Philippe de Neuville Messages postés : 726 "La critique est aisée, et l'art est difficile."  |
Posté le 14/09/2009 18:44:18 | | Le droit de travailler dans sa propre langue dans son pays
(MFI) La diversité linguistique se défend aussi dans les entreprises. Si au Québec, la
Charte de la langue française institue dès 1977 le droit fondamental de tout Québécois à
travailler en français, en France ce n’est qu’en 1994 qu’est introduite l’obligation d’emploi
du français au travail, à laquelle la jurisprudence ne donne corps que depuis 2006. Pourtant,
la situation en Europe est critique. Au point qu’émerge aujourd’hui un front syndical
européen en faveur du droit de travailler dans sa langue nationale dans son pays. L’OIF,
pour sa part, soutient l’association APFA qui s’apprête à délivrer les premières Validations
des acquis francophones initiaux en entreprise (VAFIE).
« La situation ne fait qu’empirer, s’indigne Albert Salon. Malgré les procès gagnés et les
réactions qui ne cessent de s’amplifier, les mauvaises pratiques dans les entreprises actives en France
continuent : on impose aux salariés de travailler dans une langue qui n’est pas la leur – le plus souvent
en anglais. Cette pratique, qui concernait surtout les cadres, s’étend désormais de plus en plus aux
relations internes et aux techniciens, parfois par logiciel interposé. On prétend que l’anglais serait la
langue du commerce extérieur. Mais la langue du commerce extérieur, n’est-ce pas la langue du
client ? », s’interroge l’ancien ambassadeur, qui préside à la fois la section française du Forum
francophone international (FFI) et l’association Avenir de la Langue française (ALF).
L’Europe en pleine « reconversion linguistique » ?
« Nous assistons à l’effacement du français en France », où des travailleurs sont parfois
confrontés à des instructions en anglais qu’ils ne maîtrisent pas, ce qui entraîne « souffrance,
acculturation et problèmes de sécurité », confirme Jean-Loup Cuisiniez, syndicaliste de la CFTC qui
entame sa « dixième année de vigilance et d’action sur la question linguistique ». C’est presque
naturellement qu’il était devenu le porte-parole du collectif intersyndical pour le droit de travailler en
français en France, collectif né en 2006 à la suite de l’affaire de sur-irradiation à l’hôpital d’Epinal, dans
l’Est de la France. Si ce collectif intersyndical, dont la finalité était de sensibiliser les grandes
confédérations sur l’importance de la question de la langue au travail, a vécu, son action se poursuit sous
l’égide des organisations syndicales elles-mêmes et des associations partenaires qui restent mobilisées.
C’est ainsi qu’à la suite d’une première manifestation réussie le 8 février 2007 à Paris sur le droit
de travailler en français en France, a été organisée, le 9 mars 2009 à Paris toujours, une conférence de
sensibilisation pour le droit de travailler dans sa langue nationale dans son pays. Le concept, en effet
– conformément à l’idée francophone de diversité culturelle, pourrait-on dire ! –, a été étendu. Etaient
ainsi invités, outre les syndicats, associations et parlementaires français, des syndicalistes et associations
de pays européens voisins ainsi que du Québec. Car si la question est d’une évidente actualité en France,
« c’est toute l’Europe, alerte Jean-Loup Cuisiniez, qui fait face – bien après la reconversion industrielle –
à une reconversion linguistique. L’anglais se substitue aux langues nationales avec le consentement
inconscient des citoyens. Et pendant que les anglophones améliorent leurs compétences techniques, les
francophones sont contraints d’améliorer leurs compétences en anglais… »
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