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forum Index du forum forumBelgique forumLe choix de la France, ce n'est plus un mythe ...

Auteur : Sujet: Le choix de la France, ce n'est plus un mythe ...  Bas
 SBJ
 Messages postés : 29
 Tora un nonosse
 SBJ
  Posté le 22/10/2003 17:50:34
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Non, ce n'est plus un mythe pour qui veut réflechir sérieusement à l'avenir de la Wallonie et de Bruxelles.

La Belgique fut française, on le sait, de 1794 à 1815. C'est par un double accident de l'Histoire qu'elle en est sortie : la défaite de Waterloo, en 1815, d'une part et le Congrès de Vienne qui la rattacha aux Pays-Bas ; le choix malheureux, fait en 1830, après la révolution belge de septembre, lors de la Conférence de Londres d'en faire un Etat indépendant, ce qu'elle n'avait jamais été...

Artefact de l'Histoire, l'Etat-Belgique traîne depuis plus de cent soixante-dix ans un malaise profond, celui de deux peuples qui ne sont jamais arrivés à s'aimer, et qui en viennent progressivement à se haïr tant les évolutions institutionnelles de ce petit pays ont mis en exergue une fracture insurmontable.

En 1999, Paul-Henri Gendebien, ancien député belge et européen, et délégué général de la Communauté Wallonie-Bruxelles à Paris, a fondé le R.W.F. (Rassemblement Wallonie - France) qui, depuis  peu s'est doublé d'une antenne bruxelloise, le R.B.F. (Rassemblement Bruxelles - France).

Le constat de P.-H. Gendebien est accablant : "Que restera-t-il de la Belgique dans dix ans ?" pose-t-il en exergue d'un ouvrage intitulé "Le choix de la France", paru aux éditions Luc Pire (Bruxelles) en 2001. "Comment la Flandre réussira-t-elle à s'ériger en Etat-Nation ? Les Wallons et les Bruxellois assisteront-ils, impuissants, à la "reconquête" de Bruxelles par la Flandre et à l'extension de son protectorat sur la Wallonie ? Une implosion des territoires belges en "Etats-confettis" de type balkanique n'est pas à exclure - les Balkans à 300 km de Paris ...  ? -. Pour l'éviter, il est vain de croire à la renaissance nostalgique d'une belgitude mythique. Quant au fédéralisme, il n'a pas permis de surmonter le malheur belge, c'est-à-dire une dualité qui remonte à 1830. La solution qui n'affecterait pas l'équilibre de l'Europe est dès lors simple : l'indépendance de la Flandre, la réunion de la Wallonie et de Bruxelles à la France".

N'est-ce pas, au demeurant, ce qu'en 1965 déjà, préconisait le Général de Gaulle, dans un entretien avec le professeur de l'Université de Louvain, Maurice Liénard, que le Général avait reçu à l'Elysée. Le fondateur de la Vème République ne cachait pas ses aspirations pour la Wallonie : "La politique traditionnelle de la France a toujours tendu à rassembler dans son sein les Français de l'extérieur. La Wallonie a été exclue de ce rassemblement par un accident de l'Histoire. Elle a pourtant toujours vécu en symbiose avec nous. (...) C'est un drame pour le peuple wallon dont le passé est si remarquable de dépendre aujourd'hui d'un autre peuple qui ne fera rien d'autre que de l'étouffer en attendant de l'absorber un jour. (...) Si un jour une autorité politique représentative de la Wallonie s'adressait officiellement à la France, ce jour-là de grand coeur nous répondrions favorablement à une demande qui aurait toutes les apparences de la légitimité (...). Rien n'est jamais définitivement perdu dans la vie des peuples si ses dirigeants ne s'abandonnent pas au faux fatalisme de l'Histoire" (cité par Alain Peyrefitte, in "C'était De Gaulle", t. III, Paris, éd. de Fallois, 2000).

"Il est certain que les peuples sont, à la longue, ce que le gouvernement les fait être" (Jean-Jacques Rousseau, Encyclopédie, 1735)
 Marc PHILIPPE
 Messages postés : 3
 Bizut
  Posté le 23/10/2003 22:26:09
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Conformément à tes voeux, me voilà inscrit, mon cher Romain, sur ton tout nouveau et très beau site.

Vive la République !

Marc

 Dylan
 Messages postés : 7
 Bizut
 Dylan
  Posté le 30/10/2003 11:44:48
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Je pense que la seule chose qui lie encore les wallons et les flamands entre eux c'est la royauté...
Si la royauté disparait la Belgique éclatera smile/eek.gif

maintenant penser à un rattachement...j'y serai largement pour, tout comme je serai pour un rattachement avec le Québec...mais ce sont les Wallons qui devront en décider...en tout cas les portes leurs sont ouvertes  

arfffff
 david
 Administrateur
 Messages postés : 154
  Posté le 30/10/2003 15:44:50
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Voici une citation intéressante et étonnamment actuelle que je rapporte ici pour qui ne la connaîtrait pas encore. Bien que longue, elle mérite d'être connue.

Citation de Grégoire, Sur l’incorporation de la Savoie à la France, 27 novembre 1792.

Des nations diverses ont-elles le droit de se réunir en un seul corps politique ? Cette question porte avec soi sa réponse ; c'est demander en d'autres termes si elles sont souveraines. En s'identifiant, elles n’aliènent pas la souveraineté, elles consentent seulement à augmenter le nombre des individus qui l’exercent d'une manière collective.
(...)
Veut-on nous dire enfin que les divers états du globe formeront des alliances ? Cette hypothèse ne s'applique guère qu'à ceux qui sont rapprochés par des relations commerciales ; ainsi, bien du temps doit s'écouler encore avant que les Français signent un traité avec les Schoudes ou les Pepys ; et, sous ces divers aspects, la République universelle est en politique ce que la pierre philosophale est en physique. Si la République universelle n'était pas un être de raison, c'est sans doute en se fédérant que les grandes corporations du genre humain communiqueraient entre elles ; mais si l'on voulait ensuite appliquer ce système à notre gouvernement, si, au lieu de former un tout indivisible, on bornait ses fractions à des points de contact, ce serait le comble de la démence ; le système fédératif serait l'arrêt de mort de la République française.

Après avoir soufflé sur des chimères, rentrons dans l'ordre du réel et de l'utile.

Le peuple de Savoie est souverain comme celui de France, car la souveraineté n'admet ni plus ni moins ; elle n'est susceptible ni d'accroissement, ni de diminution ; la progression graduelle de la population et des richesses augmente la puissance, mais non la souveraineté : Genève et Saint-Marin la possèdent dans un degré aussi éminent que la France ou la Russie, et lorsqu'une nation peu nombreuse s'unit à une grande nation, elle traite d'égal à égal, sinon elle est esclave.
(...)
La première question qui se présente est de savoir si l’intérêt politique de la France lui permet de s'agrandir et d'accéder à aucune demande en réunion. Le but de l’association politique est de procurer aux individus la liberté, la sûreté, le bonheur ; pour atteindre ce but, il faut à l'état une puissance ; cette puissance est réelle ou relative : elle est réelle, lorsqu'on y voit prospérer l'agriculture et le commerce, lorsque l'amour de la patrie, l'austérité des mœurs et la fierté du courage forment autour de l'État une enceinte impénétrable ; elle est relative, lorsque sa contiguïté à des voisins faibles lui assure la supériorité des forces et celle de l'opinion, elle peut influencer leurs décisions et se garantir de leurs attaques. Sparte et Athènes étaient resserrées dans un territoire peu étendu ; mais comparées à cette foule de petites républiques qui partageaient la Grèce, elles étaient des puissances formidables.

L'État atteint son but, lorsqu'il procure aux individus qui le composent tout ce qui sert à leur consommation, à leurs besoins ; et l'étendue de sa puissance n'est point alors un élément nécessaire de la félicité publique. Sous nos yeux, Raguse, Gênes, Genève, et Gersaw, la plus petite république connue, furent constamment plus heureuses que la plupart des vastes empires de l'Europe. Ces petits États ont été garantis d'invasions étrangères, soit par leur position géographique, soit que l’exiguïté de leurs forces n’éveillât pas la jalousie des grandes puissances, soit enfin que leurs liaisons avec celles-ci les aient mises à l'abri de toute attaque ; mais lorsqu'un état se trouve exposé aux agressions de ses voisins, lorsque la nécessité de combattre une grande puissance nécessite de grands moyens, il peut lui être utile sans doute d'accroître ses domaines. Le terme de cet agrandissement est un problème dont nous allons tenter la solution.

Dans un pays très vaste, la disparité de mœurs et de climats contrarie souvent cette simultanéité ; ses forces s'affaiblissent, lorsqu'il faut les répartir sur une vaste surface, et les fractionner pour la garde de frontières très étendues, et qui multiplient le nombre de ses voisins. D'ailleurs, l'énergie du gouvernement s'atténue, lorsqu'elle agit à grande distance. Plus une corde s'étend, plus elle décrit la courbe, image sensible d'un trop vaste empire, où le lien social se relâche et dont les ressorts se détendent. Ainsi, quoique le mouvement imprimé soit un dans ses principes, sa direction se ramifie à l'infini ; de là résulte la complication dans les mouvements secondaires, la difficulté dans les communications, ce qui altère la forme du gouvernement et facilite des explosions révolutionnaires dans les divers points de l'empire, où un homme en crédit, un Catilina fait fermenter le levain de la rébellion ; et n'est-ce pas ainsi que s'est établi le despotisme presque dans tout univers ? Appelons du moins le passé au conseil du temps présent. Peut-être nous citerez-vous les Chinois, dont le vaste empire date de loin dans les fastes du monde, quoiqu'il n'ait pas été à l'abri des révolutions ; et quand nous vous céderions cet exemple unique qui forme exception, en est-il moins vrai que l'expérience vient à l'appui de nos raisonnements ? Les grands États de l'Asie, qui étaient des colosses d'argile au bras d'airain, se sont affaissés sous leur propre poids ; les conquêtes d'Alexandre devinrent la proie de ses capitaines ; Rome exténuée par sa grandeur disparût sous ses décombres ; les empires de Charlemagne, de Gengis-Khan, de Tamerlan, éprouvèrent les mêmes vicissitudes ; tous ont trouvé dans leur trop grande étendue une des causes principales de leur dissolution ; et sans hasarder, on peut prédire qu'avant le milieu du siècle prochain la Russie sera démembrée.

II est vrai que la forme du gouvernement fournit des données sur l'étendue que comporte un État.

Un préjugé très accrédité veut circonscrire toute république dans un territoire resserré. L'on ne veut pas voir qu'il n'existe aucune parité entre les autres républiques et la nôtre ; celles-là, créées pour la plupart dans l'enfance de l'art social, ne pouvaient s'étendre, sous peine de n'avoir qu'une existence précaire ; la république française, presque la seule qui soit fondée sur les véritables principes de l'égalité, est ramenée sans cesse à l'unité par l'ensemble de ses lois constitutives : dans sa construction savante et hardie, elle trouve le présage d'un bonheur qui embrassera l'étendue des siècles, comme celle des départements.
Les despotes paraissaient craindre qu'elle n'envahît leurs États, et que nous n'aspirions à faire de l'Europe entière une seule république dont la France serait la métropole. Cette domination universelle, était, dit-on, le projet que voulait réaliser Louis XIV. Dès lors il ne peut être le nôtre ; car, quoi de commun entre les rêves ambitieux d'un roi et la loyauté d'un peuple libre ? Ne te rends ni l'esclave des hommes, ni leur tyran, disait quelqu'un à qui la philosophie pardonne presque d’avoir été couronné. Cette sentence de Marc-Aurèle est la devise des Français. L'étendue nécessaire d'un état doit se mesurer sur les localités et le besoin de maintenir l'existence du corps politique.

Appliquons ces principes à la France.

Six cent mille hommes sous les armes, forts de leur courage et de leurs principes, prouvent que sa population suffit pour faire face à la coalition des despotes ; et quelle sera l'immensité de sa puissance lorsque, rendue à la paix, elle verra se développer dans son sein toute la fécondité de l'agriculture, toute l'activité du commerce ? Quant à l’étendue territoriale, que lui servirait de franchir le lac de Genève, le Mont-Cenis ou le Pic du Midi ? Serait-elle plus heureuse enjoignant à ses domaines le pays de Vaud, la Catalogne ou la Lombardie ? Elle doit craindre que les extrémités de sa vaste enceinte ne soient trop éloignées du centre ; alors elle ne pourrait plus surveiller le jeu de la machine, en connaître les rouages, diminuer les frottements et lui imprimer une marche uniforme et constante, autant que le comportent l’imperfection et la faiblesse des ouvrages humains ; dans une grandeur exagérée, elle trouverait le principe de sa décadence, et cet accroissement funeste préparerait sa chute.
La France est un tout qui se suffira elle-même, puisque partout la nature lui a donné des barrières qui la dispensent de s'agrandir, en sorte que nos intérêts sont d'accord avec nos principes. Quand nos armées victorieuses pénètrent dans un pays, contentes d'avoir brisé les fers des peuples opprimés, elles leur laissent la faculté pleine et entière de délibérer sur le choix de leur gouvernement ; ils trouveront toujours en nous appui et fraternité, à moins qu'ils ne veuillent remplacer les tyrans par des tyrans ; car si mon voisin nourrit des serpents, j’ai droit de les étouffer, par la crainte d'en être victime.

Des Français ne savent pas capituler avec les principes. Nous l’avons juré ; point de conquêtes et point de rois.

Mais si des peuples occupant un territoire enclavé dans le nôtre, ou renfermé dans les bornes posées à la république française par les mains de la nature, désirent l’affiliation politique, devons-nous les recevoir ? Oui, sans doute ; en renonçant au brigandage des conquêtes, nous n'avons pas déclaré que nous repousserions de notre sein des hommes rapprochés de nous pour l'affinité des principes et des intérêts, et qui, par un choix libre, désireraient s’identifier avec nous.
Et tels sont les Savoisiens. Conformité de mœurs et d’idiome, rapports habituels, haine des Savoisiens envers les Piémontais, amour pour les Français qui les paient d'un juste retour ; tout les rappelle dans le sein d'un peuple qui est leur ancienne famille. Tous les rapports physiques, moraux et politiques sollicitent leur réunion. Vainement on a voulu au Piémont lier la Savoie. Sans cesse les Alpes repoussent celle-ci dans les domaines de la France ; et l'ordre de la nature serait contrarié, si leur gouvernement n'était pas identique.
(...)
A cette énumération des avantages que nous apporte la Savoie, doit succéder le tableau de ceux qu'elle reçoit en échange ; on y verra que notre mise est infiniment supérieure à la sienne ; je commence par les objets d'industrie. La politique piémontaise fut toujours de s'opposer à tout genre d'établissement qui aurait pu faire fleurir les arts en Savoie ; et par un raffinement de cruauté, elle comprimait l'industrie, étouffait l’émulation et tenait le peuple enchaîné dans la misère, par la crainte que sa prospérité ne tentât l'ambition d'un conquérant ; sûre de ne pouvoir le conserver en temps de guerre, elle se tenait toujours prête à le perdre. Ce pays, condamné à l’anathème politique, payait au Piémont des droits d'entrée sur les objets commerciaux, et était contraint de vendre à la France des marchandises brutes qu'il n'avait pu manipuler ; il en tirait en échange toutes ses marchandises ouvrées, comme étoffes, linge, cuirs tannés et une foule d'objets consommables ; et comme le commerce entraîne journellement des contestations entre le vendeur et l’acheteur, au lieu d'être terminées avec cette rapidité qui n'arrête pas le cours des échanges, la disparité de gouvernement, la différence des lois, la multiplicité des tribunaux, occasionnaient des difficultés interminables qui, en harcelant le consommateur, étaient funestes à la chose publique.

L'unité de gouvernement et de lois va remédier à ces inconvénients ; sous le régime de la liberté, l'industrie va renaître dans un pays qui possède les eaux les plus favorables à la tannerie, aux papeteries, à la draperie. Un travail éclairé soignera les marais, fertilisera les campagnes, ranimera le commerce, sera suivi de l’abondance, et, sous l'égide de la France, cette contrée recevra de sa nouvelle manière d'être une impulsion morale qui bientôt la rendra florissante. Les Savoisiens étaient les ilotes du Piémont ; toutes les branches d'administration, confiées à des mains étrangères, aggravaient leur joug ; ils étouffaient des plaintes que l'on eut traitées comme des cris de rébellion. Dans leur réunion à la France, ils trouveront l’avantage d’être régis par les dépositaires de leur confiance, leurs amis, leurs concitoyens. Trente mille Savoisiens se répandent annuellement en divers pays, mais surtout en France. Là, par l’économie la plus rigoureuse et les travaux les plus pénibles, ils amassent les deniers nécessaires au paiement de leurs contributions. Sur l'impôt d'environ trois millions et demi, deux millions passaient en Piémont pour n'en revenir jamais. L'extraction du numéraire était encore augmentée par l'émigration annuelle des étudiants qui allaient prendre leurs grades à Turin, des militaires qui allaient y passer leur temps de congés, des nobles qui allaient y ramper. Le Piémont pompait tout et desséchait tous les canaux de la prospérité publique. Cette source de biens sera tarie par l’effet de la réunion proposée.
Jusqu’ici l'impôt territorial grévait, en Savoie, ces bons cultivateurs qui sont les nourriciers de l'état. Les maisons de ville conservant la franchise qu'elles avaient obtenue dans les siècles de la féodalité n'étaient point imposées ; désormais la justice répartira les contributions, de manière que le citadin n'échappe pas à l’acquittement des charges publiques. Ne dites pas que la part contributive de la Savoie sera plus considérable que si elle fût restée isolée ; la suppression de la dîme et de la féodalité, l’accroissement de son industrie, de ses richesses, lui rendraient onéreuse une imposition plus forte ; mais dans l'hypothèse de la non-réunion, elle succombera nécessairement sous la masse des impôts. On peut d'abord porter en compte les droits d’importation auxquels le voisinage de la France la soumettrait. Mais à quelles dépenses énormes ne serait-elle pas réduite pour la conservation d'une liberté qu'à la fin elle verrait encore lui échapper.

Formant un état à part, la nécessité d'accroître sa force publique, d'élever des forteresses, de payer tous les agents de son gouvernement, la condamnerait ou, à quadrupler la masse de ses impôts, ou, ce qui est la même chose sous une autre forme, à un emprunt énorme. Trouverait-elle d'ailleurs les fonds de cet emprunt ? Ainsi, commençant par un déficit, sa dissolution politique serait prochaine ; car, malgré ses efforts, bientôt elle serait engloutie par l'invasion de quelques despotes concertés qui aggraveraient son joug, en raison de leur fureur et de leur orgueil humilié ; et le souvenir de la liberté dont elle aurait goûté les prémices, ajouterait pour elle au malheur de l'avoir perdue, Et dès-lors la générosité commande de lui ouvrir notre sein.

Ne craignons pas que cette incorporation devienne une nouvelle pomme de discorde. Elle n'ajoute rien à la haine des oppresseurs contre la révolution française : elle ajoute aux moyens de puissance par lesquels nous romprons leur ligue.

D'ailleurs le sort en est jeté ; nous sommes lancés dans la carrière : tous les gouvernements sont nos ennemis ; tous les peuples sont nos amis ; nous serons détruits, ou ils seront libres... Ils le seront ; et la hache de la liberté, après avoir brisé les trônes, s'abaissera sur la tête de quiconque voudrait en rassembler les débris.
nue.

 argyraspide
 Messages postés : 75
 Tora un nonosse
  Posté le 01/11/2003 00:10:23
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20 ans ce n'est pas un peu court pour affirmer que la wallonie est française? (1794-1815)

 david
 Administrateur
 Messages postés : 154
  Posté le 01/11/2003 08:52:20
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"20 ans ce n'est pas un peu court pour affirmer que la wallonie est française? (1794-1815)"

Comme on le voit avec le texte ci-dessus la nationalité française des savoisiens est venue presqu'en même temps que celle des français qui n'étaient que sujets du roi quelques années avant.

Le problème de la Belgique et qu'elle est le résultat d'une erreur.
Dès le départ, la Wallonie aurait du s'incorporer à la France - or la France était sous la restauration, et les français allaient seulement changer de régime afin que le roi appartienne au français et non l'inverse.

Après quoi les "belges" se sont inventé une nationalité belge s'opposant à celle des Pays-bas en croyant pouvoir supporter le poids de la "nationalité" flamande qui finira par prendre le dessus.

Et voilà comment les francophones de Belgique sont pris au piège, il s'agit de se dépétrer de la ratatouille qui caractérise la politique belge d'aujourd'hui et remettre de l'ordre.

Il est évident, comme dit Grégoire, qu'il y a une affinité de moeurs et de langue entre les francophones de belgique, il n'est pas du tout impossible que la Wallonie et Bruxelles rejoignent la république française.

Les "belges" se sont habitués à voir leur pays petit, tel qu'il est encore aujourd'hui, et il n'y a aucun reproche à faire ni remord à avoir d'aimer sa patrie.

Le travail actuel des réunionistes et d'habituer les "belges" francophones à voir leur pays d'une autre façon, et d'aimer une patrie qui lui sera plus favorable que celle partagée avec les flamands, lesquels finiront par créer la leur ou rejoindre logiquement les Pays-Bas.

 SBJ
 Messages postés : 29
 Tora un nonosse
 SBJ
  Posté le 01/11/2003 21:25:29
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Ce qui est surtout inquiétant, c'est qu'on a PEUR de CONSULTER les Belges sur la question du maintien de l'Etat Belgique. On se voile la face. On a peur de ce que pourraient être les résultats, ou même simplement de courants (séparatistes) que des plébiscites pourraient révéler.

L'exemple de la Savoie, cité plus haut est très intéressant car, en 1860, au même titre que Nice d'ailleurs, elle choisit de manière tout à fait démocratique, lors d'un plébiscite prévu par le traité d'annexion de devenir française. (C'est d'ailleurs une des conditions "sine qua non" prévue par la Constitution française, à savoir que les habitants concernés soient consultés AVANT l'annexion).

Mais c'est une idée très difficile à faire passer en Belgique, tant l'esclavage intellectuel (je suis méchant, mais c'est ainsi ...) est ancré dans les mentalités. Un pays de serfs, malheureusement ... !

"Il est certain que les peuples sont, à la longue, ce que le gouvernement les fait être" (Jean-Jacques Rousseau, Encyclopédie, 1735)

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