FORUM, Forum Discussion, Forum Gratuit, Nom de domaine, Nom de domaine gratuit, Redirection gratuite,

Forum Forum Républicain Administrateurs :Romain, david
Forum Forum Républicain
Non connecté | Se connecter
en ligne : 3 inconnus visitent le forum
Inscription Inscription | Profil Profil | Messages Privés Messages Privés | Recherche Recherche | Online Online | Aide Aide | Créer un blog gratuit

forum Index du forum forumBelgique forumLa Belgique existait-elle avant 1830 ?

Auteur : Sujet: La Belgique existait-elle avant 1830 ?  Bas
 Romain
 Administrateur
 Messages postés : 149
 Romain
  Posté le 07/11/2003 21:37:48
Send a private message to Romain
La Belgique existait-elle avant 1830 ?

http://www.1789-1815.com/belgique1.htm

Aujourd'hui, on est parvenu à faire croire aux Belges eux-mêmes qu'ils n'ont pas d'existence nationale avant 1830, et que l'Etat belge est une création artificielle, imposée par les puissances européennes.

 

Quelques exemples parmi tant d’autres :

 

“Tout cela, à bien y réfléchir, était fatal. Il aurait fallu, pour y échapper, que la Belgique devînt une vraie nation. Elle ne l’était pas à l’origine et ne le fut jamais. Etat artificiel fabriqué par la diplomatie européenne en 1830, elle a semblé devenir réalité grâce à son empire colonial et à sa belle conduite durant la dernière guerre mondiale.”

(René Swennen,  Oui à la séparation., article paru dans le numéro de janvier 1993 du Monde des Débats, )

 

Dans une soirée consacrée à la Belgique diffusée sur la chaîne Arte en décembre 1993, on a entendu Filip De Winter, dirigeant du parti nationaliste flamand (extrême droite) Vlaams Blok affirmer :

“La Belgique est artificielle. Elle a été créée en 1830 en guise d’Etat tampon entre la France et l’Allemagne. On a regroupé deux peuples complètement différents et on leur a donné un roi étranger qui a installé son royaume ici.

“Quant à l’identité belge : il n’y a pas de peuple belge, de langue belge ni de culture belge. Il n’y a pas d’histoire belge avant 1830. Alors comment parler d’identité ? Il y a une identité flamande. L’identité belge est fabriquée. Elle est artificielle. Elle n’existe pas. Et ce n’est pas un tampon sur un bout de carton disant que vous êtes belge qui peut faire de vous un Belge. C’est artificiel, ça n’existe pas. C’est fabriqué, tout comme l’Etat belge. Dans ce pays, il y a deux cultures, deux peuples, deux langues, deux communautés. Il y a même deux économies qui fonctionnent différemment. Il y a deux systèmes politiques aussi. Nous avons bien peu de choses en commun.

(Plus loin il avoue que son but est l’indépendance de la Flandre, un pays souverain avec son appareil d’Etat et ses frontières.)

 

Le concepteur de l’émission, qui avait affirmé en préalable de l’émission “"L’étude de l’histoire est peut-être le dernier rempart au nationalisme et à l’opposition qui peut naître entre les différentes communauté., n’en partage pas moins les vues de De Winter sur  l'histoire de Belgique traditionnelle, qui aurait été créée après 1830 pour justifier l'existence de cette nation artificielle :

 

“Dès 1830, ils font réécrire l’histoire, ils font remonter l’origine de la Belgique à la nuit des temps. Chacun se doit d’honorer les iguanodons de Bernissart et bien sûr les Anciens Belges, quelques tribus du vaste ensemble de la Gaule nordique désignée par Jules César comme étant le territoire des Belges. La charpente de cette histoire de Belgique que les enfants apprennent à l’école est loin d’être logique et oublie allègrement que comtés, duchés, et principautés qui l’ont composé furent longtemps ennemis. Les historiens, dans un grand élan de création nationale s’approprient les princes français, espagnols allemands et autrichiens qui régnèrent sur les provinces belges et en font des souverains nationaux. Charlemagne, Philippe le Bon, Charles Quint, alors qu’ils ignoraient la notion même de l’entité Belgique. Une statuomania envahit les places et les avenues, inventant les exploits des héros de cette Belgique de toujours qui vivaient de façon prémonitoire.”

 

Le sommet de la bêtise et de l'ignorance se trouve dans le numéro de la revue Tradition de juin 1987, dans lequel on apprend qu’il ne faut pas parler à propos de la campagne de 1815 de Campagne de Belgique, mais des Pays-Bas :

“Dans les provinces rattachées depuis 1813 à la Hollande qui, lors de leur déclaration d’indépendance en 1830, ont pris le nom de “Belgique”. En conséquence, aujourd’hui, lorsque l’on dit “la campagne de Belgique” ou “l’armée hollando-belge”, on anticipe de 15 ans l’existence de la Belgique, pays dont la notion même n’existait pas en 1815. “

 

 

Quant à Maurice Paquet, dans un chapitre intitulé : “Généalogie de la Belgique Contemporaine” dans son livre “Le Fascisme Blanc, Mésaventures de la Belgique” (Éditions de la Différence, Paris 1998), il écrit :

 

“C’est de cette fureur [le chaos révolutionnaire] ou plus précisément de la tentative des grandes puissances d’y mettre fin qu’est née la Belgique. Celle-ci résulte plus d’une négociation géopolitique menée à Londres par l’Autriche, l’Angleterre, la France, la Prusse et la Russie que d’une volonté révolutionnaire de nature autonome.“

Après avoir esquissé la révolution dite brabançonne, à laquelle il refuse l’adjectif “nationale”, Marcel Paquet continue :

“La France gagna à Jemappes en 1792, l’Autriche à Neerwinden en 1793, la France de nouveau, à Fleurus en 1794, et c’est sur la base de cette victoire française que s’imposa, du dehors, la première unification : les Français créèrent neuf départements (...) et après une occupation militaire de quelques mois, “quelque chose” comme la future Belgique se trouva intégrée à la France du Directoire, puis du Consulat, puis de l’Empire. Ce fut la première expérience de centralisation et de structuration administrative et juridique, et c’est à cette époque (...) que commence à s’estomper la différence entre Liège et les Pays-Bas autrichiens. Mais il convient de le souligner, la Belgique d’alors, en tant que telle, n’existe pas : elle est tout simplement française. Pour qu’une idée d’indépendance vienne à poindre, il faudra l’entrée sur le territoire de toutes les puissances coalisées contre Napoléon Ier.”

 

C’est donc entendu. Il n’y a pas même d’idée de Belgique avant 1830...  Il est dommage pour les défenseurs de cette thèse qu’il y ait tant de textes qui viennent démontrer le contraire. Mais il est heureux pour eux qu’ils ne soient pas connus.

On trouvera des éléments de l’histoire de Belgique en 1789-1790 dans la Chronique des Révolutions Belgique et Liégeoise.

 

Les quelques textes qui suivent montrent que l’idée d’une Belgique, en tant que nation autonome, n’a pas été imposée en 1830 par les puissances européennes à des populations qui n’y auraient pas même songé :

 

Le 4 décembre 1793, une députation de Belges et de Liégeois se présente devant la Convention, à Paris. Elle est composée de députés de Bruxelles, du Hainaut, et du Tournaisis.  L’orateur de la députation dit :

“Les tyrans de Berlin et de Vienne ont disparu devant les soldats de la liberté. Ils ont appris, dans le désordre tumultueux de leur défaite, qu’il est insensé d’opposer des armées d’esclaves au courage stoïque des nations indépendantes ; et ces braves soldats devenus nos frères, serrés dans nos bras, arrosés de nos larmes, jouissent à nos yeux d’un triomphe d’autant plus cher, que la loyauté française n’a d’autre objet que de briser nos chaînes, et de nous rendre indépendants.

Non, législateurs, non, peuple Français, les Belges ne seront point ingrats, et leur reconnaissance vous offre en tribut tout leur sang, toutes leurs fortunes ; cette reconnaissance même, chaque jour plus active par les effets de notre enthousiasme, vous atteste que les Belges sont mûrs pour la liberté.

Des calomniateurs qui se targuent du beau nom de démocrates chercheraient en vain à peindre sous des rapports infidèle notre esprit, nos mœurs, nos manières ; nous avons connu, exercé les droits de la liberté pendant quatorze siècles ; et si les tyrans en ont paralysé les effets, depuis le duc d’Albe jusqu’à l’époque présente, nous n’avons jamais cessé de combattre, par l’insurrection, les injustices et l’oppression des successeurs de Philippe II.

La maison d’Autriche, durant deux cents années que son despotisme a gouverné, n’a pas cessé de nous voir indépendants par principes, et prêts à lui opposer la résistance de la force ; et nous pouvons dire qu’avant la fin du XVIe siècle il n’y avait que les Belges et les Suisses qui connussent la liberté en Europe. “(Le Moniteur, 5 décembre 1793.)

 

Dans un discours prononcé à la Convention le 25 vendémiaire an 3 (16 octobre 1794), le représentant Bourdon de l’Oise dit :

 

“Citoyens, voulez-vous faire une paix glorieuse ? voulez-vous arriver jusqu’aux anciennes limites de la Gaule ? Présentez aux Belges tranquilles une révolution paisible, une république sans représentation à côté de la vraie représentation, une république sans comités révolutionnaires teints du sang des citoyens. Dites aux Belges : “Vous voulez une constitution à peu près libre, nous vous donnons la liberté tout entière ; les cicatrices de nos plaies sont encore sur notre visage ; venez, serrez-nous dans vos bras, vous aurez la république sans passer par ces malheureuses périodes qui ont fait gémir nos cœurs.”

“Citoyens, vos ennemis ont empoisonné vos Sociétés populaires et vos sections d’hommes inconnus à ceux qui ont commencé la révolution en 1789, d’hommes qui ne veulent que pillage, que désordre, que meurtres, qu’assassinats : ce sont ces hommes qu’il faut faire rentrer dans la poussière, et c’est ce qu’on vous demande en vous proposant la garantie de la correspondance. (...)

“Si vous voulez dégoûter les Belges et tous les peuples jusqu’au Rhin de faire cause commune avec vous, il faut tenir aux mauvais principes qui ont désolé votre pays jusqu’à présent ; souvenez-vous que vos ennemis mettent tout en œuvre pour les détourner de s’unir à vous. Comment voulez-vous, leur disent-ils, qu’on traite avec la France ? est-ce à la Convention ou aux Jacobins qu’il faut s’adresser ? Mais, citoyens, quand vous aurez de l’unité, de l’ensemble dans votre gouvernement, vous verrez qu’aucun peuple ne déteste la liberté ; vous verrez que, si le lion belge fut opprimé, il ne fut jamais esclave ; vous verrez qu’il se jettera avec joie dans les bras de l’indépendance. La maison d’Autriche ne tenta jamais de lui ôter l’espèce de liberté dont il a toujours joui, parce qu’elle savait qu’elle n’aurait jamais pu y parvenir ; mais elle se servit des infâmes prêtres pour réussir dans ses desseins. Portons à ce peuple généreux une autre religion, portons-lui celle de la liberté et de l’égalité ; il l’adoptera certainement. Il pourra arriver que quelques imbéciles ou quelques vieilles veuillent en dégoûter les autres, mais l’homme du peuple, l’homme éclairé sur ses intérêts et sa dignité, dira : “Voilà la divinité pour laquelle j’ai combattu ; je m’attache au peuple qui me l’assure, au peuple qui me rend la libre navigation que m’avaient ravie la Hollande et l’Angleterre.” (Le Moniteur, 28 vendémiaire an 3-19 octobre 1794).

 

Conseil des Anciens. - Suite de la séance du 22 prairial an 7.

Beerembroek : (...) “Représentants du peuple, quel est celui de nous qui peut être indifférent sur le sort de la Belgique ? Sans doute, il faut y faire exécuter les lois ; sans doute il faut l’arracher à la superstition dans laquelle elle a gémi depuis tant de siècles ; sans doute il faut la soustraire à l’influence des prêtres. Mais pourquoi, par un excès contraire, est-elle livrée aujourd’hui aux apôtres de l’immoralité ? pourquoi est-elle livrée à quelques hommes déhontés, indignes du nom de républicains, indignes du nom de Français, qui, n’ayant aucune existence dans leurs départements, ou qui, flétris par l’opinion publique, ont été jetés par le volcan révolutionnaire comme une lave dévastatrice sur le sol de la Belgique, pour corrompre les mœurs simples de nos habitants par leurs coupables excès, par la débauche et la plus infâme crapule ?”

(Journal des Débats, 26 prairial an 7, n°25)

 

N° 37, du 7 messidor.

Conseil des Cinq-Cents. Séance du 30 prairial.

Frison. : Je puis citer un fait à l’appui de la proposition. C’est dans la Belgique surtout que les arbitraires ont eu lieu, et que les arrestations ont frappé les citoyens de terreur ; les vexations éprouvées ont été en partie la cause des troubles qui s’y sont élevés. Ramenez les principes et la justice, et vous rattacherez tous les Belges à la république. Un citoyen nommé Jaubert a été mis au Temple en ventôse dernier, et il n’a pu, quelles qu’aient été ses réclamations, obtenir d’être mis en jugement.

(...)

Dineffe (de Liège) : La république est-elle en danger ? Oui, nul ne peut le nier ; jamais conspiration plus astucieuse n’a été ourdie : les César et les Marius ont fait un partage géographiquement monarchique ; il est difficile de croire que tout le directoire y ait été étranger. C’est dans la Belgique surtout que les hommes à la livrée de Merlin ont commis les actes arbitraires qui ont rendu ces contrées si malheureuses. Il existe dans ce pays un parti qui veut le révolutionner, et le livrer à l’Autriche. Merlin, je t’accuse d’être de ce parti : tu as été pour mon pays un second duc d’Albe. Je vote contre toi le décret d’accusation, je ne sais pas transiger avec les ennemis de mon pays.

(Le Compilateur, N° 37. Du 7 messidor an 7. )

 

 

Les colonnes mobiles des départements du Nord, de l’Aisne et du Pas-de-Calais sont désignées pour être mises en réquisition et maintenir la tranquillité dans la ci-devant Belgique, dans le cas d’un débarquement des Anglo-Russes. (Journal de Paris, 9 fructidor an 7)

 

Séance du 2 fructidor. Beerembroeck entretient le conseil du dévouement des nouveaux conscrits du département de Jemmapes. Ils ont juré de périr, et leurs parents de faire tous les sacrifices, plutôt que de rentrer sous la domination d’un tyran, qui a inondé la Belgique du sang de ses habitants.

(Le Compilateur n°28, 17 fructidor an 7)

 

Conseil des Cinq-Cents, séance du 24 fructidor.

Digneffe (de l’Ourthe) : Je viens attirer l’attention du conseil sur les neuf départements réunis. (...)

Il fait l’historique des révolutions de la Belgique ; il démontre que si l’on avait traité la Belgique comme il convient à un gouvernement sage et prévoyant, il y a longtemps qu’elle serait complètement identifiée avec l’ancienne France ; mais il la prend au moment où, attendus en libérateurs, les Français y entrèrent en 1792, et il la voit livrée sans interruption à une nuée d’agents ineptes, pillards et loquaces, à des proconsuls dont les mieux intentionnés étaient ceux qu’on n’écoutait pas. Bientôt on étendit sur ces belles contrées un système spoliateur ; les plaintes et les murmures commencèrent ; les Belges allaient se colérer, lorsque les armées autrichiennes vinrent peut-être épargner des insurrections aux uns, et des injustices nouvelles aux autres ; et la France, malgré des fautes qu’ils se plaisaient à rejeter sur ses agents, était encore le point vers lequel ils tournaient leurs regards et leurs espérances.

Les espérances des Belges et des Liégeois ne furent pas déçues. Les Français achevèrent de reconquérir des provinces qui allaient devenir pour la France une source éternelle de richesses et de propriétés agricoles et commerciales. (...)

Ce qui a contribué surtout à mécontenter les habitants des neuf départements réunis, c’est la conduite des agents du gouvernement ; ils sont toujours sortis des limites constitutionnelles, en raison que ceux dont ils tenaient leur pouvoir s’en éloignèrent.

A quoi attribuer une marche d’opérations aussi désastreuses ? à l’impéritie, à la cupidité, aux passions haineuses et rancunières des hommes qui ont circonvenu l’ancien directoire ? Sans doute, les passions ont beaucoup influé sur les malheurs des Belges et des Liégeois ; mais il est une cause plus puissante, plus sourde et plus adroitement perfide. Cause première, à mon avis, tandis que les autres ne lui sont que secondaires et subordonnées : c’est l’influence des ennemis extérieurs de la République ; c’est celle surtout d’une famille ambitieuse, réduite, en apparence, à la nullité, mais qui tient trop, et depuis trop longtemps, aux Pays-Bas pour consentir si facilement à abandonner ses anciennes espérances.

Qu’il ait existé un plan des dix-sept provinces belgiques ; que ce plan ait été formé dans les temps des troubles qui éclatèrent dans la Belgique sur la fin du seizième siècle, et auxquels la Hollande a dû son existence politique ; que la célèbre et ambitieuse maison qui commença la révolution dans ces contrées ait toujours porté ce plan dans son sein ; que son influence ait reparu à chaque époque marquante de l’histoire de la Belgique ; que cette influence se soit surtout exercée pendant les mouvements des années de 1787, 1789, 1790 et depuis ; que cette influence existe encore aujourd’hui, c’est ce qui ne sera révoqué en doute que par ceux qui n’auront suivi ni l’histoire des Provinces-Unies, ni la politique, ni les mouvements ordinaires au cœur humain. (...)

Je demande en conséquence la formation d’une commission de cinq membres, chargée de vous présenter des vues sur les différents points propres à prévenir l’effet des manœuvres de la maison d’Orange et du cabinet de Saint-James, et à rattacher les habitants des départements réunis à la République. Cet avis est adopté.   (Journal des Débats, 25 fructidor an 7)

 

Conseil des Cinq-Cents. Séance du 5e jour complémentaire.

Légier : Non, aucun de nous ne voudra jamais souscrire à une paix honteuse ; oui, la constitution de l’an 3, et l’intégralité du territoire français : voilà des objets sacrés auxquels on n’attenterait pas impunément ; les braves Liégeois, les Belges fidèles sont sûrs de n’être jamais abandonnés.

(Un mouvement unanime d’adhésion se manifeste.)

Une foule de voix : Non, non, jamais.

D’autres : Il n’y a plus de Belges ni de Liégeois, il n’y a que des Français.

Légier. Ils sont devenus Français ; ils sont nos frères, rien ne peut nous en séparer.

(Journal des Débats, n° 130, 6e jour complémentaire. an 7)

 

Extrait d’une lettre de la Belgique. La nomination du citoyen Bourdon au ministère de la marine a comblé de joie les citoyens bien pensant des départements de la Belgique. La conduite vraiment patriotique du citoyen Bourdon durant son administration à Anvers lui a valu l’estime de tous et l’amitié de ceux qui ont eu directement affaire à lui. Ce choix du gouvernement est un des moyens les plus sûrs de lui attirer la confiance de nos départements, que tant d’autres circonstances n’ont pu qu’altérer. Puisse-t-il être le précurseur des autres mesures propres à se concilier l’affection des Belges. (Journal de Paris, 10 thermidor an 7)

 

1814

 

Le 8 février 1814, le général commandant les armées alliées en Belgique, le duc de Saxe-Weimar, écrivait dans une proclamation affichée à Bruxelles : "Qu'elle renaisse cette Belgique jadis si florissante, qu'elle renaisse sous l'égide de l'ordre et du repos. L'indépendance n'en est plus douteuse, mais allez la mériter par la conservation de l'ordre intérieur et par l'organisation de levées militaires qui combattront pour la liberté et l'honneur."

 

Dans une proclamation du 4 mars 1814 relative à la formation de la Légion Belge, le gouverneur militaire de Bruxelles, le comte de Lottum écrivait : "Ressouvenez-vous, braves Belges, des exploits de vos ancêtres. Pensez à l'état d'opprobre et d'esclavage du chef de l’Église qui, par un dévouement héroïque et digne des couronnes célestes, a su sauver les intérêts de la Sainte Religion. Il s'agit de sa libération, il s'agit de votre honneur, de votre existence politique, du bonheur de vos familles."

Sous la pression des événements, le prince-souverain des Pays-Bas hâta la réunion projetée de la Belgique et de la Hollande. Le 16 mars, il se fit proclamer par les États Généraux roi des Pays-Bas et grand-duc de Luxembourg.

Dans sa proclamation du 16 mars 1815, "portant déclaration que tous les pays qui sont sous son gouvernement forment le Royaume des Pays-Bas, Guillaume rappelle que ce sont les puissances assemblées au Congrès de Vienne qui se prononcent pour la réunion de la Hollande et de la Belgique, et que les habitants des "provinces Belgiques" ont témoigné leur joie sur cette importante mesure. Et il continue : "Animés par le suffrage des plus puissants souverains ; nous confiant en cette noble passion pour la liberté civile et l'indépendance, qui, de tout temps, a caractérisé les Belges (...) nous prenons aujourd'hui le sceptre en mains.

__________________________________________________


Qu'en pensez vous ?

 SBJ
 Messages postés : 29
 Tora un nonosse
 SBJ
  Posté le 07/11/2003 22:39:15
Send a private message to SBJ
Il y eut un éphémère "Etat-Belgique-unis" en 1790.
Sinon, la "Belgique" ne fut JAMAIS un Etat indépendant. Elle a toujours été morcelée (Principauté de Liège, Comté de Flandre vassal du Roi de France, etc.) ou dominée par d'autres (Habsbourg, République puis Empire français, Hollande).
Ce qui est vrai, c'est qu'il y a une contrée "belgique", un "pays" (au sens de contrée) aux contours mal définis existant déjà du temps de la Gaule. A une certaine époque, cette "Belgique" s'étendait jusqu'aux portes de Paris (Lutèce), et la capitale en était Reims, mais au nord, une partie de la Belgique actuelle faisait partie de la Germanie.
Je ne crois pas que l'important soit l'existence du terme "Belgique", ou même d'une contrée "Belgique". Ce qui importe est de réaffirmer qu'il n'y a pas de raison que ces "régions" constituent un "Etat" indépendant (pas davantage, en tout cas que les "régions" naturelles - je n'utilise pas le mot "région" ici au sens institutionnel - de France).

"Il est certain que les peuples sont, à la longue, ce que le gouvernement les fait être" (Jean-Jacques Rousseau, Encyclopédie, 1735)
 Romain
 Administrateur
 Messages postés : 149
 Romain
  Posté le 07/11/2003 23:08:43
Send a private message to Romain
il me semble important de ne pas parler de la gaule belgique qui ne peut susciter que confusion. Par contre Etat-Belgique-unis est beaucoup plus important.

Il me semble particulièrement important de se réferer concernant la nation au contexte historique. A cette époque pour tout français tout du moins la nation belge existée tout simplement parce qu'il y avait un état dit belge ou plutôt pays bas autrichiens de belgique. Il n'y a aucune notion sociologique dans le terme nation. Ce côté sera développé bien plus tard par les sociologues et les historiens. A cette époque seule compte l'appartenance étatique. Avec l'avènemùent de la républiquela nation prend un autre sens celui du vouloir vivre ensemble mais ne se détachera pas pour autant de l'état puisque c'est l'état-nation qu prévaut. Cela relativise nettement les choses.


 david
 Administrateur
 Messages postés : 154
  Posté le 08/11/2003 00:18:43
Send a private message to david
La Belgique est bien plus grande qu'on peut le penser!
Le sud de l'Angleterre fut belge.

César soi-même mentionne un roi Suession (Diviac) qui avait autorité sur une bonne partie de l'île de Bretagne.
Les Belges vers l'an 100 avant J.-C. (1900 avant l'ère des Français, pour ceux qui se réfèrent au calendrier républicain) attaquèrent les côtes bretonnes puis décidèrent de s'y installer (Côte et arrière pays au niveau de l'île de Wight sur environ 6000 km².) Par la suite, des Atrebates s'installèrent plus au nord vers la Tamise.
Vers - 40 (ou - 1830), Comm, le roi atrébate se constitua un royaume qui s'étendait de la côte à la Tamise entre deux lignes nord-sud aux niveaux de  Londres et de Wight ( ~ 75 000 km²).
Preuves facilement vérifiables : Silchester s'appelait CALLEVA ATREBATVM et Winchester : VENTA BELGARVM!

Saviez-vous qu'aujourd'hui les trois quarts des habitants du Kent sont francophones? Oui bien sûr, il ne s'agit pas du Kent anglais mais d'un comté du Nouveau-Brunswick...

 SBJ
 Messages postés : 29
 Tora un nonosse
 SBJ
  Posté le 08/11/2003 09:25:43
Send a private message to SBJ
Pour moi, la "Belgique" est uniquement une région aux contours géographiques mouvants dans l'Histoire. On ne peut la définir par référence à un "Etat" que depuis 1830 (à l'exception des éphémères "Etats-Belgique-Unis" de 1790, comme je l'ai dit plus haiut). Le concept de "Belgique" n'est donc pas pour moi prima facie "politique", mais "géographique", exactement comme on parle de la Savoie ou de l'Auvergne.

"Il est certain que les peuples sont, à la longue, ce que le gouvernement les fait être" (Jean-Jacques Rousseau, Encyclopédie, 1735)
 djaap
 Messages postés : 1
 Bizut
 djaap
  Posté le 13/11/2003 22:22:42
Send a private message to djaap
Voilà, je suis un pro-belge convaincu et je visite par moments vos forums politiques, par curiosité, par envie de rigoler. Mais bon, entrer dans les débats n’est pas vraiment mon but, à quoi bon ? Vous faire changer d’avis ? je n’en ai pas le temps, j’ai des choses plus intéressantes à faire, vous êtes trop enfoncé dans vos principes wallingants et rattachistes, malheureusement.

Mais je tenais après avoir lu vos posts précédents malgré tout réagir.
SBJ disait que "la "Belgique" ne fut JAMAIS un Etat indépendant. Elle a toujours été morcelée (Principauté de Liège, Comté de Flandre vassal du Roi de France, etc.) ou dominée par d'autres (Habsbourg, République puis Empire français, Hollande)."

(Pour être honnête avec vous tous, certaines de mes phrases seront tirées de bouquins. Mais je ne les transforme guère que par manque de temps, et de par leurs qualités.)

La Belgique en tant qu’Etat n’existe depuis 1830, oui. Elle serait selon vous un état artificiel, créé de toute part par de grandes puissances…
Mais quel état n’est pas artificiel ?? Objectivement, même la France l’est ! Oui. Tous les états du monde le sont. Ce n’est que la durée qui nous donne l’illusion que l’existence d’un Etat va de soi, qu’il n’aurait pu ne pas être et que c’est dans le cours naturel des réalités de ce monde qu’il fallait qu’il fût là. La Belgique paraît jeune, mais la France et l’Angleterre ont eu aussi 173 ans par ex.  ->toutes les nations sont faites d’éléments ethniques disparates. C’est l’histoire qui forge les nations, autrement dit, c’est la durée, le temps.

La France est une construction politique, et oui ! Elle est née du programme politique des rois capétiens qui ont notamment menés des guerres pour la réaliser. Pour arriver à leurs fins, ils ont, par ex, cru bon d’imposer leur langue et leurs coutumes à ceux parlant la langue d’oc. Ces rois ne voulaient pas que la France aie plusieurs langues, en méprisant les autres civilisations. Dominer les autres, et créer artificiellement donc un Etat… Cet état a une image mythique, parfaite, d’où l’oubli de ce passé, de ces constructions. La France de la langue d’oïl était petite comparé à aujourd’hui, mais a envahi, réduit à néant d’autres cultures, elle fut donc une construction, c’est un fait, mais oublié.


La Belgique née en 1830… Pourquoi ne pas regarder plus loin ?
Au XVIème siècle, de par la volonté de Charles Quint naquirent les anciens Pays-Bas (le Benelux, moins Liège). Après des diverses révoltes, ce furent les Provinces-Unies au nord et les Pays-Bas méridionaux qui naquirent. La séparation entre ces états était religieuse, protestants contre catholiques. Ce fût une période de guerre et de répressions sans répits… Les habitants du Sud haïssaient les Hollandais, avec ce catholicisme combattant.
Et là, LA, à la fin du XVIème siècle, la population, de par l’ancestral réflexe ethnocentriste  qui plane sur nos régions, la population pris conscience que nous faisions partie d’un même pays menacés par ses voisins du Sud avides de conquêtes, et du Nord de par leur sentiment anti-hollandais. La Principauté de Liège ne faisait pas parti des Pays-Bas méridionaux, mais elles étaient si divisées en tant d’enclaves que le sentiment s’y répandait aussi.

Les Belges actuels n’ont jamais été espagnols, autrichiens, hollandais ! seuls les français ont essayé de faire de nous des français, sans nous demander notre avis…
Le souverain nous gouvernant était à la fois duc de Brabant, Comte de Namur, de Flandres, de Hainaut, marquis d’Anvers, etc, et…roi d’Espagne, empereur d’Autriche. Ces rois se servaient de nous comme de la chair à canon, une manne d’argent, et un atout dans les jeux diplomatiques. D’où une méfiance instinctive des Belges depuis lors pour tout pouvoir central !!

Pour en revenir au sujet plus précisément encore, nous n’avons pas suivi les Hollandais, ce qui créa la Belgique. Simplement. Si nous avions suivi les révoltes (qui démarrèrent à Bruxelles), nous serions sûrement hollandais aujourd’hui, mais avec des "si"..

Donc Etat artificiel ? Non. C’est une ironie superficielle des séparatistes. On peut dire que tous les Etats européens sont de la même époque, car c’est au XIXème siècle que tous se dotent de structures politiques, économiques et judiciaires qu’ils connaissent encore actuellement. Le reste, c’est du folklore, du décor ! Quelques magistrats en perruque, de glorieux étendards, des carrosses,…

La Belgique est liée de par ses dominations depuis belle lurette. Ses sentiments vis-à-vis d’elles étaient quasi identiques partout. Ces réactions de refus de domination nous ont permises de s’unifier dans un but au départ pas forcément précis, mais que l’histoire a fait évolué vers l’indépendance voulue par notre pays en 1830. Ce ne sont pas les grandes puissances qui ont décidées d’unifier 2 communautés subitement. Ce sont plutôt ces communautés, liées entre autre économiquement, qui se sont rassemblées, ont compris ce qu’elles formaient, leurs envies partagées, leur histoire commune (au sens large donc, car c’est bien logique que chaque comté à une histoire personnelle différente), et ont reçu l’aval des puissances, car dans ce monde, c’est ainsi...

Et puis, voici un petit résumé du parcours historique de la Belgique. Nos contrées belges vécurent un peuplement commun bien avant J-C... Par la suite viendra le Moyen Age et ses principautés bilingues, le blason d’or au lion de sable par lequel les Flamands montraient qu’ils voulaient rejoindre les populations du Lothier dont les descendants sont les Belges d’aujourd’hui. Vint aussi ce pays d’Archiducs qui était uni, et deviendra le nôtre. Ces oppressions qui rassemblèrent le peuple aussi face aux états généraux… Et ensuite, la Belgique. Cette Belgique où de nouveau les liens se tissèrent davantage !!

L’épisode français vous rend nostalgique n’est-ce pas ? et oui, on est pas resté Français… Mais à cette époque, lors de la conquête militaire de la Belgique par la France, on ne demanda même pas l’avis aux Belges s’ils voulaient devenir français. Il y eu des simulacres de vote, où les opposants furent fusillés à Bruxelles par exemple pour dissuader, et forcer le vote. Les Français de l’époque firent une grande lessive de l’Ancien régime sur nos terres, cela apporta la fin salutaire de l’Ancien Régime, mais cela fut aussi une conquête impitoyable ! Les Wallons d’aujourd’hui, et d’hier, ne veulent pas de la France, nous sommes différents.
Certains depuis 1815 espèrent nous rattacher à ce pays voisins, mais c’est impossible, les gens ne le veulent pas, les mentalités diffèrent, au contraire de celles partagées avec le Nord du pays, de l’histoire partagée. Ce n’est pas entrer comme certains le font coté français dans une idéalisation de la Belgique, non. La Belgique existe, les Belges veulent rester belges, mais les politiciens profitent du désintérêt ancestral des Belges pour le pouvoir et la politique pour diviser dans notre dos un pays magnifique, un exemple pour le monde.

Nous avons en Belgique un beau programme à réaliser : faire taire les nationalismes qui se gonflent de vieilles peurs ethnocentristes dont nous sommes accablés depuis des siècles (ce sentiment est très important dans les questions communautaires, cet ethnocentrisme). Nous pourrions montrer au monde ce que peut être une nation pluriculturelle harmonieuse et sereine. Notre "mission" serait de prouver à tous les peuples qui se combattent que c’est possible ! Pourquoi refuser cette chance qui nous est offerte en nous séparant ?? Nous sommes Belges, nous avons cette chance, et pouvons montrer l’exemple ! C’est fantastique, mais cela serait gaspillé avec votre petit projet.

Le problème belge réside avant tout dans la croyance par certains décideurs Flamands (flamingants) que leur culture sera anéantie si l’on donne le droit à la langue française d’exister. C’est une peur ! Ce qui et faux, le Néerlandais a ses assises définitives. A cause de cette peur, de cette rancune, on est entrain de séparer des populations qui ont tjr vécu ensemble, des populations complémentaires…
Les Wallons pendant des années et des années s’accommodaient très bien au nationalisme belge, léger, très peu délirant. La qualité de Belge lui donnait sa place dans le monde et son identité. C’était reconnu et apprécié par le monde entier, notamment après la 1ère guerre mondiale où nous étions très respecté. On est wallon et belge sans problème ! Mais les politiciens oublient cette mentalité moderne, et veulent y mettre fin. Ils reviennent à un nationalisme style XIXème siècle, fait de repli identitaire et de peurs de l’autre. Ils ne pensent pas que les identités multiples peuvent s’emboîter l’une dans l’autre, elles doivent s’exclurent entre elles ! Selon eux, se croire belge, c’est être moins wallon…!


Voilà, je suis part loin là, mais bon… Comprenez que la Belgique existe depuis très très longtemps, que sa population est liée depuis des siècles. Admettez cela, et oubliez vos préjugés. Ce sont des faits historique, pas des inventions belgicistes. Je ne joue pas au parano en affirmant que nous sommes trompés.

Arrêtons de rejeter l’autre, le Flamand, il n’est pas différent de nous, le fait qu’il soit belge le prouve (vive l’histoire)! Mais notre société, manipulées par des politiciens réussissant leurs jeux, se replie sur elle-même. Il est temps d’arrêter ça, les Belges veulent le rester, mais le danger est présent, et à stopper, à anéantir. Non pas par irrespect de la démocratie, mais par respect de la multiculturalité, et par logique pour le bien-être de tous.

Et donc : Vive la Belgique !!!  :-)



           VIVE LA BELGIQUE !!!
 david
 Administrateur
 Messages postés : 154
  Posté le 13/11/2003 23:05:53
Send a private message to david
Merci Djaap d'avoir osé donner ton opinion sur le forum républicain.
Je t'ai déjà lu sur d'autres forum, et ça ne m'amuse pas.

Tu voudrais par exemple croire que nous sommes ethnocentristes. Et bien un tel mot n'a jamais traversé mon esprit. Si j'aime mon pays c'est aussi parce qu'il est multi-ethnique (il ne peut pas en être autrement) et aujourd'hui cosmopolite.

Tout aussi multi-ethnique que la Belgique, mais mieux que la Belgique : Nous ne nous divisons pas en fédération. Même si votre grand projet est louable, la petitesse de taille de la Belgique et le desir de revanche de nombreux flamands divise votre pays malgré toute votre bonne volonté.
Il y a aussi des flamands en France. Toute la Belgique pourrait être française, mais les flamands de Belgique ne sont-ils pas trop nombreux à être, comme tu dis, ethnocentristes ?
Les citoyens français sont traités avec autant d'égards du nord au sud. C'est la République de la liberté, de l'égalité et de la fraternité qui rend cette union possible, une vraie union pas une fédération.

Les fédérations échouent toutes. Les fédérations Etatsuniennes et Canadiennes péricliterons aussi, surtout parce que les Etats fédérés l'ont été arbitrairement. On peut dire que l'avion sauve les Etats-Unis, car il fait le lien entre la côte est et ouest (ceux qui vivent sur les côtes refusent de traverser le pays en voiture tant ils craignent les "rétrogrades" du midwest qui est comme un autre monde), mais cela ne suffira pas.
Seule la confédération helvétique a réellement pu se maintenir, mais tout le monde sait que c'est surtout parce que c'est une banque et que cette banque est bien surveillée...

 Romain
 Administrateur
 Messages postés : 149
 Romain
  Posté le 13/11/2003 23:26:51
Send a private message to Romain
Rhaaaaaaaaaaa non la france n'est pas multiethnique ni même cosmopolite.

Il n'existe pas d'ethnie en france. les ethnies ça n'existe pas.

 david
 Administrateur
 Messages postés : 154
  Posté le 13/11/2003 23:58:55
Send a private message to david
Reprend toi Romain. J'ai utilisé spécifiquement le nom d'ethnie (que je n'utilise quasiment jamais), c'est ce qui arrive quand veut se faire comprendre des belgicains qui veulent absolument croire que nous avons tout les défauts et que la France doit être pour eux la première victime expiatoire parce qu'ils ont trop peur d'admettre qu'ils ont tort.

Je veux dire que les français sont de toutes origines ce qui ne veut pas dire qu'elle doive être composée de communautés. C'est pour ça que je prends les Etats-Unis ou le Canada comme témoins. Quand on regarde leurs "census", c'est affreux : ils comptent jusqu'à l'unité qui est népalais, qui est paraguayens! Cela ne les arrange pas, le centre du mainland est plein de rétrogrades près à faire feu sur qui ne les ressemble pas ni en aspect, ni en comportement, il n'y a en proportion pas plus de mariage mixtes entre WASP et africains depuis la ségrégation. Tu vois, on est obligé de parler leur language pour être compris.
En France nous ne faisons pas de tel décomptes démographiques et tant mieux.

 bourdiable
 Messages postés : 1
 Bizut
  Posté le 30/11/2004 21:37:51
Send a private message to bourdiable

Citation :

Romain  a dit :

La Belgique existait-elle avant 1830 ?

http://www.1789-1815.com/belgique1.htm

Aujourd'hui, on est parvenu à faire croire aux Belges eux-mêmes qu'ils n'ont pas d'existence nationale avant 1830, et que l'Etat belge est une création artificielle, imposée par les puissances européennes.

 

Quelques exemples parmi tant d’autres :

 

“Tout cela, à bien y réfléchir, était fatal. Il aurait fallu, pour y échapper, que la Belgique devînt une vraie nation. Elle ne l’était pas à l’origine et ne le fut jamais. Etat artificiel fabriqué par la diplomatie européenne en 1830, elle a semblé devenir réalité grâce à son empire colonial et à sa belle conduite durant la dernière guerre mondiale.”

(René Swennen,  Oui à la séparation., article paru dans le numéro de janvier 1993 du Monde des Débats, )

 

Dans une soirée consacrée à la Belgique diffusée sur la chaîne Arte en décembre 1993, on a entendu Filip De Winter, dirigeant du parti nationaliste flamand (extrême droite) Vlaams Blok affirmer :

“La Belgique est artificielle. Elle a été créée en 1830 en guise d’Etat tampon entre la France et l’Allemagne. On a regroupé deux peuples complètement différents et on leur a donné un roi étranger qui a installé son royaume ici.

“Quant à l’identité belge : il n’y a pas de peuple belge, de langue belge ni de culture belge. Il n’y a pas d’histoire belge avant 1830. Alors comment parler d’identité ? Il y a une identité flamande. L’identité belge est fabriquée. Elle est artificielle. Elle n’existe pas. Et ce n’est pas un tampon sur un bout de carton disant que vous êtes belge qui peut faire de vous un Belge. C’est artificiel, ça n’existe pas. C’est fabriqué, tout comme l’Etat belge. Dans ce pays, il y a deux cultures, deux peuples, deux langues, deux communautés. Il y a même deux économies qui fonctionnent différemment. Il y a deux systèmes politiques aussi. Nous avons bien peu de choses en commun.

(Plus loin il avoue que son but est l’indépendance de la Flandre, un pays souverain avec son appareil d’Etat et ses frontières.)

 

Le concepteur de l’émission, qui avait affirmé en préalable de l’émission “"L’étude de l’histoire est peut-être le dernier rempart au nationalisme et à l’opposition qui peut naître entre les différentes communauté., n’en partage pas moins les vues de De Winter sur  l'histoire de Belgique traditionnelle, qui aurait été créée après 1830 pour justifier l'existence de cette nation artificielle :

 

“Dès 1830, ils font réécrire l’histoire, ils font remonter l’origine de la Belgique à la nuit des temps. Chacun se doit d’honorer les iguanodons de Bernissart et bien sûr les Anciens Belges, quelques tribus du vaste ensemble de la Gaule nordique désignée par Jules César comme étant le territoire des Belges. La charpente de cette histoire de Belgique que les enfants apprennent à l’école est loin d’être logique et oublie allègrement que comtés, duchés, et principautés qui l’ont composé furent longtemps ennemis. Les historiens, dans un grand élan de création nationale s’approprient les princes français, espagnols allemands et autrichiens qui régnèrent sur les provinces belges et en font des souverains nationaux. Charlemagne, Philippe le Bon, Charles Quint, alors qu’ils ignoraient la notion même de l’entité Belgique. Une statuomania envahit les places et les avenues, inventant les exploits des héros de cette Belgique de toujours qui vivaient de façon prémonitoire.”

 

Le sommet de la bêtise et de l'ignorance se trouve dans le numéro de la revue Tradition de juin 1987, dans lequel on apprend qu’il ne faut pas parler à propos de la campagne de 1815 de Campagne de Belgique, mais des Pays-Bas :

“Dans les provinces rattachées depuis 1813 à la Hollande qui, lors de leur déclaration d’indépendance en 1830, ont pris le nom de “Belgique”. En conséquence, aujourd’hui, lorsque l’on dit “la campagne de Belgique” ou “l’armée hollando-belge”, on anticipe de 15 ans l’existence de la Belgique, pays dont la notion même n’existait pas en 1815. “

 

 

Quant à Maurice Paquet, dans un chapitre intitulé : “Généalogie de la Belgique Contemporaine” dans son livre “Le Fascisme Blanc, Mésaventures de la Belgique” (Éditions de la Différence, Paris 1998), il écrit :

 

“C’est de cette fureur [le chaos révolutionnaire] ou plus précisément de la tentative des grandes puissances d’y mettre fin qu’est née la Belgique. Celle-ci résulte plus d’une négociation géopolitique menée à Londres par l’Autriche, l’Angleterre, la France, la Prusse et la Russie que d’une volonté révolutionnaire de nature autonome.“

Après avoir esquissé la révolution dite brabançonne, à laquelle il refuse l’adjectif “nationale”, Marcel Paquet continue :

“La France gagna à Jemappes en 1792, l’Autriche à Neerwinden en 1793, la France de nouveau, à Fleurus en 1794, et c’est sur la base de cette victoire française que s’imposa, du dehors, la première unification : les Français créèrent neuf départements (...) et après une occupation militaire de quelques mois, “quelque chose” comme la future Belgique se trouva intégrée à la France du Directoire, puis du Consulat, puis de l’Empire. Ce fut la première expérience de centralisation et de structuration administrative et juridique, et c’est à cette époque (...) que commence à s’estomper la différence entre Liège et les Pays-Bas autrichiens. Mais il convient de le souligner, la Belgique d’alors, en tant que telle, n’existe pas : elle est tout simplement française. Pour qu’une idée d’indépendance vienne à poindre, il faudra l’entrée sur le territoire de toutes les puissances coalisées contre Napoléon Ier.”

 

C’est donc entendu. Il n’y a pas même d’idée de Belgique avant 1830...  Il est dommage pour les défenseurs de cette thèse qu’il y ait tant de textes qui viennent démontrer le contraire. Mais il est heureux pour eux qu’ils ne soient pas connus.

On trouvera des éléments de l’histoire de Belgique en 1789-1790 dans la Chronique des Révolutions Belgique et Liégeoise.

 

Les quelques textes qui suivent montrent que l’idée d’une Belgique, en tant que nation autonome, n’a pas été imposée en 1830 par les puissances européennes à des populations qui n’y auraient pas même songé :

 

Le 4 décembre 1793, une députation de Belges et de Liégeois se présente devant la Convention, à Paris. Elle est composée de députés de Bruxelles, du Hainaut, et du Tournaisis.  L’orateur de la députation dit :

“Les tyrans de Berlin et de Vienne ont disparu devant les soldats de la liberté. Ils ont appris, dans le désordre tumultueux de leur défaite, qu’il est insensé d’opposer des armées d’esclaves au courage stoïque des nations indépendantes ; et ces braves soldats devenus nos frères, serrés dans nos bras, arrosés de nos larmes, jouissent à nos yeux d’un triomphe d’autant plus cher, que la loyauté française n’a d’autre objet que de briser nos chaînes, et de nous rendre indépendants.

Non, législateurs, non, peuple Français, les Belges ne seront point ingrats, et leur reconnaissance vous offre en tribut tout leur sang, toutes leurs fortunes ; cette reconnaissance même, chaque jour plus active par les effets de notre enthousiasme, vous atteste que les Belges sont mûrs pour la liberté.

Des calomniateurs qui se targuent du beau nom de démocrates chercheraient en vain à peindre sous des rapports infidèle notre esprit, nos mœurs, nos manières ; nous avons connu, exercé les droits de la liberté pendant quatorze siècles ; et si les tyrans en ont paralysé les effets, depuis le duc d’Albe jusqu’à l’époque présente, nous n’avons jamais cessé de combattre, par l’insurrection, les injustices et l’oppression des successeurs de Philippe II.

La maison d’Autriche, durant deux cents années que son despotisme a gouverné, n’a pas cessé de nous voir indépendants par principes, et prêts à lui opposer la résistance de la force ; et nous pouvons dire qu’avant la fin du XVIe siècle il n’y avait que les Belges et les Suisses qui connussent la liberté en Europe. “(Le Moniteur, 5 décembre 1793.)

 

Dans un discours prononcé à la Convention le 25 vendémiaire an 3 (16 octobre 1794), le représentant Bourdon de l’Oise dit :

 

“Citoyens, voulez-vous faire une paix glorieuse ? voulez-vous arriver jusqu’aux anciennes limites de la Gaule ? Présentez aux Belges tranquilles une révolution paisible, une république sans représentation à côté de la vraie représentation, une république sans comités révolutionnaires teints du sang des citoyens. Dites aux Belges : “Vous voulez une constitution à peu près libre, nous vous donnons la liberté tout entière ; les cicatrices de nos plaies sont encore sur notre visage ; venez, serrez-nous dans vos bras, vous aurez la république sans passer par ces malheureuses périodes qui ont fait gémir nos cœurs.”

“Citoyens, vos ennemis ont empoisonné vos Sociétés populaires et vos sections d’hommes inconnus à ceux qui ont commencé la révolution en 1789, d’hommes qui ne veulent que pillage, que désordre, que meurtres, qu’assassinats : ce sont ces hommes qu’il faut faire rentrer dans la poussière, et c’est ce qu’on vous demande en vous proposant la garantie de la correspondance. (...)

“Si vous voulez dégoûter les Belges et tous les peuples jusqu’au Rhin de faire cause commune avec vous, il faut tenir aux mauvais principes qui ont désolé votre pays jusqu’à présent ; souvenez-vous que vos ennemis mettent tout en œuvre pour les détourner de s’unir à vous. Comment voulez-vous, leur disent-ils, qu’on traite avec la France ? est-ce à la Convention ou aux Jacobins qu’il faut s’adresser ? Mais, citoyens, quand vous aurez de l’unité, de l’ensemble dans votre gouvernement, vous verrez qu’aucun peuple ne déteste la liberté ; vous verrez que, si le lion belge fut opprimé, il ne fut jamais esclave ; vous verrez qu’il se jettera avec joie dans les bras de l’indépendance. La maison d’Autriche ne tenta jamais de lui ôter l’espèce de liberté dont il a toujours joui, parce qu’elle savait qu’elle n’aurait jamais pu y parvenir ; mais elle se servit des infâmes prêtres pour réussir dans ses desseins. Portons à ce peuple généreux une autre religion, portons-lui celle de la liberté et de l’égalité ; il l’adoptera certainement. Il pourra arriver que quelques imbéciles ou quelques vieilles veuillent en dégoûter les autres, mais l’homme du peuple, l’homme éclairé sur ses intérêts et sa dignité, dira : “Voilà la divinité pour laquelle j’ai combattu ; je m’attache au peuple qui me l’assure, au peuple qui me rend la libre navigation que m’avaient ravie la Hollande et l’Angleterre.” (Le Moniteur, 28 vendémiaire an 3-19 octobre 1794).

 

Conseil des Anciens. - Suite de la séance du 22 prairial an 7.

Beerembroek : (...) “Représentants du peuple, quel est celui de nous qui peut être indifférent sur le sort de la Belgique ? Sans doute, il faut y faire exécuter les lois ; sans doute il faut l’arracher à la superstition dans laquelle elle a gémi depuis tant de siècles ; sans doute il faut la soustraire à l’influence des prêtres. Mais pourquoi, par un excès contraire, est-elle livrée aujourd’hui aux apôtres de l’immoralité ? pourquoi est-elle livrée à quelques hommes déhontés, indignes du nom de républicains, indignes du nom de Français, qui, n’ayant aucune existence dans leurs départements, ou qui, flétris par l’opinion publique, ont été jetés par le volcan révolutionnaire comme une lave dévastatrice sur le sol de la Belgique, pour corrompre les mœurs simples de nos habitants par leurs coupables excès, par la débauche et la plus infâme crapule ?”

(Journal des Débats, 26 prairial an 7, n°25)

 

N° 37, du 7 messidor.

Conseil des Cinq-Cents. Séance du 30 prairial.

Frison. : Je puis citer un fait à l’appui de la proposition. C’est dans la Belgique surtout que les arbitraires ont eu lieu, et que les arrestations ont frappé les citoyens de terreur ; les vexations éprouvées ont été en partie la cause des troubles qui s’y sont élevés. Ramenez les principes et la justice, et vous rattacherez tous les Belges à la république. Un citoyen nommé Jaubert a été mis au Temple en ventôse dernier, et il n’a pu, quelles qu’aient été ses réclamations, obtenir d’être mis en jugement.

(...)

Dineffe (de Liège) : La république est-elle en danger ? Oui, nul ne peut le nier ; jamais conspiration plus astucieuse n’a été ourdie : les César et les Marius ont fait un partage géographiquement monarchique ; il est difficile de croire que tout le directoire y ait été étranger. C’est dans la Belgique surtout que les hommes à la livrée de Merlin ont commis les actes arbitraires qui ont rendu ces contrées si malheureuses. Il existe dans ce pays un parti qui veut le révolutionner, et le livrer à l’Autriche. Merlin, je t’accuse d’être de ce parti : tu as été pour mon pays un second duc d’Albe. Je vote contre toi le décret d’accusation, je ne sais pas transiger avec les ennemis de mon pays.

(Le Compilateur, N° 37. Du 7 messidor an 7. )

 

 

Les colonnes mobiles des départements du Nord, de l’Aisne et du Pas-de-Calais sont désignées pour être mises en réquisition et maintenir la tranquillité dans la ci-devant Belgique, dans le cas d’un débarquement des Anglo-Russes. (Journal de Paris, 9 fructidor an 7)

 

Séance du 2 fructidor. Beerembroeck entretient le conseil du dévouement des nouveaux conscrits du département de Jemmapes. Ils ont juré de périr, et leurs parents de faire tous les sacrifices, plutôt que de rentrer sous la domination d’un tyran, qui a inondé la Belgique du sang de ses habitants.

(Le Compilateur n°28, 17 fructidor an 7)

 

Conseil des Cinq-Cents, séance du 24 fructidor.

Digneffe (de l’Ourthe) : Je viens attirer l’attention du conseil sur les neuf départements réunis. (...)

Il fait l’historique des révolutions de la Belgique ; il démontre que si l’on avait traité la Belgique comme il convient à un gouvernement sage et prévoyant, il y a longtemps qu’elle serait complètement identifiée avec l’ancienne France ; mais il la prend au moment où, attendus en libérateurs, les Français y entrèrent en 1792, et il la voit livrée sans interruption à une nuée d’agents ineptes, pillards et loquaces, à des proconsuls dont les mieux intentionnés étaient ceux qu’on n’écoutait pas. Bientôt on étendit sur ces belles contrées un système spoliateur ; les plaintes et les murmures commencèrent ; les Belges allaient se colérer, lorsque les armées autrichiennes vinrent peut-être épargner des insurrections aux uns, et des injustices nouvelles aux autres ; et la France, malgré des fautes qu’ils se plaisaient à rejeter sur ses agents, était encore le point vers lequel ils tournaient leurs regards et leurs espérances.

Les espérances des Belges et des Liégeois ne furent pas déçues. Les Français achevèrent de reconquérir des provinces qui allaient devenir pour la France une source éternelle de richesses et de propriétés agricoles et commerciales. (...)

Ce qui a contribué surtout à mécontenter les habitants des neuf départements réunis, c’est la conduite des agents du gouvernement ; ils sont toujours sortis des limites constitutionnelles, en raison que ceux dont ils tenaient leur pouvoir s’en éloignèrent.

A quoi attribuer une marche d’opérations aussi désastreuses ? à l’impéritie, à la cupidité, aux passions haineuses et rancunières des hommes qui ont circonvenu l’ancien directoire ? Sans doute, les passions ont beaucoup influé sur les malheurs des Belges et des Liégeois ; mais il est une cause plus puissante, plus sourde et plus adroitement perfide. Cause première, à mon avis, tandis que les autres ne lui sont que secondaires et subordonnées : c’est l’influence des ennemis extérieurs de la République ; c’est celle surtout d’une famille ambitieuse, réduite, en apparence, à la nullité, mais qui tient trop, et depuis trop longtemps, aux Pays-Bas pour consentir si facilement à abandonner ses anciennes espérances.

Qu’il ait existé un plan des dix-sept provinces belgiques ; que ce plan ait été formé dans les temps des troubles qui éclatèrent dans la Belgique sur la fin du seizième siècle, et auxquels la Hollande a dû son existence politique ; que la célèbre et ambitieuse maison qui commença la révolution dans ces contrées ait toujours porté ce plan dans son sein ; que son influence ait reparu à chaque époque marquante de l’histoire de la Belgique ; que cette influence se soit surtout exercée pendant les mouvements des années de 1787, 1789, 1790 et depuis ; que cette influence existe encore aujourd’hui, c’est ce qui ne sera révoqué en doute que par ceux qui n’auront suivi ni l’histoire des Provinces-Unies, ni la politique, ni les mouvements ordinaires au cœur humain. (...)

Je demande en conséquence la formation d’une commission de cinq membres, chargée de vous présenter des vues sur les différents points propres à prévenir l’effet des manœuvres de la maison d’Orange et du cabinet de Saint-James, et à rattacher les habitants des départements réunis à la République. Cet avis est adopté.   (Journal des Débats, 25 fructidor an 7)

 

Conseil des Cinq-Cents. Séance du 5e jour complémentaire.

Légier : Non, aucun de nous ne voudra jamais souscrire à une paix honteuse ; oui, la constitution de l’an 3, et l’intégralité du territoire français : voilà des objets sacrés auxquels on n’attenterait pas impunément ; les braves Liégeois, les Belges fidèles sont sûrs de n’être jamais abandonnés.

(Un mouvement unanime d’adhésion se manifeste.)

Une foule de voix : Non, non, jamais.

D’autres : Il n’y a plus de Belges ni de Liégeois, il n’y a que des Français.

Légier. Ils sont devenus Français ; ils sont nos frères, rien ne peut nous en séparer.

(Journal des Débats, n° 130, 6e jour complémentaire. an 7)

 

Extrait d’une lettre de la Belgique. La nomination du citoyen Bourdon au ministère de la marine a comblé de joie les citoyens bien pensant des départements de la Belgique. La conduite vraiment patriotique du citoyen Bourdon durant son administration à Anvers lui a valu l’estime de tous et l’amitié de ceux qui ont eu directement affaire à lui. Ce choix du gouvernement est un des moyens les plus sûrs de lui attirer la confiance de nos départements, que tant d’autres circonstances n’ont pu qu’altérer. Puisse-t-il être le précurseur des autres mesures propres à se concilier l’affection des Belges. (Journal de Paris, 10 thermidor an 7)

 

1814

 

Le 8 février 1814, le général commandant les armées alliées en Belgique, le duc de Saxe-Weimar, écrivait dans une proclamation affichée à Bruxelles : "Qu'elle renaisse cette Belgique jadis si florissante, qu'elle renaisse sous l'égide de l'ordre et du repos. L'indépendance n'en est plus douteuse, mais allez la mériter par la conservation de l'ordre intérieur et par l'organisation de levées militaires qui combattront pour la liberté et l'honneur."

 

Dans une proclamation du 4 mars 1814 relative à la formation de la Légion Belge, le gouverneur militaire de Bruxelles, le comte de Lottum écrivait : "Ressouvenez-vous, braves Belges, des exploits de vos ancêtres. Pensez à l'état d'opprobre et d'esclavage du chef de l’Église qui, par un dévouement héroïque et digne des couronnes célestes, a su sauver les intérêts de la Sainte Religion. Il s'agit de sa libération, il s'agit de votre honneur, de votre existence politique, du bonheur de vos familles."

Sous la pression des événements, le prince-souverain des Pays-Bas hâta la réunion projetée de la Belgique et de la Hollande. Le 16 mars, il se fit proclamer par les États Généraux roi des Pays-Bas et grand-duc de Luxembourg.

Dans sa proclamation du 16 mars 1815, "portant déclaration que tous les pays qui sont sous son gouvernement forment le Royaume des Pays-Bas, Guillaume rappelle que ce sont les puissances assemblées au Congrès de Vienne qui se prononcent pour la réunion de la Hollande et de la Belgique, et que les habitants des "provinces Belgiques" ont témoigné leur joie sur cette importante mesure. Et il continue : "Animés par le suffrage des plus puissants souverains ; nous confiant en cette noble passion pour la liberté civile et l'indépendance, qui, de tout temps, a caractérisé les Belges (...) nous prenons aujourd'hui le sceptre en mains.

__________________________________________________


Qu'en pensez vous ?





JE NE SUIS PAS DU TOUT D'ACCORD :

Messieurs ...,

Vous trouverez ci-joint un article qui, reprenant d'abord les faits les plus importants de la Révolution liégeoise de 1789, montre la vraie nature des rapports qui ont existé entre les jacobins liégeois et français de l'époque. Et que rien de sérieux n'annonçait la création de la Belgique... Bien au contraire ! Vous comprendrez aisément pourquoi cette période de l'histoire du Pays de Liège est ici chez nous un sujet tabou !
Je suis à peu près le seul spécialiste en ce domaine, car M. le Professeur Philippe Raxhon de l’Université de Liège n'étudie que l'image de ladite révolution, et de plus au XIX e siècle.
Restant à votre disposition, je vous prie de croire, Messieurs, en mes sentiments les plus respectueux.
Salut et fraternité

Bourdiable,
mgr en Philosophie et Lettres
lecteur de français, prof. de theorie litteraire et de philosophie dans les universités des pays sous-developpes.

Auteur d'un livre important et incontournable sur les mythes des libertes belges.





LE PAYS DE LIÈGE ET LA FRANCE

1789 – 1793




LA  RÉVOLUTION LIÉGEOISE DE 1789


I. CAUSES LOINTAINES

1) SYSTÈME D'INSTITUTIONS POLITIQUES ET JUDICIAIRES

Rien ne paraissait annoncer une Révolution, puisque la Principauté de Liège était régie depuis le Moyen Âge par un système d'institutions libérales et démocratiques et jouissait de garanties nombreuses des libertés individuelles.
[..............................


Le projet d'union des Belges et des Liégeois .
===============================================

Le 4 décembre 1791 Levoz fut envoyé à Lille par le banquier Walckiers, où il rencontra Vonck, un des protagonistes de la "révolution" brabançonne. Walckiers transmettait en même temps son plan au Liégeois Lesoinne, décidément un habitué de la chose, pour qu'il fût communiqué à Fabry et à Bassenge, qui voulurent le "désaristocratiser". Le banquier convoqua à Paris pour le 10 janvier 1792 les Liégeois "les plus notoires" (Fabry et ses amis), trois Franchimontois et des démocrates "belges" réfugiés à Lille, surtout des vonckistes. Lebrun était présent. Ces démarches n'aboutirent pas. Cependant dès le 18 janvier 1792 un "comité général des Belges et des Liégeois" commença à travailler en vue de l'union. Des réunions presque journalières se tenaient chez Lebrun ; en sortit un Manifeste des Belges et des Liégeois Unis en avril 1792 :
On exigea de chaque membre du comité l'engagement de se soustraire toujours à l'influence des puissances étrangères. On discuta de quelle manière organiser le nouveau "pays" après sa délivrance : un pouvoir révolutionnaire provisoire serait mis sur pied pour éviter l'anarchie et présider aux élections de représentants. Ce pouvoir provisoire serait constitué d'un comité central de cinquante personnes prises en dehors du "Comité des Belges et des Liégeois", s'occuperait d'envoyer partout des commissaires pour élire des administrations provisoires et pourvoir à la défense commune. À mesure que le renouvellement des administrations serait effectué, ce comité central convoquerait tous les citoyens pour procéder à l'élection des représentants (un pour 10.000 habitants). Les représentants ainsi désignés se joindraient au comité central, qui ne se dissoudrait que le jour où le nombre des élus atteindrait cent cinquante, qui se déclarerait alors "Assemblée constituante".
Le comité rédigea un modèle de Constitution. On proposait aux provinces belgiques et au Pays de Liège de former une seule république représentative où les anciennes provinces seraient remplacées par des districts subdivisés en communes. Le pouvoir législatif serait exercé par une assemblée unique, élue au suffrage universel de tous les citoyens âgés de plus de vingt et un an et pour un terme de deux ans ; assemblée qui aurait le pouvoir de proposer et de décréter les lois, fixer les dépenses publiques, établir et répartir les contributions publiques, statuer annuellement sur la force des armées, poursuivre devant la "haute cour nationale" la responsabilité de tous ceux qui auraient quelque portion de Pouvoir exécutif, proposer et ratifier les traités d'alliance, ceux-ci ne pouvant être faits qu'avec des peuples libres et pour la défense de la liberté commune. Le Pouvoir exécutif résiderait dans un conseil de quinze ministres choisis par le peuple dans la liste des représentants. Les décrets du corps législatif devraient être sanctionnés et promulgués par ce conseil des ministres. Le pouvoir judiciaire serait exercé par des juges élus à terme par le peuple : une justice de paix dans chaque commune, un tribunal civil et criminel dans chaque district, un tribunal suprême de révision et une haute cour nationale pour les crimes de lèse nation, le jury étant prévu pour les affaires criminelles.


Pendant le temps de ses travaux, le Comité des Belges et des Liégeois avait cherché à obtenir de l'Assemblée Législative française la levée de "Corps francs Belgiques et Liégeois" pour combattre aux côtés des Français et être utiles au gouvernement provisoire de leur "patrie" une fois délivrée. Déjà le 18 décembre 1791 Lebrun, à la tête de Liégeois, s'était présenté à la Législative (salle du Manège) pour obtenir le décret de la formation d'une légion de volontaires liégeois. Au cours des mois qui suivirent février 1792 Walckiers subsidia les rassemblements de Liégeois (surtout franchimontois) à Givet.
Le 26 février 1792 Walckiers écrivit à Vonck qu'il avait la promesse des comités militaire et diplomatique de la Législative d'incorporer les soldats "belges" et liégeois dans deux "légions" (ce qui fut réalisé le 26 avril suivant) et de conclure un traité entre la France et le pouvoir révolutionnaire "belge" et liégeois pour reconnaître l'indépendance de la nouvelle nation créée par ceux-ci.
En mars Hérault de Séchelles, du Comité diplomatique français, promit au Comité des Belges et Liégeois Unis de ménager une entrevue avec Brissot et Condorcet ; Dumourier, ministre des affaires étrangères depuis le 15 mars, accepta lui aussi toute discussion en ce sens.
Vonck, inquiet de l'influence liégeoise sur Walckiers à Paris, proposa d'établir un comité à Lille. On lui répondit que c'était prématuré (8 février 1792). En mai 1792, après avoir examiné le Manifeste paru en avril, Vonck fit connaître les conditions de son adhésion : il trouvait dangereux de rendre public un projet d'assemblée nationale. Il trouvait néfaste l'alliance avec les Liégeois, préférant la forme d'un état fédéral, désapprouva les tendances anticléricales de Walckiers et de certains Liégeois qui ne pouvaient qu'effaroucher la masse du peuple belgique déjà allergique aux réformes de Joseph II.
Le 1er avril 1792 Marie-Antoinette prévint le comte de Mercy-Argenteau que Dumourier avait le projet d'attaquer à la fois en Savoie et dans le Pays de Liège .
Au lendemain du 10 août 1792 (chute du Trône), Lebrun devint ministre des affaires étrangères et le 18 août Dumourier obtint le commandement de l'armée du Nord. Quelques semaines plus tard, après la victoire de Jemappes, les troupes liégeoises et belges entrèrent à Mons avec les Français (le 7 novembre 1792). Le soir même de leur arrivée ils organisèrent la première séance de la Société des Amis de la Liberté et de l'Égalité ; Walckiers et Dumourier y étaient. Le lendemain ils convoquèrent les Montois pour procéder à l'élection de leurs représentants provisoires.
Dans une lettre écrite à Lebrun (Moniteur du 17 novembre 1792), le Comité des Belges et des Liégeois Unis demanda la suppression des taxes sur les denrées de première nécessité et qu'elles portent sur les boissons et le luxe des riches, ainsi que la suppression des droits seigneuriaux et féodaux, et de la dîme. Mais le même jour (17 novembre) Dumourier s'opposa à ce que le Comité formât le gouvernement provisoire prévu par le Manifeste : il voulait que l'ensemble de la population "belge" élise une "convention  nationale" ; c'était d'ailleurs l'opinion de Merlin de Douai et de Robespierre.
Le 4 décembre 1792 Walckiers et Balza, représentants provisoires des "Belges et Liégeois", vinrent demander à la barre de la Convention que la France ne conclût aucun traité avec l'ennemi à moins que l'indépendance absolue de la Belgique et du Pays de Liège ne fût formellement reconnue et établie. Walckiers approuva le décret du 15 décembre concernant les "pays conquis" .


+++++++++++++++++++++++++++



Les Patriotes à Liège (1792-1793)
====================================


Dès avant l'entrée des Français à Liège, le peuple s'é


forum Index du forum forumBelgique forumLa Belgique existait-elle avant 1830 ?
Haut
Aller à :
  Ajouter une réponse rapide

Ajouter une réponse rapide