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forum Index du forum forumÂME, CONSCIENCE ET PSYCHÉ forumLoyautés en famille, déloyautés, fourberies et perversions

Auteur : Sujet: Loyautés en famille, déloyautés, fourberies et perversions  Bas
 Jacques
  Posté le 22/12/2005 23:29:07
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La thérapie contextuelle de Boszormenyi-Nagy
Une nouvelle figure de l'enfant dans le champ de la thérapie familiale
Pierre Michard

Préface : Jean-Georges Lemaire
Avant-propos : Catherine Ducommun-Nagy

Collection : Carrefour des psychothérapies
De Boeck Université.


Où que je le mette, cet aparté avant rédaction de la vraie note de lecture, va faire désordre.

Il s'agit du livre sur la thérapie contextuelle, mise au point par Ivan Boszormenyi-Nagy, un des deux les plus théoriciens parmi les pionniers fondateurs de la thérapie familiale, livre écrit par Pierre Michard.

Depuis trois semaines que le lis, je suis pris dans un Mælstrøm de sentiments et de souvenirs revenant en flux continu. Innombrables semblent les faits, les lectures et les apprentissages qui méritent d'être revus, relus à la lumière des concepts de loyauté créés par Boszormenyi-Nagy. Par exemple, de nombreux cas décrits par Milton Erickson méritent d'être ainsi relus.

Il faut donc maintenant démêler tous les biais d'autothéorie au service de sa légende biographique personnelle, et tous les biais d'adressages qui nous affectent, tous ceux impliqués dans cette chaîne de transmission : moi-même, l'auteur de ce livre Pierre Michard, Ivan Boszormenyi-Nagy lui-même et ses assistants.

Je n'avais pas encore été frappé de plein fouet par l'évidence de la déloyauté et de la fourberie de ma famille d'origine, ni par l'impunité pénale garantie à l'auteure du plus délirant des faux témoignages. Je n'avais pas encore mis en ligne la version papier de mes Mémoires, ni été re-confronté à ma motivation à l'éthique et la discipline scientifique. Dans pratiquement tous mes écrits, le sentiment directeur est bien fondé sur cette question de la loyauté et de la déloyauté. Exemple parmi des dizaines, le titre de l'article : « Vecteurs ? » 151 ans de déloyaux services. En autonome ou en réponse aux problèmes posés sur les forum paternet et SOS papa, je traite constamment de loyauté envers nos clients de connaissances, nos lecteurs ou nos élèves, loyauté dans la famille, loyauté dans le ménage. Pas de variations, c'est très répétitif.
Un biais biographique est monumental ici même, chez moi : pourquoi ce Mælstrøm de sentiments et de souvenirs ne me survient-il qu'à cette lecture-là, et non pas quatre ans et demi plus tôt, à la lecture d'un recueil dirigé par Framo et Boszormenyi-Nagy ? Donc mon esprit à l'époque n'était pas encore prêt ? Ou l'auteur Michard est-il incomparablement plus concerné par cette question que ne l'étaient  Framo et Boszormenyi-Nagy à l'époque de ce recueil, antérieur de quatre ans (1969) à la publication de « Invisible loyalties » ? Sans doute aussi.
Par exemple ce bref article Certaines familles ont pour but d'avarier et de rendre infirmes tout ou partie de leurs membres, le plus souvent les enfants , date d'avril 2005, et prouve que ma préparation à lire ces thèmes avait grandement avancé.

De par les problèmes de sa biographe personnelle, personne ne choisit sa profession et son déroulement par l'effet du hasard ; le besoin de réparer quelque chose dans les bêtises de ses ascendants y joue un rôle majeur. Ainsi Sigmund Freud a visiblement drainé une clientèle attirée par son postulat de « Tout est d'origine sexuelle », hérité des problèmes de sa propre famille. Boszormenyi-Nagy et Michard ont visiblement orienté leurs clientèles, donc leurs biais d'adressages, vers des clients situés du côté de la loyauté, blessés dans leurs loyautés filiales ou fraternelles. Ce qui fait que l'antithèse dialectique est peu présente dans leurs publications : la déloyauté comme mode de vie appris et transmis. Je ne vis pas dans le même environnement : on ne choisit pas sa famille d'origine, ni les établissements où l'on est affecté par le ministère. Je suis donc surtout confronté à la reproduction de modèles de diverses déloyautés et perversités.

La question du pouvoir est largement abordée dans les pages 102 à 105, 117 à 119, puis 184-185, où Michard compare les techniques et les principes de la thérapie systémique, au moins dans sa première forme trop brillante, illustrée par Paradoxes et contre-paradoxes  de l'école milanaise :
Le systémiste risque de consacrer bien trop d'efforts à reprendre le pouvoir de conduire l'entretien et la thérapie, à une famille soudée qui joue plus fin que lui, à un jeu partiellement psychotique dont elle est encore seule à connaître les règles.
Il y avait alors dans cette école milanaise un fantasme panoptique : on va tout comprendre !
Non, on ne comprendra jamais tout ce qu'il faudrait... Le caractère toujours pluriel et multidimensionnel des réalités de chacun, persistera à nous échapper largement. Le thérapeute contextuel s'en tire autrement, en questionnant et en faisant parler sur les injustices perçues, en rétablissant le droit à parler des injustices subies, ou dont il/elle a été témoin. Ce n'est pas nouveau, mais cette fois c'est systématique.

L'auteur s'oppose aussi aux astuces des freudiens, notamment lacaniens, pour vous faire endosser à vous seul toute la responsabilité de vos échecs de vie, au nom d'un prétendu masochisme inconscient, d'une prétendue omniscience de l'inconscient. Harold Searles avait lui aussi répertorié ce genre d'astuces, de doubles contraintes diaboliques, comme des trucs pour rendre l'autre fou, dans son fameux article "The effort to drive the other person crazy". C'est bien évidemment pour cette aptitude à couvrir les pires fourberies envers son prochain, que la bourgeoisie baratineuse a adopté avec un tel enthousiasme les amphigouris à la freudienne.

Mais que fait-on de l'autre terme de l'antithèse : l'organisation de la perversité, de la fourberie, et de l'injustice ? La naïveté consistait à croire que c'était le rôle de l'appareil judiciaire de s'en occuper. Tarataboum, ils ont en pratique une toute autre mission réelle : être aux ordres du pouvoir politique pour d'une part faire semblant, afin de calmer l'opinion publique et les média, d'autre part terrifier, soumettre et pressurer le petit peuple. Re-tarataboum, le parti de la perversité, du mensonge organisé et de la calomnie à gages, est fortement représenté, et gagne fort bien sa vie, dans et surtout à la périphérie de l'appareil judiciaire, parmi les monopoles d'auxiliaires de justice.

Ceux là ne consulteront jamais un psychothérapeute pour le mal qu'ils font. C'est le même problème qu'avec un pervers sexuel : il trouve du plaisir à sa perversion, il ne demande surtout pas à changer.

Je crois être en train de préparer une solution partielle avec la fondation de Caton, censeur de la République : Al Capone n'est pas tombé sur aucun des meurtres qu'il a ordonnés, ni sur le trafic d'alcool, ni sur les innombrables corruptions de policiers et de magistrats qu'il a organisées. Non, il est tombé sur ses impôts. Aux Etats, il faut payer des impôts. Une fois Al Capone coffré pour ses impôts jamais payés, on a pu délier des langues sur le restant des crimes...

Je me propose de faire tomber l'organisation de la perversité sur ses fautes professionnelles caractérisées, qu'elle ne peut pas ne pas commettre, sur les preuves de leurs mensonges. Sinon toute l'organisation, c'est au delà de l'échelle humaine, mais au moins des pans suffisants pour faire peur à une part notable des autres pervers organisés qui ont barre sur nos vies. Au moins faire peur aux carriéristes, si les cas des fanatiques resteront incurables.


L'autre problème théorique posé par les postulats contextuels de Boszormenyi-Nagy est celui de l'évolution comparée, et du support neuroanatomique des fonctions d'évaluation de la justice et de la loyauté. A première vue, rien de plus égoïste qu'un chimpanzé... Les meurtres en bandes folles donnent une vilaine image de nos cousins. Aucun dresseur n'a jamais exhibé non plus de chimpanzé mâle, autre qu'enfant. A sept ans un chimpanzé est adulte. S'il est mâle, il veut sa place, la meilleure, et il est bien assez fort pour tuer le dresseur humain qui occupe la place de caïd.
Sauf que d'autres anecdotes donnent des pistes plus positives. Le cas de cette bande de chimpanzés de savane encerclée par les lionnes, dans les herbes hautes. Selon les observateurs – mais je ne retrouve pas trace de la source – le plus vieux chimpanzé, mâle, a imposé le silence le plus absolu et l'immobilité à sa bande, est allé en catimini inspecter l'encerclement, a trouvé le trajet de fuite, a fait défiler sa troupe par là... Puis en sécurité dans un arbre ou deux, ils ont bruyamment manifesté leur joie. Les lionnes sont reparties chercher un gibier moins rusé.
De plus, aucun de ces accès de guerre civile chez les gorilles ni chez les orang-outangs, qui forment des sociétés strictement hédonistes et solidaires.
Le comportement de meute de nos chiens aussi, donne une idée de ce dont nous héritons. Sur le trottoir, peu après être sortis de l'appartement, nous nous séparions, ma soeur vers sa destination, ma mère vers une autre. La chienne sloughia – lévrière de chasse à courre, nullement une chienne de berger – pile net, signifiant à ma mère qu'elle perdait une partie de sa meute, et qu'il fallait immédiatement faire quelque chose pour la rameuter. On contait aussi le cas d'une femme célibataire, qui adopta un gros chien de la SPA, pas beau à longs poils, et qui téléphonait affolée pour des conseils, et pour demander qu'on la débarrassât d'une telle catastrophe : un chien changé d'environnement a généralement la diarrhée, et ça fait du dégât dans un appartement... Puis en soir en rentrant chez elle, moins de deux semaines après, elle s'écroula sur le carrelage de son entrée : infarctus du myocarde. Le gros chien pas beau à longs poils se coucha sur elle, ne facilita sûrement pas la respiration, mais la maintint au chaud et en vie jusqu'au matin, où on put la secourir. Inutile de vous préciser que ce couple maîtresse-chien resta soudé pour la vie.

Un autre exemple encore plus émouvant de solidarité est fourni par ces minuscules capucins, que l'on peut dresser – pas tous, certains seulement – à servir d'aides de vie à des paralysés tétraplégiques. On peut discuter de la moralité de notre exploitation de ces capucins, mais pas de leur capacité à se lier, et à aimer faire plaisir, à aimer faire vivre quelqu'un d'autre.

Quant aux circuits neuroanatomiques des fonctions de Boszormenyi-Nagy, comme du reste ceux de l'appareil psychique groupal, ou des fonctions de genius loci, inventées par Claudio Neri, la question est vierge, on ne sait rien. J'ai juste des raisons de présumer ce que ce sont surtout des fonctions d'hémisphère droit, et surtout frontales, et qu'elles sont élaborées comme surcouches des marqueurs somatiques.

Et puis se pose le problème complémentaire : Quid des circuits nerveux de la perversité, du fanatisme, de l'addiction à la guerre civile, du misandrisme victimaire ? C'étaient des solutions d'hier. C'est donc encore une élaboration à partir des marqueurs somatiques.

--Message edité par Jacques le 2008-01-01 12:37:49--

La science se distingue ainsi des autres modes de transmission des connaissances : nous croyons que les experts sont faillibles, que les traditions charrient toutes sortes de fables et d'erreurs, et qu'il faut vérifier, par des expériences.
 Jacques
  Posté le 02/02/2006 17:53:15
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Il est vexant de lire ces graphies magyares, et de ne pas bien savoir les prononcer.
Référence par Pierre Csillag à http://www.geocities.com/pcsillag.geo/choeurs/index.html

J'en prends pour mon grade, quant à mes extrapolations à l'aveuglette... mais maintenant je saurai.

La science se distingue ainsi des autres modes de transmission des connaissances : nous croyons que les experts sont faillibles, que les traditions charrient toutes sortes de fables et d'erreurs, et qu'il faut vérifier, par des expériences.
 Jacques
  Posté le 21/02/2006 03:01:19
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La descendance immédiate de cette relecture indirecte de Boszormenyi-Nagy via Pierre Michard, est le Code de déontologie familiale que nous avons rédigé sur le site Caton :
http://debats.caton-censeur.org/index.php?option=com_content&task=view&id=19&Itemid=9

--Message edité par Jacques le 2006-04-30 10:26:54--

La science se distingue ainsi des autres modes de transmission des connaissances : nous croyons que les experts sont faillibles, que les traditions charrient toutes sortes de fables et d'erreurs, et qu'il faut vérifier, par des expériences.
 Jacques
  Posté le 24/04/2006 16:18:54
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En janvier j'aurais dû rédiger la note de lecture suivante (Il y en a des choses que je devrais faire avant-hier !) :
Maurice Hurni et Giovanna Stoll. Saccages psychiques au quotidien ; Perversion narcissique dans les familles. 2002, L'Harmattan, Paris.
Pages 207 à 261, ils revisitent le cas Dora, relaté par Sigmund Freud dans Cinq psychanalyses. Ils le revisitent avec leur expérience de patients pervers, sous l'éclairage des concepts créés par Paul Racamier, notamment celui d'incestualité.
Freud fut là entièrement manipulé et mystifié par le père Bauer, qui l'utilisait pour que Dora ne fisse plus d'obstacles à ses jeux incestueux et adultérins. Le marché réel que le père Bauer voulait faire tenir par sa fille était "Cède aux avances de Monsieur K. qui en échange me laisse coucher avec sa femme !".

Sur SOS Papa, au premier semestre 2005, on avait vu de même le cas de "Que Faire", ex-"Inmaculada", qui voyait sa mère faire alliance avec l'ex-mari de "Que Faire", pour la priver de son enfant.
C'est quoi, des parents comme cela ?

Hurni et Stoll développent la description du vide intérieur du pervers, qui se vide de tout affect, par sa virtuosité à exporter l'enfer, à manipuler les autres pour les engeigner. Un chapitre est consacré au problème médical de la vulnérabilité du médecin devant des patients pervers.
Hurni et Stoll ébauchent le lien de la pathologie individuelle avec la culture, avec les porteurs sociaux de la culture de la perversité. Il reste amplement à faire dans ce domaine. Le principal de mes derniers essais à ce sujet, reste à http://lavaujac.club.fr/Joie_de_nuire.htm.

Une piste à explorer, serait de distinguer entre la structure perverse individuelle, et les emprunts de routines et de conduites de perversité. Autrement dit, il nous faut emprunter aux méthodes de l'ethnopsychiatrie. Cela ne nous simplifie pas la tâche, mais c'est indispensable pour dépasser les banalités inefficaces.

Prenons l'exemple de l'avarice. L'Avare de Molière a été précédé par celui (Aulularia) de Plautus, dramaturge romain qui vivait sous la république, de 254 à 184 AC. Trente-quatre ans de mariage m'ont appris que contrairement à ce que les dramaturges avaient brocardé, l'avaricieux n'est pas quelqu'un qui aime (trop) l'argent (ce qui ferait de l'avarice une pathologie strictement individuelle), mais un pervers qui a trouvé une façon socialement sans danger pour lui, socialement bien acceptée, pour agir sa haine de son prochain, et faire souffrir au maximum ses proches et tous ceux qui sont dans son rayon d'action. Or justement, l'avarice romaine se dissimulait aisément sous l'âpreté au gain et la rudesse au travail, vertus aux origines même de l'agriculture dans le Latium, et à la fondation de la bourgade de Rome.
Reformulons-le en termes plus généraux, réemployables : l'avaricieux romain, ou du 17e siècle, empruntait aux conduites répandues en son temps, ayant une connotation favorable de saine économie, afin de nuire et d'exporter la souffrance. En bon pervers, l'avaricieux ne souffre pas : il fait souffrir.


C'est pareil avec ces virtuoses de l'exclusion parentale : ils/elles ont trouvé autour d'eux/elles des astuces pour manipuler aisément les juges ou les experts, voire ont trouvé aisément des complices en perversité. Ici et maintenant, c'est massivement l'idéologie féministe qui sert de pavillon de complaisance :
"Nous sommes toutes des victimes ; nous devons toutes nous venger de l'oppression et de la domination, sur chaque mâle qui est sous la main, et facile à faire souffrir..."

Possibilités d'action : sur l'idéologie perverse, lui faire perdre son hégémonie culturelle.
Sur la pathologie individuelle ? J'avoue ma totale perplexité. Si j'avais des solutions pour reprendre ces cas graves de perversité paranoïaque, je serais preneur. D'une manière générale, on manque cruellement de "success stories", de récits de succès, dans le traitement des paranoïas de la maturité. La pharmacopée des antipsychotiques (efficaces sur les délires des schizophrènes) est sans effet, sauf tout au plus sur les crises délirantes aiguës.

En fait, il faut accepter le fait, inconfortable, qu'il faut agir sur l'environnement social du paranoïaque, récompenser ses actes authentiques, bloquer ses actes nuisibles, retirer un à un ses pouvoirs de nuire, mais lui donner des réassurances de sécurité individuelle. Voir par exemple la façon dont Henri Ford II a repris en main la compagnie fondée puis ruinée par son grand-père devenu paranoïaque : Ne t'inquiète plus, grand-père, je suis là, et je gère bien l'héritage !
Autrement dit, agir en fonction de critères éthiques, indiscutablement éthiques.

Et l'éthique n'est pas dans l'air du temps, qui est plutôt cynique et anti-pensée. Il suffit d'écouter les publicitaires pour en avoir trente preuves par heure.

--Message edité par Jacques le 2006-11-13 11:20:51--

La science se distingue ainsi des autres modes de transmission des connaissances : nous croyons que les experts sont faillibles, que les traditions charrient toutes sortes de fables et d'erreurs, et qu'il faut vérifier, par des expériences.
 Jacques
  Posté le 30/04/2006 10:14:30
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Bill O'Hanlon : tirer avant de viser, préceptes pour renoncer au fantasme panoptique.

Citation :

La question du pouvoir est largement abordée dans les pages 102 à 105, 117 à 119, puis 184-185, où Michard compare les techniques et les principes de la thérapie systémique, au moins dans sa première forme trop brillante, illustrée par Paradoxes et contre-paradoxes  de l'école milanaise :
Le systémiste risque de consacrer bien trop d'efforts à reprendre le pouvoir de conduire l'entretien et la thérapie, à une famille soudée qui joue plus fin que lui, à un jeu partiellement psychotique dont elle est encore seule à connaître les règles.
Il y avait alors dans cette école milanaise un fantasme panoptique : on va tout comprendre !
Non, on ne comprendra jamais tout ce qu'il faudrait... Le caractère toujours pluriel et multidimensionnel des réalités de chacun, persistera à nous échapper largement. Le thérapeute contextuel s'en tire autrement, en questionnant et en faisant parler sur les injustices perçues, en rétablissant le droit à parler des injustices subies, ou dont il/elle a été témoin. Ce n'est pas nouveau, mais cette fois c'est systématique.



Il me semble qu'il n'existe pas de publication en langue française exposant de première main l'apport de Bill O'Hanlon.
Je ne l'ai découvert qu'à travers le digest par Dominique Megglé, les Thérapies brèves.
Comme un ingénieur ordinaire, O'Hanlon ne s'intéresse qu'à la solution (ou une solution parmi les possibles), et évite tout ce qui en détourne.

http://users.skynet.be/pdereau/sites_erickson/incontournables.htm
http://www.orientationsolutions.com/freetxt.asp?FTXTDO_CO=HYP
http://www.brieftherapy.com/

Citation :

Frequently Asked Questions About Possibility Therapy


What is possibility therapy?

Possibility Therapy is a method and philosophy of psychotherapy, usually brief, which stresses respect and collaboration as well as effectiveness and results. Combining the best of Carl Rogers' use of acknowledgment and validation, as well as the directive approaches of Milton Erickson and strategic therapies, Possibility Therapy considers clients experts on their concerns, problems, goals and responses to therapy. Therapists using this method work to evoke (not merely to convince clients of) solutions, spiritual and personal resources, strengths, competence, and exceptions to the usual rule of the problem. Akin to solution-focused therapy, co-developed by Steve de Shazer of the Brief Therapy Center in Milwaukee, Wisconsin, USA, this approach is different in its emphasis on the importance of validation of felt experience and points of view and a flexible rather than formulaic method.

What does a Possibility Therapist do?

The three principles guide the work of a Possibility Therapist: 1. Acknowledge and validate clients' reality and experience; 2. Guide clients to shift how they view things (perceptions of the problem) and/or do things (patterns that support or create the problem); 3. Tap their resources, expertise, and experiences for solutions and consult them on their preferences on the process and direction of therapy.

How do you decide the focus of treatment?

Most therapeutic approaches and theories have what is called a "normative model"- prescribed ideas about what is normal and healthy and what is abnormal and deviant. Treatment then is based on what the theory says is wrong with you (even if you have a different idea about it) and of course, the therapist's subjective interpretation of that normative model. So you may go to a family therapist for help in dealing with your child's temper tantrums and he or she may tell you that you the problem is really that you need to work on your marriage. Possibility Therapy eschews prescribed ideas about normalcy as they are most often subjective (your idea about what works for you is different than my idea about what works for me), dated (one decade homosexuality is an illness, the next homophobia is the problem instead), and ethnocentric (culturally biased). In Possibility Therapy when a client says they want to work on preventing their child's temper tantrums, we work on that. If upon observation we have an idea that marital conflict may be a contributing factor, we may offer that to a client as a possibility. We view ourselves as cab drivers. Yes, we have a vast knowledge of the city, traffic patterns and various routes to reach any given destination, but the client provides us with the destination and we negotiate the route.

Are you the only Possibility Therapist?

Many therapists who call themselves brief, solution-oriented, solution-focused, narrative or collaborative use many similar ideas and methods.

Does Possibility Therapy work?

As far as research is concerned, this is a tough question, because measuring psychotherapy is a bit like nailing Jell-O to a tree. Because psychotherapy variables are so subjective, no one agrees on what constitutes a problem or a successful outcome. We do know that Possibility Therapy is usually brief, lasting 4 sessions on average. But meta-analyses (studies that compile statistics from many smaller individual studies to get a bigger and better picture) indicate that all therapies are relatively brief (about 4-7 sessions on average).

Consumers report very high satisfaction with Possibility Therapy, as they feel they are partners in directing the treatment. We work on their concerns in a way that is comfortable and productive to them and end when they are satisfied. Follow-up surveys have indicated continued satisfaction after the treatment has ended.

Are you always collaborative in Possibility Therapy?

No! If someone is destructive to themselves or someone else, we intervene. This includes if unhelpful and hurtful interchanges erupt in our office (we don't stop to ask how the parties feel, we break it up and cool things down).


What is your stance regarding self-help groups and medications as adjuncts to your therapy?

If clients find self-help groups helpful, I'm all for them. I think there are potential dangers in them, of course, and I warn clients to be on the lookout for those dangers. A danger with self-help groups is that you can fall under the influence of group beliefs, which may be helpful and may be limiting or create new problems you didn't even know you had. Most of the groups provide good validation ("You mean there are other people out there like me? I'm not weird or different? You've had these kinds of feelings and experiences too?") but sometimes also give the impression that you can never be okay if you don't continue to attend the group or live by their principles.

Medications are also a double-edged sword. I have clients who have been greatly helped by medication, when what I was doing was only moderately helpful for them. I have also seen people get worse or be hurt by medication. I have also seen some people who were told they would have to live their lives on medications find other solutions and some who despite their best efforts and desire could not.

Can you do Possibility Therapy with mandated clients?

Yes and no. Possibility Therapists work with clients who are forced into treatment by maintaining a delicate balance between acknowledging that the client doesn't want to be there and trying to find a goal the client would be motivated to work on. It's important to first listen to the clients experience of being mandated into treatment and any complaints they may have about by whom and how they were mandated. While we hold clients accountable for their actions, often they have suffered some injustices along the way and it is important to include this. We then try to see if there is a goal that they do want to pursue. For example, a teenager who has been hospitalized or court ordered to treatment maybe interested in getting out of the hospital or out of legal services. We would talk to them pragmatically about what they need to do to get out of the hospital or out of juvenile service, including what the challenges will be and what they will have to do to demonstrate that the change is lasting ("The hospital staff sees lots of kids who want to get out. What can you do to show them you are ready to handle the stresses that put you here?"). We then make a plan of action and act as coach. We use this approach successfully with a wide variety of mandated clients. My wife, Steffanie, also a Possibility Therapist, has the motto: "Don't be the most motivated person in the room." If in the end a client doesn't want to be there, we respectfully explain the consequences of that decision and what we will say when Social Services or the court calls. If we can't find something they are motivated to work on (which rarely happens), ultimately we don't do therapy with them.

Is Possibility Therapy for everyone or just certain problems and people?

Possibility Therapy is done with a wide range of people and problems. Because it focuses on clients' problems, it can be used whether your problem is hearing voices, asking your boss for a raise, sexual problems with your spouse or a past trauma. As we have a wide variety of ways to help people find solutions, we can work with a wide variety of problems. Some problems are solved in one session and others take years. Some people experience big changes; others small successes. The only people we don't do Possibility Therapy with are people who can't find a reason to be in therapy.

What is the difference between solution-focused, solution-oriented and Possibility Therapies?

In the early 1980s, I began a correspondence with Steve de Shazer, who had moved from California, where he had written a number of papers on Erickson's work, to Milwaukee, Wisconsin, where he and some colleagues had begun what came to be called the Brief Family Therapy Center (BFTC). de Shazer and I shared a common view that mainstream therapies that saw clients as pathological and resistant were all wrong. People were naturally cooperative if approached in the right way and treated as resourceful and competent. de Shazer's work began to take shape and has turned into "solution-focused therapy." My work took shape and I called it "solution-oriented therapy." There is some disagreement on who came up with the approach (it was actually first proposed by a therapist named Don Norum from Milwaukee in a talk/paper called, "The Family Has The Solution," in 1978, long before deShazer and I articulated our models). The most generous view is that there were a lot of mutual influences. But because solution-focused and solution-oriented therapies are often confused and I have some major differences with the Milwaukee approach, I began to speak of my approach as "Possibility Therapy." While I see much of value in the BFTC emphasis on client strengths and solutions, there are some areas of clear difference.

It became clear to me that because the Milwaukee approach put such a value on focusing on solutions, they had left out several elements that I found crucial in my therapeutic work. First, there was no significant discussion of the importance of validation of emotions (this has begun to shift very recently). Because the emphasis is so much on "solution talk," sometimes clients have the sense that the therapist is minimizing or not attending to the problem and feel "forced" or "rushed" to come to a solution. In contrast, hearing, acknowledging and validating the client's experience is a major first step in Possibility Therapy, laying the foundation for subsequent work. I learned this long ago from Carl Rogers' work, and never forgot its importance.

Another difficulty I see with the Milwaukee approach is its tendency to be formulaic. One invariably asks certain questions (like "The Miracle Question") and follows certain sequences. There are flow charts providing procedures for various client responses. While this may be a fine way to learn a new approach, the ultimate effect is often one of rigidity and imposition. While the proponents of the Milwaukee approach may protest that this is evidence of the approach being done incorrectly, my experience is that a formulaic approach has this built-in risk.

Another concern I have about the Milwaukee approach is that it ignores political, historical and gender influences on the problem (as well as the inner worlds of physiology and biochemistry) as being irrelevant to the process of therapy (since the focus is to develop solutions and solution-focused conversations). Because of its minimalist approach, in its strictest version, one gets the sense that if a couple came in for therapy and the man was drunk or the woman had a black eye, the solution-focused therapist would be constrained from mentioning or inquiring about the potential evidence of alcohol problems or domestic abuse unless the couple mentioned it themselves or violence was what they were referred for. In contrast, in Possibility Therapy, while we take care not to bring in extraneous material and inquiries, at times these areas are crucial for both the therapist's understanding of the issues and of the felt experience of the client and for the development of solutions. Possibility Therapy maintains that it is inappropriate for the therapist to impose ideas about the problem or to push topics for discussions unless there is a suspicion of dangerousness (such as suicidality, homicidality, sexual abuse of children, or seriously self-harming behaviors) of if blatantly socially oppressive issues (such as racism, sexism, ideals of gender or weight, sexual orientation biases) are present. In these situations, it is then incumbent on the therapist, regardless of whether the clients think it is relevant or whether or not they brought up the topic, to pursue these lines of inquiry and to do his or her best to ensure physical safety or to explore the social context of the problem.



La science se distingue ainsi des autres modes de transmission des connaissances : nous croyons que les experts sont faillibles, que les traditions charrient toutes sortes de fables et d'erreurs, et qu'il faut vérifier, par des expériences.
 Jacques
  Posté le 03/01/2007 00:03:52
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Delphine, selon Pierre Michard

Delphine est une assistante sociale devenue psychologue, l'aînée d'une importante fratrie d'une vieille famille française. Elle a contribué à élever les puînés et à détourner les violences d'une mère maltraitante. Delphine est maintenant toute seule « à maintenir sa mère en vie », elle subit les critiques acerbes : « mère Térésa n'a pas coupé avec Folcoche », la fratrie ne fréquente la mère que dans les occasions sociales (mariage, communion, etc.). Elle peut raconter avec humour les tentatives d'assassinat de sa mère par ses frères et soeurs qui auraient pu aboutir à des catastro­phes si Delphine n'avait pas « limité la casse ». « La méchanceté conserve », dit Delphine de sa mère presque centenaire. Elle raconte, dans ce groupe de formation, avec le même humour, les tentatives d'empoisonnement par sa mère dont elle a été la vic­time. Elle ne doit la vie qu'à la vigilance du médecin de famille. Delphine a sauvé sa mère de diverses tentatives de suicide specta­culaires. Elle se souvient des larmes de son père lui demandant « pardon pour la mère que je vous ai donnée » et en même temps recommandant « une grande méfiance au moment des repas », « tu fais attention à toi et, si tu as le courage, à ta mère ». Del­phine se sentait davantage navrée pour son père que pour elle-même. « J'ai toujours su que j'étais la plus forte, que j'avais raison contre tous de faire ce que j'avais à faire, sans doute parce que mon père comptait sur moi, consciemment, pour protéger la fra­trie, inconsciemment pour protéger sa femme ».

Dès le plus jeune âge, Delphine a repris les traditions familiales d'histoire de vie, elle a écrit autant les exactions maternelles que des tentatives pour comprendre la cruauté de sa mère. Femme issue d'une famille noble ruinée par des aventures financières, éle­vée par des domestiques violents, elle était destinée à un mariage prestigieux que l'endettement paternel rendit impossible. Sa vocation artistique s'arrêta à son mariage avec le père de Del­phine, un militaire peu fortuné et de surcroît homme de gauche, amoureux et respectueux de la culture d'un pays colonisé. Cet homme, dit Delphine, plus savant anthropologue que militaire, n'eut pas de carrière militaire honorable à cause de son respect et de sa fascination pour les colonisés. « Ma mère n'a jamais pensé qu'un jour il lui faudrait faire la bouffe pour sa famille, il n'y avait pas de domestiques le week-end lorsque le père était nommé en Europe. »

Delphine est la seule de sa fratrie à avoir osé reparler à sa mère de honte de celle-ci lorsqu'elle fréquentait les dispensaires coloniaux avec des prostituées pour soigner la syphilis transmise par le père. Delphine a toujours voulu comprendre, elle s'est inscrite dans ce groupe de formation pour apprendre à parler avec sa mère. La jeune femme veut saisir ce qu'elle appelle « son aura ». Malgré les sarcasmes dont elle fait l'objet de la part de ses frères et soeurs qui critiquent ses engagements professionnels de peu de rapport financier, Delphine s'étonne toujours de la confiance que sa fra­trie lui accorde, chacun vient chercher « clandestinement et naturellement » appui en cas de problème.

Delphine est la « conseillère des princes », elle qui n'a jamais eu d'ambition malgré une période de militantisme se retrouve solli­citée par un homme politique ayant des responsabilités importan­tes pour « avis sur la France profonde ». Ce contact permanent lui assure crainte et respect de son entourage professionnel et de ses chefs de service, « les rôles sont renversés ! », dit-elle.

C'est vers elle qu'un de ses neveux atteint du sida est venu parler et vivre, « j'étais terrorisée pour mes enfants ». Elle soutint le jeune homme, l'aida à parler, aida les parents à être parents et lui permit de mourir chez lui. C'est aussi vers elle, qu'un jeune frère évoqua les abus sexuels qu'il faisait subir à de jeunes adolescents dans un pays étranger, en contradiction avec ses responsabilités diplomatiques et familiales : ce petit frère étant le père adoptif de plusieurs enfants de nationalités différentes. Delphine l'encoura­gea à retrouver « l'inénarrable » des attouchements sexuels maternels et entre la fratrie masculine. C'est toujours vers elle qu'une jeune nièce d'une quinzaine d'années évoqua un viol col­lectif de camarades de son âge, camarades qui n'étaient ni de son milieu ni de son origine, mais qu'elle fréquentait autant par com­passion que par admiration.

Delphine, dans ce stage, définit d'elle-même la légitimité comme la surprise de la confiance et de l'approbation qu'on lui accorde secrètement dans sa famille, en plus pour des choses qui lui paraissent « évidentes, impossibles à ne pas faire ». Centre de ressources des difficultés de la famille, Delphine se « creuse la tête » pour tenter de saisir les liens entre tous ces « drames sexuels » que les protagonistes vivent chacun, mais cachent aux autres. Del­phine avec un art comique se livre à une imitation des conversa­tions plaquées dans les réunions de famille où l'écart entre la vie et les propos est à son comble !

Delphine s'engage comme professionnelle : « c'est un choix, un projet, ça aide à respirer, à sentir la vie », elle s'engage dans la famille « mais ça lui tombe dessus », elle ne demande rien.

Elle est venue au stage pour chercher une confirmation : elle veut ouvrir avec sa mère presque centenaire une vieille histoire d'abus sexuels par des domestiques dont elle aurait été victime il y a 90 années ! Delphine souhaiterait que sa mère meure en paix ayant pu dire son secret. Elle est persuadée qu'elle n'a pas oublié ou peut retrouver les traces dans ses souvenirs de cet abus. Elle imagine diverses stratégies pour évoquer avec sa mère les moments diffici­les qu'elle a subis et les épisodes tout aussi difficiles que la fratrie a fait subir à cette femme.

Avec le même humour et la même sincérité, Delphine affirme que son projet de vie personnelle et professionnelle est à mettre au crédit de sa mère, toute sa vie est orientée vers comprendre, exo­nérer ajoutera-t-elle en utilisant le vocabulaire de l'approche contextuelle et, continue-t-elle, « j'ai eu la chance par rapport à mes frères et soeurs de pouvoir aider mon père à travers ma mère ». Le reste de la fratrie ayant privilégié le père.

Actuellement, Delphine dit que donner à sa mère, c'est ne céder sur rien, elle veut que sa mère devienne « une grand-mère potable ». « J'ai toujours voulu éduquer ma mère, j'ai pas réussi et je suis en passe de réussir la grand-mère ». Delphine, par exemple, refuse ou partage avec les autres petits-enfants les cadeaux finan­ciers clandestins donnés à ses enfants : la mère de Delphine répé­tant des tentatives d'alliance avec l'un ou l'autre de ses enfants pour séparer la fratrie. Lors d'une dernière rencontre, Delphine mêle rires et larmes : sa mère incontinente a sali « de manière grandiose » son lit au moment où Delphine était sur le point de la quitter. « Je crois que c'est la première fois que je vois ma mère pleurer », de plus elle demanda pardon à sa fille, celle-ci répondit par un baiser. Delphine trouve cet événement et la parole de sa mère « extraordinaires ». Elle se dit contente et se pose une question : « je ne sais pas pourquoi, mais je n'arrive pas à penser, je ne voudrais pas que ma mère meure chez moi ».

--Message edité par Jacques le 2007-01-03 00:09:48--

La science se distingue ainsi des autres modes de transmission des connaissances : nous croyons que les experts sont faillibles, que les traditions charrient toutes sortes de fables et d'erreurs, et qu'il faut vérifier, par des expériences.

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