privatisation. Le Traité, quant à lui, n’interdit rien formellement. Il redit, comme le Traité fondateur de Rome, que “ La Constitution ne préjuge en rien le régime de la propriété des Etats membres ” (article III-425). Mais c’est là une déclaration vide. Car, comme on l’a vu, les entreprises publiques sont soumises aux règles de la concurrence, a fortiori quand elles ne fournissent pas un service d’intérêt général. Or ces règles de la concurrence interdisent de fait aux entreprises publiques de se comporter différemment des entreprises privées. L’Etat ne peut pas recapitaliser une entreprise - ce que tout actionnaire privé a le droit de faire - s’il est soupçonné de fausser la concurrence, ne serait-ce qu’en apportant une garantie simplement morale (comme on l’a vu dans l’affaire Alsthom). Il ne peut pas se contenter de dividendes moins élevés que des capitalistes, sauf à fausser à nouveau la concurrence (c’est ce qu’on appelle “ le test de l’investisseur privé ”, qui n’est pas inscrit en toutes lettres dans le Traité, mais qui est depuis longtemps pratiqué, et qui reste dans sa logique). Alors à quoi bon nationaliser une entreprise ou créer une entreprise nationale si l’Etat propriétaire ou actionnaire obéit aux mêmes exigences de rentabilité que des propriétaires ou actionnaires privés, et s’il gère de la même façon. Si l’on veut avoir confirmation de cette évolution, il suffit de considérer les principes qui ont guidé, sous le gouvernement actuel, la réforme des entreprises publiques et la création subséquente d’une Agence des participations de l’Etat - qui a, par ailleurs, quelques aspects positifs : les critères de la gestion financière seront alignés sur ceux des entreprises cotées en Bourse, et la représentation des personnels au sein des Conseils d’administration est réduite et vouée à disparaître. 19° La politique de défense et de sécurité communes illustre toutes les ambiguïtés de la construction européenne Cette politique est ambitieuse et d’inspiration fédéraliste. Elle vise à ce que l’Europe se dote des moyens de sa défense, dispose d’une force d’intervention extérieure importante (en particulier pour "les missions de prévention des conflits"), parle d’une seule voix dans les enceintes internationales et, plus généralement, dans les relations internationales (d’où l’institution d’un Président de l’Union, élu à la majorité qualifiée par les chefs de gouvernement, et d’un ministre des Affaires étrangères, nommé par eux). Mais l’on voit à ce sujet combien l’unité est factice (les positions sur la guerre américano-britannique en Irak l’ont bien illustré). Pour nombre d’Etats membres, la défense et la sécurité communes passent par l’OTAN, pour d’autres non. Le Traité proclame la “ compatibilité ” (article I-41) entre la conception atlantiste et d’autres positions. C’est là une orientation bien déterminée, qui engage l’avenir, qui obère la perspective d’une Europe maîtresse de sa politique extérieure, et qui ne devrait jamais figurer dans une Constitution. C’est le verrou de l’unanimité qui permet à chaque Etat de garder sa souveraineté en matière de relations extérieures. Mais cela fait réfléchir sur l’ensemble de la construction européenne. Inutile de parler de politiques communes si c’est la règle de l’unanimité ou celle de la majorité qualifiée qui décide de ce qui revient à la souveraineté nationale ou de ce qui est abandon de souveraineté.. En fait il y a un certain nombre de matières où la majorité qualifiée (définie comme “ étant égale à au moins 55% des membres du Conseil [des ministres], comprenant au moins quinze d’entre eux et représentant des Etats membres réunissant au moins 65% de la population de l’Union ” article I-25) devrait aller de soi pour réduire la concurrence entre Etats et favoriser leur coopération : c’est le cas de la politique fiscale, de la politique de l’emploi et de la politique sociale. Et il y a les matières où l’on ne devrait parler que de concertation et de coordination : la politique de défense et de sécurité communes (où des coopérations renforcées seraient effectivement possibles). 20° Les rapports commerciaux avec les autres pays, et notamment avec les pays du Sud, fondés sur le libre-échange L’article III-314 en dit long : “ Par l’établissement d’une union douanière, l’Union contribue, dans l’intérêt commun, au développement harmonieux du commerce mondial, à la suppression progressive des restrictions aux échanges internationaux, et aux investissements étrangers directs, ainsi qu’à la réduction des barrières douanières et autres ”. Cet article est lourd de conséquences : 1° Il vise à détruire toutes les barrières qui protègent les services nationaux et qui permettraient de contrôler l’entrée des capitaux. Ici se trouve posée la question de l’Accord général sur les services dans le cadre de l’Organisation mondiale du commerce. Seule la règle de l’unanimité permet de protéger pour le moment les services sociaux, d’éducation et de santé, ou la diversité culturelle. Mais l’offensive est engagée : que les gouvernements soient, à un certain moment, complices, et toutes les barrières s’effondreront. 2° Il vise à imposer aux pays du Sud les règles du libre-échange, alors qu’ils y ont souvent moins intérêt que les autres, car ils doivent protéger leurs secteurs retardataires. Il est amplement démontré que ces règles peuvent les conduire à la crise (cf. les multiples crises financières qui les ont affectés) ou à la faillite (exemple de l’Argentine). 3° Il vise à empêcher que, en sens inverse, les importations en provenance des pays du Sud ne soient soumises à la moindre condition - comme le souhaitent les entreprises transnationales. Certes ces clauses, notamment les clauses sociales (concernant par exemple les conditions de travail) ne devraient pas servir de moyen de protectionnisme déguisé : les pays du Sud doivent pouvoir exporter des marchandises pour se développer. Mais certaines seraient nécessaires à la fois pour contrer les délocalisations “ sauvages ” et pour aider les travailleurs de ces pays à améliorer leur sort. On ne trouvera pas un mot là-dessus dans le Traité. Petite conclusion On pourrait trouver 448 raisons (autant que d’articles) de refuser ce Traité. Certes bien des articles ne sont guère discutables, mais ils le deviennent replacés dans l’architecture du Traité et dans sa logique. On n’aura ici pointé qu’une vingtaine de raisons importantes. Dire Non, ce n’est pas mettre la construction européenne à bas : les traités antérieurs continueraient à exister (au reste l’actuel Traité n’entrerait que peu à peu en application). Dire Non mettrait certainement l’Europe en crise. Mais c’est le bon moment pour le faire, car après il sera trop tard, et il faudra de nombreuses années pour que la crise européenne, déjà latente, ait produit des effets destructeurs encore plus manifestes, résultat d’une Europe où la coopération est faible et où la concurrence entre les Etats et tous les individus fera rage. Il y aurait deux voies pour en sortir : soit la renégociation d’un Traité inter-étatique, soit une nouvelle Constitution, faisant suite à un véritable processus constituant, et qui ne porterait que sur des principes et des institutions (l’équivalent des parties I, II et du titre VI de la partie III), le reste étant affaire de Traité, susceptible d’être renégocié.. C’est là-dessus que devrait porter rapidement la discussion entre tous ceux qui sont hostiles à une Constitution qui est une camisole de force, scellant notre destin pour longtemps. Tony ANDREANI | ||||
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| Rage Messages postés : 6 Le travail est un bonne chose, ne sois pas égoïste, laisse le aux autres. ![]() |
Ca donne presque autant envie de lire ton message que la constitution elle-même, mais bon. c'est pas paske attac a dit que la constitution faisait 800 pages qu'elle en fait 800 Je trouve très orienté ce petit questionnaire d'attac quand même.. Ou comment gagner des partisans du non facilement... Personnellement j'irai voter oui, je n'essaierai pas de vous convaincre d'en faire autant et j'espère que personne d'entre vous n'essaiera de me convaincre de faire le contraire, d'ailleurs ca ne marcherait pas... Allez bonne nuit à tous. | |||
| Rage against the lapines |
| Alex Administrateur Messages postés : 952 J'aime glander |
Ca commence un peu à me faire rire, ou peur, tous ces gens qui n'ont pas lu le texte mais qui votent oui quand même!!! Et qui bien sûr se permettent de commenter les arguments (du "non" bien entendu, le "oui" étant sans doute "naturel") sur des détails grotesques, mais jamais sur le fond. Au pire si vous l'avez pas lu (ne serait ce qu'une cinquantaine d'articles), abstenez vous de voter et retournez à la pêche, c'est encore ce que vous avez de mieux à faire. Spécifiquement pour Rage: oui évidemment que le questionnaire d'ATTAC est orienté, ATTAC ne s'est jamais présenté comme une association de joueurs de pétanque, c'est une organisation politique (sais tu ce que ça veut dire, politique?). Par contre l'exposé des motifs que tu as reçu avec ta constitution dans ta boîte aux lettres est lui clairement orienté, alors que c'est présenté comme quelque chose de neutre. Mais ça tu te gardes bien de le dire, et peut-être bien que tu ne l'avais pas remarqué, ce qui est somme toute inquiétant. Ensuite si dès qu'un texte qui fait plus de deux pages te rebute, eh bien on ne peut plus rien pour toi et je ne vais sûrement pas me fatiguer à essayer de te convaincre de quoique ce soit. | |||
| "Vous êtes tous bêtes comme des belettes!" David Dominguez |
| PikXel Messages postés : 12 |
Hum ... tout les textes ou articles que j'ai trouvé sur le net sont orientés politiquement. j'en conclus qu'une objectivité parfaite a propos de ce sujet est impossible. Effectivement, meme la constitution que l'on m'a envoyée est orientée.( je parle du petit livret qui l'accompagne et qui dépeint la constitution comme le remede a tous les maux sociaux ). Puis j'ai remarqué un autre phénomène.Quelques personnes de mon entourage ( étudiants, famille ) votent non uniquement par opposition au gouvernement en place sans meme avoir lu la constitution. Ce qui transforme le vote oui/non a la constitution en oui/non au gouvernement. Bon en attendant je sais toujours pas quoi voter donc je crois que je vais aller a la peche ( le vote blanc n'étant pas pris en compte ). |
| vanzetti Messages postés : 5 |
Hé! La constitution on l'a tous à la maison; c'est pas la peine de nous la balancer! |
| Rage Messages postés : 6 Le travail est un bonne chose, ne sois pas égoïste, laisse le aux autres. ![]() |
ca me rassure de voir que je suis pas le seul francais à ne pas être fermé sur notre belle petite patrie franco francaise et nos petits intérêts égocentristes.... En attendant si le non passe n'attendez pas de voir une constitution soit diant moins libérale se renégocier d'ici les 25 ans à venir... Si dans ce cas vous êtes content, dites vous simplement que vous n'êtes pas contre la constitution, mais contre l'europe. Je crois que je me sens plus européen que francais, et je n'ai aucune raisons de voter non, paske des délocalisations yen a déjà, du libéralisme on en a en veut tu en voilà en france, et puis moi je m'en fout un peu des ricains ou des chinois en fait. Je vais vous avouer, j'étais même pour le non il y a quelques mois, et puis j'ai réfléchi, j'ai parlé avec des gens. J'ai lu des articles de journaux. (Courrier international par exemple) et je me suis rendu compte que je n'avais aucune raison de voter non. J'ai même lu un article à propos des ultralibéralistes, les vrais, les purs et durs, qui étaient contre la constitution parce qu'elle etait trop social pour eux.c'est dire...Et je ne vois pas beaucoup d'arguments chez vous, les partisans du non. C'est bien l'esprit francais ca, profiter d'élections pour montrer son mécontentement envers le gouvernement ou tout autre chose, mais pas le sujet de l'élection lui même.On a vu les présidentielles 2002, les régionales 2004. Enfin. Pour finir, le front national vote non à la constitution, et ca ca devrait suffire à vous sortir un peu les doigts du cul et réfléchir un peu.Mais non! vous préférez rester enfermés en france devant vos petits écrans de télé, (à regarder tf1) et voir les autres pays d'europe se développer sans nous.Avez vous peur du changement? | |||
| Rage against the lapines |
| Rage Messages postés : 6 Le travail est un bonne chose, ne sois pas égoïste, laisse le aux autres. ![]() |
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| Rage against the lapines |
| Lord Mahammer Messages postés : 710 Nanar et Bibine, les ingredients légendaires... |
Magnifique argumentation... Tu nous as sorti en un post les arguments les plus minables de la propagande du Oui... Oué, le NON c'est NON a l'Europe ! Oué Le Pen il vote Non c'est dire ! Oué en Angleterre ils trouvent la constitution trop sociale ! Oué un mauvais chasseur il voit un truc qui bouge, il tire... C'est exactement cette argumentation qui prend les gens pour des abrutis finis qui fait monter le Non... Aucun argument sur le texte... Aucun argument offensif, que de l'attaque du non, aucun argument pro Oui... Aucune reponse aux graves dysfonctionnements que le Oui apporterait... Arrete d'ecouter Pernault et prends 5 minutes pour ecouter ce que le Non a a dire... Crois moi, ecoute les, lis le texte et tu verras tres rapidement que le Oui rassemble un tissu de mensonges et d'amalgames honteux la ou le Non presente des arguments serieux... Quant a ta vision Europeenne, c'est bien parcequ'on est Europeens qu'on ne veut pas que ceux qui n'ont pas pu s'exprimer par Referundum souffrent de la Constitution... On ne veut pas que l'Economie et la Recherche du Profit gratte peu a peu l'aspect humain de l'Europe... | |||
| "J'ai fait Louvetaux...Essayez de passer Scout, ça c'est fortiche !" Mosquito... |
| Alex Administra |