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| Auteur : | Sujet: Loyautés en famille, déloyautés, fourberies et perversions | Bas |
| Jacques |
La thérapie contextuelle de Boszormenyi-Nagy Une nouvelle figure de l'enfant dans le champ de la thérapie familiale Pierre Michard Préface : Jean-Georges Lemaire Avant-propos : Catherine Ducommun-Nagy Collection : Carrefour des psychothérapies De Boeck Université. Où que je le mette, cet aparté avant rédaction de la vraie note de lecture, va faire désordre. Il s'agit du livre sur la thérapie contextuelle, mise au point par Ivan Boszormenyi-Nagy, un des deux les plus théoriciens parmi les pionniers fondateurs de la thérapie familiale, livre écrit par Pierre Michard. Depuis trois semaines que le lis, je suis pris dans un Mælstrøm de sentiments et de souvenirs revenant en flux continu. Innombrables semblent les faits, les lectures et les apprentissages qui méritent d'être revus, relus à la lumière des concepts de loyauté créés par Boszormenyi-Nagy. Par exemple, de nombreux cas décrits par Milton Erickson méritent d'être ainsi relus. Il faut donc maintenant démêler tous les biais d'autothéorie au service de sa légende biographique personnelle, et tous les biais d'adressages qui nous affectent, tous ceux impliqués dans cette chaîne de transmission : moi-même, l'auteur de ce livre Pierre Michard, Ivan Boszormenyi-Nagy lui-même et ses assistants. Je n'avais pas encore été frappé de plein fouet par l'évidence de la déloyauté et de la fourberie de ma famille d'origine, ni par l'impunité pénale garantie à l'auteure du plus délirant des faux témoignages. Je n'avais pas encore mis en ligne la version papier de mes Mémoires, ni été re-confronté à ma motivation à l'éthique et la discipline scientifique. Dans pratiquement tous mes écrits, le sentiment directeur est bien fondé sur cette question de la loyauté et de la déloyauté. Exemple parmi des dizaines, le titre de l'article : « Vecteurs ? » 151 ans de déloyaux services. En autonome ou en réponse aux problèmes posés sur les forum paternet et SOS papa, je traite constamment de loyauté envers nos clients de connaissances, nos lecteurs ou nos élèves, loyauté dans la famille, loyauté dans le ménage. Pas de variations, c'est très répétitif. Un biais biographique est monumental ici même, chez moi : pourquoi ce Mælstrøm de sentiments et de souvenirs ne me survient-il qu'à cette lecture-là, et non pas quatre ans et demi plus tôt, à la lecture d'un recueil dirigé par Framo et Boszormenyi-Nagy ? Donc mon esprit à l'époque n'était pas encore prêt ? Ou l'auteur Michard est-il incomparablement plus concerné par cette question que ne l'étaient Framo et Boszormenyi-Nagy à l'époque de ce recueil, antérieur de quatre ans (1969) à la publication de « Invisible loyalties » ? Sans doute aussi. Par exemple ce bref article Certaines familles ont pour but d'avarier et de rendre infirmes tout ou partie de leurs membres, le plus souvent les enfants , date d'avril 2005, et prouve que ma préparation à lire ces thèmes avait grandement avancé. De par les problèmes de sa biographe personnelle, personne ne choisit sa profession et son déroulement par l'effet du hasard ; le besoin de réparer quelque chose dans les bêtises de ses ascendants y joue un rôle majeur. Ainsi Sigmund Freud a visiblement drainé une clientèle attirée par son postulat de « Tout est d'origine sexuelle », hérité des problèmes de sa propre famille. Boszormenyi-Nagy et Michard ont visiblement orienté leurs clientèles, donc leurs biais d'adressages, vers des clients situés du côté de la loyauté, blessés dans leurs loyautés filiales ou fraternelles. Ce qui fait que l'antithèse dialectique est peu présente dans leurs publications : la déloyauté comme mode de vie appris et transmis. Je ne vis pas dans le même environnement : on ne choisit pas sa famille d'origine, ni les établissements où l'on est affecté par le ministère. Je suis donc surtout confronté à la reproduction de modèles de diverses déloyautés et perversités. La question du pouvoir est largement abordée dans les pages 102 à 105, 117 à 119, puis 184-185, où Michard compare les techniques et les principes de la thérapie systémique, au moins dans sa première forme trop brillante, illustrée par Paradoxes et contre-paradoxes de l'école milanaise : Le systémiste risque de consacrer bien trop d'efforts à reprendre le pouvoir de conduire l'entretien et la thérapie, à une famille soudée qui joue plus fin que lui, à un jeu partiellement psychotique dont elle est encore seule à connaître les règles. Il y avait alors dans cette école milanaise un fantasme panoptique : on va tout comprendre ! Non, on ne comprendra jamais tout ce qu'il faudrait... Le caractère toujours pluriel et multidimensionnel des réalités de chacun, persistera à nous échapper largement. Le thérapeute contextuel s'en tire autrement, en questionnant et en faisant parler sur les injustices perçues, en rétablissant le droit à parler des injustices subies, ou dont il/elle a été témoin. Ce n'est pas nouveau, mais cette fois c'est systématique. L'auteur s'oppose aussi aux astuces des freudiens, notamment lacaniens, pour vous faire endosser à vous seul toute la responsabilité de vos échecs de vie, au nom d'un prétendu masochisme inconscient, d'une prétendue omniscience de l'inconscient. Harold Searles avait lui aussi répertorié ce genre d'astuces, de doubles contraintes diaboliques, comme des trucs pour rendre l'autre fou, dans son fameux article "The effort to drive the other person crazy". C'est bien évidemment pour cette aptitude à couvrir les pires fourberies envers son prochain, que la bourgeoisie baratineuse a adopté avec un tel enthousiasme les amphigouris à la freudienne. Mais que fait-on de l'autre terme de l'antithèse : l'organisation de la perversité, de la fourberie, et de l'injustice ? La naïveté consistait à croire que c'était le rôle de l'appareil judiciaire de s'en occuper. Tarataboum, ils ont en pratique une toute autre mission réelle : être aux ordres du pouvoir politique pour d'une part faire semblant, afin de calmer l'opinion publique et les média, d'autre part terrifier, soumettre et pressurer le petit peuple. Re-tarataboum, le parti de la perversité, du mensonge organisé et de la calomnie à gages, est fortement représenté, et gagne fort bien sa vie, dans et surtout à la périphérie de l'appareil judiciaire, parmi les monopoles d'auxiliaires de justice. Ceux là ne consulteront jamais un psychothérapeute pour le mal qu'ils font. C'est le même problème qu'avec un pervers sexuel : il trouve du plaisir à sa perversion, il ne demande surtout pas à changer. Je crois être en train de préparer une solution partielle avec la fondation de Caton, censeur de la République : Al Capone n'est pas tombé sur aucun des meurtres qu'il a ordonnés, ni sur le trafic d'alcool, ni sur les innombrables corruptions de policiers et de magistrats qu'il a organisées. Non, il est tombé sur ses impôts. Aux Etats, il faut payer des impôts. Une fois Al Capone coffré pour ses impôts jamais payés, on a pu délier des langues sur le restant des crimes... Je me propose de faire tomber l'organisation de la perversité sur ses fautes professionnelles caractérisées, qu'elle ne peut pas ne pas commettre, sur les preuves de leurs mensonges. Sinon toute l'organisation, c'est au delà de l'échelle humaine, mais au moins des pans suffisants pour faire peur à une part notable des autres pervers organisés qui ont barre sur nos vies. Au moins faire peur aux carriéristes, si les cas des fanatiques resteront incurables. L'autre problème théorique posé par les postulats contextuels de Boszormenyi-Nagy est celui de l'évolution comparée, et du support neuroanatomique des fonctions d'évaluation de la justice et de la loyauté. A première vue, rien de plus égoïste qu'un chimpanzé... Les meurtres en bandes folles donnent une vilaine image de nos cousins. Aucun dresseur n'a jamais exhibé non plus de chimpanzé mâle, autre qu'enfant. A sept ans un chimpanzé est adulte. S'il est mâle, il veut sa place, la meilleure, et il est bien assez fort pour tuer le dresseur humain qui occupe la place de caïd. Sauf que d'autres anecdotes donnent des pistes plus positives. Le cas de cette bande de chimpanzés de savane encerclée par les lionnes, dans les herbes hautes. Selon les observateurs – mais je ne retrouve pas trace de la source – le plus vieux chimpanzé, mâle, a imposé le silence le plus absolu et l'immobilité à sa bande, est allé en catimini inspecter l'encerclement, a trouvé le trajet de fuite, a fait défiler sa troupe par là... Puis en sécurité dans un arbre ou deux, ils ont bruyamment manifesté leur joie. Les lionnes sont reparties chercher un gibier moins rusé. De plus, aucun de ces accès de guerre civile chez les gorilles ni chez les orang-outangs, qui forment des sociétés strictement hédonistes et solidaires. Le comportement de meute de nos chiens aussi, donne une idée de ce dont nous héritons. Sur le trottoir, peu après être sortis de l'appartement, nous nous séparions, ma soeur vers sa destination, ma mère vers une autre. La chienne sloughia – lévrière de chasse à courre, nullement une chienne de berger – pile net, signifiant à ma mère qu'elle perdait une partie de sa meute, et qu'il fallait immédiatement faire quelque chose pour la rameuter. On contait aussi le cas d'une femme célibataire, qui adopta un gros chien de la SPA, pas beau à longs poils, et qui téléphonait affolée pour des conseils, et pour demander qu'on la débarrassât d'une telle catastrophe : un chien changé d'environnement a généralement la diarrhée, et ça fait du dégât dans un appartement... Puis en soir en rentrant chez elle, moins de deux semaines après, elle s'écroula sur le carrelage de son entrée : infarctus du myocarde. Le gros chien pas beau à longs poils se coucha sur elle, ne facilita sûrement pas la respiration, mais la maintint au chaud et en vie jusqu'au matin, où on put la secourir. Inutile de vous préciser que ce couple maîtresse-chien resta soudé pour la vie. Un autre exemple encore plus émouvant de solidarité est fourni par ces minuscules capucins, que l'on peut dresser – pas tous, certains seulement – à servir d'aides de vie à des paralysés tétraplégiques. On peut discuter de la moralité de notre exploitation de ces capucins, mais pas de leur capacité à se lier, et à aimer faire plaisir, à aimer faire vivre quelqu'un d'autre. Quant aux circuits neuroanatomiques des fonctions de Boszormenyi-Nagy, comme du reste ceux de l'appareil psychique groupal, ou des fonctions de genius loci, inventées par Claudio Neri, la question est vierge, on ne sait rien. J'ai juste des raisons de présumer ce que ce sont surtout des fonctions d'hémisphère droit, et surtout frontales, et qu'elles sont élaborées comme surcouches des marqueurs somatiques. Et puis se pose le problème complémentaire : Quid des circuits nerveux de la perversité, du fanatisme, de l'addiction à la guerre civile, du misandrisme victimaire ? C'étaient des solutions d'hier. C'est donc encore une élaboration à partir des marqueurs somatiques. --Message edité par Jacques le 2008-01-01 12:37:49-- | |||
| La science se distingue ainsi des autres modes de transmission des connaissances : nous croyons que les experts sont faillibles, que les traditions charrient toutes sortes de fables et d'erreurs, et qu'il faut vérifier, par des expériences. |
| Jacques |
Il est vexant de lire ces graphies magyares, et de ne pas bien savoir les prononcer. Référence par Pierre Csillag à http://www.geocities.com/pcsillag.geo/choeurs/index.html J'en prends pour mon grade, quant à mes extrapolations à l'aveuglette... mais maintenant je saurai. | |||
| La science se distingue ainsi des autres modes de transmission des connaissances : nous croyons que les experts sont faillibles, que les traditions charrient toutes sortes de fables et d'erreurs, et qu'il faut vérifier, par des expériences. |
| Jacques |
La descendance immédiate de cette relecture indirecte de Boszormenyi-Nagy via Pierre Michard, est le Code de déontologie familiale que nous avons rédigé sur le site Caton : http://debats.caton-censeur.org/index.php?option=com_content&task=view&id=19&Itemid=9 --Message edité par Jacques le 2006-04-30 10:26:54-- | |||
| La science se distingue ainsi des autres modes de transmission des connaissances : nous croyons que les experts sont faillibles, que les traditions charrient toutes sortes de fables et d'erreurs, et qu'il faut vérifier, par des expériences. |
| Jacques |
En janvier j'aurais dû rédiger la note de lecture suivante (Il y en a des choses que je devrais faire avant-hier !) : Maurice Hurni et Giovanna Stoll. Saccages psychiques au quotidien ; Perversion narcissique dans les familles. 2002, L'Harmattan, Paris. Pages 207 à 261, ils revisitent le cas Dora, relaté par Sigmund Freud dans Cinq psychanalyses. Ils le revisitent avec leur expérience de patients pervers, sous l'éclairage des concepts créés par Paul Racamier, notamment celui d'incestualité. Freud fut là entièrement manipulé et mystifié par le père Bauer, qui l'utilisait pour que Dora ne fisse plus d'obstacles à ses jeux incestueux et adultérins. Le marché réel que le père Bauer voulait faire tenir par sa fille était "Cède aux avances de Monsieur K. qui en échange me laisse coucher avec sa femme !". Sur SOS Papa, au premier semestre 2005, on avait vu de même le cas de "Que Faire", ex-"Inmaculada", qui voyait sa mère faire alliance avec l'ex-mari de "Que Faire", pour la priver de son enfant. C'est quoi, des parents comme cela ? Hurni et Stoll développent la description du vide intérieur du pervers, qui se vide de tout affect, par sa virtuosité à exporter l'enfer, à manipuler les autres pour les engeigner. Un chapitre est consacré au problème médical de la vulnérabilité du médecin devant des patients pervers. Hurni et Stoll ébauchent le lien de la pathologie individuelle avec la culture, avec les porteurs sociaux de la culture de la perversité. Il reste amplement à faire dans ce domaine. Le principal de mes derniers essais à ce sujet, reste à http://lavaujac.club.fr/Joie_de_nuire.htm. Une piste à explorer, serait de distinguer entre la structure perverse individuelle, et les emprunts de routines et de conduites de perversité. Autrement dit, il nous faut emprunter aux méthodes de l'ethnopsychiatrie. Cela ne nous simplifie pas la tâche, mais c'est indispensable pour dépasser les banalités inefficaces. Prenons l'exemple de l'avarice. L'Avare de Molière a été précédé par celui (Aulularia) de Plautus, dramaturge romain qui vivait sous la république, de 254 à 184 AC. Trente-quatre ans de mariage m'ont appris que contrairement à ce que les dramaturges avaient brocardé, l'avaricieux n'est pas quelqu'un qui aime (trop) l'argent (ce qui ferait de l'avarice une pathologie strictement individuelle), mais un pervers qui a trouvé une façon socialement sans danger pour lui, socialement bien acceptée, pour agir sa haine de son prochain, et faire souffrir au maximum ses proches et tous ceux qui sont dans son rayon d'action. Or justement, l'avarice romaine se dissimulait aisément sous l'âpreté au gain et la rudesse au travail, vertus aux origines même de l'agriculture dans le Latium, et à la fondation de la bourgade de Rome. Reformulons-le en termes plus généraux, réemployables : l'avaricieux romain, ou du 17e siècle, empruntait aux conduites répandues en son temps, ayant une connotation favorable de saine économie, afin de nuire et d'exporter la souffrance. En bon pervers, l'avaricieux ne souffre pas : il fait souffrir. C'est pareil avec ces virtuoses de l'exclusion parentale : ils/elles ont trouvé autour d'eux/elles des astuces pour manipuler aisément les juges ou les experts, voire ont trouvé aisément des complices en perversité. Ici et maintenant, c'est massivement l'idéologie féministe qui sert de pavillon de complaisance : "Nous sommes toutes des victimes ; nous devons toutes nous venger de l'oppression et de la domination, sur chaque mâle qui est sous la main, et facile à faire souffrir..." Possibilités d'action : sur l'idéologie perverse, lui faire perdre son hégémonie culturelle. Sur la pathologie individuelle ? J'avoue ma totale perplexité. Si j'avais des solutions pour reprendre ces cas graves de perversité paranoïaque, je serais preneur. D'une manière générale, on manque cruellement de "success stories", de récits de succès, dans le traitement des paranoïas de la maturité. La pharmacopée des antipsychotiques (efficaces sur les délires des schizophrènes) est sans effet, sauf tout au plus sur les crises délirantes aiguës. En fait, il faut accepter le fait, inconfortable, qu'il faut agir sur l'environnement social du paranoïaque, récompenser ses actes authentiques, bloquer ses actes nuisibles, retirer un à un ses pouvoirs de nuire, mais lui donner des réassurances de sécurité individuelle. Voir par exemple la façon dont Henri Ford II a repris en main la compagnie fondée puis ruinée par son grand-père devenu paranoïaque : Ne t'inquiète plus, grand-père, je suis là, et je gère bien l'héritage ! Autrement dit, agir en fonction de critères éthiques, indiscutablement éthiques. Et l'éthique n'est pas dans l'air du temps, qui est plutôt cynique et anti-pensée. Il suffit d'écouter les publicitaires pour en avoir trente preuves par heure. --Message edité par Jacques le 2006-11-13 11:20:51-- | |||
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| Jacques |
Bill O'Hanlon : tirer avant de viser, préceptes pour renoncer au fantasme panoptique.
Il me semble qu'il n'existe pas de publication en langue française exposant de première main l'apport de Bill O'Hanlon. Je ne l'ai découvert qu'à travers le digest par Dominique Megglé, les Thérapies brèves. Comme un ingénieur ordinaire, O'Hanlon ne s'intéresse qu'à la solution (ou une solution parmi les possibles), et évite tout ce qui en détourne. http://users.skynet.be/pdereau/sites_erickson/incontournables.htm http://www.orientationsolutions.com/freetxt.asp?FTXTDO_CO=HYP http://www.brieftherapy.com/
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