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| Auteur : | Sujet: Anorexie | Bas |
| entre4roues38 Administrateur Messages postés : 117 ![]() |
biensur que si on peut en guerir !! mais seulement faut se faire aider !! je te trouverais des textes la dessus si tu le veut bisous babe tt les deux on sera tjrs la pour toi | |||
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| Barbizou Messages postés : 4 *Une Roue* |
merci beaucoup Vous comptez beaucoup pour moi bonne soirée | |||
| Barbara |
| entre4roues38 Administrateur Messages postés : 117 ![]() |
L'anorexie En médecine, l'anorexie mentale ou anorexia nervosa (littéralement " absence d'appétit ") est un trouble du comportement alimentaire connu depuis longtemps. Des restrictions alimentaires particulièrement sévères, ainsi que des périodes de jeûne, étaient déjà, au Moyen-Age, largement pratiquées au sein des communautés religieuses, ces privations ayant un caractère mystique et une justification philosophique. Sainte Catherine de Sienne, morte à l'âge de trente-trois ans à la suite de ce que certains auteurs appellent aujourd'hui " anorexie sainte ", n'est que l'exemple le plus connu et le plus flagrant de ce genre de pratiques. On retrouve la première descrption médicale de l'anorexie en 1689; le médecin Richard Morton décrit une forme de dépérissement physique d'origine nerveuse. Mais c'est à partir de la deuxième moitié du siècle passé que le terme d'anorexie mentale est employé dans le sens que nous lui reconnaissons aujourd'hui : presqu'en même temps, deux médecins, le français Lasègue en 1873 et l'anglais Gull en 1874, donnent les deux premières descrptions cliniques de cas d'anorexie, descrptions qui sont encore aujourd'hui d'actualité. Bien que pour ces auteurs il s'agisse d'un trouble d'origine psychique, la médecine le considérera et le traitera pendant des années plutôt comme un problème physique (insuffisance hypophysaire, notamment). Ce n'est qu'à partir des années 50 que l'on reviendra à l'idée d'une origine psychologique de l'anorexie mentale, acceptant donc que les problèmes physiques associés ne sont que la conséquence de l'arrêt de l'alimentation. | |||
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| entre4roues38 Administrateur Messages postés : 117 ![]() |
1/ Histoire : L’anorexie mentale a été décrite par les psychiatres du XIXe siècle mais elle a pu apparaître dans les monastères de femmes dès le XIIe siècle : « l’anorexie sainte » ; il y aurait là un premier exemple du lien de l’affection avec la recherche d’une pureté qui va jusqu’à tenter d’exclure la sexualité et même toute position vitale. Cette maladie a longtemps constitué une énigme quant à son étiologie ; son expression somatique a pu faire l’objet de théories endocrinologiques tandis qu’elle était souvent confondue avec l’hystérie par les psychiatres. Ce sont les psychanalystes qui ont enfin élucidé son mystère qui réside dans sa métapsychologie : Hilde Bruch aux Etats-Unis dès les années 1940 et les Kestemberg avec Simone Decobert qui l’ont considérée en 1971 comme une perversion instinctuelle. Les investigations sur les cas les plus anciennement attestés convergent par les études menées par les historiens de la spiritualité dans le champ de la mystique médiévale, notamment le cas emblématique de Sainte Catherine de Sienne (1380), morte d’inanition volontaire vers 33 ans. Des historiens réputé citent couramment cette très « grande » sainte comme ayant présenté typiquement une anorexie mentale. La liste des observations en histoire de la médecine finit par croiser sur son chemin les historiens de la spiritualité qui scrutent l’extrême ascétisme alimentaire fréquent dans la mystique féminine durant la seconde partie du moyen âge et à la renaissance. Un des premiers travaux identifiant l’anorexie comme syndrome est un article de Charles Lasègue (1873) qui formulait l’expression « inanition volontaire ». Puis des expressions telles qu’ « anorexie mentale » donnent au plus à entendre qu’on parle d’une maladie relevant de la psychiatrie dans les normes de médicalisation qui régissent les sociétés industrialisées. Aujourd’hui les psychanalystes, s’engagent vers une conception bien différente, puisque le terme anorectique s’y rattache non pas spécifiquement à l’anorexie mentale, mais plutôt à la façon anorectique d’être au monde. 2/ Façons anorectiques d’être au monde. La notion de façons anorectiques d’être au monde, qui constituent des processus articulés en trois plans : sociohistorique, biologique et psychanalytique. § Elles cheminent par des voies sociohistoriquement très différenciées, notamment en fonction du statut idéologique de la féminité par rapport à la procréation et l’alimentation ; du coup, des éléments psychiques assez spécifiques se trouvent en jeu dans chaque contexte, avec des styles différents par la manière de vivre, le modelage par les institutions et les catégories à travers lesquelles l’orientation se trouve prise en compte dans les champs religieux, médicaux et politiques. L’un d’entre eux serait l’anorexie mistique et l’anorexie mentale. § La dimension biologique de l’anorexie reste évidemment essentielle, comme on constate avec l’aménorrhée (absence de règles), l’émaciation (amaigrissement impressionnant), voire la cachexie (altération des tissus par dénutrition sévère) et ses conséquences pouvant aller jusqu’à la mort. Il faut aussi compter sur les effets du jeûne induisant ce que les médias appellent « des états de conscience modifiés » ; ce type de phénomène va de pair avec la théorie psychanalytique sur l’érotisation de la faim et avec les restrictions alimentaires prescrites par mainte tradition religieuse. Il n’est pas étonnant de retrouver un ascétisme nutritionnel très poussé dans bien des quêtes spirituelles. § La dimension psychanalytique se révèle si on ne se contente pas de cataloguer des manifestations biologiques et des comportements, ce qui permet de se mettre à l’écoute du discours singulier tenu par chaque anorectique dans le flux de son histoire personnelle familiale et sociale. Dès lors, on voit sur toute une série de cas, se dégager un noyau de désirs, angoisses et fantasmes tournant autour du rapport à la lignée féminine. C’est ici que la mystique affective féminine catholique nous apprend quelque chose sur l’anorexie dite mentale. 3/ L’anorexie mystique. Du fait que l’anorexie reste au fond énigmatique pour les psychiatres, la référence religieuse ancienne, voire actuelle, suscite des recherches de plus en plus nombreuses, comme on peut le constater en dépouillant les revues médicales. Une telle dimension se laisse appréhender d’une façon immédiate quand un style anorectique se réfère directement à la religion. La vue se brouille dés qu’intervient un processus de « sécularisation », qui comprend une mutation religieuse de la société ( récession de l’emprise exercée par les religions, autonomisation du profane, « désenchantement » des visions du monde ) et une mutation de la société religieuse ( le siècle pénètre au sein de la religion elle-même au point d’y susciter une sécularisation interne ). Une dérivation de l’anorexie mystique se produit avec le mythe de l’ »inédie », selon lequel certaines personnes auraient vécu de nombreuses années sans aucun apport nutritif. Il s’agit au départ d’une amplification hagiographique des performances ascétiques alimentaires. De la stupeur devant l’hyperactivité de personnes qui se nourrissent à peine, on passe à une interprétation miraculiste de ce paradoxe. Dans la transition de l’anorexie mystique à l’anorexie mentale, la fascination pour l’inédie tient une place significative. Dès le XVII siècle, la voie est ouverte pour les futures fasting girls anglo-saxonnes, qui viendront dans le sillage de Martha Taylor et de Miss Duke(1669) Au XIXe siècle un pas supplémentaire se trouve franchi avec la commercialisation du jeûne extrême féminin comme spectacle, en grande das les pays anglo-saxons à l’exemple d’Ann Moore, qui s’exhibait (1807-1813), tout en affichant une ferveur religieuse ; elle devint une grande vedette, mais finit par être confondue et déclarée simulatrice. Ce qui induit la célébrité est l’allégation d’une abstention totale de nourriture durant des années. L’inédie semble alors significative du choix d’un modèle anorectique porté jusqu’à un niveau merveilleux, comme si le jeûne devenait un sport de compétition de haute compétition. Ses virtuoses ressortaient moins de l’anorexie proprement dite qu’aux tentatives d’incarner le mythe de l’inédie à une époque où celui-ci fascine en un même mouvement le corps médical et le public, tandis que les grandes confessions religieuses ont cessé de le sacraliser Les fasting girls sont vedettisées par les médias. A l’inverse, les refus alimentaires extrêmes sont à l’époque modérés par des pressions sociales (familiales, médicales, etc ..) ou même entravés par l’autorité religieuse, notamment dans les couvents de femmes. Thérèse de l’Enfant Jésus (1874-1897) fût ainsi obligée, au nom de la sainte obéissance, à manger tout ce que la prieure faisait mettre dans son assiette. Louis Bercher, médecin ami de Simone Weil (1909-1943) regrettait que celle-ci ne soit pas allée dans un ordre religieux, où l’anorexie mentale qu’il avait diagnostiquée chez elle aurait été traitée par une pédagogie disciplinaire. La religion n’est pas la seule en cause dans la diversification des statuts auxquels peut conduire la socialisation des façons anorectiques d’être au monde : sainte, immortelle, possédée, « phénomène », malade, championne (cyclisme, marathon …), vedette (danse …) … Le statut de malade procure des bénéfices secondaires, en mobilisant l’entourage autour de l’anorectique. Les autres façons anorectiques d’être au monde vont bien souvent de pair avec un investissement très volontariste d’idéaux sociaux, base de statuts prestigieux ; nous sommes ici pleinement sur le terrain de l’idéologie, car celle-ci fonde les valeurs qui légitiment les idéaux, par exemple avec les performances scolaires chères à mainte anorectique dans nos sociétés occidentales. Une sociologue universitaire de Sidney, anorectique, a mené une enquête qualitative analysé des récits de guérison rédigés par 32 ex-anorectiques (Catherine Gerrett, 1997 ). Elle met l’accent sur les processus sociaux qui contribuent à la réincorporation dans la communauté, notamment avec les références religieuses qui ont aimanté les guérisons. On voit se dessiner une gestion religieuse de l’héritage ascétique chrétien, dans un cadre où le marché des biens de salut s’est libéralisé (échappant au contrôle des grandes confessions dominantes) et mondialisé. Catherine Guerret énumère les courants attestés dans les récits qu’elle a étudiés : catholicisme, protestantisme, christianismes pentecôtistes, bouddhismes, judaïsme, Nouvel Age et écologie ; une étape de plus dans la sécularisation, et nous arrivons à la recherche de performances valorisées tout autrement : méditation, artisanat d’art, écoute et exécution de morceaux musicaux ; pour s ‘affranchir de leur maladie, les anorectiques se sont donnés à des activités telles que le jardinage, natation, vélo, marche et course pour le plaisir d’être en forme plutôt que pour réduire leur poids et pour des valeurs morales. Sans doute la « guérison » consiste t-elle souvent ici à faire le choix d’une façon anorectique d’être au monde valorisée et régulée par la société, de sorte que seront évités les excès qui alarmeraient l’entourage et déclencheraient une médicalisation lourde. Catherine Garrett fait ressortir comment le perfectionnisme dans la conformité à des idéaux sociaux se décalque du religieux au profane. Comme l’épidémie croissante d’anorexie mentale se trouve maintenant référée à des conditions culturelles, bien des psychiatres tendent à considérer comme pathognomonique un trait d’actualité médiatique, traduit nosologiquement en « phobie du poids » ; de même, la référence au développement industriel conduit à gloser sur la « société de consommation ». Un recul historique suffisant montrerait, d’une part que le soit-disant idéal de minceur apparaît bien plus tard que le début de l’épidémie, d’autre part que la tradition chrétienne constitue une dimension essentielle dans la géographie du syndrome. L’avènement de l’anorexie mentale comme syndrome psychiatriquement défini se trouve dès lors cantonné à une étape, avatar sécularisé ( et stigmatisé comme maladie )de ce qui avait été sacralisé (voir glorifié par la canonisation ) au Moyen Age, à la renaissance et à l’époque classique. 4/ Structure de l’anorexie. La compréhension de cette affection psychique qui s’exprime par le corps n’est pas facile car les critères qui s’appliquent aux névroses, aux états-limites et même aux psychoses sont insuffisants. La difficulté est de trouver une unité entre les formes de début de l’anorexie à l’adolescence, parfois légères et fugaces, et les évolutions au long cours, où s’affirme dans la chronicité, la structure de psychose froide, appelé ainsi car le délire du corps n’est pas exprimé. Ces patientes ne consultent pas facilement les psychanalystes d’autant plus que ces derniers n’étaient pas toujours préparés à les recevoir. Mais cela peut arriver par décision personnelle ou sous l’influence de la famille ou d’un médecin, s’adressent à un psychanalyste.. Il s’agit alors d’anorexies qui débutent et de formes relativement accessibles, parfois de formes transitoires pouvant s’effacer rapidement. Dans les formes graves de la maladie, la psychanalyse n’est pas sans analogie avec celles des psychotiques c’est à dire leurs difficultés et leurs aléas. La psychanalyse révèle la précocité des troubles alimentaires qui, à l’époque, n’avaient pas spécialement alerté la famille. Ce type de symptôme n’a pas seulement besoin d’être interprété quand cela devient possible ; le rôle du psychanalyste est d’abord d’être le témoin d’une souffrance de l’enfance n’ayant trouvé, dans un passé lointain, aucun écho dans son entourage. Cette affection débute le plus souvent à l’adolescence et résulte de la condensation de deux noyaux traumatiques, l’un sexuel, constitué à cette époque d’émergence de la sexualité dans le corps, l’autre de nature orale installé dans les premiers temps de la vie. En effet, l’effraction du dedans que constitue la poussée instinctuelle inscrivant la sexualité dans le corps est rendue traumatique par une répression qui résulte d’un climat familial sévère, voir violent. Cela entraîne une répression des fantasmes sexuels et des affects ; il ne s’agit pas ici de refoulement, mécanisme plus évolué à l’œuvre dans les névroses. La régression provoquée est d’une telle ampleur qu’elle atteint un noyau traumatique oral précoce. C’est donc dans l’après-coup de la condensation des niveaux traumatiques que se constitue cette maladie. Le clivage rend compte du symptôme majeur, le déni de la souffrance, des affects et de l’image du corps. Les symptômes anorexiques et boulimiques sont de toute évidence de la série orale. Ce comportement agi sert d’ultime recours contre l’avènement. Si on peut parler de pure culture de mort, c’est bien avec l’anorexie mentale qui mène à la mort dans 20% à 30% des cas, car la destructivité interne du noyau anorexique va jusqu’à mettre en cause les pulsions d’auto conservation. Mais dans la mesure où la perversion est une défense contre l’envahissement psychotique, l’anorexie mentale représente une ultime tentative de survie psychique, par une forme féminine du fétichisme. L’aspect mortifère qui affecte leur corps décharné, la destructivité des comportements répétitifs, le corps tend vers une néantisation par un mouvement qui tend à immobiliser toute pulsion vitale. Les conduites touchant l’alimentation, privation forcenée de la nourriture ou à l’inverse, excès boulimique suivi de vomissements, s’inscrivent dans le cadre de processus auto calmants, qui résultent de l’échec de la constitution d’un auto-érotisme de la féminité. Il n’y a pas opposition entre les boulimies et l’anorexie, ce sont deux faces d’un même processus. La boulimie est cependant plus chaude car elle exprime une tentative pulsionnelle, avec un excès qui marque le paradoxe de l’oralité : tout ou rien. La toute-puissance cède momentanément dans la boulimie. La confusion d’un orifice d’évacuation et d’un orifice d’incorporation est présente anatomiquement dans le comportement anorectique. Cette confusion est le témoin de l’hémorragie narcissique mais aussi de la difficulté de se différentier de la psyché parentale, à la dyade, à l’unisson narcissique maternelle. Ainsi, le comportement anorectique viendrait tardivement en lieu et place d’un clivage initial de mauvaise qualité entre bon et mauvais, Soi et autre qui n’a pu donner lieu à une capacité structurante à dire non. 5/ Orgasme du moi et processus autocalmants Il faut bien admettre que ces personnes trouvent un satisfaction cachée qui leur permet de continuer, fût-ce jusqu’à la mort. On retrouve ici un mécanisme qui est celui des perversions dont l’anorexie est un cas particulier. Quelle est la nature de cette satisfaction substitutive ? Quelle jouissance masque l’horreur d’une souffrance déniée ? Comme dans les autres addictions, il se met en place des procédures substitutives qui sont de l’ordre des comportements autocalmants, par les actes dont les contraintes multiples s’attachent à la privation de nourriture ou aux boulimies. L’envers de ces comportements est la jouissance qui en est retirée : elle a pu être qualifiée d’orgasme du moi , par opposition à l’orgasme sexuel chez des sujets pour qui l’autre est présent, à la fois dans la rencontre des sexes et sur la scène psychique. L’anorexique a une vie sexuelle pauvre voir nulle. L’imago maternelle est trop dangereuse pour être accueillante tant dans le coït que dans le sommeil. L’orgasme du moi, est plutôt de l’ordre de la jouissance, de la béatitude narcissique, l’orgasme faute de l’autre se réalise en circuit fermé, créant une sorte de néo-besoins, le corps étant utilisé à la place du tiers manquant. Ils génèrent des contrôles répétés de la prise de poids mais aussi des exercices physiques et intellectuels poursuivis jusqu’à l’épuisement, la fatigue n’étant pas ressentie, et pour parfois trouver enfin le sommeil. Ces processus autocalmants sont une sorte de mécanisme psycho-corporel avec la libération de substances comme endorphines qui provoquent une euphorie anesthésiante : on voit ici l’analogie avec les toxicomanies par les stupéfiants. 6/ Délire et fétichisme du corps. Un symptôme particulièrement effrayant est la cachexie. Le corps peut être vu comme les enfants des pays du tiers monde souffrant de carence nutritionnelle sévère alors que les anorexiques ne perçoivent pas leurs formes réelles, mais plutôt un corps boursouflé avec des bourrelets de « graisse », évoquant souvent ceux de leurs mères, témoignant d’un clivage profond, et d’un déni de l’image de leur corps. Il faut souvent de longs mois pour mettrent en évidence la confusion de leur propre corps avec ceux de leurs mères, comme si le corps de ces dernières enveloppait leurs propres corps, dans une sorte de chimère, appréhendée comme monstrueuse à cause de son caractère incestuel. ( elle est de l’ordre des dysmorphobies). Cette horreur déniée alimente cependant la honte et la répulsion de son corps , la maîtrise des restrictions alimentaires veillant à lutter contre cette forme d’inceste, sous prétexte de « graisse ». La confusion corporelle,des attaques dirigées contre l’envahissement maternel que la patiente veut éviter, atteignent en fait son propre corps, affamé et maltraité. La difficulté à se séparer d’un proche, absent momentanément, amène à la recrudescence des symptômes, l’anorexique ne remarquant pas le lien avec l’absence, car les angoisses de séparation, symptômes majeurs de cette affection, ne sont pas mentalisées, tout affect étant violemment réprimé. La difficulté à se séparer se manifeste lors des absences du psychanalyste ou dans l’intervalle des séances. Un long travail est nécessaire pour que ces angoisses soient constatées, peu à peu ressenties, reconstruites et interprétées. C’est alors un vrai tournant de la psychanalyse vers une certaine reconnaissance du psychanalyste comme objet. Le travail est difficile car dans la plupart des cas, le comportement anorexique a pour but de détruire l’objet ou d’empêcher son émergence sur la modalité de l’antoedipe, luttant contre l’émergence de l’oedipe. Quant aux boulimiques, elles tentent d’incorporer sans limites l’objet pour ensuite l’anéantir dans les vomissements. L’introjection d’une meilleure image du psychanalyste permet de lutter peu à peu contre la toute-puissance liée à l’idéalisation, d’une part, et la honte et l’horreur du corps d’autre part, sa composante délirante pouvant apparaître et être reconnue. Le corps est vécu comme désincarné, la tête séparée du corps, d’où un surinvestissement de l’activité intellectuelle fréquent. Il existe une différence notable entre le fétichisme sexuel masculin et l’anorexie mentale féminine. Faute d’accéder à une triangulation oedipienne, le fétichiste tente une triangulation avec un objet, généralement lié à une partie du corps maternel de l’enfance, pour jouer le rôle d’objet tiers. Dans l’anorexie, l’objet transitionnel est figé, mortifié et utilisé comme une défense contre l’investissement psychologique, à défaut de tiers structurant. Dans la relation d’objet fétichique, le psychanalyste se sent chosifié, changé en pierre, sous une emprise qui voudrait lui interdire tout mouvement pulsionnel ou toute représentation. Cette forme de transfert paradoxal traduit un effort de lien à l’autre en envoyant dans le psychanalyste une partie mortifiée et dangereuse. Si le psychanalyste peut se vivre comme tel, la patiente peut alors introjecter quelque chose de vivant qui provient du psychanalyste. 7/ Anorexie et psychanalyse : indication. Au vue de l’ampleur du phénomène, nous pouvons dire que ces patientes ne consultent pas facilement les psychanalystes d’autant plus que ces derniers n’étaient pas toujours préparés à les recevoir. Mais il peut arriver par décision personnelle ou sous l’influence de la famille ou d’un médecin, qu’elles s’adressent à un psychanalyste. Il s’agit alors d’anorexies qui débutent et de formes relativement accessibles, parfois de formes transitoires pouvant s’effacer rapidement. Dans les formes graves de la maladie, la psychanalyse n’est pas sans analogie avec celles des psychotiques c’est à dire leurs difficultés et leurs aléas. La toute puissance est une de ses expressions qui représente un des obstacles , souvent tenace, aux démarches thérapeutiques. Un autre obstacle de taille sera l’emprise exercée en permanence par ces analysés sur leur corps et leur psyché. Ces besoins ne manqueront pas de s‘exercer sur le psychanalyste. La psychanalyse révèle la précocité des troubles alimentaires qui, à l’époque, n’avaient pas spécialement alerté la famille. Ce type de symptôme n’a pas seulement besoin d’être interprété quand cela devient possible ; le rôle du psychanalyste est d’abord d’être le témoin d’une souffrance de l’enfance n’ayant trouvé, dans un passé lointain, aucun écho dans son entourage. Quand la période critique liée aux problèmes de survie corporelle est suffisamment dépassée, dans la cure pasychanalytique, la qualification des affects déniés autrefois (disqualifiés aussi ) permet progressivement le réinvestissement d’une vie psychique pauvre, délibidinalisée, qui oscille entre l’intellectualisation rationalisante défensive et images crues Les affects encore très corporéisés sont facilement débordants, désorganisants quand ils reviennent. 8/ Conclusion. Chez les anorexiques le clivage est structurel, affectant gravement l’édification du moi et la pulsion peine à émerger du besoin car les besoins de l’enfant ont été disqualifiés. L’avènement de la génitalité est gravement compromis. Cela indique la direction des psychothérapies des anorexiques : être témoin d’une souffrance jadis ignorée, requalifier les perceptions internes du sujet masqués par le déni, participer avec l’analysée à la reconstruction d’un ordre plus marqué par la symbolisation. Que peut-on attendre d’une psychanalyse ? Tout dépend évidemment de l’âge de l’analysée, de l’intensité de la pathologie. Dans les cas graves, la psychanalyse, n’est pas tout. Il y a un problème de danger vital. La première chose est qu’un médecin prenne en charge la santé physique, de façon régulière ; d’ailleurs, si la maladie se prolonge, des troubles métaboliques divers sont à surveiller. En cas de danger, l’hospitalisation est nécessaire ; même dans des cas pas trop inquiétants, chez des jeunes filles dont la pathologie est récente, la prise en charge médicale sur place est très utile. Toutes les anorexiques ne sont pas des indications de psychanalyse et beaucoup d’ailleurs ne le souhaite pas, ce qui est peu dire. Dans les formes graves , la psychanalyse empêche de mourir, tout en gardant des symptômes. Dans notre cas, une psychanalyse ne va pas sans souffrances, les prises de consciences de telles plaies étant d’une telle douleur qu’elles peuvent mettre en péril la suite de la cure. Le jeu en vaut-il la chandelle ? Si la personne le désire pourquoi pas ? Mais en fin de compte, on peut plutôt considérer les cas extrêmes comme une recherche. L’expérience acquise dans ce domaine bien particulier par les psychanalystes a beaucoup progressé et peut permettre d’aborder plus précocement et plus efficacement ces pathologies au début. Il semble que lors des perturbations de l’adolescence, qui est de toute façon une période de crise, tout symptôme ne doit pas être pris pour argent comptant d’une décompensation. A l’inverse, il faut être vigilant envers certains signes qui peuvent être précurseurs d’une malignité : la constellation anorexique qui s’organise à ce moment est un des signes qui doivent alors retenir l’attention. Bibliographie : Kestemberg E (1978), La relation fétichique à l’objet. RFP, 47 , 195-214. Bell R.M (1985), Holy Anorexia, Chicago, Londre, The university of Chicago Press, trad. Franc., L’anorexie sainte. Jeûne et mystiscisme du moyen-age à nos jour, Paris, Cerf, 1994. Garret C (1997) « Recovery from anorexia Nervosa : a sociological perspective », international journal of Eating Disorders, 21, 261-272. Maître.J (1995), L’Orpheline de la Bérésina. Thérèse de Lizieux, Paris, Cerf. Maître.J (1997), Mystique et féminité. Essai de psychanalyse sociohistorique, Paris, Cerf.. Kestemberg E (1978), La relation fétichique à l’objet. RFP, 47 , 195-214. Vermorel H (2002) Abord métapsychologique de l’anorexie mentale, RFP 5.2001 1537-1549 Maître.J (2002), Anorexies religieuses. Anorexie mentale. RFP 5.2001 1551 | |||
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| marquise Modérateur Messages postés : 9 *Une Roue* ![]() |
J'arrive un peu tard Barbizou, mais tu sais faut pas croire tout ce qu'on dit. Avec de la volonté et un bon entourage, on peut en guérir. J'ai déjà rencontré des filles qui s'en sont très bien tirées. Faut jamais désespérer, surtout si autour d'un vouloir s'en sortir il y a une motivation comme l'amour. C'est comme de l'alcool, beaucoup disent que l'on ne s'en sort jamais. Pourtant il y a des etablissements en France qui garantissent une guérison dans 70 % des cas. c'est tout de même pas mal. | |||
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| entre4roues38 Administrateur Messages postés : 117 ![]() |
elle l'a peut etre trouve le declancheur .....;) | |||
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| Its handicap Messages postés : 8 *Une Roue* |
ouaip je suis bien d accord c poa pasqke ya qq un qui a dit qqchose qu il a raison tu dois toujours croire en toi et en tes capacites et avec ca je suis sur que tu y arriveras en tt cas tu auras tjs mon soutient!!!!!! chalut!!!!!!! |
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